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trionale de la Norwége n’ont jamais été cités comme ayant un appétit extraordinaire. En Norwége , le paysan ne se nourrit presque que de lait et de pain de la plus mauvaise qualité. Et pourtant, dans aucun de ces deux pays, les hommes ne sont moins forts, ni moins en état de supporter le travail. Ils vivent du moins aussi long-temps que les Esquimaux , et jouissent en général d’une aussi bonne santé.
Si donc, d'après cette comparaison avec des peuples habitant un climat presque semblable , cette consommation extraordinaire d’alimens, et d’alimens de l’espèce la plus nutritive, n'est pas nécessaire , le contraste devient encore bien plus frappant quand on jette les yeux sur certains peuples habitant les parties les plus chaudes du globe. Une modique ration de farine d'orge par jour rend l’Arabe plus capable d'endurer la fatigue que l'Esquimaux, qui, dans le même espace de temps, mange peut être vingt livres de chair et d'huile , et il est en outre plus vigoureux et plus actif. Quiconque connaît l'histoire géographique de l'homme, peut aisément faire d'autres comparaisons. C’est aux médecins à expliquer cette complaisance de l'estomac et de la constitution humaine; mais il faut aussi qu'ils nous disent quelemploi fait la nature de ce qui ne peut manquer d'être un superflu. Nous étions tout aussi bien nourris avec une livre de saumon par jour, qu'un Esquimaux avec vingt.