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<Je cehii qui ne parle poirit , et mes sens sont frappés de rôdeur d'une Tortue qu'on fait cuire, etc. Or, Crœsus, ajoute le naïf historien, avait imaginé de faire la chose la plus impossible à deviner en faisant cuire une Tortue. »
Cest à ce mépris que Ton fait de la chair des Tortues dans tout le pays et aux vieilles traditions qui les mettaient sous la protection du dieu des campagnes qu'il faut attribuer la propagation extraordinaire de ces reptiles. N'étant ni utiles ni nuisibles , nul ne leur donne la chasse et n'a le moindre intérêt à les détruire; leur cuirasse les protège d'ailleurs contre les bêtes carnassières, et, n'ayant aucun ennemi à craindre, leur vie se passe dans l'engourdissement pendant l'hiver, et, durant la belle saison, à faire l'amour à travers champs ; elles y sont ardentes , et s'appellent dans leurs transports par un cri sourd , qui ressemble un peu à celui que font entendre dans nos belles soirées d'été les Crapauds de nos prairies. Nous avons plus d'une fois surpris les mâles, se livrant de grotesques combats pour une femelle , qui , les regardant , semblait attendre que le vaincu , retourné sur le dos et se démenant pour se remettre sur ses pattes , laissât au vainqueur le temps de lui donner une longue preuve de tendresse. 11 est facile d'observer les mœurs de ces Tortues , qui sont peu farouches , et qui conservent leurs habitudes en domesticité, pour peu qu'elles s'y trouvent à l'aise. Nous en ramassâmes une si grande quantité dans trois ou quatre promenades, que la cour de notre maison s'en trouvait remplie ; on pouvait les y voir de la galerie où nous préparions nos \ collections , grimpant aux murailles, quand des interstices entre les moellons
leur permettaient d'y fourrer les griffes, et manger de toutes sortes de feuilles, en se servant de leurs pieds pour contenir ces feuilles d'un côté, tandis qu'elles les déchiraient de l'autre avec leur bec, qui agissait comme eût fait un' emporte - pièce. Elles pondent sous les pierres, et se blottissent dans des trous sous terre, pour peu que la température s'abaisse; elles passent alors jusqu'à trois mois sans prendre la moindre nourriture, mais quand elles ont toute leur agilité, elles mangent beaucoup , digèrent vite et semblent recevoir avec plaisir l'eau qu'on leur verse dans la gueule ou plutôt dans le bec. Cette eau passe avec une surprenante promptitude; quelques individus la rendent, comme un entonnoir, presque à mesure qu'ils l'avalent, mais ternie et de la couleur du petit-lait. Quand on les conserve en esclavage, elles se nourrissent au besoin de pain mouillé et de plantes diverses; on remarque leur prédilection pour la Laitue romaine. Contre l'opinion reçue, nous ne leur avons jamais vu rechercher les Limaçons ou les Insectes; je les crois uniquement herbivores. Il n'en est pas de même des Tortues aquatiques , que j'ai surprises se jetant avidement sur des larves de petits crustacés et sur des mollusques d'eaii douce. * Les hauteurs qui bornent la conque de Modon à l'est, sont d'une tout autre nature que celles de l'occident ; elles se composent d'un Schiste argileux , alternant avec des couches minces d'un Grès vert, qui finit par dominer, mais qui d'abord ressemble dans ses alternances à des assises plus ou moins épaisses, bâties en briques. Le Schiste , qui est également vert ou tirant sur le bleuâtre, se délite aisément en fort petits morceaux , ou même se dissout entièrement dans l'eau,
d'où vient que tous ces lieux sont profondément sillonnés par des pluies , qui , les ruinant de plus en plus , les ont ravinés et creusés d'une multitude de valloncules bleuâtres , qu'on me passe cette expression , à laquelle je ne saurais trouver d'équivalent pour donner une idée des lieux. Le Schiste et le Grès sont traversés en divers sens et souvent en grande quantité par de petits filons de Chaux carbonatée grise ou blanchâtre. La multitude des petits torrents variables et des monticules de cent mètres tout au plus, qui se voient dans cette partie du pays , donnent au canton un aspect alpin , où se reconnaissent en petit des pics , des cols, des plateaux, des contreforts, des arêtes, des escarpements , des pentes adoucies ; en un mot , les divers accidents de forme qui se rencontrent dans les plus hautes montagnes. Tous ces torrents en miniature finissent, en se réunissant , par former un cours d'eau , dont le thalweg se dirige d'abord du sud au nord, l'espace d'une demi - lieue environ , puis tournant brusquement au sud-ouest en entrant dans la plaine,* à travers des maisons ruinées , des moulins et autres établissements qui dépendirent du village Me Métaxidi. Sous le nom de Silozo , ce torrent se jette bientôt dans la partie occidentale de la baie, à l'entrée du faubourg de Modon , où il passe près de son embouchure sous ce pont de deux arches, dont les fondations sont antiques, que MM. les architectes ont figuré 1 , et qu'on pourrait bien aujourd'hui ne plus reconnaître sur les lieux, parce que des maisons y ont été bâties et encombrent les environs. La section d'architecture a éga-
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lement représenté un pont du même genre qui existe à Métaxidi » ; mais je doute que ce dernier soit de la même époque, malgré la nature de ses fondements d'apparence hellénique. Le cours du torrent a dû varier trop de fois et même trop récemment pour que les ponts qu'on y aurait jetés, il y a seulement six à huit siècles , pussent servir encore à le traverser , surtout * 88 partie supérieure , où les points de trajet doivent nécessairement changer de place comme le Silozo lui-même , et selon la direction que prennent ses eaux. Les ruines de l'église et de tout le village de Métaxidi n'indiquent d'ailleurs rien qui remonte audessus des temps de la chrétienté.
Dans la carte d'Àrowsmith et dans celle de M. Barbié du Bocage l'embouchure du Silozo est exactement à sa place ; le torrent y descend tout droit de montagnes anonymes , qui répondent à ce Lycodima que nous traverserons bientôt, et déchire du nord-est au sud-ouest un vallon qui est regardé, je ne sais sur quel fondement, dans les vieilles cartes vénitiennes , comme le Balyra de l'antiquité. Ces cartes grossières ont donné lieu à une erreur non moins grave, où pourtant M. Barbié du Bocage n'a pas donné; elles placent l'embouchure de leur Silozo, olim Balyra, à l'ouest de Modon, entre cette ville et Navarin. 11 en est résulté que sur d'autres cartes modernes, où ce cours d'eau fut au" contraire transporté beaucoup trop au levant et très-loin de sa véritable place, on a supposé qu'il avait dû exister une ville à chaque bord, et, en reportant Modon sur le côté que celle-ci occupe réellement , on a supposé