RETOUR EN EUROPE
La traver.ée fut des plus longues et des plus désagréubles. Lite fut même plus dangereuse qu’on ne devait l’attendre de la saisou, assez avancée cependant, où elle se faisait. Elle dura vingt-quatre jours ; les deux vaisseaux, le Hero et l’Ariadne, naviguerent tout ce temps de conserve, le second remorquant assez souvent le premier, dont la vitesse était bien moindre, tout aussi bien à la voile qu’à la vapeur. D’interminables brouillards, dans lesquels on se perdait souvent de vue, ajoutäient à la longueur des calmes plats, d’au- {ant plus désespérants que la provision insuflisante de charbor que l’on avait faite exigeait qu’on la ménageñt pour les côtes de Angleterre, où l’on était presque certain de rencontrer un vent contraire. Puis, rendus à grande peine presqu’au milieu de l'Océan, ce furent d’affreuses bourrasques et des tempêtes de grele et de neige, comme en plein hiver. Dans un de ces orages, le {Héro, dont plusieurs voiles et plusieurs pièces de la mâture avaient été emportées, fut perdu de vue pendant toute une journée par lAriadne, qui le cherchait eu arrière d’elle tandis que la tempete avait porté le vaisseau royal bien en avant de la rapide petite frégate, chose qui ne lui arrivait jamais, cette dernière étant même obligée, par respect, de modérer sa vitesse pour ne pas le dévancer. Heureusement, cependant, que l'idée d'un pareil hasard vint à Pesprit du Gapitaine de l’Ariddne, et que rebronssant chemin et mettant toutes voiles dehors, il se mit à la chasse du vaisseati royal, qu’il découvrit quatorze où seize milles en avant. Grande fat la joie des deux équipages, et surtout du Capitaine Vansittant et des siens, qui avaient éprouvé la plus grande anxiété sur le sort du Héro et de ses nobles passagers.
Comme où l'avait prévu, après que Pon eut misérablement gagné les côtes de l’Angleterre, des vents contraires et l’insuflisance de la provision de charbon, firent que l'on resta à lentrée de la Manche pendant plusieurs jours, reculant plus souvent que lou “’avançait. Toutes les viandes fraiches étaient alors consommées, et l’on en était réduit à peu près à la ration des matelots. Enfin, nu vent favorable s'étant élevé on se dirigea, au milieu d’un brouillard et du mieux que Fon put. vers les côtes de la vieille \ibion.
Le 15 novembre, ie capitaine de l’Ariadne lança des fusées suges comme signal au Héro, qu’il avait perdu de vue dans f* brouillard : ce ne fut point le Héro, mais bien Himalaya, qu répondit à ces signaux. Sa Majesté, justement inquiète du long retard de l’escadre, avait envoyé cette frégate au-devant de so fils bien-nimé. A «@ix henres du matin, on jetait l'ancre dans