‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 59 sur 121 · PRE · texte numérisé non relu

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bon état ; elle était d’un grand prix pour nous, car elle nous assuraitdes provisions fraiches pour quatorze jours , ce qui nous permeltait d’économiser le jus de citron, celui de tous nos articles dont nous étions le moins bien pourvus.

Comme c’était le jour de la naissance du roi, nous arborâmes nos pavillons, ce qui parutamuser beaucoup nos amis les naturels, et l'équipage fut régalésuivant la coutume.UndesEsquimaux, ayant été invité à entrer dans la cabane, nous donna encore quelques détails sur les affaires de ses compagnons. La veuve de Tiagashu avait trouvé sur-le champ un nouveau mari, parce qu'elle avait cinq enfans. Il est certain que ce

« parce que » ne serait pas une fort bonne raison en Angleterre , car une famille toute faite , apportée en mariage par une femme, n’y est pas regardée comme un grand avantage. Mais dans cette contrée, les cinq enfans étaient une fortune , une grande fortune, une source de revenu plutôt que de dépense, de bonheur et de prospérité plutôt que d’embarras et de soucis. Dés l'âge de huit ans, ils commencent à être utiles. Quelques années plus tard, ils sont en état de se suffire à eux-mêmes; et quand leurs parens sont vieux , les enfans, qu’ils soient d'un premier ou d’un second lit, ou même adopüifs, car l'adoption est en usage en ce pays, doivent fournir à tous leurs besoins. 11 n'y existe pas de taxe au profit des pauvres.

Quand le progrès des connaissances et la législation auront introduit cette taxe chez les Esquimaux, les enfans ne songeront plus à pourvoir même à leurs propres besoins ; il n’y aura plus d'adoption; la veuve qui aura cinq enfans cherchera en vain un nouveau mari; tous iront ensemble dans le dépôt de mendicité, et ceux qui seron! en état de prendre des veaux marins travailleront pour procurer des moyens de subsistance aux fainéans, jusqu'à ce qu'ils meurent de faim tous ensemble, C’est l'utopie qu’un état de choses où la femn:: ayant cinq enfans, est la femme la plus rech:rchée, et peut choisir parmi les jeunes gens, et c’est plu: que l'utopie quand le nombre des enfans procure la richesse au lieu de causer la pauvreté ; quand l'homme veut réellementtravailler, et quele travail de l’homme suffit, et il suffit toujours, pour fournir nonseulement à ses propres besoims , mais à ceux des individus qui doivent compter sur lui jusqu’à ce qu'ils puissent ou qu’ils veuillent travailler euxmêmes. Que le sagedenoscontrées fasseunvoyage déris cepays, et qu'il prenne des lecons de sagesse de sauvages portant des vêtemens de peau de veau marin , buvant de l’huile et mangeant du poisson cru.

Je ne saurais parler en termes d'approbation d'une autre partie de leur économie politique ; et cependant, considérée dans son ensemble.

elle a encore quelque chose de spécieux. ne

94 avril,

faut pas mettre en pièce un système de législation, et dire ensuite que telle ou telle loi est mauvaise. Il faut le contempler en masse, et sous tous les rapports , avant de nous permettre de décider ce qui est bien; et songeons qu'en général ce qui est le plus convenable est ce qui est le mieux. Une des coutumes des Esquimaux est de faire un troc de leurs femmes. Si les Romains, parvenus à une civilisation bien différente, en faisaient autant, je crains que les raisons qu'ils en donnaient ne puissent se défendre, quoique je n’aie pas dessein de discuter ici cette question. Physiologiquement parlant, les vues des citoyens Esquimaux, à cet égard, peuvent être philosophiques, quoiqu'il reste à examiner si elles sont saines en pratiqr:e. Ils s’imaginent qu'ils en auront un plus grand nombre d'enfans. C'est une bonne chose que d’avoir de bonnes raisons à alléguer, pour faire ce qui peut ne pas ètre trés-bien,

Nous avions été absens les deux derniers jours de la semaine. Le dimanche fut beau et tresfroid; le thermomètre étant à 3° au-dessus de zéro pendant la journée, et à 12° au-dessous pendant la nuit. Le repos de ce jour nous parut plus agréable que de coutume; mais comme uous avions retiré la couche de neige dont nous avions couvert le pont, il fit plus froid qu'auparavant dans l’intérieur du navire. Notre guide Esquimaux nous quitta en nous promettant de

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nous envoyer un veau marin, et de la graisse que nous avions perdue.

Le veau marin arriva, ainsi que la graisse 25 avril.

perdue et qui avait été retrouvée. Une forte brise rendit le temps froid, quoique le thermomètre füt à 6° au-dessus de zéro pendant le jour, et seulement à 10 au-dessous pendant la nuit. Il est probable que nous commencions déjà à trouver en nous-mêmes une nouvelle échelle de température plus agréable, quoique le froid extrême n'eût pas cessé depuis longtemps. Les physiciens devraient nous donner quelques explications à ce sujet. Le corps engendre-t-il plus de chaleur quand il fait froid, et en engendre-t-il d'autant plus que le froid est plus rigoureux? Si cela n'est pas, comment pouvions-nous avoir aussi chaud à 50° au-dessous de zéro qu’à 10° ou 20° au-dessus, laissant de côté les accidens fortuits du vent, et son action sur le corps quand il y est exposé? Mais, de quelque manière qu'on explique ce fait, pour-quoi le thermomètre du corps, son opinion, pourrais-je dire, change-t-il de cette manière? Ce qui n'avait rien de désagréable un mois auparavant, nous était alors insupportable. S'il pouvait arriver en juillet un froid de 52° audessous de zéro pendant la nuit, avec une température de 70° au-dessus pendant le jour, il n'est pas facile de se figurer ce qu'on éprouverait.

Après une température de 16° au-dessous de 96 avrit.

97 avril.

928 avril.

#éro. pendant la nuit, le jour nous en amena une de 10 au-dessus. Même à un point si bas de l’échelle ascendante, le soleil produisait un effet si puissant sur la neige, qu'elle fondit pendant quatre heures. La nuit, le thermomètre descendit à zéro. Il fit beaucoup de vent et il tomba de la neige le lendemain, et le thermomètre à minuit marqua 6° au-dessus de zéro. La nuit suivante, il descendit de nouveau à 16° audessous. La neige et le vent avaient continué toute la journée. Le temps et la température

29 « 30 furent tres-variables pendant les deux derniers

avril,

jours du mois. Le 30, à minuit, le temps était calme et serein, et le thermomètre marquait 9° au-dessous de zéro.

Le résumé de ce mois ne sera pas long. La température prit enfin un aspect plus favorable que nous ne l’avions espéré. La moyenne fut 60 44 au-dessous de zéro; le plus haut point 30° au-dessus, et le plus bas 25° au-dessous. Nous avions continué nos diverses observations scientifiques. Le dernier jour du mois, l’épaisseur de la glace était de six pieds, tandis qu'elle avait été d'environ sept pieds l'année précédente. La cause apparente de cette différence était que la surface de la glace, en 1837, avait été couverte d'une couche de neige plus profonde, ce qui avait été une protection contre l'air froid.

La sante de nos hommes continuait à être

bonne, et les provisions fraîches que je leur avais és | procurées devaient les maintenir en cet état, . Nous avions retrouvé les Esquimaux , comme " | nous l'avions désiré depuis si long-temps ; enfin dés nous avions pu commencer notre voyage par Lil | terre.

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1°" mai.

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