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que l'antique Méthone fût de l'autre, c'est-à-dire, au fond de la baie et vers l'est, où l'on a même prétendu retrouver les ruines d'une antique cité. Rien ne justifie cette manière de voir, qu'on trouvait cependant consignée sur la carte de M. Lapie, évidemment induit en erreur par Gell , lequel suppose « à deux c mille sept cents pas sur la gauche de Modon un « paleokastro, ou vieux château, * dont on ne saurait pourtant retrouver le moindre vestige. Le lendemain de son arrivée , Boblaye , qui visita le bas des falaises en cet endroit, n'y rencontra que des fragments de vieille poterie, parmi lesquels j'ai recueilli plus tard quelques morceaux de verre antique; il y déterra aussi la première des médailles que la Commission ait découvertes en Grèce, et l'offrit aussitôt comme d'un heureux présage à M. Dubois, directeur de la section d'archéologie. Ce savant y déchiffra l'empereur Commode, vainqueur aux jeux isthmiques.
S'il n'exista point de ville sur l'emplacement où la nécessité de détruire une erreur vient de nous arrêter, on n'y trouve pas moins les traces des antiques bains que les Méthonéens fréquentaient probablement. Le voisinage de belles sources naissant à la base du terrain de Grès vért , détermina cet établissement , dont il restait alors des mosaïques grossières. Plus tard, les mêmes sources alimentèrent un aqueduc souterrain peu élevé au-dessus de la mer, parallèle au rivage , duquel les vieux conduits sont assez rapprochés , et dont on reconnaît le cours à des siphons solidement construits en maçonnerie, élevés de distance en distance de trente pieds de hauteur, et qui, aperçus de loin, ressemblent à des obélisques rangés sur une ligne; quatre au moins,
si j'ai bonne mémoire, étaient encore assez bien conservés. Le sol, aux environs de ces obélisques, est bas; il y existe un marais, dans le milieu duquel sont des buttes provenant de vieux fours à briques. 11 serait facile d'assainir cet espace de terrain et d'y établir toutes sortes de cultures, ainsi que dans le reste de la conque, attendu que le sol en est excellent. Cette plaine comptait avant la guerre, outre Osphino et Métaxidi déjà mentionnés , les hameaux de Dia - ta - Bathani , de Theiflik , de Keupritcbu-kévi et d'Agatchau. Il n'existe plus de tous ces lieux que des pans de murs et quelques moellons épars; les matériaux tirés de leurs ruines servirent à construire ce camp égyptien , dont j'ai signalé les masures fétides avant d'arriver au faubourg deModon (p. 111). Les belles plantations d'Oliviers, qui faisaient la richesse des environs, ont entièrement disparu; il n'en reste même pas les racines, qui ont été déterrées pour servir au chauffage des Barbares.
A partir de Modon jusqu'au cap Gallo , les rivages de la Messénie forment une falaise , élevée de cinquante à cent mètres , souvent presque verticale, découpée par quelques anses basses et sablonneuses, composée de couches d'Argiles schisteuses et de Psammites appartenant à cette formation du Grès vert, où se rattachent, ainsi qu'il vient d'être dit , les hauteurs qui bordent à l'orient la conque de Modon. .Au pied des hautes falaises, la mer n'a que peu de profondeur, ce qui est contraire à ce qu'on observe d'ordinaire partout où les côtes sont acores. Jïn voguant à sa surface sur un caïque, chacun peut reconnaître que le sol, à six ou huit pieds sous l'eau environ, est formé par les tranches des couches qu'on voit sur les falaises coui. 13
pées presque horizontalement , de sorte qu'à quatre ou cinq cents mètres du rivage la profondeur de la mer n'est encore que de deux brasses ou deux brasses et demie ; mais au-delà elle tombe rapidement , comme s'il existait en cet endroit une seconde falaise abrupte , semblable à celle qui vient d'être décrite. La nature destructible des rochers et les diverses circonstances physiques auxquelles est soumis le golfe de Modon, rendent compte de ce phénomène, malgré l'opinion de ces géologues qui ne veulent reconnaître aux causes en action de notre époque aucune destruction , ni aucuns produits analogues à ceux des époques antérieures. Indépendamment du courant général qui porte de la mer Ionienne à la mer de Crète, il existe dans celle de Sapience, pendant toute la mauvaise saison , d'autres courants violents, produits soit par les tempêtes du golfe Adriatique, soit par les vents qui soufflent constamment de la direction de l'ouest. Ces courants frappent avec violence la pointe nord-ouest de l'Ile opposée, qui les rejette sur la côte Messéniaque, dont ils minent sans cesse les falaises argileuses et en emportent les débris. Ceux-ci sont entraînés jusqu'à ce que l'influence contraire des courants du golfe de Koron, et surtout de la chaîne sous - marine qui s'étend vers le sud du cap Gallo par Vénético et les Formigues, vienne les arrêter; alors ils se déposent sous les eaux à l'est de Cabréra, et y forment des lits puissants de sédiments, qui doivent avoir la plus grande analogie avec ces sables argileux verdâtres de Sparte efçlu bassin tertiaire de la Laconie , provenus , comme ceux du sud de la Messénie , de la destraction du Grès.
Dans les débris entraînés par les eaux pluviales,
descendant non - seulement à la mer pour en cornbler les gouffres, mais "encore sur la plaine pour en élever la surface ou pour y changer le cours du torrent, et sur plusieurs plateaux voisins, entre lesquels de profonds ravins ont détruit toute solution de continuité , on rencontre des parties quelquefois très-étendues, composées d'un Calcaire grossier, ressemblant à celui des environs de Paris. Ce Calcaire n'est souvent qu'un dépôt de grains aréniformes jaunâtres , agglutinés en pierre homogène, fort tendre; mais ordinairement il est pénétré de fossiles abondants et pressés. Il s'y trouve des bancs horizontaux de quatre à six pieds de puissance, tout remplis de grosses Huîtres, de Peignes , de Solens, de Buccardes , de Cônes , de Buccins, de Vis et d'autres coquilles en grand nombre, où d'énormes Pinnes marines , pareilles à celles que nous avions mangées naguères (p. 157), se mêlent communément. Il est très-difficile d'extraire ces dernières du sable humide agglutiné qui les enserre; nous n'avons jamais pu parvenir à nous en procurer d'entières, et celles qu'on a le mieux réussi à détacher, se sont brisées à mesure qu'elles se desséchaient.