Guide du voyageur en Egypte, p. iij
« de les raconter, on ne s'étend pas assez sur ce qu'on « pourrait appeler les décorations du drame. Pour se « faire une idée bien juste des combats de bêtes fé- « roces et des gladiateurs de Rome, ne faut -il pas c connaître ce. qu'était le cirque. » Il en doit être de même avant d'entreprendre le moindre voyage et quand il est question de tracer l'histoire d'une contrée où l'on prétend transporter ses lecteurs.
La plupart des auteurs que je viens d'énumérer n'ont guère traité qu'accessoirement des formes , des divisions physiques et des accidents topographiques qui caractérisent le Péloponnèse. Pausanias seul consacra exclusivement son livre à la description du midi de la Grèce; il voyageait vers la fin du second siècle de l'ère chrétienne, quand cette contrée n'était déjà plus qu'une ombre d'elle-même, veuve de son beau renom. Son livre est dans toutes les mains, et se compose de dix parties, dont six traitent spécialement de la péninsule, sous les titres particuliers de Corintkiaques, de Laconiques, de Messé niques , à'Eliaques , au nombre de deux, ftAckaiques et d'Jrcadiques. Les autres , où l'auteur fait une excursion en terre ferme , sont intitulés Attiques et Bèotiques. Nous ne trouvons , dans les documents que fournit l'antiquité, rien qui soit particulièrement propre aux Cyclades.
On ne peut mieux comparer Pausanias , par rapport à la Morée, qu'à l'abbé Pons par rapport à l'Espagne. On chercherait vainement, chez l'un et chez l'autre, un détail topographique, un passage dans lequel soit mentionné le chiffre auquel s'élève la population d'une ville ou de son ressort , la peinture d'un sile digne qu'on s'y arrête et qu'on s'y complaise ;
od n'y trouve absolument rien sur la nature du sol , sur ses ombrages , ses productions agricoles ou sur les particularités naturelles qui le peuvent caractériser; en un mot, sur quoi que ce soit qui donne quelque idée touchant la constitution physique et la physionomie des lieux; mais les plus petits temples ou chapelles , les plus mesquines niches à dieux ou hermitages écartes , sont soigneusement décrits par Pausanias ou l'abbé Pons , avec les statues des puissances célestes qu'on y encense ou des saints pour qui on y allume des bouts de chandelles; ce qui tient à l'architecture, et surtout à la sculpture, celle-ci fût-elle en bois vermoulu , incapable d'arriver sur place même à la génération suivante ; les détails de trésors ou de tableaux exposés à changer de place ou de maître quand il advient parfois des amateurs à main armée; enfin, les objets d'art les plus exigus, s'y trouvent minutieusement signalés avec le nom de l'artiste plus ou moins connu, réel ou supposé, auquel sont attribués de prétendus chefsd'œuvre qui , s'ils nous étaient rendus , n'auraient peutêtre d'autre mérite que leur vétusté. Le Grec est encore plus prolixe, s'il est possible, que l'Espagnol, notamment lorsqu'il consacre trois chapitres à la description du coffret de Cypselus, sur lequel M. Quatremère de Quincy a trouvé encore quelque chose à dire dans son Jupiter olympien 1 , après Heyne qui, l'an 1770, en avait fait le sujet d'un gros volume imprimé à Gœltingue. Pausanias et Pons ont encore dû avoir ce rapport que leurs écrits auront ^probablement servi de guide aux Elgin de divers âges, en leur indi-