‹ Relation du voyage de la commission scientifique de Morée dans le Péloponnèse, les Cyclades et l'AttiqueChapitre 12 sur 40 · De page 124 à · texte numérisé non relu

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quant les sanctuaires et autres lieux où se devaient chercher ces MÉs- reliefs et ces tableaux qui, dépaysés par la victoire, la barbarie ou l'avarice, sont devenus plus tard la richesse de villes, de palais ou d'hôtels pour l'embellissement desquels on ne les avait pas faits. Du reste, la supériorité du moderne sur l'ancien est incontestable, et cependant celui qui fut presque notre contemporain, n'est guère connu en France que par les plagiaires qui en ont traduit ou fait traduire de longues descriptions de cathédrales et de maltre-autels, afin d'augmenter avec de tels emprunts le nombre de leurs volumes sur l'Espagne. Pons , quoique ecclésiastique et Castillan, n'entretient pas ses lecteurs à tout propos et hors de propos de généalogies coritrouvées, de superstitions et de miracles. Pausanias, au contraire, semble se complaire à rechercher, pour les enregistrer chemin faisant, les traditions les plus ridicules et souvent les plus obscènes ; deux ou trois mille ans de date ne les lui font pas révoquer en doute; il les adopte, comme si ces choses s'étaient passées d'hier ou même sous ses propres yeux, avec une crédulité qu'on ne trouverait plus guère aujourd'hui que chez cette espèce de populace qui fait toujours les pèlerinages de S. Hubert, de S. Jacques de Compostelle ou de S. Quignolet. Telle est pourtant la force de la coutume , qui ne permet pas "de porter sur les anciens des jugements sévères , sans qu'on se croie obligé d'édulcorer son dire par quelques phrases de louanges compensatrices , qu'on trouve dans un ouvrage imprimé de nos jours et fort estimé, le passage suivant sur l'écrivain dont il est question : « Pausanias se montre « bon historien et observateur judicieux; ses idées,

q relativement aux souvenirs conservés dans chaque c temple, sur les faits merveilleux qu'o#en rapportait , « sont, à la vérité, celles de son siècle; on le voit « quelquefois discuter sérieusement sur le choix à t faire entre deux traditions qui semblent également « absurdes, rejeter l'une et adopter l'autre sans motif t apparent de raison; on lui reproche de rapporter, « comme- témoin oculaire, des faits qui excèdent toute « croyance, lorsque, par exemple, il dit qu'il a vu, « à Poroséléné, un Dauphin venir à la voix d un enfant, « et, quand celui-ci le désirait, lui servir de monture « pour le transporter où il voulait.... Son style, mau- « vaise imitation de celui de Thucydide, est bien celui « d'un sophiste; habituellement négligé, souvent af- « fecté, il est si concis et quelquefois si obscur, qu'il « faut, pour bien l'entendre, en avoir fait une étude « particulière. 1 * J'ajouterai, sans périphrase, à la critique signée C. M. P. , que le bon observateur et judicieux historien, qui trouvait croyable qu'un homme pût se changer en loup 2 , et qui vit dans ses Laconiques 3 un Dauphin si bien élevé, ne parait pas avoir vu le Taygète, ni les autres montagnes du Péloponnèse; il n'en cite pas une, ou du moins il ne s'arrête jamais devant leur imposante masse, afin d'en peindre la majesté. 11 emploie les expressions de droite et de gauche , pour désigner la position des villes par rapport les unes aux autres, de manière à ce qu'il soit impossible au lecteur de s'orienter avec lui. Évaluant ses distances tantôt d'une

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