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partout les traces, et je donnai ordre à mes compagnons de se mettre en route à l'heure ordinaire. Aprés avoir suivi ces traces pendant deux heures, j'arrivai sur la petite île où j'avais prié le capitaine Ross de faire déposer des provisions , mais je n’y pus découvrir aucune trace de piedseuropéens. Cependant j’entendis bientôt les cris des Esquimaux, et un jeune homme vint me joindre en donnant tous les signes de la plus vive satisfaction. Ils préparèrent un attelage de chiens, et ils les envoyèrent à mes compagnons pour les aider dans leur marche.
Atayaraktak me conduisit alors à un monticule de pierres sous lequel je trouvai une lettre du capitaine Ross, qui m'informait qu’il m'avait attendu jusqu'au 4, et qu'il m'avait laissé quelques provisions dans un endroit qu'il m'indiquait, à peu de distance du monticule. Mais les chiens des naturels avaient découvert ce trésor, et Mil-luk-ta l’avait le matin même emporté dans sa tente. Je m'y rendis sur-le-champ, et sa mère me remit tout ce qui restait, avouant qu'ils avaient mangé le surplus. Tout ce que nous en retrouvämes ne consistait qu'en huit livres de viande et quelques livres de pain , dont une bonne partie n’était plus en état de nous servir ; nous fûmes pourtant encore heureux de trouver ce qu'ils nous avaient laissé. Ils avaient vidé les bouteilles de rum et de jus de citron, qu'ils appelaient de l’eau sale, et ils nous mon-
trérentune rivière où nous pouvions, disaient-ils, : nous en procurer de plus claire.
É Ils nous oflrirent alors quelques poissons qui S semblaient être une espèce de morue, et ils nous ; promirent denous en pêcher davantage. Je résolus
, donc de faire halte en ce lieu , et nous campâmes 11. L près d'eux. Mais à défaut de neige, nous fûmes 1 L obligés de nous construire une hutte en pierres, 4 S et iis nous aidèrent dans ce travail. Des huit
: | chiens que nous avions emmenés du vaisseau , il | S ne nous en restait plus que deux, et ils étaient il tellement épuisés, qu'une autre journée de fa- - tigue les aurait probablement tués. Ils avaient Ù pourtant été choisis parmi les meilleurs de ceux > que les Esquimaux possédaient ; mais après huit jours de voyage , ils s'étaient trouvés tous hors de service, de sorte que nous les détachâmes des . traineaux, les laissant nous suivre, si bon leur semblait. Il était évident que, si la chose eût été possible, nous aurions dù adopter le système des Esquimaux qui ne font jamais travailler leurs chiens plus de quatre jours de suite, et qui leur donnent ensuite un jour ou deux de repos. Au contraire nous avions voyagé pendant vingt-trois jours consécutifs, événement rare dans ce climat, et que la sérénité peu commune du temps nous avait seule permis d'accomplir.
Notre hutte fut terminée à quatre heures après midi, et le poisson qui nous avait été douné nous fournit un bon diner. Pendant ce