‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 8 sur 121 · SN ES · texte numérisé non relu

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le maître de faire ce que bon lui semblerait. Au bout d’une heure et demie, j'arrivai sur la côte qui était formée de fragmens détachés de pierre à chaux, et je vis que la marée venait de se retirer. Aussi loin que la vue pouvait s'étendre, la glace consistait en monticules rapprochés qui avaient été poussés vers le rivage au commencement de l'hiver.

J'avais gagné peu de chose à la tentative que j'avais faite pour reconnaître ce lieu, car la neige qui tombait et les vapeurs qui l'accompagnaient répandaient une telle obscurité sur tous les objets, que je ne pus voir au-delà de deux milles, si même ma vue put atteindre si loin. Le temps, loin de s'améliorer , menacait de devenir encore plus mauvais. Je résolus donc de renoncer à mon dessein, et je me disposai à reprendre le chemin de la hutte, où j'avais laissé M. Abernethy et le jeune Esquimaux.

En me retournant pour exécuter ce projet , j'entendis la voix de Poo-yet-tahqui m’appelait. Il était caché dernière une grosse pierre à quelques pas de moi, et je ne fus pas peu surpris de le voir, quand je le croyais déjà arrivé à la hutte. J'appris qu’il m'avait adroitement suivi pour m'épier, désirant savoir quel pouvait être l'objet du long voyage que j'avais entrepris, et croyant probablement que j'avais pour but de trouver du gibier ou du poisson, dont il voulait partager le profit. Je me donnai beaucoup

de peine pour lui expliquer que je n'avais en vue que de visiter cet endroit, comme beaucoup d’autres; mais je ne pus réussir à l’en convaincre, car, malgré les connaissances géographiques généralement répandues parmi ce peuple, ilneles cultive que pour les employer au but important et immédiat de se procurer des vivres.

Dans le cours de la conversation, Poo-yet-tah me dit qu'il serait à Ow-weet-te-week pendant l'été avec ses frères, pour s’y occuper de chasse et de pêche, et que lui et ses compagnons nous apporteraient dessaumons et des rennes. Désirant voir la situation de ce lieu afin de pouvoir le reconnaitre du vaisseau, je lui proposai d’y aller ; il y consentit, et nous partimes.

Après avoir marché deux heures vers le sudest, nous traversâmes le lac Ow-vweet-te-week, et nous arrivâmes à une montagne sur la rive orientale. Lorsque nous fûmes sur le sommet, mon guide me montra l'endroit où il s'était établi l'été précédent et où il s’établirait encore le suivant. Il me fit voir aussi quelques dépôts de vivres que ses compagnons avaient abandonnés en quittant cet endroit, et en ayant ouvert un qui lui appartenait, il en tira quelques morceaux de minerai de fer qu'il avait enveloppés dans une peau de cygne, me rappelant, ce que j'avais oublié, qu’il m'avait promis de m'en donner quelques-uns quand nous arriverions à Ovwwet-te-week. Il me dit qu'un de ses frères les

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