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et un vent d'est, ce qui empécha le départ des Esquimaux. Dix d’entre eux vinrent à bord, et le principal motif de leur visite était de nous faire des excuses de ce que leurs chiens , s'étant détachés, étaient venus nous voler du poisson. Ils en avaient puni ces pauvres animaux , et un peu trop sévèrement. Le plus grand défaut que nous ayons toujours trouvé dans la conduite domestique des Esquimaux , défaut qui a été aussi remarqué et blâmé par d’autres voyageurs, c’est qu'ils ne paraissent aucunement attachés à leurs chiens, quoiqu'ilsen recoivent de grandsservices. Ces animaux sont maltraités et encore plus mal nourris, peut-être même seraient-ils encore moins ménagés par leurs maîtres, s'ils ne leur étaient d'uneutilité indispensable. On peutalléguer pour excusequelarace canine en ce pays n'est pas d’un caractère fort aimable; maisje suis porté à croire que ce caractère n'est que la suite du traitement qu'elle éprouve. Si leurs chiens étaient traités comme le sont les nôtres, ils deviendraient aussi attachés que ceux-ci à leurs maîtres. Après tout, je ne dois peut-être pas blâmer les Esquimaux. Les chevaux en Angleterre ne sont pas beaucoup mieux traités que leurs chiens; et sil'on établissait une comparaison entre une meute de chiens de chasse dans notre pays, et un attelage de chiens esquimaux , la balance ne pencherait pas de beaucoup en faveur de nos concitoyens. Le veau marin que nous avions tué fournit à diner
à nos hôtes, et ils nous quitterent dans la soirée après nous avoir renouvelé la promesse de nous fournirde la venaison pendant l'hiver. Lesglaces étaient en mouvement , et elles couvrirent l’espace d'eau libre qui s’était ouvert.
La pluie continua le matin; une forte neige 44 aoû. y succéda , et la terre en fut couverte comme si nous eussions été en plein hiver ; mais une nouvelle pluie la fit disparaître. Le lendemain nous }7 six, offrit une succession de brouillard , de neige et de pluie. La soirée fut calme, mais le même /g oût. temps revint le jour suivant. Il fit doux le 19, 45 xx. sans que, pendant ces trois derniers jours, il y eût aucun changement dans l'état des glaces.
Le 20, une brise du sud mit les glaces en mou- 20 août. vement en pleine mer; mais ayant tourné à l’ouest , ce corps immense d'énormes masses flottantes redevint immobile. Cependant on voyait un grand espace d’eau libre de chaque
côté de la pointe.
Les glaces se remirent en mouvement le di-,, manche, et elles s'écartèrent même du vaisseau ; mais elle finirent par rentrer dans la baie, et elles la remplirent comme auparavant. Le lendemain il y eut de la pluie, et elle se changea en grésil , le thermomètre n'ayant jamais été plus haut que 33°. On aurait dit que le nouvel hiver commencait déjà. Le mardi:il fit froid et il y eut »5 août. du brouillard. Le lendemain fut plus doux ; du », sue, reste tout demeura dans la même situation. Ta
92 août,
seule variété fut que nous tuâmes encore un veau marin.
Le temps fut à peu près le même le 25 ; mais les glaces se mirent en mouvement près de nous, et une de nos barques fut serrée entre la hanche du navire et un de ces éternels rochers de glace qui , étant à flot, ne s’éloignaient que pour faire place à d’autres, qui ne valaient pas mieux ou qui étaient pires, car l’entrepôt qui les fournissait était inépuisable. « Jusqu'à ce que le soleil fonde les rochers » est le refrain d’une des ballades de mon pays natal', et cet événement y est regardé comme impossible , puisque le berger y compare la durée de son affection pour sa bergère. Je crois que nous commencions à penser que cet astre ne fondrait jamais ces rochers étincelans qui, même au cœur de l'été, ne cessaient de nous assiéger sous toutes les formes que pouvait prendre leur cristal, aussi brillant que détestable. Où trouver un feu capable de fondre ces masses odieuses? C'était notre souhait de tous les jours , quand même il aurait dû consumer toute la contrée environnante.
Les avaries que la force de la pression avait occasionées à la barque étaient de telle nature qu'il était impossible de la réparer de manière à la faire manœuvrer par six rames. Nous la montâmes donc sur le pont pour en faire une
1 L'Écosse. ( Vote du Traducteur.)
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plus petite. Un autre veau marin fut tué. Le 1 thermomètre à minuit était à 38°. il Il tomba à 34° la nuit suivante, et le vents «it ayant passé au sud dans la soirée, les glaces commencèrent à se mouvoir, et l’on vit un certain au espace d’eau libre. La marée fut haute le lendemain , et elle mit à flot une telle quantité de glaces , qu’elle ouvrit une ligne d’eau d'un mille de largeur vers le nord. On tua, pendant ces derniers jours, des canards de différente espèce et d'autres oiseaux. Nous avions alors à bord une ménagerie d'animaux vivans, composée de quatre renards, trois lièvres , et douze je souris du pays. È si Le 27, le vent souffla de l’ouest avec force , et 97 sui. les glaces commencèrent à sortir de la baie en se dirigeant vers l’est. Mais le soir arriva avant qu'un passage füt praticable. Le vaisseau fut alors toué à un quart de mille au sud-ouest , dans un endroit où nous pouvions protiter de la É première ouverture qui se présenterait. Des que El cela fut possible, nous mimes à la voile; mais 4 malheureusement le vent ayant emporté notre ï arc-boutant d’artimon , nous ne pünes tourner t un énorme glaçon , et n'ayant pas mieux réussi à doubler sur l’autre bordée une grande mon- Li: tagne de glace qui y était échouée, le navire toucha aussi le fond. Nous fümes bientôt hors 2 août. d’embarras en nous faisant touer par des cordages qu'on tirait de la côte ; mais quoique la quille
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29 août,
ne füt pas endommagée, le fer du bas du gouvernail était rompu, ce qui mit fin à nos progrès pour cette Journée.
Le gouvernail fut réparé le matin de trèsbonne heure. Le vent restait constamment à l’ouest, conservait toute sa force, et il tombait de temps en temps de la neige. C’était précisément le vent qu'il nous fallait, et après tant de doutes et d'incertitude, nous sentimes que nous sortions enfin de captivité, quoique nous ne fussions pas encore libres. Nous partimes donc un peu après quatre heures, et faisant voile avec tous les ris pris, nous voguämes vers les îles à travers ce qui nous paraissait des glaces détachées. Malheureusement, quand nous étions environ aux deux tiers du chemin, le vent tourna au nord-ouest , et nous ne pümes arriver à la distance d’un mille à l’est des îles. Passant alors au nord, et amenant une forte giboulée de neige, le vent repoussa toutes les glaces sur la côte septentrionale. Nous fümes donc obligés de serrer le vent, et nos nouvelles semelles nous aidèrent beaucoup en cette occasion. A neuf heures le vent retourna au nord-ouest, et nous fûmes bientôt près de la côte , après avoir fait quatre milles.
Nous avions passé devant deux baieset devant deux rochers remarquables, quand, au moment où nous étions près du dermier, la neige tomba avec une telle force, que nous fümes obligés de
jou- pincer le vent, et de nous diriger vers une peares | tite baie. Une brise contrariante nous y jeta
presque sur des brisans , et le temps commenca
rès- à nous menacer d’une tempête. Nous envoyàit à mes une barque à terre pour nous amarrer à | bait des rochers ; mais la corde ayant glissé pendant 1 FT qu'on l'y attachait, nous fûmes obligés de jeter | : de l'ancre sur un fond de vingt-trois brasses. Nous fe ous ne tardâmes pourtant pas à la lever, et nous Hé ne uous fimes touer vers la côte sous le vent. Pen- Lo ré dant ce temps nous pümes examiner la baie, et Un oîle nous vimes qu'elle était abritée sur tous les il ! | les | points du compas, à l'exception de quatre, et {is ces qu'elle était entièrement hors du cours des gla- Ft __— ces, quand elles ne cédaient qu'à l'influence de nu ent la marée et des courans. î ver Nous nous fimes donc touer à l'extrémité de | ÿ ant ce nouveau havre, dans lequel se jetait une Ê de | petite rivière; et nous nous amarràämes au ! “la rivage par le moyen de deux câbles. A peine | de avions-nous pris celte mesure, qu'un ouragan 1h pue violent arriva du nord, accompagné d'un dé- Î uf | luge de neige, ce qui nous força à assurer le 4 NT navire par de nouveaux câbles. Nous vimes les £ ait glaces flotter au sud-ouest avec beaucoup de ra-
pidité, et nous eùmes sujet de remercier le Ciel
int de ce que nous étions en lieu de sûreté. Cette | . . * . À . , 0 } e nt | conviction nous fit bientôt oublier les fatigues LOL À . à ‘at ba que nous avions CSSUYyÉes. nie
La matinée fut très-froide et le Uhermometre 36
‘+ août,
descendit à 24°. Le vent passa du nord au sud, et retourna au nord, entraînant la nouvelle glace qui s'était formée. A onze heures, le passage le long de la côte semblait libre jusqu’à l’île d'André Ross ; mais le vent nous était complétement contraire. Nous trouvâmes que la latitude de ce havre était de 70° 18° 11". En examinant la terre plus avant , je vis que le bras de mer au nord du passage s'approchait à un millede nous, et que l’espace intermédiaire était occupé par une chaine de trois lacs, qui remplissaient presque une espèce de vallée. Ce cap formait done une sorte de péninsule. Du haut d’une montagne, on ne voyait au nord qu’un vaste champ de glace, formé de montagnes serrées les unes contre les autres, s'étendant autour de la baie, à l’ouest, et bloquant complétement le havre que nous venions de quitter. Il semblait donc que nous en étions sortis à temps, soit que notre destin nous permit où non d'aller plus loin. Le vent tomba , et nous allàmes à terre pour examiner la situation des choses dans le détroit. : Nous trouvâmes qu'il était entièrement couvert de glace, et qu'il n'y avait aucun moyen de s’y frayer un passage. Autour du vaisseau , la glace nouvellement formée nous donnait de l'ouvrage ; mais les gros glacons n'en approchaient pas.
Le vent passa alors au sud-ouest, et nous nous rapprochâmes de l'entrée de la baie, afin de pouvoir profiter d'un changement favorable. Le
sud , mois d'août était terminé, et nous avions fait \ relle | quatre milles. Le Fe Ce mois avait été pour nous un mois d’inquiél’île | tudes plutôt que d'espérance. La température | léte- moyenne avait été plus basse que dans l'année 4! tude précédente ; la neige était restée plus long-temps Le + nant sur la terre, et nous avions vu un moindre n rau nombre de ces animaux qui, dans ces contrées, Dis ous, émigrent tous les ans vers le nord. Les glaces pi par . avaient moins diminué de volume, et elles À Fes avaient été moins en mouvement. 1 lone Les derniers jours de ce mois avaient été les il 1 nta- seuls dont nous eussions pu profiter ; ils nous on er avaient amenés à quatre milles de distance, à | if dis l'endroit que j'avais nommé, en 1829 , le havre 1 Ale, de Mundy , et nous y étions prisonniers. Cepen- ! ï De dant notre perspective n’était pas absolument | ral onc | désespérée : puisque nous avions pu en sortir LUN no- | le 4 cetobre, nous pouvions espérer d’en faire oin. autant à une époque moins avancée de l’année. our Ce qu'il y avait de plus fâcheux, c'était que, L! oi. quoique nous n’eussions à bord personne qui 1 ert füt positivement malade, et que nous eussions \ sy évité les attaques du scorbut, la santé de nos lace hommes n'était pas en général ce qu'elle avait | LE été ; et ils nous avaient prouvé qu'ils n'étaient hs as. | pas en état de supporter la fatigue , surtout celle jl ps Ë de voyager sur la glace. Li de
En somme, ce inois avait été pour nous fort ennuyeux, j'ai à peine besoin de le dire, et je