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qui se préparait à partir pour se rendre aux huttes d’été de ses compagnons, à environ deux milles. Je fis une hutte pour prendre des angles et faire des observations, et je mesurai aussi la hauteur du lac au-dessus du niveau de la mer, ce qui donna à nos hommes le temps de prendre quelque repos, et ils en avaient grand besoin. La terre, dans les environs de cette baïe, était rocaillcuse et en général n’était pas couverte de neige. On voyait en divers endroits un grand nombrede pierres quisemblaient tout exprès disposées pour représenter des figures humaines; elles offraient souvent des ressemblances assez grotesques.
Jusque-là nous avions suivi les traces du traineau du commandant Ross. Nous ne pouvions nous tromper, car nous savions que les naturels n'en avaient plus; ils avaient mangé ceux qui étaient faits de poissons gelés, et employé les os des autres en guise de pièces de bois pour leurs tentes. Ces traces se dirigeaient alors au nord-ouest vers le cap qui formait la pointe septentrionale de la baie. Mais il nous fallait marcher à l'est pour gagner l’ile où il avait été convenu que nous déposerions des provisions, et que nous apercevions à environ trois milles de distance. Chemin faisant nous trouvâmes deux de nos amis Esquimaux marchant en sens contraire, avec trois chiens qui traînaient une peau. Comme nous étions très-fatigués , je leur offris un couteau pour qu'ils nous
prétassentleurschiens,etqu ilsnousindiquassent l'endroit où nous pourrions prendre du poisson.
Cette proposition ayant été acceptée, nous fimes les arrangemens nécessaires, et j'achetai ensuite sans difficulté pour une lime une belle cuisse de venaison qu'ils avaient dans leur sac de peau. Il ne faut que la perspective d’un bon diner pour rendre des forces à des gens affamés, et en une demi-heure nous arrivâmes à l’île. Elle était fort petite, n’ayaut guère que deux cents pieds de longueur sur cent de largeur ; et elle se trouvait à un mille du rivage où étaient placées les huttes des Esquimaux. Le sol était de granit, et couvert de fragmens de mérac à chaux, mélés de gros blocs de ces deux espèces de pierre. Nous fümes charmés d'y trouver une place convenable pour dresser notre tente, ce que nous fimes sans délai. L’apprèt de notre diner fut pour nous une jouissance par anticipation , jouissance quine peut être appréciéeque par ceux qui n'ont à redouter aucun contre-tempsfächeux entre le verre et la bouche; il était également satisfaisant pour nous de voir que le vendeur était aussi content de sa lime que nous l’étions du repas qu'elle nous avait procuré.
Ils nous apprirent que le commandant Ross était allé vers le nord, et ils tracerent sur la glace la forme de la terre au-delà du cap qu'ils nommaient Kingaruik, nom dont je pris note comme je le faisais de tous ceux qu'ils donnaient
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