‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 35 sur 121 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

Continuation du journal de juin. — Résumé du mois.

14 juin, Un vent d'ouest très-fort rendit le temps froid; le thermomètre tomba à 33° et il y eut des giboulées de neige. Nos travaux n'en continuërent pas moins cette journée et la suivante.

45 juin, La neige ne restait quesur la glace ; sur la terre, elle se fondait sur-le-champ. Il en fut à peu près

16 juin. de même le lendemain, et nous commencâmes à craindre que l’été n’arrivât plus tard que nous ne nous y étions attendus, car depuis plusieurs

jours, il n’y avait eu aucun changement visible dans l’état de la glace. Le thermomètre descendait la nuit un peu au-dessous du point de congélation ; et la plus grande chaleur, qui eut lieu dans la journée du 15, avait été de 50°.

47 juin. Le 17 le temps parut plus beau , moins variable, mais encore froid. Deux Esqui-

maux nous apportèrent une couple de veaux

marins, provisions qui nous furent d'autant plus agréables que nous avions un grand nombre de chiens à nourrir. Ils avaient obtenu du

succes à cette pêche aux îles du Contrôleur. ; Après les avoir récompensés suivant l'usage, je

donnai à Ikmallik un souverain pour le porter 1 À à son cou, en lui disant que c'était le portrait de ‘| notre grand chef, et je lui recommandai de le conserver avec soin, et de le montrer à tout Ci Européen qu’il pourrait voir par la suite. Quelque usage qu'il püt en faire, il n'était pas du moins probable qu'il le dépensât jamais; et il aurait été bien surpris s'il avait pu l’échanger

ps pour sa valeur réelle en bois, en fer, en hameut cons, en haches, en couteaux et en aiguilles. Je ti- ne dois pas oublier de dire que les deux guides te. prirent congé de nous en nous montrant beaure, coup de reconnaissance pour les présens qu’ils ès | avaieni recus, et pour les bontés qu'ils avaient Les éprouvées. Ils nous dirent qu'ils espéraient nous us revoir encore. Nous apprimes d'Ikmallik que rs tous les autres étaient allés vers le sud, à l'exceple tion de sa famille et d’une autre qui devaient n- rester encore quelque temps sur les îles du Conbn- trôleur. I] nous apprit les noms qu'on donnait eu | en ce pays à tous les oiseaux que nous avions | tués, et la plupart étaient une imitation de leurs ns cris. Ils partirent en nous promettant de nou- 1i- veau de venir nous revoir.

Le temps fut beau, mais il gela le matin et {9 jus.

19 juin.

20 juin.

21 juin,

22 juin.

le soir. Nos travaux se continuérent, et nos barques furent débarrassées de la neige qui les couvrait. Quelques-uns de nos hommes se plaignirent de rhumatisme, et se trouvèrent soulagés par un bain de vapeur. La matinée du samedi fut froide, et il tomba beaucoup de pluie dans le cours de la journée. Heureusement on avait fini de calfater le tillac, de sorte que nos hommes, qui étaient en-dessous, n'en souffrirent point.

Le temps parut avoir changé tout à coup le dimanche. La pluie cessa pendant la nuit ; l'air devint doux et le ciel serein; le thermomètre, au milieu de la journée, monta à 62°, et resta à 60° pendant plus de sept heures. La neige commenca donc à disparaître , et des torrens descendirent du haut des montagnes. Après l'oflice divin, nos hommes allérent faire leur promenade d'usage, et ils nous rapportérent un grand plongeon du nord. Ils avaient vu beaucoup de lièvres et de canards sauvages. Ils recucillirent aussi quelques insectes. Une grande partie de la glace autour du vaisseau était rompue.

Il y eut du brouillard le lundi, et un peu de pluie. Le dégel continua , quoiqu'il fit moins chaud. On tua un second plongeon et deux canards, On fit les préparatifs d’une expédition pour aller reconnaître la ligne de la côte au sudest. Nos hommes ne manquèrent pas d'occupation dans le vaisseau. Le lendemin nous eûmes le vent au nord-est, et un brouillard qui dura

jusqu'au soir : alors le ciel s’éclaircit. Les semelles de bâbord furent mises en place, et l’on termina les préparatifs de l'expédition, qui devait partir le lendemain , si le temps le permettait. Le temps fut beau. On prépara le traîneau et 23 juin. la barque en peau, et après le déjeuner on y placa les provisions et le bagage. Le premier enseigne partit en avant avec dix hommes, qui devaient tirer le traîneau jusqu'à une distance de dix milles, et ils revinrent à huit heures du soir. À neuf, le commandant Ross et quatre hommes partirent du vaisseau avec les chiens pour rejoindre le traîneau. Ceux qui étaient revenus au vaisseau avaient tué quelques canards et vu plusieurs rennes. Le nombre de ces animaux qui passaient dans nos environs, croissait graduellement; car depuis peu nous en avions vu beaucoup, tandis que, pendant long-temps, nous u’avions apercu que leurs traces.

La matinée du 24 fut belle; mais vers midi , # ju il tomba de la neige et de la pluie, ce qui continua jusqu'à minuit. Ce n'était certainement pas un jour de St-Jean, quoi qu'en pût dire le calendrier ; et si les usages de la St-Jean avaient pénétré dans ces contrées, le courage aurait manqué autant que les combustibles pour faire des feux de joie. Par suite du dégel, une grande quantité d'eau coulait des ponts dans la cale ; cette eau était produite par la neige qui était encore accumulée contre les côtés du vaisseau, ul. 10

25 juin

26 juin.

7 juin,

et que nous fümes obligés d’en faire sortir par le moyen de la pompe foulante, les autres n'étant pas encore débarrassées de la glace. Le chirurgien, qui avait escorté le commandant Ross, revint de bonne heure dans la matinée, rapportant une oie de solan qu'il avait tuée. On vit le premier cygne de la saison. Des troupes nombreuses de canards commencaient à passer.

Il tomba de la neige de temps en temps, quoiqu'il fit doux, et le jour se termina par une belle soirée. Nos hommes s’occupèrent à couper la glace à bâbord du vaisseau pour qu'il püt se relever, et il remonta de quatorze pouces. Le thermometre pendant la nuit fut à 34°. Le samedi, à midi, il monta à 62°. Telles étaient les variations extrêmes du chaud et du froid dans ce pays, au milieu de l'été, et comme pour en donner une nouvelle preuve, il retomba au point de congélation pendant la nuit. Ici les effets du soleil ne sont pas durables, et ils cessent de se faire sentir aussitôt que cette grande source de la chaleur touche à la fin de sa carrière. Je plaçai un filet à l'endroit où une rivière entrait dans un lac voisin de nous; mais nous ne primes pas de poisson, et nous n'en vimes même aucun. On trouva un œuf d'oie, ce qui prouve que ces oiseaux couvent dans cette contrée; on en vit un grand nombre, et l’on en tua un. Le vaisseau se trouva enfin presque droit.

Rien de remarquable n'arriva le dimanche.

Après l'office divin, nos hommes allèrent se promener à terre, et comme il ne leur était pas défendu de chasser, ils tuèrent cinq canards et un plongeon.

Il avait neigé, et le temps devint si froid, que, pendant la nuit, le thermomètre descen-

dit au point de congélation. Pendant le cours 28 juin.

de la journée, nous achevâmes les préparatifs

d’une expédition projetée pour le lendemain. 29 juin.

Le temps, dans la matinée, menaca d'y mettre obstacle; mais le ciel s'étant éclairci à midi, sept hommes partirent en avant avec un trai- :“au, une barque, nos bagages et des provis our six jours. Ils devaient faire halte près üe sa baie au nord-ouest. À sept heures, je les suivis avec le chirurgien et trois hommes. Nous rencontrâmes un de ceux qui nous avaient précédés, retournant au navire, et il nous annonca que le traineau s'était cassé ; il avait été envoyé avec trois hommes et un chien pour en ramener un autre. Îls n'avaient pu faire que six milles, étant restés à un mille de distance des huttes au nord, qui étaient le rendez-vous convenu.

Comme la pêche était le principal but de cette expédition, et que nous étions munis de tout ce qui nous était nécessaire, cet accident ne nous empécha pas de continuer notre route.

Pour compléter le journal de ce mois, il me 50 juir.

veste seulement à dire que la neige qui tomba le dernier jour nous amena une brise fraiche et

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