‹ Relation du voyage de Charas en EspagneChapitre 7 sur 13 · VD · texte numérisé non relu

VD

dressa à moi, ne disant qu'il avoit depuis longtemps une froïc eur a un bras que laquelle il désiroit ”e consulter, et qu'il ne pnoit e vouloir pour cet effet venir, chez lui. Il ne lui fut pas difficile de me persuader quela chose était co e il ne la disoit son chez lui fut dans un vieux château voisin, dont l'Evêque se servoit pour sa prison ecclesiastique, ou'étant entré , le Fiscal ne déclara que la communicatièn de maladie qu'il avait à ne faire, étoit de •'arrêter prisonnier de la part ce l'Evêque. Dans-ma surprise, 3e lui demandai le sujet pour lequel il m'arrêtoit; nais je n'en eus autre réponse sinon qu'

U n' et oit pas obligé, de 'en rendre raison, et qu'il me falloit obéir au lajeur. Ce ne fut pas tout, car m'ayant fai t entrer d ans une grande chambre où il y avait six eu sept Prêtres; et, ceux ou trois Paysans prisonniers, il fit apporter une chaîne de fer du poids de soixante-quinze livres et il ne la fit ettre a la jambe- ce fut en vain que je lui demandai

de nouveau le sujet d'un tel traitement et si c otoi,

pour avoir tuu, yo!,, battu, injurié ou blasphémé, ou si c'étoit pour quelque dette; nais bien loin c..'e: avoir raison, le Valet eu Proviseur qui lui avoit porté la nouvelle de mon emprisonnement, revint,, ciisant que l'ordre me,Son maître étoit qu'on ne mit à l'autre jambe un grillo, qui est une machine de fer pesant dix a douze livres, à peu près semblable a celles qu'on met en France aux plus grand s c rimmels ; ce qui fut exécuté nonobstant tout ce que je pus représenter touchant on êge de soixante dix ans et le violèrent ces Traités faits entre l'Espagne et la

L G. TGRAUDJB

Nation Hollandaise: r ais, avant que de e char, er de ces fers, ils ne fouillèrent partout et .-^enlever ent toutes les lettres ex. les papiers qu’ils trouvèrent sur moi et tout ce qu’ils trouvèrent dans mes poches, sans ne permettre d’avertir le Chanoine pour lequel j’é.tois venu, du mauvais traitement qu’ils ne faisaient ; ce que je n’obtins du Géolier qu’à nuit close, et lorsqu’ayant exercé contre 01 toutes leurs violences, ils s’étoient retirés. Le Chanoine surpris ce ce procédé et ne couvant pendant la nuit travailler à mon secours, m’envoya bientôt un lit et de quoi couper, me faisant témoigner le déplaisir qu’il avoit du mauvais traitement qu’on ; ’avoit fait et promettre qu’il ne nanquaroit pas d’en porter ses plaintes a l’Evêque, le lendemain dès qu’il seroit leva, a quoi ix ne manqua cas. Mais ce qu’il en obtint fut que l’Evêque i.ui protesta sur son pectoral; qu’il n’avoit aucune, part a mon emprisonnement , que tout avoit ete fait a son msu, et qu’ayant remis à son Proviseur l’administration de la Justice il falloit s’adresser à lui et qu’il ne vouloir pas en avoir la tête rompue. Le Chanoine fut en même temps trouver le Proviseur, qui esperar.t de tirer bien de l’argent de lui ou de moi, lui eu que mon affaire n’étoit rien., qu’il me feroit bientôt délivrer de mes fers, et que bientôt après H me c.onneroit la liberté, et en effet il envoya le

même jour son Fiscal, qui contrefaisant le bon valet,, ordonna au Géolier cle n’Ôter seulement le grillo, se vantant que lentôt on Noterait la chaîne. Mais voyant ce ma part qu’on n’en faisoit rien, je fus .

k G- TORAUDE

conseillé par mes ar.it: , et, mère par tous- 1er Prêtres qui et oient dans la même prison, de faire sommer le Proviseur. de déclarer,, en vertu c;e quoi il t , avoit constitué prisonnier, ce que lui ayant été signifié 'lorsqu'il’têïïolt l' audience, il répondit seulement qu'il le diroit en ter.s et lieu, sur quoi on ne conseilla d 'envoyer au plutôt par un exprès ma plainte à la Cour.Royale de la Corogne: laquelle en même tens erîvoya un Co: ancemert a lui de déclarer clansqaatre jours par quel croit il avoit étendu sa jurisdiction 3U r moi, qui n'étois ni Ecclesiastique, ni sujet a son Tribunal. Ce Provisor ayant eu vent de l'acte'que j'avons obtenu, se tint' enfermé dans sa maison; pendant trois jours sans donner aucune audience; et il s'y fut tenu plus long ter s , si l'Huissier qui épioit l'occasion de lui signifier l'acte ne fut entre oar surprise avec un de ses valets, non seule, ent c.ans sa riais-., n fiais même dans sa chambre,, et ne - le lui eut signifié.. Il ne put s'empêcher de témoigner à l'Huissier sa colère, ->our être venu chez lui, faire cette signification à lui-même; mais l'Huissier s'en mocqua: il avoit cependant envoyé furtivement au -rfibunal c e l'Inquisi lion de saint,-Jacques des accusations 1 qu'il avoit forgées contre moi, et fait en sorte que le Commissaire ce la dite Inquisition, résident a Lugo, vint avec un Notaire, bientôt après dans la prison ou j'étois pour me •■recommander au Géolier, et n'y confirmer de la part ce la même Inquisition. Er.sorte que j'y demeurai trente jours en tout, charge de ma grosse chaîne, couché sur mon lit dans mes habîts. parmi ces Prêtres qui y avoient le leur; y recevant assez souvent des visites c. 'amis que

L G. TORAUD r

j J y avois acquis, ou qui y ven oient de la Corogne ou c p autres personnes qui vendent me consulter pour leurs maux; ayant cependant la liberté décrire des lettres et d’envoyer des Messagers la ou je le juge ois nécessaire, jusqu’à ce qu’un Familier ou alcade de l’Inquisition, no ri Farina vint avec un Notaire pour -e signifier l’ordre qu’il avoit de me traduire aux prisons de l’Inquisition c.e Saint-Jacques, et de se saisir dé.«tous es effets, à la reserve seulement de es habits, en s or te que m’ayant fouillé et Oté le peu d’argent que j’avois, et s’ôtant fait remettre tout ce que le Provisor n’avoit fait enlever, il . é dit de me tenir prêt pour le lendemain bon matin, qui et oit le 15 d’Octobre 1688îÿ auquel ter.s il vint; et r ’ayant fait délivrer de ma chaîne, a la nrière du Chanoine, qui lui donne un écu , et me permit de venir avec lui sur mpn propre cheval, suivi de mon Valet, sans aucun liens, jusques dans l’Inquisition d’où mon Valet fut oblige ce se retirer.

LeCt, Farina ayant son apparie: tent dans l’ inquisition, r'y fit ont si et attendre que Philippe prei ier Alcade te l'Inquisition. et quelqu’un des secrétaires fussent revenus de la Ville. La situation te l’Inquisition étant sur un penchant, on ne fit descendre dans une galerie basse, le Ion,, te laquelle il y avoit une rangée t e cachots fermés à double porte, vis—a— vltt l’un desquels Ils s.’arrêterer. t ■ portent une chandelle avec eux, et après avoir pris r.on no: et sa qualité, et d’avoir te nouveau fouille partout, avec une grande ex -otituce nonobstant mes

prières., de me donner une prison plus haute et moins humide» ils me firent entrer dans un cachot . ont le flancher a la vérité *étoit couvert de planches, mais qui pour tous meubles n’avoit Qu’un misérable châlit. fait ce quatre aix cloués contre quatre petits pilers, et pourvu d ’un for.c cie "ême y ■étant entré, ils m’y firent 'orter un pot de terre pour mon vin» un autre plein d’eau., un plat de 8: :e , pour la.viande et deux tasses,,. 1’une pour boire, i’au tre pour le bouillon, une grosse botte de. paille, une. grosse vilaine, c ouverture de . laine.,- un balai, un char delier ce terre avec une ,chandelle, et un grana pot pour mes nécessités. Je ne résolus de faire de nécessité vertu, et ayant étendu la botte cie paille sur ce tri. te lit. je m’y couchai, et je me couvris d’une, casaque que j’avais, sans vouloir ne servir ce .a couverture. Sur les huit heures du soir, Philippe, l’Alcade. suivi d’un autre, vint, et ayant ouvert les deux partes, et m’ayant fait donner ma chandelle, e versa environ une chonine de vin dans un pot, me donna un nain d’un sol et c eux oeuf s . en coque» puis étant revenu un petit quart d’heure anrès pour ne voir éteindre la chandelle, ayant fermé sur moi les c eux portes à grands verrous, il ne laissa jusque? au lendemain à Midi; auquel tems. suivi . ce son c a «rade, il m’apporte environ une pinte de vin, un pair, c ’un sol. et environ la grosseur d’un oeuf c.e mouton et autant de boeuf bouilli dans un périt pot, a c.emî plein eu bouillon; je pris c ela doucement -en leur levant le chapeau et les en remerciant mais ni alors, ni jamais depuis, ils. ne me rendirent mes salutations.

L 0. iüHÂ'Jüfi

Ce cachot avoit, (dit-il) neuf de mes semelles de* large, et seize à dix—sept ce long,- et il ne prenoit jour que par une ouverture c'environ un pied, faite en biais, au haut d 5 un des coins du cachot, perçant une épaisse muraille, nés fetes qui se rencontrèrent alors, observées par les Inquisiteurs, /furent cause qu'ils ne r ’interrogerent que le quatrième jour; lequel étant-'-venu. sur les neuf à dix heures du ;.atm, Rhilippe de vint appeller pour venir conparoître devant les Inquisiteurs, et il l'obligea venir sans manteau, Sans chapeau et même sans calotte, et ce monter sans une assez grande salle, tapissée cl»un damas vert et rouge, ou je trouvai les -mquisiteurs . ‘seulement au nombre de deux, assez âà és, vêtus.de robes noires faites comme de robes de chambre, couverts chacun d'un bonnet quarré assez large et plat, assis sous un dais, le dos tourné contre la muraille de la rue. audessbus d'un grand crucifix. d'ivoire, cerr 1ère'lequel étoit en; broderie les armes du Roi d'Espagne, ayant devant une grance table quarree couverte d'un tapis, et vis-à-vis d'eux un Secrétaire'assis contre la table, couvert d'un bonnet noir rond. Ces Inquisiteurs c'ayant fait approcher d'eux., et les ayant salués sans leur témoigner aucun embarras., le Secrétaire tira ce dessous la table une fillette d'environ deux pieds ce haut, de bois de chêne, dont le dessus avoit environ deux pieds de long, et un pied et un quart ce large, -acmelle ayant placée en biais, et ensorte que le jour

quelle ya , e venant dedans les

d'une croisée voisine eu c. is,

yeux 'éiiouissoit en quelque sorte, ü oo- and

Page 1