CHAPITRE XXXIX
ns
Relation de l'expédition du commandant Ross.
Re RENE SERIE ES PRE TS
ge
| 4 dr À |
Ce devait être pour ncus un sujet de regret, 99 avril. de ne pouvoir plus compter sur l’aide des Esquimaux, dont les traîneaux et les chiens nous avaient rendu des services si essentiels, et qui nous construisaient des demeures temporaires avec tant de facilité et de promptitude. Cependant nous avions acquis quelque expérience , et vers le milieu d'avril, je devins impatient d'aller
ï voir une seconde fois Aw-wuk-too-teak !, que je n'avais pu examiner que très-imparfaitement, et qu'il était important pour nos opérations futures de reconnaître avec une grande exac-
: titude.
1 Nous partimes donc du vaisseau, le 20 avril, Î \ . . .
à 3 heures du matin. J'avais cinq hommes avec
(1) Le même endroit que le capitaine Ross écrit Awatutyak. ( Vote du Traducteur.)
moi, et nous fûmes accompagnés quelque temps par le chirurgien et quelques autres, qui nous quittèrent à 8 heures. Peu de temps après j'apercusdes traces récentes d’'Esquimaux,et comme il était important de trouver , s’il était possible, un guide pour Aw-wuk-to0-teak , je suivis leurs pas tandis que mes compagnons longeaient la côte. J’arrivai ainsi à Neak-kog-nak ; et là, à l’aide de ma lunette d'approche, je vis une hutte de neige, d’où sortirent trois hommes qui avancèrent à grand pas leurs couteaux à la main; maisils les jetérent dès qu'ils me virent mettre mon fusil par terre , et ils m'accueillirent en poussant leurs cris de salutation amicale. L'un d’eux était Pow-weet-yah ', le père de l'enfant dont la mort avait causé une altercation entre nous l’année précédente, et que nous n'avions pas revu depuis ce temps : les deux autres étaient ses fils. Ils nous dirent qu'ils nous avaient attendu tout l'été, avec une provision considérable de rennes et de saumons, comme ils nous l'avaient promis. Ils furent fort surpris d'apprendre que les glaces nous avaient empêché d'avancer vers le nord, et ils nous assurèrent qu'ils avaient vu beaucoup d'eau libre à Ow-weet-te-week.
Ils nous apprirent qu'ils s'étaient arrêtés huit jours en cet endroit; qu'ils étaient en chemin pour se rendre à Neak-kog-na-geoo, sur la côte
"Nom que le eapitaine Ross écrit Pawevtak., ( Vote du Tradurteur.)
fl f & ë r # Ë } ë
RDA PS PEL AN EE pes
PE A OL ON mer er me nas eu cé
de la mer occidentale, et qu'ils avaient dessein de traverser le pays en suivant une chaîne de lacs qui conduisaient à la mer , au nord de Neityel-le.
Les observations faites pendant les deüx hivers précédens m'avaient porté à conjecturer que le pôle magnétique devait être de ce côté, et à peu de distance du vaisseau ; je désirais donc vivement examiner l’endroit où ils allaient. Je les déterminai à me permettre de les y accompagner, et à ne partir que lorsque je serais retourné au vaisseau , après avoir fini mon expédition actuelle. Ils consentirent à m'attendre dans les environs, mais il me fut impossible de les décider à me suivre à Aw-wuk-too-teak.
Ils m’informèrent que l’automne dernier ils avaient pris beaucoup de saumons dans la rivière de Stanley, et qu'ils en avaient fait des dépôts suivant leur coutume. Ils consentirent à me les vendre, et je leur donnai pour le capitaine Ross un billet qui devait leur servir de lettre de change.
Le brouillard était si épais à quatre heures à, vu,
du matin, qu’on ne pouvait voir qu à quelques toises. Cependant nous partimes à six heures ; car ils ne voulaient se rendre à la Victoire qu'après notre départ. Notre marche fut d'abord considérablement ralentie par le brouillard; mais il se dissipa à neuf heures, et nous avancâmes plus aisément en remontant le bras de mer d'An-
ne-re-ak-to, et en traversant ensuite la vallée du Stanley. Nous campâmes enfin sur la rive ii septentrionale du lac qui est à l’extrémité. 2 avril, Le brouillard et la neige ne nous permirent encore de partir qu’à neuf heures du matin. Nous traversâmes alors la chaîne de hauteurs qui sépare les deux lacs, et la profondeur de la neige qui venait de tomber nous causa beaucoup de fatigue. A trois heures après midi le soleil se montra, et ses rayons donnèrent un tel éclat à la neige, que quelques-uns de mes hommes furent bientôt attaqués d’inflammation aux yeux, et nous fûmes obligés de faire halte à six heures du soir. Nous campâmes sur la rive du lac au nordouest, mais quoique nous eussions employé tous les moyens ordinaires pour guérir l'inflammation survenue aux yeux de trois de mes compagnons, elle était si vive, que nous fümes obligés d’y passer tout le reste de la journée. La latitude de cet endroit était 70° 29° 10", et la lonaitude, o° 33 à l’ouest du vaisseau.
23 avril. Le soleil ce matin était si brillant, que, quoi- !] que mes compagnons fussent guéris, je ne jugeai (\: pas prudent de partir pendant le jour. Je différai donc notre départ jusqu’à sept heures du soir, dans l'intention de voyager désormais de nuit pour éviter le retour d’un pareil inconvénient. Î 2 avril. A deux heures du matin, nous arrivâmes à l'endroit où notre hutte avait été construite l'année précédente, Endépit d'une forte brise venant
Er
PR Pt DR Ut cos
PR OU D tee
du nord, accompagnée de quelqueneige, le temps était fort beau. Ce ne fut pourtant qu'avec beaucoup de difficulté que nous pümes gravir avec notre-traineau les montagnes qui se trouvaient entre nous et le lac d’'Aw-wuk-too-teak. Nous y arrivâmes à six heures du matin, et nous campâmes sur la rive septentrionale du lac, environ
à un quart de mille de l'endroit où en sort une
rivière qui de là porte ses eaux à la mer.
Je montai sur le haut de la montagne d’Accood-le-ruk-tuk ; et la matinée étant belle, j'ohlins une vue très-étendue , et Je vis le commencement du bras de mer qui avait été si long-temps l’objet de nos recherches. Il paraissait à environ cinq milles de distance, mais il ne semblait pas s'étendre tres-loin. Quelques observations que j'y fis me donnèrent pour latitude 70° 38° 32'; et pour longitude o° {0 à l’ouest du vaisseau. Audessus de notre campement s'élevait la montagne d'Il-low-na-lig, et jy vis une hutte de neige en ruines, qui avait été la résidence solitaire de Now-yen-noo-ah et de sa femme l'hiver précédent.
À huit heures du soir nous descendimes la rivière jusqu’à son embouchure. Quelques-uns de nos hommes boitaient, leurs hottes s'étant gelées, et un autre avait les yeux enflammés.
D'une éminence, sur laquelle je montai, on voyait l'extrémité du bras de mer ; et comme elle ne paraissait pas à une grande distance, je fis
25 aveu.