CHAPITRE XXXVIIL
Retour du commandant Ross.
La température varia pendant toute la journée de 2° à 12° au-dessus de zéro, ce qui semblait annoncer un changement décidé et favorable. Après l'office divin , le commandant Ross arriva , ayant laissé ses compagnons à environ vingt milles au nord. Ils’était hâté d'arriver pour qu'on leur envoyât du secours. L’enseigne Taylor avait eu un pied gelé, de sorte qu'il ne pouvait plus marcher, et les quatre autres, quoique excessivement fatigués, étaient obligés de le traîner. Nous leur envoyàmes tous les hommes de l’équipage. Il était probable que l'enseigne serait condamné à l’inaction pour tout l'été, tandis que les autres auraient au moins besoin d’une semaine de repos.
Le commandant Ross nous apprit que l'éclat de la neige ayant presque aveuglé ses compagnons, il n'était arrivé sur le bord de la mer, à
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puleusement chaque crique, qu'ilen avait suivi toute la côte; et il déclara, sans hésiter, qu'il ne s'y trouvait aucun passage. Îl était donc évident que la mer, que les naturels supposaient conduire à Neitchillee, n’était que la mer orientale, où une partie du golfe qui se trouve en cet endroit entre Port-Logan et le havre d'Élizabeth , d'où il résuliait clairement qu'il ne pouvait exister aucun passage plus près de nous que sous la latitude de 71° 55’, où se trouve un autre grand bras de mer. Malheureusement nous en étions trop loin pour pouvoir en faire l’examen par terre de l'endroit où nous nous trouvions , ce qui redoubla , uon sans raison , nos regrets de n'avoir pu avancer davantage pendant l'automne précédent. Tout ce que nous pouvions faire en ce moment, c'était de reconnaitre la ligne de côtes à l'ouest de la péninsule, et il tut décidé que ce serait l’objet de notre prochaine expédition.
Le commandant Ross nous dit aussi qu'il avait trouvé la glace fort raboteuse, et par conséquent la marche difficile; qu'il avait fait 150 milles ; que le temps avait été très-froid, le thermometre étant descendu à 18° au-dessous de zéro; et qu'il était tombé à deux reprises une immense quantité de neige. I1 ajouta que la pression sur
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la glace de la mer avait dù être trés-forte, puisque d'énormes fragmens en avaient été accumulés sur les rochers jusqu'à la hauteur de quarante pieds. Il n'avait vu d'autre animal qu'un corbeau.
Voici, au reste, la relation du commandant Ross.
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