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le même froid. Je ferai donc le résumé du mois, suivant mon usage, afin de ne pas interrompre la relation de mon voyage.
1l est presque inutile de dire que ce mois avait été tres-défavorable au désir que nous avions de mettre à la voile de bonne heure dans l'été. A Port Bowen, à deux cents milles plus au nord, il avait plu dès le 7 juin; et ici il n’était point tombé de pluie avant le 19, et encore alors la pluie avait-elle été suivie de neige et de gelée, de sorte que nous étions retombés au méme point que pendant les premiers jours de ce mois. La glace avait diminué d'épaisseur en quelques endroits, mais elle était encore très-
compacte .
Cependant le temps avait favorisé les expéditions; le commandant Ross n'avait souffert aucune interruption dans sa marche; ses rapports étaient favorables, et le résultat de sa dernière expédition avait considérablement restreint le cercle dans lequel nous devions faire de nouveaux efforts.
Nos communications avec les naturels avaient été moins fréquentes, à cause de leur éloignement, mais elles avaient été plus amicales et plus intimes que jamais. Ils n'avaient pas eu de succès à la pêche, et par conséquent ils n’avaient pu nous apporter des provisions; mais toutes les fois qu'ils avaient manqué de vivres, et que nous avions pu leur en fournir, nous l'a-
” vions fait, et ils nous avaient prodigué en retour Î ie les témoignages de leur reconnaissance. Dans le 1} fait, à l'exception de la scène qui avait suivi la } it | mort d'un enfant, et qui ne provenait que ” d'une méprise ; et, sans parler de quelques larcins qui pouvaient se pardonner, attendu leur ail e peu d'importance, nous avions eu tout lieu f: it d’être charmés de la conduite des naturels de | " cette tribu, non-seulement à notre égard, mais à le à encore dans leurs relations entre eux. J’ai déjà ti. i | cité plusieurs preuves de leur caractère obli- \ Le | geant, notamment lorsqu'ils nous aidaient à ( “ | tirer nos traîneaux. Ils avaient grand soin de \ . | leurs enfans ; ils semblaient avoir un bon cœur ! et être susceptibles d'affection ; enfin ils parais- Î # saient vivre ensemble dans la meilleure intelli- | + gence, sans montrer le moindre symptôme d’é- il ; 1 goïisme, même au sujet de la nourriture, cette '] ” L grande, je pourrais même dire, cette seule jouis- L: , À sance du sauvage. Cette opinion est fort opposée 1 e :l à ce qui a été rapporté d’autres tribus du même 4 peuple; mais rien cependant ne m'a donné jus-
qu'à présent lieu de croire qu’elle soit erronée.
u R | Les arrangemens à faire sur le vaisseau étaient t tellement avancés, qu'il était évident que nous a serions prêts à mettre à la voile long-temps avant Ê que cela fût possible. Quoique en général la san- : té de tout l'équipage fùt bonne, trois ou quatre
hommes continuaient à montrer des dispositions au scorbut, ce qui obligeait de les astreindre à
un régime et à un traitement particuliers. Tous avaient eu de grandes fatigues à supporter pendant le cours de ce mois, et tous les avaient subies avec le plus grand courage.
La reconnaissance des côtes n'avait pas interrompu nos observations, et j'en avais fait plusieurs sur l’inclinaison et la variation de l'aiguille aimantée. La plus haute température du mois avait été de 62° au-dessus de zéro, la plus basse de 26°, et la moyenne de 36° 76’. Il est inutile de répéter les comparaisons que j'ai détà faites avec la températures des autres expéditions dans le cours du même mois.
Nous n’eûmes pas de grands succès à la chasse; uous ne laissâmes pourtant pas de tuer quelques animaux. Les naturels, en poursuivant continuellement les rennes , semblaient lesempêècher, ainsi que les bêtes de proie qui suivaient leurs traces, de s'arrêter pour quelque temps dans nos environs. La même cause en chassait probablement les bœufs musqués et peut-être aussi les hèvres. Tous cherchaient des asiles où ils pussent trouver plus de sécurité dans la solitude de ces déserts.