L. G. TORAUDE
transporter du Cachot en haut la paille, la mauvaise couverte et tous les ustensiles cïe terre quê j ’y avois. J’y trouvai un cha it pareil à celui ’en bas, sur lequel j’étendis ma paille; et peu de tems apres, un nichant . alela.; avec -.sor "coussin, deux misérables draps . et deux couverte;: de mêmequ’on .n ’apporte, et je me servis d’une nappe et c ’une serviette de : '■§ r e nature. Je n’eus là. non. plus qu’en bas, ni chaise ni table, ni couteau ni cuillère, ni autres meubles que. le châlit; mais, c’étoit là la moindre de es peines; la solitude étrange et affreuse ou. j’étois, et le i j plaisir d e e voir éloigné de tous les miens, sans, avoir aucune part, à ce qui ne" fai s oit cou. le soleil, c.e ne voi r qu’à midi et à huit heures du soir deux , hommes qui passoient dans, mon esprit pour des Anges c.e Satan qui, sans jamais me saluer, ne Vendent que pour apporter corn me à un c ni en, seulement c e quoi m’empêcher c e mourir, et de me sentir entre les nains ce gens barbares, qui, étant mes --Juges et es; Partie: . ne songeaient qu’à e ravir les biens, la vie. et né e l’âne mil leur eut été possible: .toutes ces choses, dis-je me tenoient cans un .continuel tourment, et tiroient de mon coeur ce fréquens gémissenens, et de res yeux des sources de larmes ; mais ce r’étoit pas encore tout on al: car ne pouvant éviter ce coucher dans un lit que d ’autres avant soi avoient rempli de poux; je ’ in trouvai s’abord. si attaqué, et no. seau si percée et labourée, qu’il m’,-toit csa te. ut impôt, si oie de fermer-l’oeil. .'(L’auteur entre ici sur la peine qu’il eut a se délivrer c.e ces dégoûta ns insectes, c ans les détails que nous avons cru devoir supprimer pour ménager la délicatesse de nos lecteurs. Note du Journal).
U G. TORAUJJti
SUITE du VOYAGE de Moyse ÇHaRaS.
Après ?*es interrogatoires, - continue Moys e Oharas, on fut prè: c ’un noie sans e rien cire, pendant lequel tous les Inquisiteurs écrivirent à Madrid, et même à la Haie, afin , u'on y fit cl es Enquêtes contre soi, tandis qu' ils envoyèrent leur Alkade Philippe, dans toutes les Villes et lieux de ia Galice, ou ils savc lent que pavois séjourné, pour iaipe^c 'autres Enquêtes et tâcher ce trouver dès accusations contre moi, et quoi que- Dieu voulut qu 'iis ne pussent trouver rien c. e positif, et qu'au contraire, contre leur attente, ils trouvèrent beaucoup de témoignages a ma louange et à- mon avantage, nxx Ma Iscis— ils ne laissèrent pas de forger et de dresser dix-neuf chefs d' accusât ion contre moi. Les ayant fait apporter par leur Procureur Fiscal, qu * il firent asseoir près d' eux; ils ne firent' venir pour en entenc.re la lecture, laquelle ayant été faite par le Secrétaire, le Procureur Fiscal , se retira sans dire mot. près quoi ayant encore resté sur la sellette, et faisant réflexion sur la fausseté;des accusations;- et sur les conclusions du Fiscal, qui tera oient à ce qu'en cas de dmi, je fusse exposé aux tourneurs, je dis aux Inquisiteurs que ces accusa- tions en général ét oient non- seule ment fausses, mais pour la plupart impossibles et incroyables, et qae je les priais - 'en cannant copie avec du papier et ce- l'encre, ce me raire cerf ettre c'y npoanre, et c’agreer que je le fisse en latin, n'étant pas assez stil-é c.ans la ■gangue Espagnole pour pouvoir écrire Espagnol sans varier le . ens. Ils ne purent ne refuser qa demandé-, et trois jours après ils ie donnrent la copie que je cemandois, et
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avec elle c’.u papier naraphé et par conpte avec de l’encre et une plume. L ; obscurité du ter.s et la brièveté des jours, ne se -er 'et tant c e travailler ’ environ deux heures n..r jour, et désirant de renverser par de puissantes raisons toutes leurs accusations", je fus prè. oe quinze jours avant que de leur remettre mer réponses, qui furent encore retardées par-une pensée qui ne vint, que si je ne voyais venir aucun secours, je serois enfin obligé de faire semblant a le:'brasser leur Religion, et qu’enee cas, je ne revois pas le faire qu’avec de grandes précautions, e-t sur de bons fonden.ens, posés sur la mienne. Oe fut la cause que je crus fort necessaire cie qlorre res réponses par une déclaration ce ma foi faite en vers latins, ayant fait le tout presque sans aucune radiature. et employé tout non panier à cela,
. je leur fis demander audience, laquelle ils ."^accordèrent, leur ayant rendu" la. copie des accusations, la plume, l’écriture et remis .es réponses, suivies de ma confession de foi, je 1er enoi c ^ voir la bonté de bien examiner le tout sans préoccupation, et de re rentre aussitSt justice, dais voyant c e ma part, qu’un mois entier s’âoit écoulé sans qu’ils fissent • aucun semblant d’avoir examiné nés écrits, je crus a propos ce leur demander une nouvelle audience, que j’obtins, leur ayant représenté le long teins qui s’étoit passé depuis la remise cie mes réponses, et la pens,e ©u-j’étoïc qu’ils avoient amplement reconnum/mon innocence, j’espérois qu’ayant tien examiné ma confession de foi et ma. bonne l iotosition à -ni r le cors ell qu'il leur plairoit de ne donner, il leur
piairoit aussi de terminer au plutôt, non aiiaire. et en r.e déclarant innocent. e donner la liberté que je ne croÿois pas -e' pouvoir être -fuisonnablenent ^fusée. p.ai s avant que je : '.tenue davantage smr ce qui se passa après entre eux et moi, il est bon, qu’on sache que c.ans on emprisonnement a Lugo, la lioerté d 7 écrire des lettres ne ’^yant eoint 'été Ôté, et .l’Ordinaire: partant toutes les semaines pour ilac.ric, d e ne manquai pu, r 'écrire par. le premier à Monsieur Battier Envoyé Extraordinaire de Messieurs les Etats a Madrid, de l’avertir de tout ce qui avoit été fait contrenoi, et de lui en apprendre les suites; de lui envoyer nés actes contre le Proviseur, et de lui faire savoir,-que' l’Inquisition ’ ’avoit fait confirmer dans ra prison^ Brayant pour oet effet écrit encore. 1er ceux Ordinaires su i va ns, je me c'isoospi? a lui écrire une quatrième let tr e ,“'n’ ^yant eu aucune roponse ce sa part; ci le Vendredi., granc matin, jour auquel j’esperoio (.e recevoir réponse, on ne ’ eut fait sortir de cette prison'pou-r me traduire cane l’Inquisition. Cett&dPrompt é traduction ne mit dès lors dans de grand es ; craintes que-tout es mes lettres écrites à Monsieur l’Envoya m’eussent été ret enuec à la Poste, les ayant toutes envoyées par .ion valet, connu ce plusieurs^' et‘qu’en cas qu’elles ne lui eussent été envoyées et rendue - , je ne pouvois. ni lui écrire ce nouv.ëau,ni '..attèr.c re aucun secours ce lui, s’il n^étoit averti de ma disgrâce. Ces craintes, bien loin de me quitter, devinrent encore plus grandes, lorsque je ne vis dans les prisons de l’Inquisition, car ne poüv ■ nt rien savoir de ce qui se passoit à Madrid ni ailleurs, craignant d’être détenu des années.
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tandis que' personne ne parleroit nour .ici, et voyant qu’ en cet état 3 e né oouvois,ni tendre les bras à non ordinaire à ma fe .e et à nés enfans, ni. recevoir aucun secpurs ni consolation d’eux, et que cependant les derniers jours de .a vie ét oient sur le point ne finir dans cette msere, sans les pouvoir . employer, .!ni 'pour moi, ni pour les miens, et angoisses se multiplièrent de jour en jour. et quoi que je fusse dans ae c ontinuelles prières , et que Dieu r:é c.onnSt assez c~ e cor:-, fiance pour subir, s an s murmurer le joug qu’il lui a voit plu de disposer toutes mes pensées ne tenûoient qu’à trouver des moyens pour me tirer de mes peines , que es soupirs- et es larmes continuelles ne pouvoient all.;.er, tandis pie «les menaces des Inquisiteurs et leur naturel bar care. me fai soient tout appréhender. Quelques semaines s’ ét oient déjà passées dans a es douleurs et ±r - s ' Les continuelles, tandis qu’on avoit envoyo Philipue en toutes les Villes et lieux de la Galice ou j’avoi : été >our y faire c es Enquêtes contre 01, 1 ers sue quelques jburs après son retour, et ayant eu le tem.s de forger tes armes pour me perdre, si Dieu le leur-eut >ermir. le nêre Philippe me vint dire de leur >art de venir en l’audience où les choses se cassèrent, cor..-e je ± ’ai c eja dit. Le papier qu’ils me donnèrent pour écrire : es réponses et mes dépense- . ’ yant été aorrn. par compte et paraphé, il ne me fut pas permis d’en garder des copies, non plus que des accusations nonobstant le désir mie j’en a- ■'vois. 'En quoi, corn:e en tout leur procédé, il me fut fort aise de remarquer que la Justice me l’Inquisitior est fort différente.de toutes les vraies et légitimes • Justices. Cette privation n’empêcha pas que je n’en #
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misse les or inc ipal es c' 1 ; ns ra mémoire, et que 3e n J ciie du roms retenu ores ue ot a mot la confession de - a foi- en vers latins, qui servit Te clôture à -es réponses. M intérêt qüe le «ublic a ce pouvoir pénétrer a ans la s ecrette .cabale de l’Inquisition m’obligeant a en découvrir ce que 3 J en ai appris à nés dépens. Je crois lui rendre un boi office ae lui en dire ce que 3/en sçois. et autant que ..a lé'.oire me le peut fournir- ils ^acbusojent c’abon avec grande exagération, a’être né. et d’avoir été baptise dans l’Eglise Romaine, et d’en être sorti pour embrasser la religion de Calvin, que par là 3’étois devenu Apostat, et que par conséquent 3e m mois le feu; que 3 ’étois venu en Esoa b ne ayant été chassé de France par le Roi
avec tous ceux c e ma Religion et que 3e l’avois ausi dit à Madrid, qu’ayant sçu que l’Inquisition ne prend t pas plai sir que 3 e restasse en Espagne, je' ne devois,ni ne uouvois ; y arrêter; que 3’avois lal fait de ne pas répondre à une lettre c e non aînn qu’ils a-
voient trouvée sur moi t >*ns laquelle il : e c i soit a- V 01 r ambra s s é la foi c at hol 1 me ; que 3’a v.o 1 s. c 1 s- 3 e mal fait de ne* pas l’avoir imite, que 3 ’avois dogmatisé et prêché la Religion des Hollandois en Espagne, et tâché.de l/y mimuire. et que cela ne J ,toit pas difficile, étant un nonne savant, et de grana entendement , ayant affaire, aux gens ■ grossiers et: rustiques ce la Galice; que 3’étois en grand scandale à tous les Espagnols, à cause de ma Religion, que 3 ’avois nié la virginité de la Vierge "arie en un certain lieu ae l’Evêché de Lugo; que - 3’avois dit à la Ville ce fos. que Dieu é toit bien Tout-Puissant au Ciel, mais qu’il
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ne 1 ’ étoit pas en Terre, et que pavois oit qu’il n’y a voit point ce Saints, mais avancé par trois fois, tu soins sanctus, qui signifie, tu es seul Saint; qu’é-., tant a Bétances, j’avoi cît à une cert-i: e prsonne que ..on intention et oit c.’ embrasser la foi catholique, nais que quelques raisons n’enp échoient encore de me déclarer; que j’avois refusé cie jurer sur la Croix, et que par conséquent toutes mes réponses étoient fausses.
Je supprime quelques autres articles également faux et ricicules, qui ne trouvèrent aucuneplace dans ma-mémoire. Il ne ne fut pas difficile de combattre et dé c-traire toutes ces accusations. J’assurois d’avoir été né et haptisé d'^ns, ma Religioh, qui est celle de mes ancêtres ,.:de' n’avi ir j mais été de la Religion Romaine, et que ne pouvant en être osrti sans y avoir été. on ne poûvoit . ’acemser c ’ipostasie. qu’il y avo>t dix ans que'j’étois sorti de France, cor e ils le pouvoient voir c.uns es mterrogat erres, que j ’en é- ■ t ois sort 1, ouvert e ent, et que de mon oro pre mouvement avec ma famille, et s<-.ns aucune contrainte, que le Roi de France n’avoit ouvertement persécuté les ©rot es tans que, depuis trois ou quatre ans, q^’il ne les avoit jamais forcés de sortir c.e son Royaume, et qu’au contraire il avoit mis des. - gardes pour les empêcher d’en sortir et. pour les obliger par là à renoncer à leur Religion. Qu’aucune signification ne n’avoit été faite à Maorie de la part de l’Inquisition, et que , sachant que par les Traités, les Holland ois pouvoient vivre c ans toute l’Espagne dans la, liberté de leur Religion.. et que le Roi n’avoit pas approuvé ce que L’
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Inquisition de Madrid avoit voulu taire contre noi, j ' avois cru qu 7 il n’y. avôit c. é sonnai s plus rien à cramdte pour moi. et cela d'autant moins qu'ayant été quatre ou cinq fois a S. Jacques pour des malades et y ayant fait chaque fois- quelque séjour, étant meme logé as se? près ne l'Inquisition, je n* avois ^giais été averti qu' elle en fut mecont en te, et que j'etois font persuadé qu'elle ne n'avoit attaque qu'a la seule instigation et sur la méchanceté du ^rovisor de îugo. uu'aucune raison ne ne devoit o-sliger c e reponc.re à la lettre de : or fils, qu'apurouvant ou désapprouvant sa conduite, je ne pouvois que ’m faire du tort ou à lui, afl ;guant pour : cela, d es raisons incontes tables; .que personne du munde ne pouvoit e soutenir que j'eusse dogmatisé ni prêché; que j'etois meoecin et non paj* Prédicateur, et tue ce n'étoit pas a moi, ni ma volonté, de changer la Religion d'Esoagne . ni d'y introduire, celle des Hollandeis . et que quand j' en eusse eu le dessein, il n'eut été innossiole d'y faire aucun progrès , n'entendant point la langue ae la C-alice, et ne pouvant y faire entendre la mienne ;que pour réussir, il 'eut .té absolu, ent nécessaire d'avoir des in
telligences avec des gers du. pays qui; eussent ce dessein, et que ceïe devoit leur naroître fort éloigné . de-1'an na r e ne e et. de la vé ri té qu e je ne. p ouv o îs être en s cane; ale aux Espagnoles pour a el îgi on, .puisqu’il sont accoutumes de voir en plusieurs endroits c.'Espagne divers Hollandois, qui la nrofessent et que êne nouvellement ils 1 ont vu que le Roi a donné les Fermes du sol des Roy au es c e Galice et d’Asturies à des Holland ois qui ont habit, depuis longtemps en Espagne, et
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qui professent na propre Religion, et qu’ils dévoient d’autant mieux croire.' le contraire, puisqu’ils . n’igp;.qrent pas ue dans Madrid et dans les Principales Villes de la Galice, et particulièrement dans la leur, on ne soit venu de diverses Maisons, et même avec ernpresserent a moi, cour la Guérison c e leurs malades, et que les Prêtres et les ReLigieux sont venus des premiers ; qu’il n’é t'oit ni vrai ni croyable que j’eusse nie .la Virginité ,de la Sainte-Vierge, puis.u’élleétoitd qualifiée telle en plus j eurs endroits du Vieux et du Nouveau Testamen t, fet dans le S y : boie des ApÔjtres, que je croyoîs avec tous ceux de ma Religion, et que je leur avois récite. en latin- dans mes interrogatoires, qu’il n’y avait du tout point qcarence que j’eusse osé borner là. toute puissance de Dieu dans le Ciel, et l’exclure de la terre, puisque je.croyoîs et je disois tous les jours la prier? dominicale, où je denandois à Dieu avec tous les Chrétiens. que sa volonté soit faite en la terré de même qu’elle l’est ci ans le Ciel, et que nous lui enanaons le pain de tous les jours dont les esprits célestes n’ont pas besoin. Qu’il y avoit encore moins d’apparence que j’eusse ni.- l’existence des Sainte, et quoi que ces paroles Tu solus sanctus., ne fussent pas familières dans ~a‘bouche, et je ne crusse point du tout les avoir auparavant prononcées
en aucun lieu -et que je les crusse fort justes, il
ne fa11oit pas inférer de là qu’il n’y eut point de Saints: nais cuire que Dieu qui. est le seul Saint des Saints, et celui qui sanctifia les Fidel es,, et qui en fait c. e Saints; qu’il ne falloit pas douter, que les Patriarches et les Prophètes- , les ApPtreo, la Sainte Vier.,e, et un no. bre innombrable d’autres personnes ne
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fussent Saints qu’il n’y en eût eu beaucoup depuis, et qu’il n’y en ait a l’avenir, et que le-Paradis seroit inutile, s’ il n’y eût eu des Saints pour l*habiter ; que. e’é toit une chose çontrouvée que j ’ eus se dit à aucune j?er sonne ce Bétanses, 'ni c'ailleurs que j’eusse ter sein "de quitter “a Religion pour embrasser la Cat.hblique,é été- que certaines raisons m’ emp échoient de r e c éclarer, vu ue si j’ en eusse eu l’intention, il ’eût été avantageux de le faire au plûtot. et que j’étois assuré que ..es meilleure et plus familiers amis, dont un des Curas et oit le principal ne parleroie X pas de même de moi; nais qu’ils assurer oient ma persevérance dans a Religion, accompagnée de grand respect pour ceux qui professent la Foi. Catholique, dont je cre j. yais l’intention: fort bonne r que je croyoic leur Fiscal très mal fondé dans toutes ses accusations et en der- : nier lieu, en celle ou,il avançoit que j’avois refusé p de jurer sur la Croix et que par conséquent toutes mes réponses étoient fausses.
Il y a ici quelques lignes qui mandquent dans.
.1’, original.
Ce qui suit est la Profession de Foi en vers Latins présentée aux Inquisiteurs par Hoyse Charas.
J’avoi?: fini mes réponses par une récapitulation csu plus essentiel c e ce que j’avois C it contre tout ce qu’on avoit avancé contre moi, que j’avois soutenu être faux et pour la plupart■1 possible et incroyable, et j’avois conclu que j’otois très persuadé qu’ayant bien examiné i es raisons et sien reconnu mon innocence, il. me céclareroient absous, qu’ils ne redonneroientsla liberté, après laquelle'je soupirais, et que j’espérois qu’ils me 1 ? accorderoient encore plus vol on tiers, lors qu ’ 11 s aur- i ent vu ma bonne d isp.os i t ion
b Q. TOp
a embrasser oe qu’ils me feraient voir être -propre pour ion salut. Après avoir bien repassé toutes es écritures . leur avoir l'ait c. en a ne. er et avoir obtenu ;Aeux audience, leur .avoir remis mes réponses, avec j la copie 'U* ils . ’avoient tonnée., c es accusations; nonobstant toutes mes jrieres de au plutôt mon
an-ire un oit entier s’étoit écoule, pendant lequel même les fêtes de la Noël s’ ctoient rencontrées. et suivant la cou tu e et l/’.obligat ion qu'ils en ont, ils ne visitèrent dans ma prison, ce même qu’ils visitèrent tous les autres prisonniers; un mois entier, dis-je. s’Jtoit passé sans que je pusse rien savoir de leurs sent mens sur mes écrits; 'lors qu’étant de ma part clans cle continuelles impatiences, je leur fis dire-qu’ayant quelque chose de particulier à leur di re, je les priois de re vouloir donner une nouvelle audience; laquelle m ’ ayant—t c accordée v je les priai de réapprendre s’ils a voient trouvé quelque chose à redire a -es écrits et surtout à ma Confession.--, e Foi, les priant instamment de mettre quel mie fin à ma niser-e, à quoi ils -e répondirent, que; les affaires n’aliolent pas si vite que je pouvois e l’imaginer, qu’il leur f ail oit du -temps cour bien exami- b ner les , choses, et que je n’avois pas encore ité retenu des .années corde plusieurs l’avoient ete. J’avoue que ces : 1scour s m.’,tonnèrent et : ’Obligèrent à leur c ire que s’ils vouioient e faire la grâce de ne donner quelque audience particulière pour mieux m. ; inf ormer ce leur Religion, et si l’un ceux à qui je n’acre cois, le croyant le pli doux, e pouvait donner quelques heures de son tens pour cela, je leur donner ois u ut sujet c ’être satisfais de moi. ais
quoiqu’il ne désapprouvassent pas ma proposition ils me (.irent que. ce n’ .-toit pas a eux d ’instruire un homme de on âge et ce ma port ée, et qu’il me c onneroient c es Docteurs qui s'en acquitteraient mieux.
Les en ayant remerciés, us me cirent que puisque j’a vois ae si bons mouvement, ils iiSteroier.t l’expec.ition de mon affaire et qu’ils me-donneroient bientôt une, nouvelle : aucience: ce qu’ils firent deux jours apres, ayant fait venir deux Docteurs et Professeurs en Théologie, croyant que je me préparois à leur faire c e granc.es objections ; mais voyant que leur parlant en Latin, j’avois une pleine connaissance de leur Religion, et que j’avois une grande disposition à ml’embrasser, ils r e dirent .qu’ils me recevraient volontiers à leur communion, mais au’il ne falloit deslors ne soumettre -au'Souverain Pontife, renoncer aux erreurs et superstitions de Calvin et de Luther, et ce déclarer que je vouloir vivre et mourir en la Foi, Catholique, et me disposer à ne confesser et à communier suivant le? préceptes c' e l’Eglise Romaine. Sur toutes lesquelles choses je répondois, que puisque les Rois et les Empereurs et tant de grands personnages s’jtoient soumis volontairèment au Souverain Pontife depuis tant ce siècles., je ne devois pas faire difficulté de les imiter, et surtout, y ayant présentement, un Pape d’une vie exemplaire et employant a de très bons, usages tous ses revenus, et a qui non seulement l’Allemagne, mais toute la Chrétienté avoient une fort grande obligation, pour la grande et longue, assistance qu’il avoit donnée contre les ini i~ dèles: que Calvin et Luther ayant été hommes, avoient été sujets à errer et à pécher, et que par conséquent
j’ itois tout prêt a renoncer toutes les erreurs et superstitions cont ils ont été capables; que j’étois tout prêt à c ;darer, que je voulois vivre et courir en la Foi Catholique, et qu’en fin j’dtois prêt à faire ia confession générale des pêches dont je pouvois avoir mémoire, et à c munier suivant l’intention de 1 ’Eglise Dont les Inquisiteurs bien aises, si’obligèrent à signer sur leur Registre l’Acte qu’ils en avoient dressé, qu’ils firent aussi signer aux Religieux Dominicains, dont ,je choisis l’un pour mon Confesseur. J’eus c cs-lorr une eecrete satisfaction de voir qu’ils ne m’avoient. rien dit de ma Confession; de Foi; mais j’en fus encore plus aise, lorsque mon confesseur, au préjudice du secret étroitement gardé dans l’Inquisition, ne dit en Confie ence-, que let Inquisiteurs l’avoient donnée à examiner à Sun collègue .et à lui, et qu’ils avoient rapporté n’y avoir rien trouvé qui ne fût fort orthodoxe, et que tout bon Catholique Romain ne dût croire. J’avois prctendu ne confesser en même tends, ou du moins avant que de sortir de prison:., nais les Inquisiteurs ne dirent que je le ferois étant dehors, et que je oevois prendre garde d’observer ce que j’avois signé, vu que s’ils reconnaissoient en moi à l’avenir quelque chose de contraire, je serais brûlé vif sans miséricorde. Il est bon qu’or, sache que des lors qu’on n’eut lû et signifié les accusations fabriquées contre et que en peu ce mots, je les eusse toutes niées les Inquisiteurs me dirent qu’il ne falioit pourvoir d’un Avocat, et en choisir un des trois qu’lis ne nommèrent et qu’ils dirent être affectés à leur Inquisition; je leur re-
LG. Ton ;
pondis, que n’en connaissant aucun, j ’employerois celui qu’ils jugeroient à propos; je n’imaginois alors que. cet Avocat viend.ro ît dans a prison conférer avec moi et me donner conseil sur les réponses que je devois faire; mais je vis qu’étant venu dans l’audien ce, È1 se traita non seulement c.e criminel, sais qu’il ne servit qu’à agraver de son pouvoir les accusations; ensorte que je jugeai ,en moi-même que j’etois réellement à la Cour du Diable, nuisque les Avocats ne plai- ;■ doient qu’en sa faveur. Je ne fus pas toutefois fâché de ne le dus voir et d’être seul à dresser mes recenses, ne fondant '-sur ia Justice de ma cause et étant per suadé que Dieu me donneroit les lumières nécessaires.
Il est bon, dis-je. qu’on sache qu’après que j’eus signé l , ACte, les Inquisiteurs te dirent que . e Considérant tout autre que je n’étois auparavant, et au lieu de plusieurs mois qu’ils eussent employés à mon procès, ils l’achevèrent dans fort peu de jours et qu’ils feroient revenir mon avocat pour cela: .je leur fis corn- : pli "ié ns sur leur nouvelle douceur, mais leur voulant faire conno ître que que je croyois cet Avocat fort inutile puisqu’il avoit été auparavant plutôt contre moi que pour moi, et que j’avois fait de moi-même et sans son secours toutes mes réponses; ils me répliquèrent qu’il étoit alors nécessaire pour la formalité. En effet, l’ayant fait bénir dans l’audience et lui ayant donné sa leçbn, il corna ses conclusions de bouche au Secrétaire qui les écrivoit en mê: e-tems, et qui portoient que mon innocence étant pleinement reconnue, il requéroit que mes biens et effets qui avoient été se-
LG. TORAü'DE
questrés au ne de Tribunal de 1'Inquis ition., me Tussent incessamment rendus, et les Gardiens obligés à me les remettre sans aucun ( lai et sans frais, à peine de cent ducats d'amende, et que 3e fusse déclaré absous et mis. en liberté. .Les Inquisiteurs different de prononcer la-dessus* ne le pouvant sans en avoir reçu l'or dre de la Principale et Souveraine Inquisition qui est à Madric. • ils se contentèrent de me promettre qu'ils fe roient leur pos ciblé, pour me donner bientôt a liberté, et n'ayant renvoya dans ma prison. Philippe .vint peu de terns après de leur part me dire c e prendre mon chapeau et mon . anteau et de le suivre dans un le eu voisin ou il a voit' ordre de e conduire, il me fit sortir par le même endroit par où j'*tois entré, et il me conduisit en une maison vis-à-vis appartenante à l'Inquisition et occupée par un des Alkades non. é Spina ou il -'enferma dans une grande chambre haute, fermant en dehors par une médiocre serrure à verrouil, dont les fenêtres étoient sur la granc.e rue, où je trouvai une .grande table.' cinq ou six grandes chaises de bois et deux lits posés sur des bancs et des planches, ou peu -de ter.-s après,Spina vint fermer les fenêtres, n'y laissant qu'en haut un carreau d'ouvert et vitré d'environ un pied et demi c'ouverture. C'éto.it au co r ~encem.ent ce Février, lorsque ne trouvant dégoûté de viande, pour n'en avoir eu que de fort mauvaise dans "a pri son dernière, trouvant cet ilkade incomparablement plus doux ..;ue Philippe et lui déclarant que 3e voulois dès le lendemain cor encer le Carême,, fis avec dessein de' l'observer 3usqu'a la fin; j'obtins de lui qu'il me fit faire tous les matins un potage à l'huile faix, d'une
uG .tqraüde
poignée de pois chiches blancs et qu’il ne le portât à midi, cars un petit pot . avec deux osi's irais, et le nain et le vin ordinaire; qu’au lieu ou pain vieux qu’on ; e donnoit dans l’.In nuisit ion, il ne donnât du frais chaque jour et seulement un pain de six deniers, et ■ u*en ré donnant, suivant ma -axe, na pinte ce vin ou la valeur,"ce-fut c ’un tfin ce Rivacavia qu’il avoit dans sa. cave’ il e vouloit sonner c. eux oeufs tous les soirs, suivant la couture ce l’Inquisition; m ; ..ais j6 voulus c’en passer et l’en décharger. J’etois . la assez proprement et beaucoup îeux couché, et j’avois la satisfaction de voir du moins c eux fois le jour on Hôte, et c’avoir quelque entretien et quelque co solation ce lui, et c’apprencre ue quelque bonne volonté que les inquisiteurs eussent pour roi, ils ne pouvoient re donner la liberté que l’orcre n’en fut venu de la part des Supérieurs de Madrid.
Ils permirent au Religieux Dominicain, qui devoit êire non confesseur ce re venir alors visiter, ce qu’il fit par trois fois en chacune desquelles notre entretien fut assez long, et outre autres choses, il m’assura ce la bonne volonté que les Inquisiteurs avoient pour roi, rais que tous les Tribunaux d’inquisition de toute l’Espagne étant soumis à celui de Macric, et ayant les mains liées, ils ne pouvoient me déclarer absous, ni ne donner j liberté, sans que l’orcre en fût venu ce"Madrid « Oe fut aussi alors ou’il ’apprit en confidence, qu’il avoit été consulta sur ma confession de foi par les Inquisiteurs, et qu’il n’y avo: tien trouvé qui ne fût soutenable. Peu ce jours après avoir été nie dans cette nouvelle prison, l’Alxade
L G. TORAU.
m'ayant fait porter non dîner,, en. ne recommandant extraordinairement le secret, ne ait que les nouvelles étoient venue? de Madrid, que le Princ e. à 'Or ange . assisté d’un bon. nombre ce troupes hollandoises, avoit passé et étoit revenu en Angleterre, et que le Roi Jacques ayant -‘té abandonné de ses troupes, le Prince c.'Orange avoit été couronné Roi, et étoit nonté sur le Trône, sur quoi 3e lui témoignai le véritable étonnement ou j'er. -tois; et 3'employai les suites de ma s olituc e a admirer en cette occasion la providence et les voies de Dieu, fort différentes ; de celles des hommes. Le jour suivant le même A lie ad e vint ne dire que ce qu'on avoit écrit c e T 'aaric. au sujet du Prince ’d'Orange se trouvoit faux, et que q quoiqu'il en fût il ne conjuroit de ne révéler jamais rien de ce quhl *iâ'avoit confié, ae r>eur oue cela e— tant sçu sa perte ne fût inévitable; je le tirai autant qu il -e fut possible de ces craintes, lui promettant ce nouveau de garder fort étroitement le secret; mais je fus fort persuade en moi-nê~e que la méfiance qu'il avoit de mon silence, i'obligeoit de se retracter, et que ce ou'il 'avoit dit le jour precedent revoit être vrai.
Nonobstant toutes mes impatiences, je restai dans cette grande chambre qui me servoit de prison, jusqu'au 25 Février 1689 auquel jour sur les ceux heures .près midi, r.onAlkade ne vint, appeller de la part c. es Inquisiteurs, et m'ayant dit c e prendre non manteau, il ne conduisit dans la grande rue, et n'ayant fait entrer par la grande porte, il ne nena dans le Tribunal ou je trouvai les deux Inquisiteurs assis en leur sièges; le plus ancien desquels ne ait
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qu’ils : ’avoient fait appeller pour n’annoncer na délivrance, -ais avant que de ne 1’accoroer, ils furent curieux c e ne c enanàer l’un et l’autre si mon dessein étoit c e rester en Espagne, ’offrons à l’en-^, vie leur reçu a ne. a ti on et leur protection, non seulement fans la Galice, rais à Madrid et dans toute l’Espagnet . ai s les en remerciant, je leur fis connaître que je ne '.e désis toi s pas du désir que j’&vois eu depuis longtens de retourner parmi les miens," et que je n’acceptois leur protection que pour le séjour que je serois obligé ce faire en atténuant de pouvoir passer par en en Hollande avec quelque sûreté. Ile continuèrent leur civilité en m’ accompagnant jusqu’à la dernière porte de leur appartement, j et ils en usèrent de même en c.eux visites que je leur ' rendis encore, étant revenu quel nies jours après à Paint Jacques pour les malades qui m’en avoient prié.
Quoique les conclusions de mon Avocat portassent que je ne devois payer aucun frais, l’âlkade Farina, qui . ’avoit traduit de Lugo dans l’Inquisition, ne laissa pas de me produire un grand mémoire de frais,
0 , non seulement ma nourriture mène ant .mon emprisonnement, le louage du -matelas, de- draps et des couver tures, avec quelques autres chetives dépendances, par, mi lesquelles étoient couchés na traduction de Lugo dans l’Inquisition, et tous les voyages ce Philippe d’une Ville à l’autre pour faire des enquêtes contre moi. sans oublier la nourriture de mon cheval pendant quelques jours, qu’ils vendirent à l’enchère à mon insçu, et qui fut délivré pour dix écus, quoiqu’il m’eut coûté des pic tôles; ce mémoire, dis-je, dont je ne vie; mue la superficie emporta la plus
grande partie de cinquante pistoles qu’ils. : ’avoient attrapées et saisies dans Betancès sans que je daignasse l’examiner tant étoit grande mon impatience de me tirer de -leurs mains, et de h*-voir plus rien à démêleravec eux. Gela n’empêcha pourtant pas que quelques-uns des principaux Officiers n’eussent recours à moi. et que leur donnant à propos quelques secours clans leurs maux, plusieurs assemblés chez un des premiers, ne me sollicitassent de m’arrêter dans Saint-Jacques, ou ils m’assuroient qu’il n’y avoit point ce malade de conséquence qui ne me fit appeler .
Je dirai ici en passant, que quoiqu’il n’y ait que deux Inquisiteurs qui occupent le Tribunal, et qui en soient les Juges, et qu’ils ne soient pas mariés, ils ont toutefois un grand nombre de gens qui les servent dans l’Inquisition, qui y ont tous leur entretien ou c e quoi se bien entretenir et qui peuvent être mariés, et qu’ils ont hors de leurs enclos encore beaucoup plus c.’Officiers, les uns Ecclésiastiques, les autres Séculiers, les uns connus ae tous les autres, c’autres secrets dont ils se servent lorsqu’ils le jugent à propos, et dont les emplois sont,- différer s, et la maniéré d’agir . sec rete et surtout celle des Familiers, dont les emplois sont donnés à des personnes ce toute sorte de qualité, et je sus avoir même été affectés et exerces par ces Marquis, pour leur servir ce couverture dans leurs affaires. Ces emplois aussi sont fort affectés par ceux qui craignent d’être recherchés pour le Judaïsme; parce qu’on ne touche point à eux dès-lors qu’ils