‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 89 sur 121 · PE RE · texte numérisé non relu

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crains que ce maigre Journal n'en donne, en cette occasion comme dans plusieurs autres, une preuve qu'on ne trouvera que tropévidente. Mais celui qui tient le journal ne peut faire plus que le navigateur. Ce mois ne contient que peu d'incidens , et ces incidens n'avaient pas même le mérite d'offrir quelque différence entre eux ; ils ne présentaient rien qui pût exciter l'attention ou faire naître des réflexions ; leur uniformité pesait sur l'esprit , qui s'engourdissait faute de stimulant ; enfin ce mois n'avait été qu’une

répétition fatigante de tout ce qui s'était déjà passé. Même quand tout était nouveau pour nous ; ce pays n'offrait presque rien qui püt nous intéresser ; que devait-ce donc être après que nous avions été si long-temps détenus presque dams le même endroit? rien ne pouvait ni attirer nos yeux, ni nous inspirer des pensées, ni nous fournir des matériaux pour une relation imtévessante , qui ne contint que la vérité et qui ne ft pas un roman. La terre n'offrait aucun sujet de deseription pittoresque ; les montagnes et les rochers n'avaient rien de remarquable , et les laes et les rivières ne présentaient aucune beauté. À peine voyait-on quelques plantes, et il n'existait pas un seul arbre. Quand même il y auvart en quelque beau paysage , les neiges et les glaces étemnelles qui l'auraient couvert, en auraient rende la vue insipide et monotone. La mer ne présentant pas plus de variété, Pendant

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la plus grande partie de l’aunée, ce n était qu'une vaste plaine de glace, et l’eau offrait le même aspect que la terre. Rarement le firmament nous montrait quelque chose qui pût compenser le manque de beauté et de variété de cette partie du globe terrestre. Les phénomènes qu'il offrait appartenaient à l'hiver et le rappelaient. Enfin, si nous nous tournions vers le tableau moral, que nous offrait-11? quelques êtres misérables que nous ne voyions que rarement, dont le caractère était trop uniforme pour nous intéresser, et dont toutes les idées étaient épuisées presque des la première entrevue. Avec de tels matériaux, comment espérer de tenir un journal qui puisse intéresser et amuser ? Mieux vaudrait être condamné à « faire des briques sans paille. »

Les glaces entrerent dans la baie et emportèrent un de nos câbles de touée, ce qui nous obligea à jeter une seconde ancre: après quoi le vaisseau {ut assuré à dix toises de la côte, ayant une montagne de glace échoue entre lui et les rochers, et une autre à peu de distance, à laqueile nous pouvions nous amarrer, si nous le

jugions à propos. Le 2, il y eut de la pluie et de 2 sept.

la neige, et le passage était navigable ; mais il

{alloit attendre la marée du malin. Avant qu'elle 3 svt.

füt arrivée, le vent tourna au nord, et dans la soirée les glaces accumulées dans le détroit ren-

divent cette tentative impossible. Pendant la

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nuit, un coup de vent nous amena de la neige.

Nous ne pümes rien faire le dimanche, les glaces ne faisant qu'aller et venir en masse compacte, de sorte que ce fut, dans tous les sens, un jour de repos. Le vent continua le lundi jusqu’à midi, et il tomba ensuite tant de neige que nous ne pouvions voir quel était l'état des glaces dans le détroit. Le lendemain matin, la terre en était entiérement couverte, et le vent et la marée firent entrer les glaces dans la baie avec une telle rapidité, que noue n'eûmes pas le temps de nous faire touer en arrière ; et nous füûmes obligés de nous réfugier derrière une des masses échouées, de peur d’être jetés sur les rochers. Le vaisseau y éprouva une si forte pression qu'il fut soulevé de deux pieds, en donnant à la bande à tribord, et nous passâmes quatre heures dans cette situation critique.

Enfin les glaces s'étant retirées, nous nous fimes touer vers le rivage à l'abri d'un qusi formé par un fragment d'une montagne de glace. 1 y eut des giboulées de neige dans la soirée, et les glaces bloquaient entièrement l'entrée de la baie.

Le vent se modéra ; nous montâmes sur des hauteurs pour examiner l’état de la mer; mais il tombait tant de neige, que nous ne pûmes rien voir. Le 8 septembre, ie vent étant au nord , nous vimes les glaces marcher rapidement vers le sud. 1 fit le même temps le lendemain, avec

neige.

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quelques variations dans le vent. La surface des grands lacs était presque entièrement couverte de glace, tandis que les petits avaient échappé

à la gelée. Dans la soirée, le havre fut couvert de glace, et le thermomètre descendit à 22°.

Il en fut encore plus complétement couvert le 10 samedi , et en pleine mer tout était immobile. La nature n'aurait pas permis que le dimanche 1! fût autre chose qu'un jour de repos, quand même nous aurions été disposés à l'oublier. Le lundi le vent soufila du nord avec beaucoup !? de force, et les glaces s’'amoncelèrent plus compactes et plus pressées que jamais. Après quatre heures de variations, le vent se fixa au nord le lendemain. Dans la soirée , il y eut un ouragan , mais le ciel fut serein. Le thermomètre, pour la première fois de ce mois, tomba au-dessous de 20°, n’y eut aucun changement dans la glace.

La glace nouvellement formée était assez 14 épaisse pour qu'en pül y patiner ; mais c'était un amusement dont nous nous serions volontiers passés.

La promenade d'Hyde-Parc est sans doute ravissante pour ceux qui peuvent y déployer des attitudes gracieuses aux yeux d’une foule de spectatrices, qui vont y voir ce que le beau sexe passe pour admirer ; et, surtout au cœur de l'hiver, quand le pouvoir de voler sur la glace , comme le poisson dans l’eau et l'oiseau dams l'an, avec une vitesse qui n'exige aucun

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