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4e EN
TI ce qui était une preuve de la grande irrégularité du terrain. Pendant ce séjour forcé, je n'avais rien de mieux à faire que d'observer le ciel et de pécher; mais le temps était couvert, ce qui était un grand obstacle à l’une et à l'autre de ces occupations.
J'allai aux tentes des naturels avec le chirurgien, et j'appris qu'ils n'avaient pas eu de succès à la chasse , ou , pour parler plus exactement, à la péche des veaux marins. L’un deux me pria, les larmes aux yeux, de lui dire où il pourrait en trouver un. C'était la chose la plus importante pour eux; comment donc auraient-ils pu supposer que des hommes qui avaient tant de connaissances supérieures, ne possédaient pas la plus nécessaire? J’indiquai un endroit au hasard, pour leur donner du moins un espoir qui occupât leur temps et les empéchât de songer à la faim qui les dévorait ; et pourtant ce n'était pas une très-bonne plaisanterie que de leur dire qu'ils y trouveraicnt certainement des veaux marins s'ils voulaient attendre que ces animaux y vinssent.
Nous a primes alors la cause qui avait empéché un autre Esquimaux de tenir la promesse qu'il nous avait faite de nous amener un chien. Cet animal avait été mordu par un glouton , et nous ne pumes en douter, car il boitait encore. Mais comme ils en avaient deux autres, il fut convenu qu'ils seraient attelés à mon traîneau, et
4 juin.
pr mg rre
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que j'aurais un guide pour me conduire à Neitchillee. Je pensais que cette courte expédition serail avantageuse à nos hommes, qui souffraient encore des yeux; qu'ils pourraient, pendant ce temps, prendre quelque repos, et qu'ils seraient à mon retour plus en état de partir. Le chirurgien était assez bien pour m'accompagner, mais je préférai qu'il restât, pour donner ses soins à ceux qui en avaient besoin.
Nous partimes donc à sept heures, accompagnés d’un autre Esquimaux qui devait déposer un quartier de veau marin à Neitchillee. Nous dirigeant vers le sud, nous passâmes devant l'embouchure d'une rivière nommée Ketcoara, et deux stations des Esquimaux, appelées Owhyahriu et Oaheushrek. Six milles plus loiu, nous trouvâmes une belle source d’eau pure.
Elle jaillissait de terre au milieu des sables, et était beaucoup moins froide que l’eau de neige fondue. Nous vimesqu'elle s'était répandue pendant l'hiver sur le terrain qui l’entourait, ce qui était une preuve suffisante de sa haute température; malheureusement je n'avais pas le moyen de vérifier quel en était le degré. De la rivière sur laquelle nous étions alors, et dont la rive occidentale était basse et unie, nous pouvions voir la montagne de Neitchillee,et du côté opposé, une chaîne de collines qui semblait aller joindre cette montagne et s'étendre ensuite au sud-ouest.
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Descendant alors l'Amitioke qui était encore couvert de glace, et dont la largeur est de cinquante toises, nous arrivämes à l’endroit où il se jette dans le grand lac de Neitchillee. A la distance d’un demi-mille, on voyait cette rivière sortir du lac en se dirigeantau sud-est, et l’on en suivait le cours aussi loin que la vue pouvait s'étendre. A l'occident était une grande plaine, mais du côté de l’orient s'élevaient de hautes collines, et les deux montagnes isolées de Neitchillee et de Tulluktok.
Le nom de Neitchillee s'applique également à la terre, à la rivière, au lac et aux habitations des naturels. Nous y vimes leurs huttes d'hiver, construites en neige suivant leur coutume, et leurs maisons d’ été, dont quelques-unes avaient des cercles de pierres de près de trois pieds de hauteur ; ces habitations étaient au nombre de trente, La plus grande formait un ovale de quatorze pieds sur douze. La surface du sol en cet endroit était couverte des ossemens des animaux que les naturels avaient mangés.
J'engageai les Esquimaux qui m'avaient conduit, à gravir la montagne avec moi; chemin faisant, nous rencontrâmes un loup qui avait poursuivi une grande troupe de rennes. Il s’enfuit en nous voyant, à la grande satisfaction du guide qui craignait qu'il n'emportât un de ses
jeunes chiens. Je plantai sur le sommet, du
ol
consentement des naturels, le pavillon que j'avais apporté dans ce dessein. De là. j'eus une vue très-étendue. On ne pouvait découvrir, du côté du sud-ouest, l'extrémité de la grande pièce d'eau qui était à nos pieds ; mais des deux côtés elle était bordée de plaines sur lesquelles je comptai des centaines de rennes. Au nord, l'œil, en remontani vers la source de l'Amitioke, pouvait en suivre Jlong-temps le cours, et le voyait disparaître au milieu des montagnes dans le loin tain, La terre de ce côté était plus élevée que celle sur laquelle nous étions; une petite rivière en desceudait à travers un ravin, et formait une cascade qui, ne présentant , au lieu d'eau, qu’une foule de glaçons suspendus , produisait un effet très-singulier. Je donnai à ce site remarquable le nom de la vicomtesse Melville. Après être descendu de cette montagne, je mesurat la largeur de la rivière en face des hutles, et je trouvai qu'elle était de deux cents pieds. La profondeur de l'eau était de trente. J'appris qu'il y avait beaucoup de tourbillons et de chutes d’eau entre le lac et la mer orientale, et qu'un canot ne pouvait la remonter. Mon guide me dit qu'il y avait aussi une rivière à MR l'autre extrémité du lac, mais qu'il croyait "1 qu'elle n'était pas navigeble et qu'elle se jetait dans la mer occidentale, mais à une très-grande distance de nous. L'effet alternatif du froid et du soleil sur mon visage et sur mes mains pen-
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dant que je dessinais une esquisse, me fit venir des échauboulures à la peau. Ayant pu faire une observation à midi, je partis de Neitchillee à une heure.
Nous vimes beaucoup de cigognes et de pluviers, mais ayant malheureusement perdu ma provision de plomb, après avoir tué une bécassine, je ne pus tirer davantage. Les naturels en furent très-surpris, et je ne pus m'excuser qu'en leur disant que la neige m'aveuglait, car je ne voulais pas leur donner lieu de supposer que nos armes à feu pouvaient quelquefois nous refuscr leur service. Cette perte me contraria encore davantage en voyant passer une belle biche et son faon à dix toises de nous. Les deux Esquimaux, pour qui cette vue était une tentation peut-être plus forte que pour un braconnier de mon pays, poussèrent de grands cris pour m'engager à tirer; malheureusement cela m'était impossible. Cependant les chiens, secouant le joug de la discipline , poursuivirent les deux animaux en tirant le traineau après eux; mais il fut bientôt arrêté par de grosses pierres, ce qui mit fin à leur course.
Nous arrivâmes à notre tente à cinq heures ; je payai le guide et je le congédiai , après l'avoir informé que nous ferions une visite à leurs huttes en retournant au vaisseau. J'eus le plaisir d'apprendre que tous les maux d’yeux étaient presque guéris , et que nous avions assez de pro-
Il, 6
visions pour gagner le dimanche suivant. Je déposai un autre billet pour le commandant Ross sous un monticule de pierres que nous élevâämes. J'informai les naturels que c'était une marque pour retrouver le vaisseau; je leur persuadai qu'elle ne leur serait pas moins utile qu’à nousmêmes ; et ils me promirent de ne pas l’abattre.
A neuf heures , nous pliâmes notre tente, au milieu d’un brouillard épais, etnouspartimes à onze heures. Nous nous rendimes aux huttes, comme nous l'avions promis, et nous y trouvàmesdeux familles, composées chacune du mari et de la femme. Ils étaient assis sur Jeurs lits, ayant entre eux une espèce d’auge remplie de poisson bouilli et d'huile, et mangeant comme de vrais poureeaux , la figure et les mains enduites de cette graisse odoriférante. Un autre Esquimaux arriva sur ces entrefaites avec un veau marin. C'était celui à qui j'avais indiqué l’endroit où il en trouverait , et il semblait croire que j'étais en droit d'en réclamer ma part. HE fut bientôt délivré de cette crainte par mon refus, et il m'en fit des remerciemens bruyans.
Pour tirer parti de sa reconnaissance , je l’engageai à se charger d'une lettre pour le comimandant Ross. de l'éenivis :ur-le-champ; dans cette lettre j imdiquai , pour la troisième fois , au capitaine l'endroit où je ui avais laissé des provisions, et je hui parlai de quelques autres objets. Je promis à |'Esqumaux quen remettant cette
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lettre il recevrait en récompense un hamecon. Nous nous quittâmesles meiïlleursamis du monde, après que j’eus fait présent à chacune des femmes d'rne pièce de six pences pour la suspendre à leur cou. L’une d'elles, par forme de remerciement, nous reconduisit le long du rivage pendant environ deux milles.
Nous avions trouvé en cet endroit un Esquimaux qui avait eu'un mal de gorge quelques mois auparavant. Entre autres ornemens, il portait encore suspendu à son cou une fiole de médicamens qui lui avait été donnée par le chivurgien. Jl ne semblait pas qu'elle eùt été ouverte, et il la portait probablement comme un charme. Voyant que le chirurgien souffrait d'un mal de dents et d’une fluxion à la joue, il voulut, par reconnaissance, le guérir, à son tour, à sa manière. Il ie frappa légérement trois fois sur la joue, et lui sofa autant de fois sur la figure. Ce qu'i y a de certain , c'est que le docteur ne tarda pas à être guéri; et si ce fut par l'ettet du charme, ce n’est pas la première fois qu'un mal de dents a été guéri de cette manière.
Tous les maux d’yeux étaient heureusement passés, ei nous continuâmes notre voyage par un beau temps et un ciel pur. A sept heures, nous arrivämes à l'extrémité nord-est du grand lac nommé Teygriak, et nous dressames nos
4.68, car le soleil avait déjà beaucoup de force à huit heures du matin, Nous donnâmes à notre
5 juin,
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déjeuner le nom de souper, parce que nous avions interverti l’ordre naturel er nous cou-
chant à neuf heures. A notre première arrivée la neige était épaisse et mobile ; mais à notre retour nous en trouvâmes la surface suffisamment gelée pour former une croûte, sur laquelle notre traîneau pouvait glisser sans s'enfoncer.
Ce grand lac, qui a dix milles de longueur, paraît n'en avoir qu'un de largeur en quelques endroits, parce qu'ils’y trouve une chaîne d'îles ; mais dans d’autres , il semble être large de trois à quatre milles, et il l’est peut-être davantage. Les montagnes de glace qui formaient une ligne non interrompue d’un côté du lac à l’autre, avaient probablement été réunies ainsi par les tempêtes au commencement de l'hiver. Les terres basses qui l'environnaient étaient encore couvertes de neige,
Nous nous remimes en chemin à sept heures du soir , après avoir fait ce que nous appelâmes notre déjeuner ; le temps était superbe. Après avoir traversé deux lacs, nous arrivâmes au golfe de Shag-a-voke, qui est l'extrémité d’un bras de la mer orientale, avancçant dans l'intérieur d’environ huit milles. Ainsi l’isthme se réduit à une largeur de dix-sept à dix-huit milles, dont douze sont occupés par des lacs d’eau douce, de sorte qu'en réalité les deux mers orientale et occidentale ne sont séparées que par cinq millesde terre.
Comme on n'avait pas encore régulièrement
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reconnu le golfe , le détroit et l'entrée de Shaga-voké, je dirigeai notre marche vers le sud-est, ct après avoir fait deux milles à travers une neige très-épaisse, nous arrivâmes au détroit qui sépare le golfe, ou la partie supérieure, de l'entrée du bras de mer. De chaque côté s'élevent des montagnes de près de trois cents pieds de hauteur. La largeur du détroit est en général de trois quarts de mille ; mais un grand marécage qui s’étend sous la montagne du côté du nord, la réduit en cet endroit à moins de deux cents pieds.
Nous ne pümes faire de ce dimanche un jour 6 juin.
de repos, et je continuai l'examen de ce bras de mer. Vers le milieu, il avait un demi-mille de largeur, et était bordé de hautes montagnes. L'épaisseur de la neige rendait notre marche lente et pénible, de sorte que nous n'’arrivämes qu'à trois heures au second détroit qui sépare le milieu du bras de mer de sa partie inférieure, c'est-àdire de la baie. Une pointe de terre, s’avançant du côté du nord, semblait bloquer le passage vers la mer. Elle avait l'air d’une île, mais elle se rattachait au rivage par un isthme, et ne laissait à l'eau, en cet endroit, qu'une largeur d'environ cent pieds. On voyait au milieu plusieurs rochers ; la glace était alors partiellement rompue; ct lu marée moutait à raison de quatre milles par heure. D'après d'anciennes marques de l’élévation de l'eau , nous calculâmes qu'elle mon-
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terait encore pendant deux heures. I serait alors cinq heures, et c'était le jour de la pleine lune.
Au-dessous de cette péninsule, le canal de ce détroit se courbe vers le sud et jette une partie de ses eaux dans un golfe formé par une seconde presqu ile semblable à la première, mais s’'avançant sur différentes pointes, de manière à rendre le passage tres-difficile. En cet endroit est un récif de grosses pierres placées diagonalement, et qui offrent l'aspect d’une écluse de moulin. C’est probablement un ouvrage des naturels du pays pour diriger l’eau vers la rive méridionale, où est le principal courant, tandis que de l’autre côté elle forme une grande baie bordée de hautes terres. L'isthme était couvert de cercles de pierres, restes des habitations des Esquimaux. Nous y vimes un monticule bizarre de forme carrée, offrant des marques de végétation et ressemblant aux deux faces d’un bastion. En l’examinant, nous reconnümes que c'était une alluvion produite par la jonction de deux rivières. Combien de fois, dans notre pays, de pavel:s dépôts n'ont-ils pas été pris pour des restes de camps romains ou autres !
Le grand bras de mer , pres de cet endroit , avait environ deux mille pieds de largeur dans sa partie la plus étroite. De cette position, nous vimes l'entrée de Ja baïe à trois milles de distance; du côté du nord, elle descendait gra-
duellement jusqu à une pointe basse de rocher
rait alors ne lune.
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qui avancait à l’est ; du côté du sud, elle se prolongeait quatre milles plus loin dans la même direction, et inclinait ensuite au sud-est. Au sud, on ne découvrait ni îles, ni rochers ; mais au nord s'élevait un roc remarquable, auquel nous donnâmes le nom de mon ami M. Tilson, en même temps que nous baptisâmes de celui de ses filles deux îles voisines. Plus loin, étaient trois autres iles qui s’étendaient vers l’orient, et qui, lorsque les eaux étaient basses, semblaient presque jointes à la terre.
A sept heures du matin, nous arrivämes à la plus méridionale de ces îles. L'action du soleil sur la neige rendait la marche tresdificile , et la nuit était véritablement alors le temps le plus convenable pour voyager. C'était pour cette raison que nous avions fait du jour la nuit, tant pour nos rep's que pour nous reposer. La tente fut donc dressée, et nous donnàâmes à nos hommes le temps nécessaire pour prendre quelque nourriture. Pendant ce temps je fis quelques observations nécessaires pour fixer la latitude. Nous tuâmes un lièvre et deux ptarmigans, et nous vimes beaucoup de mouettes et de petits oiseaux.
A cinq heures du soir nous fimes nos prépa.
“aifs de départ, et nous nous mimes en marche à sept heures. Cette partie du voyage fut trèsfatigante, car pendant huit milles nous eûtmes à tirer le traineau sur une glace pleime d'inéga-
os lise aff s ,
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7 juin.
lités, obligés souvent de le soulever pour Jui faire franchir les plus mauvais passages , et nous enfoncant à chaque pas dans la neige jusqu'aux genoux. Nous marchâmes ainsi pendant six heures. Heureusement le temps était beau , et Ja neige avait commencé à fondre.
À une heure et demie du matin, nous arrivâmes au cap Keppel, où nous arborâmes notre pavillon et où nous fimes halte pour prendre des rafraichissemens. Nous remettant ensuite en route, nous trouvämes la glace plus unie, et nous avançâmes plus rapidement. Je fis une esquisse du rocher qui ressemble à l’île de Bass, et je lui donnai le nom d’Adolphe Dalrymple, à cause de sa ressemblance avec le cimier de cette famille. À deux milles plus loin, nous vimes {lotter un pavillon anglais, ce qui nous apprit qu'on avait envoyé du vaisseau un détachement à notre recherche. En y arrivant, nous trouvâmes une lettre de M. Thom, qui, craignant que nous ne manquassions de vivres, en avait fait déposer dans un endroit qu'il nous désignait. Cependant nous n’en avions pas besoin ; grace au poisson et au gibier, nous avions pu ménager nos provisions. Nous vimes sur les montagnes beaucoup de mouettes et de hiboux ei un grand nombre de veaux marins dans les mares d’eau qui bordaïent la côte.
A sept heures, nous arrivâmes au vaisseau , après une absence de neuf jours, Nous y trou-
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L, NOUS arrirâmes notre our prendre tant ensuite e plus unie, . Je fis une l’île de Bass, alrymple, à nier de cette nous vimes nous apprit létachement nous trou- > craignant S, en avait nous désipas besoin ; ions pu méur les monboux ei un
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vâmestoutenordre, et l'équipage enbonne santé. Si je dois à nos hommes la justice de dire qu'i's montrèrent toujours la plus grande ardeur , ils méritent encore plus d’éloges pour la résignation avec laquelle ils accomplirent un sacrifice vraiment méritoire. Comme j'étais le seul qui ne büt aucune liqueur spiritueuse, et que tous, excepté moi, avaient eu de violens maux d’yeux, je leur représentai que l’us du grog en était la cause, et je leur proposai d'y renoncer , leur faisant observer en même temps que, quoique le plus âgé de tous, j'étais celui qui supportait le mieux la fatigue. Aucun n’hésita à y consentir, et ils avaient d'autant plus de mérite à cela, qu'indépendamment de ce qu'il s'agissait de renoncer à une vieiile habitude des marins, ils avaient toujours cru que cette boisson contribuait principalement à soutenir leurs forces. Nous rapportâmes donc au vaisseau tout ce qui nous restait de la provision dont nous nous étions munis.
Il cest diflicile de persuader aux hommes, même à ceux qui n ont pas l'habitude constante de boire des liqueurs spiritneuses, qu’elles affaiblissent le corps au lieu de le fortifier. C'est un stimulant qui donne un courage momentané, et cet effet est pris pour une augmentation de forces. Mais la plus légère attention prouvera que le résultat est tout autre. Qu'on donne à des hommes occupés d’un travail constant et péni-
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