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Les pécheries du golfe et du bas du fleuve St. Laurent s’étendent sur plus de mille milles de côtes, elles comprennent le marsouin, le loup-marin, la morue, ie hareng et le maquereau, le saumon et une foule d’autres poissons. La pêche de la baleine se fait aussi par des vaisseaux équippés dans les ports de Gaspé. Plus de 70 rivières qui se jettent dans le St. Laurent renferment le saumon, et grâce à la pisciculture récemment introduite dans ce pays, nombre d’autres rivières seront bientôt peuplées de ce déiicieux poisson. Les huitres aussi qui n’existaient qu’au Nouveau-Brunswick et dans les autres provinces du golfe vont se multiplier sur les rives canadiennes. La valeur totale du produit de la mer recueilli par nous est d’environ $950,000 par année. Mais on peut juger combien il nous en est enlevé par les étrangers lorsqu’on sait que de 250 à 300 vaisseaux de la Nouvelle-Ecosse et des autres provinces inférieures et plus de 300 vaisseaux des Etats-Unis fréquentent nos pêcheries ; tandis que 100 vaisseaux seulement et 1200 à 1500 petites berges et chaloupes du Canada s’emploient à ce commerce.
= gouvernement s’est occupé depuis quelques années de cet important sujet ; il a nommé un surintendant des pêcheries, il a f::t des lois pour la protection du poisson, il a introduit la piscicuiture, et il fait voyager tous les étés dans les divers ports du golfe une goëlette armée, sous le commandement de M. Fortin, qui inspecte et protége nos établissements de pêche. Une section nouvelle va, dit-on, être prochainement créée au ministère du domaine public pour surveiller ces grands intérêts. Les grands lacs du Haut-Canada ont aussi des pêcheries importantes outre ces ressources inépuisables de la mer.
Indéprndamment de la navigation intérieure et de celle des lacs et des canaux, le mouvement de nos ports indique un vaste commerce. Le nombre de vaisseaux enregistrés dans la colonie, en 1860, a été de 130, représentant un tonnage de 36,207. Le nombre total de vaisseaux venant de la mer, a été de 1992, représentant un tonnage de 114,411. Dans la liste des ports de mer d’où i:s étaient partis, la Grande-Bretagne vient d’abord en première ligne, les colonies anglaises ensuite, puis les Etats-Unis, la Norvèce, la Suède, la Prusse et les villes anséatiques. La France, le Portugal et l’Italie y figurent à peine.
Le tfaut et le Bas-Canada contiennent en abondance les métaux et les minéraux économiques ; le fer, le cuivre, le plomb, le manganèse, le marbre, le gypse et une foule d’autres matières premières se rencoirent en beaucoup d’endroits et commencent à être exploitées avec succès. Le fer est exploité depuis longtemps eur les rives du St, Maurice, le cuivre au lac Supérieur, et mainénant dans la région qui s’étend en arrière du St. Laurent, entre les anciens établissements et les Etats-Unis, et le plomb dans le district de Gaspé.
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rope sont cultivés dans toute l’étendue du pays. L’érable a sucre, le lin et le chanvre sont aussi des ressources qui pourraient être exploitées beauroup plus en grand qu’elles ne le sont. Le commerce du gin-seng, qui fut si considérable sous la domination française, pourrait être repris. Le bois, les alcalis produits de la forêt, forment le principal article d’exportation. Les essences les plus riches et les plus utiles pour la construction des vaisseaux et pour l’ébénisterie, se trouvent en foule ici comme dans les provinces du golfe ; elles ont fait l’admiration des connaisseurs aux grandes expositions de Lordres et de Paris. L’exportation des produits des mines pour 1860 s’est élevée à $558,306 ; celui des produits de la forêt à $11,012,253 ; celui des produits des troupeaux et de toutes les espèces de bestiaux à $4,221,257; celui des produits des pêcheries à $832,646, et celui des produits agricoles à $14,259,225. Sur ce dernier chapitre il est nécessaire d’ajouter qu’indépendamment de la consommation en nature faite par la population 1,275,288 minots de grains ont été employés dans les distilleries et les brasseries dans le cours de cette année.
Ces vastes ressources ne pourront que se développer d’avantaze et par le mouvement de l’émigration européenne qui jette chaque année sur nos rives des milliers d’hommes actifs et entreprenants, et par le développement de notre propre population, qui de jour en jour s’instruit d’avantage dans toutes les choses propres à doubler l'énergie des facultés humaines.
Les plus grands eflorts ont été faits depuis quelques années par le gouvernement pour repandre l’éducation dans toutes les classes de la société. On a pu voir dans le cours de la visite du Prince combien nos établissements d’éducation l’avaient intéressé et par ies détails que contiennent les chapitres précédents, on a pu juger du mouvement intellectuel dans ce pays.
Le Haut-Canada contenait en 1859, 13 universités et coiléges ayant 1,373 élèves, 81 grammar schools, qui ont 4,381 élèves, 321 académies et écoles privées et 6,182 élèves, une école normale et 158 élèves, trois écoles modèles annexes, et 560 élèves, 3,953 écoles communes sous contrôle et 301,592 élèves; total d’institutions d’éducation 4,372 ; total d’élèves 314,246.
Le Bas-Canada comptait en 1860, trois universités, et une école de droit, une école de medecine, et cinq écoles de théologie à part des facultés de ces universités ayant en tout 552 élèves ; 13 colléges classiques ayant 2,781 élèves; 14 colléges industriels ayant 2,333 élèves ; 66 académies de garçons ou mixtes ayant6,210 élèves. 64 convents et académies de filles et 14,817 élèves, trois écoles normales ayant 228 élèves, cinq écoles modèles annexes et 682 élèves ; 3,076 écoles primaires tant indépendantes que sous contrôle, ayant 144,905 élèves.
Le Bas-Canada a de plus une école des arts et manufactures, deux écoles d’agriculture et deux écoles de sourds-mvets. Le
nombre total des institutions d’éducation dans cette section de la province est de 3,264 et le nombre total des élèves 172,155.
On peut juger du progrès qui s’est fait dans le Bas-Canada par les faits suivants: en 1853 le nombre total des institutions n’était que de 2,352, et le nombre total des élèves 108,284. Le chiffre des contributions pour les écoles primaires qui en 1853 n’était que de $165,849 était en 1860 de $503,859.
Il est a remarquer que sile chiffre total du Haut-Canada est beaucoup plus considérable que celui du Bas-Canada, la population y est plus grande, les établissemens en général plus denses, les petites villes et les villages y sont beaucoup plus nombreux, le climat y est aussi moins rigoureux, et les lois de l’instruction publique y sont depuis beaucoup plus longtemps en pleine activité.
La somme dépensée par le gouvernement dans le Haut-Canada our l’instruction publique en 1860, a été de $238,719; et dauss le as-Canada $:240,145.
Le Canada possède de nombreuses bibliothèques pubiiques. Celle du Parlement, qui est actuellement à Québec, contient environ 50,000 volumes, et pour le choix des ouvrages et la richesse des exemplaires elle ne le cède à aucune autre sur ce continent. Il y a dans ie Haut-Canada 2372 bibliothèques pullianes, contenant 567,649 volumes. Sur ce nombre 354 sont des bibliothèques d’école, organisées et fournies de livres par le Département de l’Instruction Publique, elles contiennent 177,586 volumes. Le nombre de bibliothèques de paroisses, d’instituts, etc., du Bas-Canada, est de 131, contenant 102,539 volumes. Les bibliothèques des universités, colléges, couvents et autres maisons d’éducation, renferment 152,758 volumes. Il y a en outre bon nombre de bibibliothèques publiques qui ne sont point comprises dans ces chiffres.
Il se publie actuellement dans le Bas-Canada 22 journaux et périodiques en anglais, trois en anglais et en français et 20 dans cette dernière langue. Il se publie aussi un journal français à Ottawa et l’on annonce la publication prochaine du Courrier de l’Ouest, à Sandwich (Haut-Canada) et de l’Aurore des Acadiens, à Miramichi, (Nouveau-Brunswick). Le nombre des journaux anglais du Haut-Canada est très-considérable. [1 y en a comme aux Etats-Unis presque dans chaque ville et village. Les plus importants sont le Lea‘er et le Globe de Toronto. Il s’y imprime aussi trois journaux en allemand et rn en langue Chippewaise.
La presse jouit d’une liberté illimitée, et tous les sujets possibles sont traités par elle avec plus ou moins de succès, mais avec un incontestable franc-parler. La principale question que l’on y discute actuellement est celle de la demande faite par la majorité des Haut-Canadiens, d’une nouvelle division de la province en colléges électoraux, basée uniquement sur la population, sans égard à l’égalité numérique stipulée par l’acte d’union entre les représentants des deux sections de la province, Leur demande s’appuis
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sur le principe absolu de l’égalité humaine. A cela on répond qu’en Angleterre la représentation n’est pas uniquement basée sur la population, qu’il y a d’autres éléments sociaux à considérer. On ajoute que l’acte d’union ayant stipulé cette égalité dans l’intérêt du Haut-Canada, qui alors avait une population bien moindre que celle du Bas-Canada, elle a été maintenue et approuvée par les Haut-Canadiens et tolérée par les Bas-Canadiens jusqu’à ce moment ; qu’aujourd’hui le Bas-Canada a des droits encore bien plus évidents à cette égalité numérique dans la représentation, parceque son autonomie religieuse et sociale se trouverait menacée s’il en était autrement, chose que le Haut-Canada n’aurait jamais eue à redouter à raison de l’importance de la population anglaise du Bas-Canada, enfin que le Bas-Canada n’a jamais demandé l’union faite sans lui, malgré lui et contre lui, et que si le Hant- Canada n’est point satisfait d2 l’état de choses actuel, il a un remède bien simple sous la main dans la sécession.
Cette dernière hypothèse soulève une question dont nous avons déjà parié dans une vue d’ensemble des provinces inférieures: celle de la confédération. Nous avons dit à ce sujet quelle importance auraient ces provinces si elles se confédéraient entr’elles. Voyons maintenant de quelles ressources le Canada disposerait s’il se les annexait par une union fédérale.
Le territoire des provinces du golfe est de 82,586 milles carrées, celui du Haut-Canada de 147,832 milles carrées, celui du Bas- Canada de 209,990 milles carrées, ce qui donnerait un total de 440,408. La superficie de la France en milles carrées est de 207,347 ; la confédération aurait donc un territoire plus que double de celui de cette grande contrée. Nous ne dirons rien du territoire de la Baie d’Hudson, dont nne partie devrait nécessairement appartenir tôt ou tard à la nouvelle puissance américaine. Cette immense contrée comprend 2,436,000 milles carrées ; c’està-dire une étendue égale à beaucoup plus de la moitié de l’Europe, qui n’a que 3,805,800 milles carrées.
La population des provinces du golfe, comme nous l’avons vu, est d’environ 725,000 âmes, celle du Canada d’environ 2,600,000, ce qui donnerait un total de 3,325,000, chiffre plus considérable que celui de la population actuelle de l’Ecosse, qui joue cependant un rôle si important dans le Royaume-uni et dans le monde entier.
Le chiffre de nos importations en 1860 a été de $34,631,890, celui de nos exportations de $34,441,611 ; ajoutons leur les exportations et les importations des provinces du golfe et nous aurons
pour le premier chiffre $61,000,000, pour le second environ
Notre revenu a été en 1860 de $7,292,838, celui des provinces inférieures est d’environ $2,000,000 ; ce qui donnerait en tout près de neuf millions et demi.
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Dire à quel chiffre de population, à quel degré de puissance militaire et politique, à quelle intensité de force productrice pourrait conduire le triple élément maritime, agricole et industriel, dont disposerait dans de telles conditions une société jeune, énergique et féconde, c’est plus qu’on ne saurait attendre de notre rapide esquisse. Observons seulement que dans presque toute l’étendue de ce vaste territoire, presque chaque citoyen est le propriétaire absolu d’une partie du sol, et que grâce à l’énorme proportion des terres incultes, le prolétariat et le paupérisme pourraient en être éloignés pendant bien des années.
Adossée pour bien dire au pôle nord, dominant les lacs et tout le cours du St. Laurent, maîtresse des grandes voies qui conduisent à l’intérieur de l’Amérique, protégée dans son développement par la marine et l’armée du plus grand empire qu’il y ait au monde, la confédération canadienne pèserait d’un poids de plus en plus lourd dans l’équilibre américain. Loiu d’être une source de faiblesse, sa double origine, les deux langues, les deux littératures de sa population, d’abord causes inévitables de luttes et de rivalités, appaisées par Jes nécessités d’une longue co-existence, augmenteraient encore sa grandeur en développant des forces diverses, qui se complèteraient les unes par les autres.
Est-ce à dire qu’un tel avenir nous soit réservé? Il n’a même jamais été sérieusement discuté que comme un moyen d’échapper à des difficultés qui trouveront peut-être une autre solution. Est-il
| même certain qu’en s’accomplissant, une telle destinée suivrait À les voies de sagesse et de tolérance qui seules pourraient la rendre
l prospère ? Nous sommes loin de l’affirmer; nous avons voulu | Li dire bien plus ce qu’elle pourrait que ce aw’elle devra être.