‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 4 sur 121 · DEP · texte numérisé non relu

DEP

jerbr es:

et ils retournèrent tous deux vers les huttes pour se préparer à partir. Il ne pouvait me rester aucun doute qu'ils ne considérassent alors la paix comme parfaitement rétablie entre nous, car tous les autres s’attroupèrent autour de nous en nous donnant les mêmes marques de confiance et d'amitié qu'auparavant, et en reprenant cet air enJoué qui était l'expression habituelle de leur physionomie.

Si je me suis autant étendu sur cette aventure, c’est que , pendant les années que nous passâmes dans leur voisinage, ce fut la seule circonstance dans laquelle les Esquimaux nous montrèrent des sentimens hostiles. Je ne dois pourtant pas m'attribuer tout le mérite du succès dans ce petit drame : le sang-froid et le calme de mes deux compagnons contribuërent beaucoup au dénoûment heureux d’une situation dans laquelle le moindre acte d’imprudence ou de téméritéaurait pu nous coûter la vie.

11 était dix heures quand nous commencâmes notre voyage vers l'extrémité nord-ouest de la baie, et nous füûmes accompagnés par les accamations de nos amis aussi long-temps que nous pûmes les entendre. Comme cela avait été convenu, M. Mac Diarmid retourna au vaisseau pour informer le capitaine Ross de tout ce qui venait de se passer, et pour lui dire que nous comptions être absens quatre à

cinq jours, comme nous pouvions le prévoir il,

d’après le calcul de notre guide. M. Abernethy et moi restâämes alors avec nos deux Esquimaux.

Le bagage et les provisions furent placés sur deux traineaux , attelés chacun de six chiens, et avec leur aide nous voyageâmes très-rapidement sur la glace unie de la baie. Quand nous eûmes fait ainsi dix à douze milles, Poo-yet-tah arréta son traineau et me dit qu'il allait examiner un trou de veau marin qu'il connaissait dans la glace à quelque distance sur la gauche. Comme je ne pus m’empécher de le soupçonner d'avoir dessein de nous quitter et de retourner aux huttes, je lui proposai de l’accompagner, et il y consentit sans hésiter.

Après que nous eùmes marché quelque temps, mon guide, qui allait en avant, se retourna vers moi, et me passant la main sur la poitrine, me dit que j'étais « bon. » Remarquant alors, pour la premiere fois, que je n'avais pas pris mon fusil, il me mit à la main sa javeline , en me disant que je devais être armé aussi bien que lui, et il tira de dessous son habit, qui le cachait, son grand couteau pour lui servir d'arme. En arrivant au trou du veau marin , il s’étendit par terre , approcha son visage de la légère couche de neige qui le couvrait, et me dit ensuite que l'animal l’avait abandonné depuis plusieurs jours. N'ayant pas de butin à espérer, nous retournâmes aux traîneaux, et nous continuâmes notre route, cha -

Page 1