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ment à l’état de la glace. Lorsque l'hiver était arrivé tout de bon, nous prenions notre parti , et de même que le loir, — quoique nous ne pussions dormir comme lui , ce qui eût été le plus désirable , — nous nous enveloppions dans une sorte de fourrure de résignation, puisque nous ne pouvions mieux faire , et nous attendions. Mais c'était bien autre chose quand il] fallait être toujours éveillé , épier l'instant de se lever et de reprendre de l’activité, et que nous trouvions que toute la nature dormait encore, et quenous n'avions rien de mieux à faire que de désirer, de gémir et d'espérer — autant que nous le pouvions.
Dans cette visite que nous fimes aux tentes, nous apprîmes qu'il était survenu une nouvelle maladie à la jambe de bois. Comme le charpenlier, qui était le médecin convenable en pareil cas, était à portée et prêt à y appliquer les remèdes qui seraient en son pouvoir, je ne demandai pas bien particulièrement en quoi elle consistait. Il avait déja montré beaucoup de complaisance à cette occasion , maïs c’est un éloge que je crois juste de faire partager à tous les hommes de mon équipage en général dans toutes leurs relations avec les naturels. Je ne dis point que tous les caractères fussent également parfaits; mais il est certain que la bienveillance se propage de l’un à l’autre aussi bien que les passions malfaisantes. Un homme colère et irascible transmet
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la contagion de son caractère à celuiqui est natuvellement doux et pacifique; de même la douceur et la bonté font naître des dispositions semblables, même dans le cœur de celui qui n'en est pas doué ; ou du moins l’obligent à montrer l’apparence du calme, quand une humeur acariâtre l'aurait excité à déployer sa violence naturelle. Que les gens mariés du moins profitent d’une remarque inspirée par le caractère de douceur de nos Esquimaux. Non-seulement ils étaient bons, mais ils inspiraient la bonté à tout ce qui les entourait, en nous y comprenant nous-mêmes, et peut-être y avait-il parmi nous un ou deux individus qui , s’ilsavaient eu affaire à un peuple différent, auraient montré un tout autre caractère qu'ils ne le firent.
Nous ne permimes aux naturels de venir à 14 août,
bord qu'après l'oflice divin ; alors nous envoyâmes la barque pour les prendre. La jambe de bois avait été entourée de cercles de cuivre, et elle se portait mieux que jamais. Nous fimes quelques échangesavec eux, et nous distribuâmes des présens suivant l'usage. Ils devaient se diviser en deux troupes le lendemain ; pour aller, les uns à Shag-a-voke, les autres à Neitchillee , et ils nous promirent de nous apporter de la venaison pendant l'hiver. Nos chasseurs tuërent un veau marin. C'était une chasse à laquelle nous n'avions pas eu de succès jusqu'alors.
Le temps fut très-mau\ais ; il y eut dela pluie 15 août.
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