‹ Relation du voyage de Son Altesse Royale le prince de Galles en Amérique [microforme]Chapitre 36 sur 69 · HAT · texte numérisé non relu

HAT

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Et quand il projettera son ombre sur la tombe de Washington, que sera devenue la grande république ?

Le Prince emporta aussi des marrons cueillis au même enüroit, et qu’il a dû semer dans le pare de Windsor.

Le Mount-V'rnon est un promontoire boisé qui s’avance dans le Potomac. ue 4 bateau à vapeur qui descend ou remonte le fleuve s’arrête tandis que la cloche tinte quelques instants en mémoire du grand homme. La résidence de Washington vient d’être À achetée par une association de ses compatriotes, qui veulent la d A! * conserver et l’embellir. Mais les préoccupations de la crise aca il tuelle feront probablement ajourner Pésécaton de ce noble projet.

Actuellement l’exploitation de ce domaine est laissée à un planteur et une rangée de cases à nègres, de l’aspect le plus déplorable, s’étend tout près de la vieille maison de campagne déserte et | a délabrée.

On dansa gaiement sur le bateau qui revenait de Mount- Vernon. M. Woods fait les réflexions suivantes : ‘ Hélas ! le pélérinage au tombeau de Washington fut autant une partie de plaisir qu’un hommage rendu à sa mémoire. Mais le monde est fait d’inconséquences et comme Thackeray l’a si bien dit, on voit couler des pleurs sous le voile nuptial, et l’on entend des plaisanteries dans un convoi funèbre.??

| 4 Le 6 octsbre, le Prince fit une courte excursion à Richmond, € capitale de la Virginie, puis revint à Washington, qu’il quitta 1 Ur définitivement pour Baltimore. A Richmond, tandis que S. À. R. td contemplait une belle statue de Washington, qui porte cette ins- ŒL cription : Fait par Houdon, citoyen français 1788,”? et qui est un des chefs-d’œuvre de cet homme, le premier statuaire de son époque, quelques gamins se permirent des propos très inconvenants. Ce fait et l’attitude de la population, qui, en somme, montra plus de curiosité que de respect et d’enth-"1siasme, servirent aux partisans de Lincoln ; ils en firent un thême d’accusation contre les hommes du Sud. La Virginie est en effet le seul des états à esclaves aue le Prince ait visité, et les journaux abolitionistes tirèrent tout le parti possible de cet incident.

Baltimore à pour sobriquet ‘‘ the Monumental city : ?? deux monuments, une colonne de marbre de deux-cents pieds, surmontée

debased with the offensive scrawls of travellers not ashamed to leave these records of their vulgar infamy behind.—( Woods.)

Un nègre nous démontre une espèce de couloir occupé par un moulin Ë à bras, et nous dit ‘ There he died.”—(Chéteaubriund.)

Those who wish to see the interior of the house must search to the left where down in a cellar a negro woman and her family almost lurk, a slave herself, though the only cicerone to the deserted mansion of the man who gave freedom and indepéndence to the world.—( Woods.)

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que de la statue de Washington, et une autre élevée en l’honneur de la bataille dont cet endroit fut le théâtre pendant la guerre de l’indépendance, justifieraient à peine cette appellation, si elle n’aoit, vait rapport au caractère général des édifices de cette ville, La cathédrale catholique est une des plus belles des Etats-Unis, Le Maryland, comme on sait, a été originairement colonisé par des

ans catholiques et sa principale ville est le siège d’un archévéché. le tr né- Le Prince ne fit que passer; mais lors de son arrivée et dans ni ètre une promenade qu’il fit le matin, la population lui offrit des mar- Éd t la . ques «le respect et de bienveillance tout à fait convenables. Lin ac- 1 jet. A Philadelphie, qui ne le cède en importance qu’à New-York, A Ps Boston et la Nouvelle-Orléans, le Prince reçut de l’élite de la he “là société un témoignage de respect inattendu. [1 assista le soir à EE : # lPopérade Marthe : non seulement tout le monde se leva à son Hit is | entrée dans la salle; mais on se leva de nonveau lorsque l’orches- hi ! | tre exécuta le God save the Queen. Cette attention était d’autant ur hon. plus délicate qu’aux Etats-Unis on ne se lève ainsi pour aueun air il au national et qu’on ne le fit point lorsque plus tard on joua ‘ Hail ail ‘un Columbia.?? Le Prince se montra vivement ému en voyant cette qUph nsé- société brillante et distinguée se conformer #insi aux usages de (1 des son pays, dont l’image dut se présenter à son esprit, dans ce mo- 11 ans ment, d’une manière bien saisissante. Sous le rapport des conve- 11 nances et du goût, les ovations qu’il reçut de la populition Philadelphienne ne furent pas même surpassées par celles qui ond, l’attendaient à New-York.

utta . R. Cette grande métropole depuis longtemps se préparait à la récepins- tion du Prince de Galles. L’Empire City, qui se glorifie à juste st un droit, d’être, par sa population, la troisième ville du monde civilisé, épo- peut se prétendre la première en fait de surexcitation et d’efferverants. cence populaire. Elleen avait donné des preuves bien trop frappantes plus dans des occasions moins dignes d’allumer son incroyable enthouarti- siasme, > les ts à On avait tant dit et répété dans la presse que le Prince aurait istes certainement à souffrir de l’exubérance toute démocratique des sentiments populaires et de l’indiscrétion de la curiosité publique à son égard, que New-York mis sur ses gardes s’était piquée d’honous nevr. Le peuple de la grande cité avait juré de se montrer un ntee peuple-gentilhomme ; cette résolution fut tenue à la lettre, au grand désappointement, peut-être, des journalistes et des fenilletoneave nistes américains eux-mêmes, qui n’eurent point trop de scenes de mœ'irs outrées, ni trop d’épisodes ridicules à décrire. pie Ce fut le 11 octobre, vers deux heures de l’après-midi, que le steamer Harriett-Lane, ayant à son bord les hôtes attendus avec ) the tant d’anxiété, entra dans la rade. Le Général Scott, accompagné Pre de M. Peter Cooper (un des millionnaires de la ville), et de

quelques autres membres de la commission nommée par les

citoyens pour la réception de S,. A. R., alla aborder le vaisseau dans le port.

Le débarquement se fit au Castle Garden,” au bruit du canon, le Maire Woods harangua le Prince en l’appelant par son titre, laissant tout incognito de côté.

Le Prince, à cheval, passa en revue les milices de New-York, fameuses par leur bonne tenue et leurs brillants uniformes. On avait eu l’attention d’acheter les chevaux que $S. A. R. et sa suite avaient montés en Canada, et de faire faire à grands frais un carosse, dans lequelS. A. R., le Maire Woods, le Duc de Newcastle et Lord Lyons, prirent place. Puis ils entrèrent dans Broadway, dont les maisons, les hôtels et les boutiques étaient littéralement remplies, ou plutôt débordaient d’une foule élégante, enthousiasmée jusqu’au délire, et cependant re.pectueuse et paisible dans ses démonstrations auxquelles le bon goût parisien le plus scrupuleux aurait peu trouvé à redire.

Au City-Park, eut lieu le défilé des milices, le Prince étant descendu de sa voiture pour les voir passer. Cette longue parade, qui n’était point dans le Ca nn retarda de beaucoup la procession, et il était sept heures lorsque le cortége atteignit l’Hôtel de la Cinquième Avenue, loué et meublé aux frais de la ville pour ses hôtes distingués.

Le lendemain de son arrivée, le Prince visita l’Université, où il fut reçu par le Chancelier, qui lui présenta une adresse au rom du Conseil Universitaire, puis S. A. R. alla voir la Bibliothèque d’Astor, fondée par le célèbre millionnaire de ce nom, et qui ne contient pas moins de 80,000 volumes. Elle est installée dans un véritable palais. Après avoir vu de plus, le Cooper’s Institute et le Free Academy, S. A. R. se rendit au Central Purk, où elle planta un chène et un orme, puis elle fit au Maire Woods l’honneur d’aller déjeûner à sa maison de campagne, où un grand nombre des premiers citoyens de New-York avaient été invités. Le reste de la journée fut employé à voir l’Institut des Sourds-muets, qui est célébre depuis longtemps et où se sont formés les professeurs d’autres institutions semblables en Amérique.

Le soir, eut lieu le bal offert par les citoyens de New-York au Prince et à sa suite. Quatre cents souscripteurs originaires firent les frais de cette réception. Des billets admettant en tout trois mille personnes furent distribués par eux.

On sent de suite combien une telle disposition prêtait à l’arbitraire et combien aussi elle dut causer de mécomptes et exciter de murmures. Sous prétexte de distinction et de convenances, c'était d’un côté, proclamer on ne peut plus solennellement la souveraineté de l’argent, et de l’autre affirmer assez gauchement qu’en dehors des très-riches souscripteurs et de leurs coteries respectives, le reste (les citoyens ne pouvait point décemment être présenté à

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un Prince du saug royal, De plus les recommandations et les prescriptions qui accompagnaient l’envoi des billets, pouvaient faire croire que les élus eux-mêmes n’étaient point tous censés appartenir à la bonne compagnie, où ce qui était pire encore que la bonue compagnie de New-York n'était point d'ordinaire très scrupuleuse sur certains détails assez importans.

Ce bal fut marqué par ceux incidents désagréables ; le premier fut la chute de deux énormes pots de fleurs, placés dans un endroit des plus saillauts, et qui tombèrent peu d’instants après l’entrée des invités ; le second, plus grave et qui aurait pu être funeste, fut la chute d’une partie du plancher, qui, au moment où l’on allait former le preunier quadrille, céda sous le poids de la loule. On fut obligé d’appeler des ouvriers, Ils prirent une couple d'heures à réparer le dégat, après quoi le Prince ouvrit le bal en dausant avec Mde. Morgan, femme du Gouverneur de PEtat. Un poète New-Yorkais a décrit cette fête en vers on ne peut plus étranges et dans lesquels sont enchassés tant bien que mal les noms de toutes les partenaires du Prince. Nous en extrayons la seule idée heureuse ; elle se trouve, malheureusement pour le lecteur, dans la dernière strophe :

T'is now a dream--tlhie Prince's ball, [ts” vanished glories one and all, The scenes of the fairy tales; For Cinderellu herself was there, And Barnum keeps for trial fair, The beautiful slipper deposited there, By His Highness the Prince of Wales.

L’Académie de Musique, où se donna cette fête, était inagnifiquement ornée ; les plantes les plus rares ÿ représentaient nor seulement la Flore américaine, si riche et si belle ; mais encore celle de toutes les parties du monde ; elles formaient la principale décoration. La toilette des dames était ce qu’on peut imaginer de plus brillant, lorsqu'on a le soin d’exclure d’une réunion tout ce qui n’a pas l’avantage d’être un peu millionnaire. Les diamants etaient les seules pierreries de mise dans cette occasion.

Le lendemain, le Prince parcourut Broadway, et vit l’établissement de MM. Ball et Black, bijoutiers, les galeries photographiques de M. Brady, où il posa ainsi qe toutes les personnes de sa suite, et enfin le musée Barnum, où il put admirer toutes les curiosités vraies ou factices du plus étrange pandémonium qu’il y aît au monde-—sans voir toutefois la plus grande de toutes—l’incarnation du véritable génie ÿankee, Barnum lui-même. Le prince du humbug était absent, il parcourait son royaume ; et son député, dont l’ingrate histoire ne nous dit point le nom, fit les honneurs de Pétablissement.

Le Prince se rendit aussi, ce jour-là, à la résidence du Général Scott. Le soir, les pompiers, au nombre de six mille, formèérent

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ane procession aux flambeaux et allèrent saluer S. À, R. Des æhandelles romaines, lancées en quantité au moment où la procession atteignit la Cinquième Avenue, des lumières électriques, placées sur les pompes et qui projetaient au loin des rayons éblouissants, la foule immense et enthousiaste qui encombrait les rues. les fenêtres et jusqu’aux toits des maisons et des edifices publics, tirent de ce spectacle un des plus grands qu’ait jamais donnés la métropole de Amérique. Le Prince assista, du haut d’un balcon, au défilé qui dura plus d’une heure et demie, répondant par des saluts aux acclamations de chaque brigade qui passait. Le Duc de Newcastle, dont la fermeté et l’indépendance ont été admirés des citoyens de la républiqne, fut aussi Ini, l’objet d’une ovation bien remarquable.

Le lendemain, dimanche, S. A. R. et sa suite assistèrent au service divin à l’église de la Trinité. On y iut une prière pour Sa Majesté, pour le Prince-Epoux et pour le Prince de Galles ; ce qui rappelle à tous ceux qui sont un peu familiers avec l’histoire de la guerre de l’indépendance, que le pasteur de l’église, qui s’élevait, à cette époque, au même endroit, fut chassé par son troupeau récalcitrant, pour s’être obstiné à prier pour George IIT, malgré la révolution, dont le digne hciame ne voulait point tenir compté.

Entreprendre ici une esquisse de New-York, ce serait de suite doubler presque les dimensions de notre petit ouvrage ; il nous suffira de dire, pour donner à nos lecteurs une idée de l’importance le cette ville, que sa population est de 800,000 âmes, et que celie Je Brooklyn et de Williamsburgh, qui en sont comme les faubourgs, est de 300,000, ce qui donne un chiffre presqu’égal à celui de la population du Bas-Canada.

Eu 1859, les importations au port de New-York s’élevaient à deux ceut vingt-neuf millions, et celles de tous les autres ports des Etats-Unis réunis à cent-neuf millions ; les exportations du même port s’élevaient à cent dix-sept millions, et celles de tous les autres ports à deux cent trente-neuf millions ; il s’y fait don presqu’autant d’affaires que dans toutes les autres villes des Etats- Unis réunies.

Le nombre d’exemplaires publiés chaque jour par la presse de cette ville excède trois cent mille ; sur le nombre de ses journaux, 11 yen a dix en allemand, deux en français, deux en espagnol, deux en gallois, etunenitalien, New-York est une ville cosmopolite. Toutes les races, toutes les religions, toutes jes langues, paraissent s’y être données rendez-vous. Les allemands y sont ane partie notable de la population. Il y a des quartiers où l’on a bien de la peine à trouver son chemin si l’on ne sait point leur langue. L’on suppose que les populations française, belge, suisse et franco-canadienne réunies, donnent un total de près de 40,000 individus parlant la langue française. C’est une population à peu nrés égale à celle de Québec, il y a une vingtaine d’années.

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M. Woods assure, dans son livre, que la population irlandaise catholique forine à peu près la moitié de New-York. Cette assertion nous parait un peu risquée ; mais il est certain que la religion catholique y prime toutes les autres prises isolément ; ses églises et ses écoles sont au premier rang. L’Archévêque Hughes, homme d’un très grand talent, écrivain vigoureux et habile, v est reconnu comme une véritable puissance sociale et politique.

Nos compatriotes y ont une Sociélé St. Jean-Baptiste et un Institut Canadien, présidés longtemps par le vénérable M. Franchère, si connu par $es voyages.

Les Jésuites, les Dames du Nacré Cœur, les Frères des Ecoles Chrétiennes et plusieurs autres ordres ont de nombreuses jnstitutions dans la ville et dans les environs,

Il y a, outre les institutions catholiques, les coiléges, academies et écoles indépendantes, 112 écoles communes, réunissant nn total de 168 828 élèves.

Le Prince quitta New-York le 15 octobre, faisant route vers West-Point, l’école militaire des Etats-Unis. Montés sur le bateau à vapeur Harriett Lane, les nobles voyageurs purent jouir tout à leur aise du coup-d’œil romantique et imposant qu’offre ’Huason, tantôt encaissé dans les rochers à pic et rayés de bandes rouges et noires que l’on nomme les Palissades, tantôt coulant au pied des Alleghanies, dont les versants sont couverts d’une épaisse forêt, comme aux jours où l’Hudson portait sur ses ondes les légers canots d’écorce des Iroquois. C’était déjà l’automne, et le feuillage était partout revêtu de ces belles couleurs d’or, de pourpre et d’écarlate, qui, pendant quelques semaines, rendent nos bois si magnifiques.

Le vaisseau aborda à West-Point à une heure de l’apiès-midi, et le Prince fut reçu au quai par le Colonel Delafield, Commandant, accompagné de son état-major, et d’une escorte de dragons.

Ce lieu, où se fit le complot d’Arnold, et qui est tout près de Tarrytown, où fut pris et exécuté le Major André, est célèbre ans l’histoire des États-Unis. L’école militaire y fut établie en 1802. Les élèves s’appellent les Cadets. Leur éducation se fait entièrement aux frais de l’Etat. Elle dure cinq ans, après quoi ls sont tenus de servir au moins pendant huit ans dans l’armée le la république. La plupart y demeurent toute leur vie. [ls sont ordinairement au nombre de 300 et forment un petit bataillon bien discipliné, et que le Prince passa en revue. Le site de cet établissement est on ne peut plus pittoresque, et l’instruction saxntifique qui y est donnée jouit d’une grande réputation

Le lendemain, les nobles visiteurs montèrent à bord du Daniel Drew, steamer d’une vitesse remarquable, qui fait vingt-deux milles

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à l’heure. On passa devant Sunnyside, la résidence de Washington {rving, si récemment enlevé aux lettres et à la vénération de ses concitoyens, et l’on put voir aussi l’endroit que le romancier a

} décrit sous le nom de ‘ Sleepy Hollow ” et où il a placé la scène de sa légende de « l’Homme sans Tête.??

Le prince ne fit qu’un très court séjour à Aibany, capitale de PEtat de New-York. Le Maire et les autorites allèrent au-devart de lui dans un steamer, et il fut conduit d’abord à l’Hôtel de Ville, puis au Capitole, où le (iouverneur Morgan lui nrésenta les principaux citoyens.

Albany, autrelois Orange, est, après Jamestowu, la plus aucienne ville des Etats-Unis ; elle fut fondée deux ans seulement après , Québec (1), par des colons hollandais, qui lui donnèrent le nom je d’Orange, eu l‘honueur du Prince d'Orange, qui gouvernait alors les Pays-Bas. Le premier vaisseau européen qui remonta Hudson jusqu’à cet endroit, fut le Æ{alf Moon, vaisseau du navigateur qui a donné son nom à cette rivière, le Capitaine Hendrik Hudson, eu septembre 1609. I! mit deux semaines à venir de ‘6 Mauhatt,”? aujourd’hui New-York.

En 1630, Kiliaeu Van Reusseluer, riche négociant d’Amsterdam, acheta des sauvages une étendue de terre considérable sur la rive 1h ouest de l’Hudson, tout autour du Fort Orange, et il y envoya des | à ouvriers et des cultivateurs. Il établit ce domaine en principauté | à sous le nom de Rensselaerswyÿck, et les droits et redevances que L! ses descendants perçoivent encore de nos jours, ont été à plusieurs

| reprises le sujet de troubles et de procès. En 1664, la province fi hollandaise étant passée sous le domaine de la couronne d’Angleterre, les droits de propriété de la famille Van Rensselaer furent confirmés, moins la souveraineté, et le Fort d’Orange reçut le nom d’Albanv, du Due d’York et d’Albany, qui fut depuis Jacques IT.

Albany est aujourd’hui très fière de son archéologie, que le Dr. O’Callaghan et quelques autres amateurs s’efforcent de faire connaître. Le Docteur, autrefois rédacteur du Vindicator, à Montréal, et forcé en 1837, de s’exiler par suite de l’insurrection, a publié une histoire de l’Etat de New-York sous ia domination hollandaise (History of New-Netherlands) et dirige l’impression des intéressants mémoires sur l’histoire de Amérique et du Canada, que fait publier la législaiure de i’Etat. La bibliothèque du Capitole contient une foule d’onvrages précieux, en tout pas moins de 30,000 volumes.

La population d’Albany, qui n’était que de 5,349 âmes en 1800, d da 24,938 en 1830, est aujourd’hui d'environ 65,000 âmes. [Il ÿ à

4 (1) Les plus anciennes villes fondées par les Européens dans l’Amé- L' rique du Nord sont, Jamestown,en Virginie, fondée en 1607 par le Capitaine John Smith et Bartholomew Gosnold : Québec, fondé en 1608 par Champlain, et Albany, fondé en 1610 sous le nom d'Orange.

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une cinquantaine d’églises, parmi lesquelles la plus remarquable est la cathédrale de l’Immaculée Conception, bâtie d’une sorte de grès d’un brun-rougeäâtre. Par ses dimensions elle est peut-être Ya plus grande église des Etats-Unis.

Le canal de PErie et pas moins de six chemins de fer, qui } aboutissent de différentes directions, ont fait de cette ville un centre de commerce important et {lorissant. On y trouve be 1 nombre de familles très riches et une société on ne peut plus distinguée et lettrée. Outre le musée et la bibliothèque de lEtat, Albany contient plusieurs institutions scientifiques, un collége et un pensionnat de filles, et une école normale. Le musée géologique, sous la direction du célèbre professeur Hall, et l’observatoire de Dudley, fondé par la veuve d’un riche propriétaire de ce nom, placent la capitale de l’Etat de New-York au rang des premières villes de l'Amérique, pour ce qui concerne les sciences.

Le prince partit ie lendemain pour Boston par le chemin de fer, et put apercevoir en passant les Chutes de Cohoes, qui jouissent d’une grande réputation. À chaque station, et particulièrement à Springfield et à Worcester, les populations se portèrent aux gares du chemin de fer et le saluérent des plus vives acelamations.

Le 17 octobre, dans la soirée, le Prince descendit du waggon à

“ . f Det £ongwood, faubourg de Boston, où il fut recu par le Maire, M. Lincoln, et quelques-uns des principaux citoyens. L’enthousiasme, ordre et le bon goût déployés par la population de New-York firent égalés (car il était impossible qu’ils fussent surpassés) par celle de Boston. Le Prince fut simplement conduit au Revere House,”? un

des plus anciens hôtels de la ville, et y fat laissé en repos insqu’?au lendemain.

Le coriespondant dn Times avoue avoir observé, pour ia première fais, chez le jeune et courageux voyageur, des marques évidentes d’une grande lassitude; et il faut avouer que l’on serait fatigué à moins.

line tint qu’à lui, cependant, de passer une partie de la nuit éveillé, car les partisans de MM. Bell et Everett, avec un à propos qui nous paraît très contestaole, voulurent riposter, ce soir là, à une grande procession politique de leurs adversaires, les républicains. Ôr, on sait quel épouvantable tapage accompagne ces homériques démonstrations chez nos voisins des Etats-Unis.

Le lendemain, la journée commença par une grande revue à la Jommune, vaste place complantée d’s"bres, omée de fontaines et de jets d’eau et dont les habitants de Boston, sous ce titre modeste, ont fait leurs Champs-Elysées.

Quelques instants avant, on présenta au Prince, à son hôtel, M. Ralph Farnham, le sen! survivant des combattants de Bunker’s

Hill. Ce vieillard, âgé de 105 ans, a conservé toutes ses facultés intellectuelles et possède encore une vigueur rare, même chez les simples octogénaires. Il a fait toute la guerre de l’indépendance, et était présent à Saratowa lorsqne le Général Burgoyne mit bas les armes. Le vétéran et sa fille, qui l’accompagnait, reçurent ut accueil parfait de l’arrière petit ls du sonverain dont les troupes furent défaites à Bunker’s Hill.

Le Prince, en grand uniforme, aiusi que ie Duc de Newcastie et tous les militaires de sa suite, passèrent en revue les milices de Boston, dont les divers corps réunis formaient une masse d’enviror: trois mille hommes. On distinguait, dans leurs rangs, un régiment qui porte encore le costume des soldats qui combattirent dans l’armée de Wolfe, sous les remparts de Québec.

Î Toutes ces troupes et l’immense multitude qui assistait à Gas cette fête, forineèrent un cortége aux monstrueuses ondulations, qui q alla reconduire le Prince à PHôtel du Gouvernement (State House), où un goûter lui fut oflert. C’est précisément dans State Street que les troupes de George LI tirèrent, pour la première fois, sur les colons américains, et commencerent la lutte dont les résultats ont été si grands.

À cinq heures de apres-midi, il y eût, uu Music Hall, un grand concert donné par les enfants des écoles. Plus de 120 enfants, placés en amphithéätre et dont la grande majorité étaierit de jeunes filles vêtues de blanc, chantèrent, entr’autres morceaux, }. une variante charmante du ‘ God Save the Queen,” composée a par le littérateur bostonnais Wendall Holines, pièce dont nous eie- ; (| vons ne pas devoir priver nos lecteurs :

God bless our Father's land.

Keep her in heart and hand

Oùe with our own!

From all her foes defend, È be her brave peoples frient. à On all her reulms descend.

Protect her throne !

Father, iu loving cure,

Guard Thou her kiogdoiw : heir, Guide all bis wars ;

Thine arm his shelter be

From harm br land or sex.

Bid storm and danger fre,

Prolong his days!

Lord, let wars terapest ceuse, Fold the whole earth in penc:

Under thy wings.

1! Make all thy nations one,

11 All hearts beneath the su.

Till Thou shalt reign alo:r Great King of Kings!

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Le soir, il ÿ eut bal au théâtre ; parmi les décorations se trouvait une toile représentant le château de Windsor, disposée de maniere à produire lillusion la plus complète. Le Prince ouvrit la danse avec Mde Lincoln, femme du maire de la ville.

Le lendemain, S. A. R. visita l’Université de Harvard à Cambridge, le monument de Bunker’s Hil!, le cimetière de Mount Auburn, où elle planta deux arbres près de la chapelle, et apres avoir parcouru les diverses institutions littéraires et les bibliothèques publiques, elle fit au Maire Lincoln i’honneur d’une courte visite.

Harvard Collese, comme bien d'autres institutions, a eu une origine assez humble. En 1636, six ans après l’établissement des Anglais en cet endroit, la cour de la petite colonie vota £400 pour une école où un collége. Ce coilége devait être bâti à Newtown, qui reçut, peu de temps après, le nom de Cambridge, en l’honneür de l’université anglaise. Cette somme et une autre simme de £700, que laissa par festament le Rév. John Harvard, élève lui-même de Cambridge, formèrent le capital avec lequel on commença la nouvelle université, aujourd’hui si célèbre. Elle a eu en tout jusqu’à ce jour 7000 élèves qui ont obtenu leurs diplômes, dont 2600 sont vivants. Parmi ceux ci se trouvent la plupart des célébrités américaines du jour.

Le Prince fut reçu par le Président Felton, qui lui présenta les ancieus présidents Quiney, Sparks, Winthrop et Walker, l’honorable Charles Sumner et le Dr. Wendall Holmes, qui, avec le grand crateur Everett et les célèbres professeurs de l’Université, formèrent autour du jeune élève d'Oxford une assez brillante pléiade d’hommes de science et de lettres. On parcourut rapidement les bibliothèques, le Musée-Acassiz, l’observatoire, les cours et les jardins, où les élèves chantèrent ‘ Auld Lang Syne,”? puis on revint à la grande salle, où une collation fut servie et où l’on put, dit un chroniqueur américain, causer un peu de la bonne vieille ville de Boston et de son bou vieux temps.

Comme Québec, Montréal et Albany, Boston a en eflet quelque: édifices séculaires et une foule de souvenirs historiques, choses très rares dans les villes de ce continent. Boston a été fondé er: 1630, par John Winthrop et ses compaorons. C’est dire que cette ville est beaucoup plus jeune que Québec et un peu plus vieille que Montréal. A cette époque, Boston n'avait qu’un seul habitant du nom de William Blackstone, ministre de l’Église d'Angleterre, qui s'était établi dans cet endroit en 1825, et qui persuada à Winthrop de quitter Charleston pour y venir. “ Mushauwomuk,” mot sauvage qui, d'aprés M. Drake, veut dire “ place inoceupée,” était le premier nom de l’endroit où s’élève aujourd’hui Athenes des Etats Unis. Ses trois collines fui firent donner quelque temps celui de Tremont, que porte encore un de ses principaux hôtels. On lui donna enfin le nom quelle porte aujourd’hui, de Bosto:, dans le Lincolnshire.

Sa population qui, en 1764 était de 15,520 habitants, en comptait 24,000 en 1800, 43,000 en 1820, 93,600 en 1840, et est portee aujourd’hui à 170,000.

Boston a toujours été le centre d’activité de la Nouvelle Angieterre, elle s’est toujours distinguée dans les guerres contre le Canada, et en même temps qu’elle prenait une attitnde menaçante à l’égard du gouvernement anglais lui-meme, elle demandait "a grands cris la conquête de la Nouvelle-ffrance. Aussi, même de 1085 jours, tout Anglo-Américair, voire méme tout Anglais, est-1| encore pour nos bons habitants ‘ un Bostonnais.”?

C’est Boston qui leva la premiere, et porta le plus haut, l’éten- 1 dard de la révolte, et qui engagea définitivement la yueire avec Angleterre en détruisant les caisses de thé sur lesquelles on voulait prélever un impôt impérial.

Cette ville tient aujourd’hui le second rang parmi celles du Nord des Etats-Unis par son éommerce, et le premier par sa société, ses EL institutions littéraires et les hommes distingués dans les lettres et

4 les sciences qu’elle a produits.

[ny avait pas cinquante ans que Boston etait fondé et sex 14 marchands euvoyaient déjà leurs vaisseaux, non seulement dans | les ports des principaux pays de l’Europe, mais encore anx Canaï ies, sur la côte d'Afrique et à Madagascar. Nes importations aujourd’hui approchent de $50,000 ,000, et ses exportations de À $25,000,000. Près de 3000 vaisseaux fréquentent ce port de me: 1 chaque année. En 1856, il ne contenait pas moins de 76 navires & venant de Calcutta, et les importations de cette ville de lInde 1 à se montaient à $7,000,000 ; parmi les exportations en retour, figu- 1 raient 12,179 tonnes de glace. Le commerce de glace est d° inven- | tion bostonnienne ; et Frederick Tudor, marchand de cette ville, est le premier qui s’en soit avisé, il Y a de cela une vingtaine d’années. Le commerce de Boston de les contrées méridionales de l’Europe est immense, celui de la Turquie pur le port de Smyrne est presque entiérement passé entre les mains de ses marchands. La construction des vaisseaux, l’exploitation des pécheries de Terreneuve et du Golfe St. Laurent et les huit chemins de fer qui partent de ce port de mer, viennent encore ajouter à la prospérité que lui donre son commerce extérieur.

Sous le rapport littéraire, Boston s’est aussi développé bien rap.dement (1). Les premiers livres et les premiers journaux imprimés en Amérique y ont vu le jour. Le Vews Leller, commence le 24 avril 1704, par John Campbell, s’y maintint jusqu’en 1776, et cessa avec la domination anglaise. Le second journal fut The

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