‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 53 sur 121 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

Mois de novembre et de décembre. — Résumé.

Ce mois commenca du moins favorablement, 1° nv. car la moyenne de la température, le 1°", fut de 21° au-dessus de zéro. Le vent varia plusieurs fois de force et de direction. Pour commencer nos préparatifs pour l'hiver, nous désenverguâmes nos voiles, nous dégréâmes nos mâts de hune et nous les descendimes. Le lendemain il 9 sv. y eut un coup de vent qui se modéra ensuite, et le thermomètre toraba à 4° au-dessous de #éro. On commenca les travaux pour couvrir le 3 nov. vaisseau , et on les continua le jour suivant. Le 4, il y eut tant de vent et de neige, qu’on ne à nn. put travailler que sous le pont; le vent venait du nord, mais il changea plus d’une fois, et le thermomètre varia entre zéro et 24° au-dessus.

Ce jour fut employé à couvrir de voiles le; toit établi sur le vaisseau. Les vallées et les ravins sur le rivage étaient remplis de neige, Les

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ny. condensateurs furent remis en place Le samedi, la couverture du navire fut achevée, le pont nettoyé , et beaucoup de choses furent mises en ordre. Il neigea pendant ces deux jours, et le thermomètre ne descendit pas plus bas que 22° 7 uw. au-dessus de zéro. Le dimanche fut un jour de repos, et nos exercices religieux furent repris

: régulièrement.

8 nov. [ tomba tant de neige dans la matinée, qu'on ne put travailler hors du navire, mais nous ne 9 nov, Mmanquions pas d'ouvrage dans l’intérieur. Le lendemain on s’occupa à rompre la glace autour to nov. du navire ; et le jour suivant, à l'empiler, comme on l'avait fait l'année précédente. Le temps changea souvent pendant ces deux journées , et le thermomètre varia de 10° au-dessus de zéro ! nov. à 16° en dessous. Mais le jour suivant, il tomba une forte neige, qui dura seize heures ; la température variant de 2° à 16° au-dessous de zéro. 1% nov. Îl avait été impossible de travailler la veille hors du navire; mais le temps étant beau et serein le vendredi, on continua à élever une digue de neige autour du vaisseau. Le temps fut 13 nov, aussi favorable le lendemain, mais le thermomètre tomba à 20° au-dessous de zéro, point le plus bas qu'il eùt encore atteint. À pareil jour l'année précédente , il était à 26° au-dessus de zéro, ce qui faisait une différence de 46 degrés. us Le dimanche nous amena un temps calme et serein, mais tuès-froid, car le thermometre des-

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cendit à 29° au-dessous de zéro. Une brillante aurore boréale fut le seul incident remarquable :

nous n'en avions vu que rarement depuis quel-

que temps. Le lundi on creusa dans la glace un 15 trou pour y faire du feu, et les travaux pour former la digue continuërent. Le ciel étant cou-

vert, le thermomètre remonta le lendemain de 16 nu. cinq à six degrés : du reste il n’y eut aucun changement ni dans le temps, nt dans nos travaux.

Le 17; Nous cümes pour toute variété un peu ne de neige, et nous fimes des préparatifs pour la construction de l'observatoire , dont on s’occupa les deux jours suivans. Le froid devint alors al E assez vif pour faire descendre le thermomètre à 30°. Le 20, nous recommencâmes à faire des ob-2?° 1 servations, et nous primes note de quelques passages au méridien. Le journal de cette semaine est assez maigre, et le dimanche qui lat ne. termina n'offrit rien de nouveau à rapporter.

Cejournefutremarquable que par la prised’un 22 no. renard noir dans une trappe. C'était le premier que nous eussions vu de la saison. Il était jeune, et mourait de faim, car il dévora sur-le-champ ce qui lui fut présenté. Nous lui donnâmes la place qu'avait rendue vacante la mort du renard blanc que nous uvions apprivoisé, Le lendemain 23 n on éleva un pilier pour le thermomètre , et nos travaux ordinaires continuérent ainsi que le jour suivant. Quoique le temps fût beau, il de- 24 nos

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95 nov.

26 et 27

nov.

28 nov.

29 nov.

venait graduellement de plus en plus froid.

Le thermometre tomba à 39° au-dessous de zéro, ct pour la première fois de l’année, le mercure gela. On a cru que le mercure, comme beaucoup d'autres métaux, se dilatait en se refroidissant, et que par conséquent il devait briser le tube d’un thermomètre ; c'est pourtant ce qui n'arrive point : ilse contracte au lieu de se dilater, ce qui lui est commun avec le plomb, l’'étain et plusieurs autres métaux. Le soleilnese montra pas ce jour-là au-dessus des montagnes du sud; nous ne l’apercümes donc pas du vaisseau, quoiqu'on püt le voir sur la terre de tous ces points élevés. C'était le premier avis qui nous était donné de la longue nuit qui allait arriver.

Les deux jours suivans n'offrirent ni variété niintérèt. Le ciel fut tantôt serein, tantôt couvert. Le thermomètre remonta à 16°. Tous nos travaux continuérent, et, le dimanche, on se reposa comme de coutume,

Le temps étant doux et beau le lundi matin, j'allai me promener jusqu'à l'endroit où nous avions passé un si long hiver. Je vis que notre ancien havre était plus encombré de grosses glaces que l’année précédente, et il en était de même de la baie. Notre position actuelle me parut donc certainement préférable, indépendamment du fait que nous étions plus avancés vers le nord, direction que nous devions prendre. I peut paraître puéril que je parle de deux ou

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trois milles comme d'un grand avantage obtenu : mais si l'on veut se rappeler que nous avions passé un mois en mer pour faire à peine cent cinquante toises , et que le bonheur de se trouver là, à l'instant et à l'endroit où la glace offre une ouverture, ne füt-ce que pour une heure ou deux , peut faire pencher la balance entre la liberté ou l'emprisonnement pour tout un hiver dans un cachot de glaces, on conviendra que mème deux milles étaient un sujet de félicitation. Je ne vis point d'animaux pendant cette promenade, ni même une seule trace de leur passage.

Je jugeai à propos de faire ériger quelques poteaux, pour indiquer aux naturels l'endroit où nous étions alors; car il était probable qu'ils ne tarderaient pas à chercher le vaisseau. Ces poteaux étaient surmontés d'une barre dirigée vers notre position, ce qui me parut suffisant. Nous aurions même pu nous dispenser de ce soin, persuadés qu'ils nous chercheraient jusqu'à ce qu'ils nous eussent trouvés, car ils y avaient plus d'intérêt que nous, du moins dans leur opinion. Et pourtant leur retour ne nous aurait pas été d'un médiocre avantage, puisque nous espérions en obtenir des provisions fraîches d'une espèce ou d'une autre.

Le lendemain, on plaça la poudre dans un 30 nov.

magasin qui avait été construit la veille sur le rivage, C'était un beau jour, et nous montämes

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sur le haut d'une montagne pour voir le soleil; mais un brouillard épais couvrait l'horizon à midi. Nous arborâmes un pavillon sur la montagne, pour aider les naturels à trouver le vaisseau. La température de ce jour fut de r1° à 18° au-dessous de zéro. C'était la fin d'un mois dont le résumé n'offre n1 variété mi intérêt.

Le commencement en avait été favorable quant à la température; elle était ensuite devenue très-rigoureuse, mais elle avait fini par s’adoucir un peu. Le froid, terme moyen, avait été de 4° 3/4 moins vif que dans le même mois de 1829. Le mercure s'était gelé cette année le 25 novembre, et quoique de mauvais mercure se füt gelé l’année précédente, le 17 décembre, quand le thermomètre n’était qu’à 37° au-dessous de zéro, le mercure pur ne s'était gelé que le 14 janvier, quand le thermomètre était descendu à 39°. 11 y avait donc une différence de deux mois entre les époques où le mercure s'était gelé pour la première fois dans ces deux années.

Nous n'eùmes aucun motif pour changer d’opinion en bien ou en mal sur le havre où nou étions. Notre vaisseau était hors du courant que devaient suivre les glaces quand elles se mettraient en mouvement , et c'était une considération très-importinte.

Nous avions été occupés tout ce mois à faire du vaisseau une demeure commode ; nous avions

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