‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 5 sur 121 · RME · texte numérisé non relu

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cun de nous, tour à tour, marchant à pied, ou prenant sa place sur l'équipage.

A deux heures après midi, nous arrivâmes à une baie que notre guide appelait An-ne-reak-to, s'étendant au nord-nord-ouest , et dont l'entrée avait environ un mille de largeur. Le cap qui la bordait portait le nom de Ne-ak-kog-e-nek du côté de l’orient, dénomination motivée sur la ressemblance que les naturels avaient cru trouver entre la tête d'un homme et une pointe de rocher qui s'avancait sur la côte. La pointe occidentale, nommée Neck-ler-rid-yeoo, forme la fin d’'Ac-cood-le-ruk-tuk, nom que cette peuplade semble donner à toute péninsule ou terre presque entourée d’eau, que cette eau soit douce ou salée.

Nous continuàmes à suivre la côte de cette baie, et nous entrâmes ensuite dans l’embouchure d’une rivière que nous remontâmes jusqu'à environ un mille et demi. Tournant alors à l’ouest-nord-ouest , nous laissèmes à notre droite la fin d’An-ne-reak-to. Cette partie de la rivière se nomme Ac-cood-le-it-pang-ut, et quoiqu'elle fût couverte de glace d’eau douce, on voyait sur ses rives des traces évidentes de marée. A trois heures, nous arrivâmes à un endroit où la riviere est resserrée entre ses bords, de manière à former une espèce de chute d’eau dans une longueur d'environ dix toises. À partir de ce point, notre marche devint extrémement

pénible; toute la vallée était remplie d’une neige mobile, qui nous empéchait de suivre les détours de la rivière, comme nous l’avions fait jusqu'alors. La rive droite était composée de blocs détachés de pierre à chaux , à travers lesquels on voyait s'élever çà et la des masses de gneiss. La rive gauche montait graduellement en talus, et atteignait une hauteur de cent pieds à la distance d'un mille.

À six heures, nous arrivämes à un petit lac qui est la source de cette rivière. Les rives en étaient élevées, rocailleuses et escarpées; les ravins étaient remplis d'une neige compacte, et les sommets des montagnes dans le lointain en étaient également couverts. De là, nous dirigeant davantage vers le nord, nous traversâmes une chaîne de hauteurs pour arriver à un autre lac, et nous nous fatiguâmes beaucoup pendant une heure et demie, à cause de l’épaisseur de la neige, et de Ja raideur du chemin que nous avions à gravir. Ce ne fut qu'à dix heures que nous arrivâmes à l'endroit où nous devions faire halte, et nous finimes notre marche de cette journée, hommes et chiens également épuisés par la lutte continuelle que nous avions eu à soutenir pendant environ trente milles contre un vent trés-fort et la neige qu'il chassait.

Les deux Esquimaux nous eurent bientôt construit une excellente hutte de neige, et après notre souper de viande gelée , nous ne songeâmes

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plus qu'à prendre quelque repos, étant tous trop fatigués pour pouvoir causer, même des événemens de la matinée; s’il en eüt été autrement, j'aurais cherché à me faire expliquer leurs coutumes funéraires, et à m'assurer si nous avions entièrement dissipé l'idée du pouvoir surnaturel qu'ils nous avaient attribué, et de l'usage malfaisant qu'ils avaient cru que nous en avions fait.

La nuit fut très-orageuse, et le matin, un vent impétueux venant du nord chassait la neige avec une telle violence, que nous ne pûmes quitter notre hutte qu'à neuf heures. Nous ne fimes que très-peu de chemin jusqu'à midi, mais alors le vent se modéra et le temps devint beau. D'après une observation que je fis à midi, nous étions alors sous la latitude de 70° 25° 19 . Nous vimes un grand nombre de traces d’'Esquimaux sur une petite île au milieu d’un grand lac. Nosguides nous dirent que c’étaitunestation trèsfréquentée pour la pêche pendant l'été et l'automne; que le lac, pendant ces deux saisons, était rempli de saumons qui y remontaient en suivant une rivière qui sort de l'extrémité nord-est de cette pièce d'eau. Ils appellent cet endroit Nap-pur-re-uk-ta-lig. 11 est entièrement entouré de montagnes de granit, et les îles sont formées de la même pierre. La forme du lac est fort irrégulière, et il a une étendue considérable de nord-est en sud-ouest.

2e avril,

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