II
Alors tout entier à la guerre, le minislère ne pensait plus à la colonisation de la Louisiarie. Crozat, sans se rendre ‘mpte de la situation, sans même ajouter foi aux renseignements de ceux qui connaissaient le pays, sollicita la concession du commerce de cette colonie (1).
Antoine Crozat, marquis du Clätel, était alors le plus riche et le plus habile négociaat de France. Saint-Simon parle de lui avec beaucoup de dédain, sans lui rien r'epro- Cher cependant que d'être cordon bleu et d'avoir fait une immense fortune dans la panique et la marine (2).
Sa demande fut admise par édit du 14 septembre 1712, Dans le préambule de cet acte, Louis XIV rappelle les découvertes de Cavelier de la Salle, les entraves apportées par la guerre à la colonisation de la Louisiane, les connaissances de Crozat dans le commerce et la marine, l'espoir qu'il fonde sur l'habileté de ce financier, et termine Par ce passage, qui mérite d'être cité textuellement parce qu'il fait connaître l'importance de la concession et donne
() Barcia juge sainement la situation quand il dit: « Croçat, instruido de los Viages de Roberto de la Sala, y de Iberbile, sin hacer reflexion sobre sus desgraciados fines, bolvid à intentar lu Poblacion del Rio de la Paliçada, con Mejor fortuna, aunque con las mismas medras. » (Ensayo cronologico, p. 325, c. 2),
(@) Méinoires cosplets et authentiques, t. vi, pp. 213, 214. EL. Chéruel; Paris, L. Hachette, 1863.