‹ Relation du voyage de Charas en EspagneChapitre 4 sur 13 · I. G. TORA UùE · texte numérisé non relu

I. G. TORA UùE

surtout la nuit. J’arrivai le huitième jour à Tolecle jui est une Ville passable"-ent belle, située sur le haut et le penchant c ’une éminence, le long et sur le bore: c > Tage qui n’est pas bien large en cet endroit et tue 1 * on passe sur un nont. On y voit une Maison toyale assez grande, haute et bien bâtie ; une fort grande et ancienne Eglise, ou je remarquai, avant que c' ; y entrer, une porte de fer faite en treil lis, sur un barreau de laquelle étoit une plante riMIn.nilicus Venens fort verte et o rue d ’ elle-même sur le fer sans aucune terre.

Tolède en, un Archevêché qui dorme plus de cent mille écus ce rente ou suivant les traditions des Anciens , depuis qu’un certain Archevêque fut canonisé du pape, en déclaré Saint, les serpens et tou-, tes autres bêtes venimeuses qui se trouvent dans Retendue de l’Archevêché, ou -adrid est compris, doivent péroré leur venin; dont je vérifiai le contraire a ac ne chez Do-Pec.ro c’Arragon, où je fis ordre par une vipere c eux poulets , en présence de quelques Seigneurs qui me prièrent a dessein d’en faire l’expérience, et qui virent ientôt après les poulets mourir ce la orsure. Le chemin est assez fréquenté et pourvu de quelques bons Bourgs ou petites Villes depuis Tolede a -adrid; il y en a même un assez bon , do gré en tour les environs surtout a la droite en allant a Madrid ou entre autres est situé Haranguez, Maison oe Plaisance du,Roi, qui consiste en un Château fort rn.oc.ique, accompagné de loge, ens fort sucoints pour les Officiers du Roi et P«xr sa Garce, et

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d’un fort petit, Bourg, nais très-avantageusement placé sur les bords du Tâge, environ un quart de lieu près de l’endroit ou le Tage reçoit clans son sein une autre rivière non '.moins grande nue lui. la-”| quelle y perd son non. Haranguez est assorti d’un fort beau et grand Jardin, et de quelques Moulins fonc.és sur une chû.te artificielle du Tage. dont le? une sont en Jtat et les autres sont négligés et a demi détruits. '.Il est situé dans une plaine et dans- : une assez bonne terre, entre deux petites montagnes,m J dont celle qui lui est contiguë, a environ un quart de lieue loin ce l’autre dans sa sommité. Un assez grand et bel Estang, ayant dans s on milieu une petite mais fort jolie Maison, où l’on va par bateau. Une portion de ces belles eaux est conduite par ces canaux soutereins à Haranguez, pour en faire c es cas- - g cad-ee si l’on en étoit curieux. .Au sortir de la Maison, le long. ce. cette montagne, co. ence une allée fort spacieuse de quatre rangées de tilleuls formans ^ trois chemins fort ; roits, dont celui du milieu est fort large et propre à recevoir plusieurs carrosses •'.vil de front; 1er deu:: autres sont moindres,' mais assez m larges pour les gens de pied et de cheval. Ces arbres. sont e la grosseur ce ceux h or:: es, fort droits ■ et fort hauts, tous assez égaux et a une toise près .d 1er uns dés autres. Ces allies continuent de même, fort droites, l’espace d’une bonne cemi-lieue, et elles aboutissent à d’autres allées d’arbres un peu • moindres, qui curent encore autant, et qui viennent aboutir à une Maison du Roi qui est nommée des Paons!

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parce qu'on y donne à manger aux Paons du Roi, qui pourtant -ne s'y arrêtent guères mais se promènent clans le voisinage, couchent sur les arbres et non dans la maison. On voit le.long des c.er- • Mères allée; . clans les prairies qui sont sur la gauche les Etalons, les Cavales et les Poulains d'un des Haras du Roi. On y voit aussi sur,les bords uniques Fontaines salées, ou ie sel se coagule c e lui-mê.. e par la chaleur du soleil, ha Nature a aonne de grunc.o avantages à Haranguez, l’art ji a beaucoup contribué; mais si on y avoit fait la ..moitié de la dépense ;ûe le Roi ce France a faite a Versailles, on en aurait formé un Heu qui n'auroit pas son pareil en toute la terre. Il y a de la grosse chasse.-sur"la montagne, des environs qui ne sont pas len hauts, et une très grande quantité de lapins, dencl nt une lieue, des qu'on a passe ; la par ue d'Haranguez qui traverse le Tage et qu o|| est dans le chemin de Madnc , les terres aut our ci e | Tolede, et depuis Tolede à Hadrid, sont assez cul- | tivées. On rencontre assez souvent le long eu

tivyet». vu *■-**''.. , ,

, rand cle:n des Paysans asse? mal vêtus, non - .

plupart conduisent de (-.rendes troupes d«fines char-

’huile, les autres

gés, les uns de vin, lesautre de grains ou de farine, lesquels se rencontrant s >entresaluant se usent Adroe Senor Cavalière, uuelque mal haWllés quMlr soient tan » Pie<- U Z leurs fines, de remarquai aussi qu-ils ne por- I J ooint de copeaux, mais seulement vieux y ;::ets d>étoffedel.,ne, et la plupart ces sou,j liers de corde.

Madrid. ue les .Rois ont depuis plusieurs années choisie pour leur résidence et qui est par la reconnue.pour la Ville Capitale de l’Espagne, est située aux dessous d’une in'inencèqet distinguée par le Palais du Roi, et surtout par un assez grand nombre de clochers d npendans des... Eglises et des Couvents qui occupent presque la moitié de la Ville. On la voit de deux ou trois lieues loin en venant ce Toleae, n’y ayant aucune montagne entre deux qui en dérobe la vue. J’y arrivai au cor ence- ; .ent de l’année 1684, et j’y fus quelques semaines incognito, employant ce tems-là à voir l’extérieur de la Cour, à parcourir la Ville, à y remarquer ce qui se présente 'de c onsic .arable, et surtout la posture et lac amère d’agir de'ces habitants que je vis, fort différente de celle des Peuples qui vivent dans d’autres Royaumes.. Le. Palais commencé car Charles-Quint et augmenté depuis quelque ter.s sur son devant, me parut assez bien situé, et avoir sur: tout : ’un côt une. assez belle vue, qucniue bornee. La cour quarrée qu’on y voit au devant est assez spacieuse .pour contenir les carrosses des Seigneurs qui viennent à la cour et pour ceux qui la traversent en passant ; mais les deux cours , dont -l’une avoisine les appartement du Roi et l’autre ceux de la Reine, ne sont guèree grandes pour le Palais d’u: Roi, non plus que les bâti: ens e$ loge.cens qu’on y voit. Le Palais construit c epuis peu pour la Reine- Mère, qui en est séparé et un peu cl oigne., et qui ayant son devant au corm.encem.ent c ’une grande rue, est situé sur un penchant, et fort à l’-troit de

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tous les autres côtés, 3 ne parut assez petit pour une Reine et ne contenir en soi rien de uien remarquable.

Je vis dans la Ville quelques rues assez larges, et quelques-unes l’elle. assez longues. surtout c die qui vient d’Alkada au Palais, et celle qui vient de la Bonte ce Toledè vers la Place majeure; sais elles sont assez irrégulières, inégalés et mal droites , et ce,- de fauts sont augmentés par l’assiette «e la Ville, ou il faut souvent monter et descendre. Il y a beaucoup plus de rues étroites et tortues, qu’il n’y en a de larges et de droites, et le -.al général de toutes est qu’elles sont fort mal pavées et d’un fort petit pavé, et partout-horriblement sales, surtout en hiver, à cause des excrénens qu’on jette tous les satins de toutes les maisons dans les rues, dont la saleté est augmentée par les cochons qui y vont partout se ni e qu’aux Villages, et ce -serait bien pis, si de tems en tems des hommes payés pour cela, ne vers oient dans les hautes rues des tonneaux pleins d’eau, dans laquelle, délayant les ordures, ils les poussent en bas avec des traîneaux; en sorte qu’on en voit descendre alors oor edes rivières d’onure, qui occupent, toute la longueur de la rue qu’on nétoye On n’y voit que trea-jeu de raisons où l’architecture ait été observée, quoiqu’il y en . ait quelques -unes d’assez ; granc.es; les maisons, de la Place major. sont celles qui en clehors ont plus < e régularité, étant toutes. bSties

c’une même façon et egalement exaucée., jusqu’à cinq étage- cour la oom alité de spectateurs, lors d es fêter des taureaux; rais leurs entrées, ni leurs montées étroit tes et obscures, n’y répondent pas ayant été faites a

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cause gu peu d’espace qu’on a laissé aux Liaisons, pour .•■rendre la place guarr;e#t spécieuse corne elle l’est. Il y a tout un granc' quartier de la Ville ou presque toutes lès : .aïs on s sont basses et n’ont point ce chambres au-dessus, pour éviter le trmbuît que tous le? appartenons au dessus de plein-pied doivent au Roi, dont ceux qui veulent exaucer leur maison ont accoutumé de convenir par avance, ce: murailles: de la Ville ne lui font guère s d’hon neu ■, car toutre u’ elles ne sont .presque partout que de. terre pétrie avec ce l’eau, elles sont en divers encroits si basses, que ceux qui veulent éviter ce payer les droits des entrées qui sont fort grands, y ontent et en descendent facile: eut. La Ville de Madrid doit céder en grandeur a plusieurs Villes de France,..et elle n’a presque rien de :uen remarquable en elle que la Place macar quoiqu’il y ait beaucoup d’Eglises et ce Cuuvens. presque tous ayant été faits de nouveau et à pierres rapportées, depuis que les Rois délaissant Valladolid^ autrefois leur'Ville Capitale, se sont transportés a nacric, où ils ont cru l’air plus pur et plus saine on n’y voit pourtant pas en toute son enceinte, aucune E l.se qui approche en granc eur ni en eauté celles c e 3 .vil-s Cordoue. Le Pont qui aboutit à la Porte cite de Ségovie et qui en porte le non. est assez long et anolani, et c.’une assez telle construction, nais il en serolt autresent est! m s s’il étoit sur quelque belle rivière. Au lieu qu’en e-s té, l’eau qui passe dessous et dont la plupart se perd dans son sable, ne représente qu’un bien petit ruisseau, lequel quoiqu’un peu plus gros en hiver, est partout payable, et ne paroît granc' que lorsque les eaux des grandes

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pluies ou des neiges fondues descendent- des montagnes et le grossissent; nais s’écoulant "bientôt comme il arrive aux torrens. Une Maison Royale nommée Buon- Retiro, située au bas et à l’extrémité de la Vilre, du côté du midi, donne à la vérité quel ue lustre à la Ville, non pas pour la beauté de ses bâtimens, qui s -, nt assez grands et logeables, mais pour sa situation en un assez bon air, pour son assez grande enceinte, ses jardins et ses' promenades, et pour être hors c e l’embarras de la Ville. On ne voit presque aucune Maison .. e Noblesse aux environs ce Madrid, que celle du Marquis de Castel-Rodrigo, située assez près Madrid du côté du septentrion, qui n’a rien de bien rare en elle, ni qui approche d’une infinité de Maisons qu’on voit dans les autres Royaumes. Je crois aussi que le Proverbe de bâtir c. es Châteaux en Espagne est venu par ironie, c-e ce que c’est merveille que d’y en voir, ou des personnes qui y en fassent bâtir. Je dirai en passant quelque chose des moeurs des Habitans. Ils sont presque tous, tant. Maîtres que Valets, générale: ent . habillés c e noir, et principalement de bayete noire, rarement de drap. On ne vois gueres que des gens de guerre vêtue d’autres couleurs, et leurs habits sont faits à la françoise, et suivant eux a la Chambergou: les ’ens de Justice et c;e Lettres.. et meme plusieurs Grands d’Espagne et autres personnes de qualité portent c es manteaux traînans jusqu’à terre, tous de bayete,et même la plupart de leurs Pages. Il en ei t ce mê e pour les Prêtres, quoique ceux qui ont ce bons Bénéfices portent o es soutanes et des robes de gros taffetas. Les Bour eois et les Artisans nè.

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portent, pas le . anteau si long,'"mais ils cooiroient être déshonnorés si. on les avoit vus sans manteau. : Jusques là que 3 'ai cons ta eut vu (ans Madrid les Orfèvres qui travaillent en argent entourés de leur manteau entortillé, et le bout jet té sur leur,épaule, battre la vaisselle d'argent sur leur enclu e; et qu'un Chirurgien devant faire, par : on ordonnance, de-grandes incisions à la fesse d'un Malade, n'avoit ■; point quitté son :-.anteau-, ■ rais l'avoit entortillé autour ce son bras., gauche; et l'ayant fait passer en partie -ous l'aisselle du droit, en avoit jette le bout sur 1 'épaulé gauche, et fit les opérations avec 1 la gravité qu'il croyoit devoir être observée par ceux de sa profession. Il y a sujet d'admirer que les Savetiers, les Serruriers, les Maréchaux, les Pelletiers, les Maçons, et toute sorte d'Art&sans, soient également vêtus de bayete noire, .et qu'ils imitent en s cela toutes les personnes plus relevées, de même qu'en leurs habits dont le pourpoint a des doubles anches, g l'une vêtue et boutonnée, et l'autre pendante, et des. ; basques un peu grandes avec des poches au- devant, joignant et au haut desquelles ils portent une petite ceinture de cuir noir assortie de boucles n 1 res et luisantes ce diverses façons, au cÔt s gauche de laquelle est attaché un petit porte-épée d'un : § e cuir, et au derrière un porte-dague; leurs épées sont fort longues et la garde en est fort luisante, forte et creuse, pour y mettre leurs gants lorsqu'ils veulent; leurs dagues sont d'environun ...pied et demi de long, ,j ayant une demie garde en coquille, fournie et luisante de même que l'epée,qu'ils accrochent à leur côté, et -

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qui a vers le haut son fourreau fendu et entr-ouvert, pour en pouvoir tirer 1’opée au besoin. Leur dague pene: au. . ilieu de 1 eur d arrière. Ile net.tent à-leur col une :orte de rabat léger et renforcé qu’ils norme gonille, au ce? gus, et joignant le faut de ..leur pourpoint sur lequel leur rabat est appliqué et cousu; ils portent aussi des petites manchettes justes et de resure à leurs poignets, joignant le bout c.e leurs -.anches ; leurs hauts-de-chausses sont fort justes, étroits et proportionnés à là grandeur et à la grosseur des cuisses; en sorte qu’on n’y peut ajouter que de trèspetites poches, leur pourpoint étant boutonné jusqu’au bas; tout leur habit est f emé, en sorte qu’on ne sauroit voir leur, chemise. Les personnes depuis la plus basse jusqu’à la plus- haute qualité, nortent égalèrent la gonille etees sortes d’habits.

Le Roi a deux appartemens distincts et contigus, où les Conseillers et ses divers Conseils s’assemblent; autour desquels sont des Galeries par où le Roi peut en tout ters voir et entendre tout ce qui s’y passe, et y entrer a sa volonté. Le Roi mange toujours seul, quoique plusieurs Grands d’Espaghe soient souvent ré- , sens à son dîner, nais il couche ordinairement toutes les nuits avec la Reine; laquelle : .ange aussi toute seule dans son, appartement * Mac.rid se trouvant fort é- , j 1oigne de la mer, et mal assorti des Rivières poissonneuses, on n’y voit que très peu de poisson frais, on y apporte toutefois des Truites, rais fort modiques en grandeur, et en quantité, et assez cheres: on y trouve assez de poisson salé, mais cher et dégoûtant, d’ou vient qu’on y range tous les jours de la viande,

à la réserve eu vend r edu; qu’on range tes oeuxs en Carène, et qu’il n’y a guère que les uauvres qui l’observent. ta viande de boucherie n’y est guère grasse, et elle est fort rouge, et surtout la vache que les Boucliers ventent en lieu ce boeuf; le mouton y est petit, mais assez savoureux, quoique maigre, et le prix en est assez modique. On y vend presque en tout ter s une grande quantité de lapins fort bons., et à bon prix; les pigeonneaux y sont aussi fort ao.ont.ans , de mène que les perdrix et les allouettes en leur saison; le pain y est fort bon et blanc,, et a cas prix; le vin y est a l’ordinaire blanc et nuisis an t , mais assez cher dans adrid. à cause ûe.s grandes'entrées, qui sont cause que ceux qui Le vendent y ajoutent un tiers ou quart d’eau; il y a aussi plusieurs fontaines dans xa Ville, qui coulent par des ruisseaux, dont les eaux sont i’ort bonnes, et portées pour peu de chose dans les maisons. On y voit souvent des hommes c e la Campagne qui. vont par la Ville au fort de . l’Eté 'port ans des manteaux de gros drap ou de bcuraquan'gris ou brun, fourrés de revêche, descendans presque jusqu’aux salons, dont aussi la plupart des Espagnols se servent, ae ■ fcie que d’estrïsrs de bois couvrans à demi le pies, et te bonnets de bran ou de bouraquan fourrés, lorsqu’i: vont en campagne à cheval, ou sur leurs mules, couvrant leurs janbes ce ganaches de drap ou ce souraquan, qu’ils no. ent poulainas, et se servans tort rarement ce bottes. Ils nourrissent de paille leurs chevaux et leurs mules ft ils leur donnent de 1 orge qu’ils nonrent Sivada, au lieu de vraie avoine, -.es

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chevaux de Oastille sont, estinés pour la Cavalerie, et il y en a d’assez beaux; nais ceux d’Andalousie les surpassent de beaucoup, surtout en beauté, et en fierté; nais avec cela ils sont fort dociles, et propres au manège; ils ont cela de particulier, pue rencontrans des cavales .en chemin ou dans des Ecurie , iis ne s’en emouvent pas corme font les antres chevaux entiers, mais ils ( demeurent pacifiques, de même que s’ils ne les avoient ni vues ni senties, la plupart des Grands d’Espagne et des autres Seigneurs sont fort curieux d’avoir de ces chevaux et de les faire dresser à marc.-er gravement et à fort oetits pas paries rues, et leur faisant faire des selles, dont le siégé est;' fort relevé, et assorti de belles housses, iis les montent par la Ville, ;ayan.t leurs manteaux troussés dessous et dessus leurs bras et leurs ypauleô; estrivant fort court, tenans leurs genoux fort ployés, et leurs pieds et jambes tournées contre les flancs du cheval. On y voit assez des carossés, mais iis sont ordinairement assez mal et simplement faits, et presque tous d’une même façon, et quoique ceux du Roi et de la Reine, et ceux de quelques Grands d’Espagne, ayent parfois quelque chose de plus relevc que ceux du commun, on n’y voit que très pe\* de carosses magnifiques en sculpture ou en dorure et s’il y en à, c-a sont ordinairement ceux que quelques ambassadeurs ont fait venir mes,cours étrangères On n’en doit pas être surpris: car outre que les Es-' pagnols ne sont guere amateurs de nouveautés, et sont fort attachés à leurs anciens usages, les ouvriers c e toute prof e; Jim, suivent iss: la, :~anière de

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travailler que les anciens leur ont enseignée, et il n’y a aucun d eux oui soit curieux c. ’ inventer ni d’exceller dans sa profession, par dessus ses compagnons, et on n’y voit point c' ’extraordinairement bon ouvrier, qui ne soit etranger, nés ho..: es et les f e ' es portent des souliers fort légers, fort justes au pied, fort étroits et courts de semelle, et qui n’ont sous le talon que l’épaisseur c ’un cuir, qui puisse les hausser; et ce que j’ai remarqué, est que les personnes de qualité chaussent ou se font chausser leurs souliers avant qu’ils descendent du lit. Les femmes ne portant que ces souliers unis et soutenus d’une simple semelle, sans aucun talon qui les releve, paroissent ordinairement fort petites; les femmes de belle taille y sont aussi fort rares et s’il y en a, elles sont étrangères ou filles d’étrangers. Les femmes portent leurs manches étroites et longues, jusqu’au poignet où elles sont boutonnées; leur corset sur le devant monte jusqu’au bas du cou et cache leur sein, mais il est échancré sur le haut du derrière, et à quelques unes en telle sorte, qu’on voit leur cou et toutes leurs épaules découvertes jusqu’au milieu du dos... Elles portent leurs cheveux tressés,’ pend ans le long de leur dos et entourés 1 de rubans fort larges, simples ou ouvragés, et au-dessous d’eux dans la maison un demi-peignoir de linge qui leur couvre seulement le ( os. Leurs jupes sont fort amples et traînantes jusqu’a-terre, et elles en portent ordinairement trois ou quatre les unes sur, les autres, en sorte qu’on ne voit ni leurs bas, ni leurs souliers

Oe qui paroît fort étrange en un pays où les hommes sont extraordinairement amour eux des fémmes. Les femr.es aussi portent au dedans, et vers le bas de leurs jupes des especes ce cercles ce.baleine, pour les élargir, mais beaucoup moindres que ceux d’autrefois, qui ne pouvoient passer que par une porte à demi cochere. Les femmes de qualités, ne sortent qu’en chaise ou en carrosse, et toujours accompagnées du moins d’un Bstaffier, qui est à la portière du carrosse, et qui marche devant el±e lorsqu’elles en sortent, .ou qui marche c. evant ou à cSté de la chaise, et qui est toujours vêtu ce noir. Les femmes même de médiocre condition, qui vont à pied par les rues font toujours marcher devant elles quelque serviteur ou quelqu’un de leurs fils ou de leurs proches. Elles ont accoutumé de se visiter tour à tour les unes les autres, et de faire leurs visites longues de plusieurs heures, de s’asseoir sur de grands coussins carrés, ordinairement de velours rouge cramoisi; placés en cercle sur quelque tapis de Perse ou de Turquie. ou s’entretenant sur diverses choses, ou jouant aux cartes, ou à d’autres jeux. La Dame où elles se trouvent leur fait présenter de te m en teins du Chocolat, et d’autres liqueurs, des confitures séchés et liquides, du Massepain, et même des tourtes, de pigeons ou des e’âtés de venaison, faisant chacune à qui mieux mieux leurs honnêtetés, et continuant presque toujours toute l’année en cette sorte de vie, sans s’informer si cependant leur ménage va bien ou mal. Quoique certains Espagnols soient fort suscepti-

blés de jal.ousie, et outils épient, ou fassent 4pier la conduite de leurs fer: es, tous n' ont. pas la r.ê:-e dispos ition-, vù. qu'y ayant fort peu c. 'Homes de. condition, ou de gens riches, qui n'ay* nt des naîi res ses, et qui ne voyent r ’autres; ferrer que la leur, Po our et la po: ilp-lgance qu’ils ont pour el- : les, leur fait oublier pu- négliger leur propre .fer:- q me, en sorte que nonobstant tout ce qu’on peut dire de la jalousie des Espagnoles, je puis assurer que la plupart des fermes n'y ont guère moins de liberté, qu'en ont celles des autres Royaumes. Les Prêtées et i les Religieux sont ord inairement bien reçus dans les J maisons, .quelques suspects qu'ils puissent être, pour la crainte qu'onna deux, que l'on sait être principale" ent ‘soutenus d e l'Inquisition. Tous les Espagnols . sont fort curieux d'avoir dans les lieux principaux de'leurs raisons-diverses" images et statues grandes, ; ou petites, représentai divers saints ou saintes, qu'ils posent sur leurs tables,.'ou sur leurs buffets, ou sur les rebords de leurs -cheminées, et qu'ils sont "soigneux de couvrir c 'habits, et d'orner de dorures ou de fleurs . ou d'autres enjoliverions. Les religieu¬

ses de Saint^François ont obtenu depuis quelques tems du Pape, que .es corps de tous les Espagnols, qui meurent ne puissent être enterrés sans avoir qte au préalable, exposés en vue c ans un habit de Saint François, dont le prêt produit aux Religieux de" grandes sommes dont iis exigent payement de ceux qui ont < quoi, et ils 1 'obtiennent c es pauvres, en faisant quêter pour leur enterrement. Les carrosses du Roi et de la Reine sont bien: tirm par des chevaux aux

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jours de parade, mais ils sont ordinairement tirés par des Mules, ce .-§• e que les carrosses des Grands et des Moindres d’Espagne, quoiqu’on voye parfois quelques carrosses s ’Ar bassadeurs ou de Seigneurs étrangers tirés p&r c. es d lie vaux. Les seuls Carrosses du Roi et de la Reine, allant par Miadnc . sont tirés par ^ix chevaux ou six Mules; car il n’est permis ni aux Ambassadeurs ni à aucun Seijgnéur d’Espagne, d’en employer plus de ,u'a'tr'e à la fois, si ce n’est hors de la Ville. Le Roi et les Ambassadeurs employant bien des traits de cuir à tirer leurs carrosses; mais tous les autres y employent ordmairement de grosses et de fortes cordes. Les Cochers n’ont point c e siège au devant eu carrosse , mais, ils sont-, montés sur la mule attelée au côté gauche ce la fléché. Les granc s Seigneur? allant par la Ville ; ont quatre mules à leur carrosse dont les premiers . arcrient fort éloignées des dernières, et celle ce la gauche est montée d’un Postillon. Ces Seigneurs observent de faire;tirer fort lentement leurs :

carrosses pour se dif.férenc 1 er o u commun.' Ils .ont toujours un Estaffier ou Gentilhomme tenant son ipée devant lui, a chaque portière, vêtu ce noir de même qu’eu- Tous les do. es tique? de la plupart des Grands Seigneurs sont aussi ordinairement vêtus de noir et si quelqu’un deux leur fait porter ces livrées ce couleurs, il ne lui est pas permis c’y employer le jaune, qui est celle du Roi. Je. ne ’ arrêterai pas à quantité de choses digne de remarque, où la manière d’agir des Espagnols est foH "différente de celle des autres Nations; mais je puis cire par une fréquente expérience, que quoiqu’ en Espagne, il y ait ce mauvais nom. es , comme partout

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