‹ Relation du voyage de Son Altesse Royale le prince de Galles en Amérique [microforme]Chapitre 15 sur 69 · ASTON · texte numérisé non relu

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les quais et les bateaux à vapeur qui encombraient le port. Au débarquement du Prince, une nouvelle salve d’artillerie se fit entendre. Il fut reçu sur le quai, où l’on avait élevé un dais et un arc de triomphe, par Son Excellence le Gouverneur-Général et les ministres vêtus de leur nouvel uniforme bleu et or, par Son Excellence Sir Fenwick Williams de Kars, entouré d’un nombreux et brillant état-major, par le Député Adjudant Général de Sallaberry et l’étatmajor de la milice, par M. le Maire et MM. les Conseillers de la Cité de Québec, par Sa Seigneurie, l’Evêque Anglican de Québec, accompagné de plusieurs membres de son clergé et par tous les Evêques catholiques de la province, suivis de leurs vicaires généraux et secrétaires, par les supérieurs des séminaires de Québec et de Montréal, par les ministres de plusieurs autres cultes, et enfin par un grand nombre de personnes de distinction accourues de toutes les parties de la province. Une est'ade élevée devant le marché Champlain avrit été réservée aux darnes qui s’y pressaient en foule. Après son débarquement, le Prince fut accueilli par M. le Maire Langevin, qui lut l’adresse du Conseil de la Cité, d’abord en français, puis en anglais. La réponse que fit ie Prince fut suivie de trois joyeuses acclamations ; vint ensuite le défilé de la procession. Ce n’était cependant pas chose faciie que de se mouvoir par les rues étroites et encombrées de la Basse-Ville, et sur la pente rapide de la colline que l’on a bien désignée par le nom de rue de la Montagne.

La plus grande confusion se mit donc dans les rangs du cortége, lorsqu’il fut arrivé à la porte Prescott; mais ce désordre même lui donnait un aspect de grandeur étrange. La multitude offre toujours un imposant spectacle, et ses ondulations désordonnées étaient la preuve éloquente de l’enthousiasme qui s’en était emparé. La procession se composuit de plusieurs sociétés littéraires et nationales, des pompiers et de la milice. Les carosses des ministres, des évêques, des conseillers municipaux suivaient celui de Son Excellence le Gouverneur-Général, dans lequel étaient assis le Prince, le Duc de Newcastle et le Général Bruce. En passant auprès du palais de l’Archevêque, Son Altesse apprenant que le vénérable prélat, trop malade pour prendre part à la fête, se tenait à sa fenêtre, lui fit un gracieux et respectueux salut.

Les rues étaient bordées par la troupe de ligne et par la milice : elles étaient ornées de drapeaux, de bannières et d’un grand nomte de beaux arcs de triomphe que l’on avait couverts de verdure. Dans la procession, on remarquait les Hurons de Lorette. Parvenus à la plaine qui se trouve sur le chemin de Ste. Foye, précisement à l’endroit uù leurs ancêtres, sous le commandement du ehevalie” ‘e Lévis, engagèrent leur derrière lutte contre les Anglais, ils saruérent le Prince en poussant en son honneur un de leurs terribles cris de guerre.

Son Altesse Royale fut ainsi conduite à la résidence de Sir Edmund Head, où elle demeura deux jours avant de venir s’instal-

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ler dans les édifices du Parlement que l’on avait préparés pour l’y recevoir.

Malgré la pluie qui n’avait cessé de tomber, une magnifique illumination eut lieu dans le cours de la soirée. Les édifices publics, les églises, les couvents et l’Université Laval avaieit été décorés avec beaucoup de goût. Au loin, dans la campagne, on voyait le clocher de la cathédrale catholique, éclairé par la lumière de lanternes chinoises de couleurs variées, C’était à qui aurait les plus riches transparents et les plus belles davises en français et en anglais. L’illumination fut génerale. Les pauvres comme les riches y avaîent pris part et il n'y avait pas un carreau de vitre qui n’eut sa bougie où son lampion. Toute la LE s'éclairait de feux de joie et les villages de Beauport et de la Pointe Lévi, s’étant également illuminées, le bassin parut tout en flamme. Vude la terrasse Durham, ce spectacle surpassait toute Imagination.

Le lendemain, le Prince alla voir les chûtes de la Chaudière sur la rivière de ce nom au sud du St, Laurent. 11 se rendit, le dimanche, à la cathédrale anglicane où Sa Seigneurie l’évêque Mountain le reçut avec le cérémonial accoutumé et prêcha le sermon.

Lundi, le Prince et sa suite s’installèrent dans les édifices du Parlement, où dans le corrs de la matinée eut lieu une réception officielle. Les deux chambres du Parlement y présentèrent leurs adresses que nous reproduisons avec les réponses qui furent faites par le Prince:

Qu’il plaise à Votre Altesse Royale,—Nous le Conseil Législatif du Canada, réunis en Parlement, approchons de Votre Altesse Royale en vous réitérant l'assurance de notre dévouement et de notre attachement à la personne et à la couronne de Votre Royale Mère, Notre Reine bien-aimée.

Tout en regrettant que des devoirs d'Etat aient empêché notre Souveraine de visiter cette partie considérable de ses vastes possessions, nous savons loyalement et vivement apprécier l'intérêt que Sa Mujesté y témoigne, en envoyaut auprès de nous Votre Altesse Royale pour la représenter ; et nous nous réjouissons, en commun avec tous ses sujets en cette Province, de la présence au milieu de nous de celui qui, à une époque future, mais que nous espérons éloignée, doit régner sur l’empire et porter, avec le même éclat, la couronne devenue son partage.

Quoique l'inauguration du Pont Victoria, ce grand ouvrage connu du monde entier comme l’entreprise la plus gigantesque tentée dans les temps modernes par la science du génie civil, ait été l’occasion spéciale de la visite de Votre Altesse Royale, et si orgueilleux qu’en puissent être les Canadiens, nous osons cependant espérer que vous trouverez en Canada bien d’autres preuves de grandeur et de progrès qui vous intéresseront au bonheur et à Ja prospérité de vos futurs sujets.

Jouissant, sous les institutions qui nous sont garanties, de toute liberté dans l'administration de nos propres affaires, et comme sujets anglais, participant de cœur et d'intérêt aux fortunes de l'empire, à ses gloires et à ses succès, nous espérons et nous croyons que cette vi-

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