‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 3 sur 121 · DEA ESS · texte numérisé non relu

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nous voudrions aller. Beaucoup de raisons s'opposaient à cette demande. D'abord, c'était la première mésintelligence qui eût eu lieu entre eux et nous; il était donc important de bien nous entendre et d'effectuer notre raccommodement sans délai, de peur de ne plus en trouver l'occasion ; car, pendant notre absence, ils pouvaient partir, soit de crainte que nous ne revinssions en plus grand nombre, soit pour tout autre motif; et il en résulterait non-seulement qu'ils conserveraient leur inimitié contre nous, mais qu'ils inspireraient le mème sentiment d'hostilité à toutes les tribus qu'ils pouvaient connaître, et que nous ne trouverions plus que des ennemis dans tout le pays. Je rejetai donc cette proposition , et je déclarai que je ne quitterais la place où j'étais que lorsque nous serions redevenus bons amis. Pendant ce temps, le parti hostile s'était peu à peu rapproché de notre groupe, quoique ce ne fût probablement que pour entendre notre conversation. Je tracai sur-le-champ une ligne sur la neige, et je défendis que personne la passät, avant d’avoir jeté ses armes, car tous tenaient encore leurs couteaux de la main droite, quoiqu'ils eussent les bras croisés sur la poitrine. Après une conversation qu'ils eurent ensemble et qui ne dura que quelques instans, leurs figures sombres commencèrent à s'éclaircir; ils jetèrent leurs Couteaux sur la neige, et paraissant enfin con-

vaincus que nous n'avions pris aucune part à la mort de l’enfant , ils parurent vivement désirer voir s’effacer l'impression défavorable qu'ils supposaient que leur conduite avait faite sur nous.

Cependant ils nous pressèrent encore de retourner au vaisseau’, alléguant qu'il leur était impossible de se servir de leurs chiens avant que trois jours se fussent écoulés depuis la mort d’un membre de la famille. Il est probable que c'était réellement un de leurs usages funéraires, peut-être un temps fixé pour le deuil; mais je ne voulais pas céder, s'il était possible; car la perte de trois jours à cette époque de la saison était une considération importante.

Je leur montrai donc une grande lime, et je l'offris à quiconque voudrait m'accompagner, ajoutant en même temps que si personne ne se présentait, je ferais seul le voyage, et qu'ils perdraient la récompense promise. Il s’ensuivit une consultation de quelques minutes , pendant laquelle j'entendis répéter plusieurs fois mon nom, et le mot « erk-she » (en colère). Enfin un homme nommé Poo-yet-tah parut céder aux instances de sa femme, et offrit de m'accompagner si je voulais lui permettre de prendre avec lui Il-lik-tah, beau jeune homme de seize à dix-sept ans.

J'y consentis volontiers, car deux compagnons devaient nous être plus utiles qu'un seul,

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