‹ Relation du voyage de Son Altesse Royale le prince de Galles en Amérique [microforme]Chapitre 16 sur 69 · ATEN · texte numérisé non relu

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site de Votre Altesse Royale resserera les liens qui unissent l’un à l'autre le Souverain et le peuple du Canada, N, F, Buzraau, Orateur.

Son Altesse Royale a répondu :

Messieurs, —Du fond de mon cœur, je vous remercie de cette adresse qui témoigne un sentiment d'amour et de lévouement à notre Reine, et l'intérêt bienveillant que vous portez à celui qui la représente.

Chaque jour de mon progrès dans les colonies britanniques, et surtout dans le Canada, je deviens le plus en plus convaincu que je dois la cordialité éclatante de ma réception aux liens qui m'unissent à la personne à qui je suis redevable de tout, ma Souveraine et ma Mère.

Je lui rapporterai avec orgueil l'expression de vos sentiments loyaux, et si à quelque époque future—assez éloignée, je l'espère, pour que je puisse y faire allusion sans faire naître de tristes prévisions, —il plaît à Dieu de m'appeler à la position que vous contemplez, je ne pourrais désirer une distinction plus honorable que de gagner pour moi-même l'expression d'attachement généreux que je dois maintenant à votre appréciation des vertus de la Reine.

Bien que je ne sois dans ce pays que depuis quelques jours, j’ai assez vu pour me former une idée du progrès actuel, et de la grandeur future du Canada-uni, L'enfance de cette province ressemble, sous quelques rapports, à celle de mon île natale, et, comme dans les siècles passés, la mère-patrie a réuni les diverses vertus des races Normandes at Anglo-Saxonnes, j'ose aussi prévoir que le caractère du Canada, dans sa maturité, réunira aussi les qualités éminentes de la double origine de ses habitants.

Je désire aussi cordialement que vous que les relations qui subsistent entre la Souveraine et le peuple canadien soient fortes et cordiales,

L'adresse de l’Assemblée Législative était conçue dans les termes suivants :

Qu'il plaise à Votre Altesse Royale : —Les communes du Canada assemblées en parlement, demandent la liberté d'approcher de la personne de Votre Altesse Royale, pour assurer Votre Altesse de leur loyauté et de leur profond attachement pour la personne et la Couronne de Notre Très-Gracieuse Souveraine.

Les sujets de Sa Majesté en Canada eussent été remplis de joie, si ses devoirs d'Etat avaient pu permettre à leur Augusts Souveraine de visiter en personne ce pays et d'y recevoir elle-même l'expression de leur dévouement et de leur admiration pour la sagesse avec laquelle elle administre l'empire dont il a plu à la diviue Providence de lui confier les destinées.

Mais si nous ne pouvons cacher le regret si naturel de ne pas voir Notre Souveraine elle-même dans ses possessions du Canada, nous n’en sommes pas moins profondément sensibles au désir qu'a si gracieusement montré Sa Majesté de se rendre au vœux de ses sujets, en leur donnant l’occasion de souhaiter la bienvenue, dans cette partie de ses domaines à l'héritier présomptif du trône.

Nous désirons féliciter Votre Altesse Royale sur son arrivée au Canada, événement dont nous conserverons longtemps le souvenir, comme un témoignage du profond intérêt que porte Sa Majesté au bieu-être de ses sujets coloniaux.

Dans cette heureuse circonstance où, pour la première fois, les colonies ont été honorées de la présence de l’héritier présomptif du trône, nous recevons un nouveau gage de la détermination de Notre Très-Gracieuse Souveraine de resserrer encore plus étroitement les liens d’affection et de devoir qui nous unissent à l’empire britannique, et nous font participer à ses libertés, à ses gloires et à ses grands souvenirs historiques.

L'inauguration du pont Victoria par Votre Altesse Royale est le principal objet de la visite de Votre Altesse au Canada; nous avons donc la conviction que Votre Altesse verra, dans ce merveilleux ouvrage, l'exemple le plus frappant de l'union des capitaux et de la science de Ia mère-patrie avec l'énergie et l'esprit d'entreprise des habitants de cette province, dans la lutte contre les plus formidables obstacles de la nature. Mais nous espérons qu'en visitant davantage le pays, Votre Altesse Royale trouvera que c’est surtout dans la tranquillité et la prospérité du peuple ct dans son attachement à Sa Souveraine, que se trouve la meilleure preuve de la force des liens qui nous tiennent unis à la mère-patrie, et des avantages mutuels pour l'empire et pour la colonie, de la durée de cette union qui a produit d’aussi grands et d'aussi heureux résultats.

Nous prions Votre Altesse Royale de vouloir bien être, auprès de Notre Tres-Gracieuse Souveraine l'interprète de nos sentiments d’attachement et de reconnaissance, l’assurer du bonheur que nous éprouvons d’être soumis à son autorité, et la remercier surtout de nous avoir donné l’occasion de souhaiter la bienvenue à Votre Altesse Royale en sa province du Canada.”

Son Altesse a répondu :

Messieurs, —Il n'y a pas de réponse que je pourrais faire à votre adresse qui suffirait à vous exprimer la reconnaissance, le plaisir, que je ressents des manifestations de loyauté et d’amour pour la Reine, ma Mère, avec lesquelles on m'a accueilli à mon arrivée dans cette Province.

Comme Anglais, je suis fier de reconnaitre dans ces manifestations votre sympathie avec la grande nation de laquelle tant de vous tracez votre origine, et avec laquelle vous partagez les honneurs d’une histoire glorieuse.

Néanmoins, en vous adressant comme sujets Anglais, je n'oublie pas qu'une partie de mes compatriotes ne proviennert pas de la même origine.

Aussi leur est-il dû une reconnaissance spéciale, et je reçois avec un contentement particulier les preuves de leur dévouement à la couronne d'Angleterre.

Elles me témoignent le bonheur qu'ils ressentent en étant assujettis à des lois impartiales, et la croyance bien posée que, quel que soit son origine, tout Canadien est également un objet d’intérêt à la Souvevaine et: son peuple,

Le Canada peut bien se vanter que dans ses limites deux races de langue et de mœurs différentes sont unies sous les mêmes lois, et sont dévouées à la mème constitution par un même patriotisme.

Mais à vous tous et aux trois millions de sujets Britanniques que vous représentez, je suis cordialement reconnaissant de vos sentimennts d’at-

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