NOUVELLE-ECOSSE
La seconde province honorée de la présence de l’héritier présomptif a été la Nouvelle-Ecosse. C’est la plus grande et la plus importante des provinces du Golfe. Cependant Terrereuve avec ses pêcheries et l’influence qu’elles exercent sur le corimerce et la navigation de l’Empire Britannique et sa forte position maritime semble, sous le dernier rapport, ne point devoir lui céder le pas. La province de la Nouvelle-Ecosse renferme la péninsule de ce nom et l’île du Cap-Breton. La longueur de la séninsule est de 280 milles et sa plus grande largeur de 120. lle a une superficie de 15,627 milles carrés et une population de 227,500 âmes. La superficie de l’île est de 3120 milles carrés et sa population est de 58,500 habitants.
La Nouvelle-Ecosse était autrefois appelée Acadie par les Français qui la colonisèrent les premiers en 1598. Les colons
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anglais de Ir Virginie s’en emparèrent en 1614 et c’est sur son sol qu’eurent lieu les premières hostilités entre les Anglais et les Français en Amérique. Elle fut, ainsi que le Canada, durant des années, 1° théâtre le guerres sanglantes, et les premiers colons de la péninsule et de l'ile sont renommés dans l’histoire pour leurs hauts faits et leur courage héroïque.
La Nouvel'e-Ecosse fut cédée à l’Angieterre en 1748, et le Cap- Breton le fut en même temps que le Canada. Telle était l’idée que l’on s’était formée de l’entétement opiniâtre des Acadiens et de leur attachement sans bornes à la mère-patrie, qu’une politique cruelle et aveugle porta le conquérant à les réunir sur divers points, sous le prétexte de s’entendre avec eux, puis à les contraindre de monter à bord de vaisseaux qui en dispersèrent la plupart par toute l'Amérique. Si l’on eût agi autrement, les Provinces du golfe renfermeraient aujourd’hui une population double de celle qu’elles neuvent montrer et qui eût, sans doute dans la suite, comme l’ont fait depuis les Canadiens, reporté sur Angleterre l’amour et la fidélté qu’elle avait vouée à ia Frarce. Plusieurs paroisses du Bas-Canada ont été peuplées par ces exilés, qui ne sont pas les moins paisibles ni les moins fortunés de ses habitants. Les marques auxquelles on reconnaît la race acadienne se retrouvent encore dans leurs descendants. Un certain nombre retourna dans l’Acadie, après la paix de 1760 et se réunit à ceux qui avaient pu se soustraire au sort fatal dont avait été frappé le reste de la nation. Leurs descendants forment maintenant une iraportante partie de la population du Nouveau Brunswick, du Cap-Breton et de l’île du Prince- Edouard. M. Rameau, écrivain français, qui a voyagé dans ce: provinces, et qui a pu se procurer dans les archives de Trance des renseignements statistiques très précieux sur ces coions, a remarqué que la population acadienne s’accroît dans des proportions encore beaucoup plus fortes que celle des Canadiens. Ïl la porte à 95,000 âmes, chiffre que l’on sera peut-être tenté de croire exagéré, mais qui doit être exact, puisque M. Rameau s’est renseigné à ce sujet auprès des missionnaires mères des diverses paroisses acadiennes (1). L’éducation n’y a, en général, jusqu’a cette heure, fait que peu de progrès ; on doit cependant excepter Arichat et quelques autres lozalités où des acadiens instruits ont acquis une fortune et une influence considérables. (2)
IL est à désirer que l’on prenne des mesures qui les induisent à profiter des sacrifices que fait cette Province pour linstrur:ion
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(1) La France aux colonies. Acadiens et Canadiens, par E. Rameau, 2 vols. 80, Paris, 1860. Depuis son voyage, M. Rameau affirme que le chiffre des populations acadiennes est encore plus élevé que celui qu’il a donné dans son livre,
(2) Deux élèves de l’éeole normale Jacques-Cartier, à Montréal, enseignent aujourd'hui à Tignish, dans l’île du Prince Edouard.
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publique. On y compte trois colléges, un grand nombre d’académies, 1200 écoles communes, fréquentées par 35,000 enfants, et une école normale à Truro.
La responsabilité de l’exécutif envers les chambres a été admise en 1848. Le Conseil Lé.islatif se compose de 21 membres nommés à vie par la Couronne ei l’Assemblée Législative de 53 membres, élus par les comtés. L’honorable E. Cornwallis, premier gouverneur de la province a été nommé en 1749 ; son 13e successeur est aujourd’hui le comte de Mulgrave. Parmi ces gouverneurs, il s’en trouve quelques uns qui sont également venus administrer les affaires de notre province, tels sont: Sir George Prevost, Sir J. C, Sherbrooke, le comt2 de Dalhousie, Sir J. Kempt et Sir Peregrine Maitland.
La capitale, Halifax, renferme une population de 28,000 âmes. Annapolis (Port Royal, sous la domination française) Pictou, Yarmouth, Truro, Windsor, Arichat et Sydney, sont les plus grandes villes. Louisbourg, l’ancienne capitale du Cap-Breton et si renommée dans l’histoire, avait autrefois sa ceinture de ramparts et une grande importance comme ville commerçante. Ce n’est plus aujourd’hui qu’un obscur village.
Halifax est dans une position très agréable ; l’étendue de .2rrein qu’elle occupe s’incline en pente douce de la citadelle au port. La pierre en usage dans les constructions est d’un giis brun; mais la plupart des maisons sont en bois. Les deux cathédrales, dix ou douze autres églises, les édifices du Parlement et les denx colléges sont les principaux monuments que l’on y remarque. Halifax a un archevêque catholique et est la métropole de la province ecclésiastique qui renferme les diocèses de St. Jean de Terreneuve, &Halifax, d’Arichat, de Charlottetown, de Frederickton et de Chatnam.
Le Hero, l’Ariadne et le Flying Fish, entrèrent dans le port de la ville, le 31 juillet, à 7 heures du matin. Le Nile, vaisseau monté par l’amiral Milne, le Cossack, la Valorous et es autres navires de Ja station le saluèrent; aussitôt le canon de la citadelle et des batteries fit écho. Plusieurs bateaux à vapeur, chargés de passagers, et une flottille composée de canots d’Ecorce montés par les indiens du pays se détachèrent du quai et allèrent souhaiter la bienvenue au Prince.
On était convenu d’avance que l’on rendrait, au moyen de la photographie, le coup d’œil du débarquement ; lorsque le Prince eût atteint le haut de l’escalier du quai, il s’arrêta un moment, tandis que la garde d’honneur qui lui fesait escorte lui présentait les armes et que le Lientenant-Gouverneur le saluait profondément. Les orateurs des deux chan ‘res du Parlement, amiral, le général et le maire de la ville lui furent aïors présentés, après qu. le maire offrit une adresse à laquel:: Son Altesse Royale répondit d’un ton de voix et d’une manière qui rappelèrent de suite Sa Majesté elle-même à ceux qui l’avæient entendue dans des circonstances analogues. La ressemblance du Prince avec