‹ Relation du voyage de Charas en EspagneChapitre 11 sur 13 · L. G. TORAÜDÊ · texte numérisé non relu

L. G. TORAÜDÊ

montrances qué sa sxpaîHM le Roi lui en fit faire, et alléguant que sa signature et sa ratification valloient mieux et étoient plus fermes que toutes les paroles qu'on auroit pu donner; en telle sorte que ce roi, contre son attente, s'imposa et à ses successeurs: un-joug qu'ils n'ont ose secouer sous lequel eux et les peuples d'Espagne gémissent encore aujourd'hui, et qui~a été et est la cause que l'Espagne est presque par-tout dépeuplée cor. e nous la voyons, au contraire des autres Etats ou elle n'est point établie. Le but principal de cet établissement ayant été de s'approprier le bien d 'autrui, et de le faire sous, un prétexte spécieux d'augmenter et étendre la Foi Catholique, et d'extirper l'Hérésie, le Pape voulut que confiscation des biens fut inséparable des peines des accusés: d'autant qu'-en'.tous Royaumes la confiscation appartient aux Souverains, et que suivant les Lois elle devoit être uniquement attribuée au Roi, n'osant pas l'en frustrer tout à fait il lui en accorda une partie, réservant la plus grand e pour les Inquisiteurs sous, prétexte ces grand s frais que leur Tribunal sercit obligé de supporter: mais quelques immenses que soient les sommes qui leur viennent de ces confiscations, toutes leurs démarches étant fort secrettes et les choses passant par leurs mains, ils aiment mieux garder le tout, que de rendre au Roi la part qui lui en reviendroit, et leur empire est si absolu et si redoutable, qu'aucun Officier des Finances du Roi nbeieroit en demander la restitution, de peur de ne tomber lui-même en leurs mains, puisqu'ils peuvent âx se saisir de sa

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