‹ Relation faite par m. de Fontrailles des choses particulières de la courChapitre 15 sur 89 · DEUXIÈME PARTIE, [tii · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE, [tii

contre le^t sieur comte d*Alai8 à Toccasion dudit semestre , s*estant imaginé quli avoit favorisé ee Douvei établissement à leur préjudice^ poar diminuer leur puissance et autorité, et avantager la sienne, et que pour son propre intérêt il s*étoit porté en toutes rencontres à les maltraiter ; aussi ils le regardoient comme Tautoir et l*exécuteur de tout le mal qu*ils avoient srafTert^et cette même raison d*autorité par laqoelle ils combattoient les engageoit à fortifier la leur et diminuer celle du gouverneur. Ce qui les obligea encore plus à suivre ce mouvement , e'est qu'ils estoient toucliés de crainte de s*estre attiré par leur conduite l'indignation du Roy et le désir de vengeance dudit sieur comte d'Alais, comme les consuls d'Âix me le témoignèrent par la lettre qu'ils m'adressèrent à ce sujet :

• Monsieur , nous avons cru nécessaire d'envoyer ce courrier exprès iwur vous advertir de ce qui se passe icy despuis que monseigneur le conte d'Alais est hors de la ville et que nous avons obéy aux ordres du Roy. Premièrement les officiers de l'armée venant de Modéoe ont dicta celluy que nous avons comis pour leur faire {^rendre route, affln de sortir de la Provence, (H*ib y vouloient séjourner : ce qui est au préjudice de la promesse qui nous a esté faicte. L.a ville de Tarascon, qui devoit désarmer à l'exem- |>le de celle d'Aix, est encore sous les armes, ce qui ne cause pas peu de trouble on ce pays. Ueour du j>arlement a faict arrest portant inliii>itions à M. de Sève de s'ingérer de quoy que ce soit , si ce n'est au fait de la guerre , bien que monseigneur le comte d*Alais Tayt comis poor adsister tant à l'assemblée du clergé que delà noblesse : ce quy pourra causer beaucoup de désordre. M. de Grilles , gentilhomme d'Arles, a dit^ partant pour la cour, qu'il y alloit pour demander qu'il plust au Roy de restablîr le régiment qui a esté liscentié , pour le faire so'vir à la place des quinze compagnies qu'on doibt envoyer pour garder la cùtc et pour obtenir que l'assemblée quy a esté assignée par monseigneur le comte d'Alais dans Aix , au vingtdeuxième du courant, et du depuis renvoyée au douze du mois prochain , soit tenue ailleurs. Ces eonsidérations touchent sy sensiblement les esprits qui s'étoicnt persuadés un asseuré repos et une entière et ferme exécution de tout ce qui «foit esté résolu, qu'il est à craindre qu'il ne BOUS arrive quelque nouveau malheur, si la booté et la Justice du* Roy, en prévenent les ineonvénlens qui peuvent arriver, n'apportent les lempéramens et les remèdes propres a telles oceasions. Nous apprenons icy journellement que m. c. D. M., T. m.

tous les officiers qui e.stoient au régiment qui a esté licencié sont toujours auprès de monseigneur le comte ; que les soldats ont esté retenus pour la garde de Tolon , d'Antibes et aultres lieux autour de lacoste ; qu'on parle d'Ai^ avec grande passion et aigreur, que tous ceux qui sont auprès de monseigneur le comte et plusieurs autres dans la province , portent du ruban bleu pour se distinguer et faire un party ; ce qui a aussitost produit la monstre de plusieurs rubans blancs. Tout ça est plus propre à produire une guerre civille qu'à maintenir en paix les suhjets du Roy, qui, n'ayant qu'un raesme maistre , ne doibvent avoir d'austre livrée que celle de son service, et n'espouser en rien les ressentimens et querelles particulières qui ne vont qu'à la ruine du public. On nous advertit et menasse de toutes parts que l'assemblée de la noblesse, qui a esté convoquée à Marseille au quatre du mois prochain^ aux fins de desputer pour les Etats-généraux, doit estre le théâtre de quelques sinistres événemens ; qu'à ces fins on ramasse du monde partout , et que mesme plusieurs gentilshommes du Languedoc et du Dauphiué ont esté conviés de s'y trouver. Il faut que nous vous disions franchement , Monsieur , que cella nous perce le cœur de voir qu'au lieu de nous unir, on pratique de tous costés la division , et que les mauvais esprits font plus de mal dans un quart d'heure que tous les gens de bien ne saoroient réparer dans un long espace de temps ; pourvoyez-y, s'il vous plaist. Monsieur, et faites tomber les armes des mains de ceux qui ne se nourrisent que dans le désordre et la confusion. Nostre province jouiroit maintenant du bonheur où vostre prudence et les grâces du Roy l'ont mise, sy quelques esprits ne faisoient cognoistre par leurs menées qu'on veut entreprendre au préjudice de ce restablissement que toute la cour a approuvé et dans lequel les gens de biens commencent de ressentir les fruitz de la justice divine inspirée à Leurs Majestés; si bienqu'aujourd'huy il seroit très aisé, si on vouloit porter les espritz à la paix et union, de faire concourir tout le monde au véritable service. Ce seroit par ce moyen que les assemblées produiroient de bons effects , autrement il faudra ou en dillayer la tenue, ce quy fera tort aux affaires du Roy et à celles de la province, ou s'asseurer en la tenant d'y voir arriver quelques estranges événemens, ou du moins de sy grandes contentions , qu'il sera impossible que cella n'altère les effects que le Roy se peut promettre pour les advantages de son service. Nous avons depuis deux jours procédé à la création du second et troisième consuls de nostre ville, con-

UBHOmES DD COMTI flE BltlHIf B ,

formémcnt aax lettres patentes do Roy qu'il vont a plu , Monsieur , de nous procurer. Ces chaires ont esté remplies d'un consentement universel des pereonoes des sienrs de Mompleaant , Dnrantt et Barthellemi : ce qui nous falct croire qu'ils s'acqnittero&t très-dignement de leur employ pour le service de Sa Mt^esté et le bien de cette province. Noos sommes. Monsieur, vos tris-humbles et trés-obéissans serviteurs ,

- Les contuU d'Aix , procureurs dupayt de Provence,

■ Bras. Skgdibav.

.Aix, /eaoovn7lM9."

Après avoir pris les ordres de l'Emlnence sur la réclamation des consuls et procureurs d'Aix , il ixA résolu que l'on enverrait en Provence M. d'Estampes , pour tâcher de pacifler les esprits. On lui remit la lettre suivante du iloy , en créance sur M. le comte d'Alals :

• Mon cousin , ayant Jugé nécessaire d'envoyer en Provence quelque personne des plus qualifiées, J'ay faict choix du sieur d'ti^tampes , conseiller de mon conseil d'État, pour agir avec auctorlté et travailler efdcacement à la réunion des esprits , ajuster et dominer tous difTérens et contestations qui pourroient troubler le repos de cette province , ramener tous cgqx qui s'escartent de leur devoir , expliquer mes intentions sur le traicté signé par mon cousin le cardinal Btchi avec ceux de ma cour de parlement et en faciliter l'exécution, assister aux conseils que vous tiendrez, présider en tontes assemblées, et généralement foira tont ce qu'il Jugera à propos pour le bien de mon service. Je vous envole celle-cy , par l'advls de la Reine régente notre dame et mère , pour vous dire que vous ayez à apporter de vostre costé tout ee qui en dépendra potir donner le calme à la Provence , à ce que chacun y puisse vivre en repos, oublier tout ce qui est couvert par ledit traicté , donner vos ressenlimens au bien public, et pour cet effet, defTérer aux bons avis dudit sieur d'Estampes , qui vous expliquera plus particulièrement mes inteutiona , portant créance de confiance à tout ce qu'il vous dira de ma part. Auquel me r»nettant, je prieray Sien qu'il vous ayt, mon cousin , en sa sainte garde.

> Ecrit à Complègne, le 7 Juing 1649. •

Dans l'intervalle , de nouvelles réclamations Dous arrivèrent de la part du parlement de Provence:

■ Monsieur, vous ne dwbteret plus dn des-

sin de M. le comte d'Alals , quand vom nvrei

qu'il a (ïifctsalsir des chasteaux , faict faire des prisonniers deson auctorlté privée, a faict soo»lever Brlgnolle et prendre les armes , où il ■ mis pour gouverneur le chevalier de Vtni, d faict lanter plusieurs anitres lieux pour t'en saisir. Il falct falredes levées de gensdeguem dans le Languedoc, le Dauphiné et Provence, où 11 donne des commissions de son auctorW privée, ayant sudté les huguenots, et fait mtrer, sans ordre du Roy, des troupes de caval' lerledansla province, qui ont causé tant d'aeta d'hostilité par les lieux qu'ils ont passé, qw toute la Provence s'est émne , et a prlns In armes pour leur commune dépense. Il a envoyi une lettre à toutes les communautés pour n'obéir point à nos arrests , sans considérer qui n'appartient qu'à Sa Majesté. De qooy noai croyons. Monsieur, être obli|tès de vous don ner cognoissaoce , et comme la ville d'AIx i esié nécessitée de recourir aux armes pour si defTendre des maux dont on In menasse, et d'aï dégnst universel par toute la province dans li saison des fruits, quyscniît réduire les peuple à une estrange extrémité , quy tous, d'un com mun concours , demandent Justice à Sa Majesté cependant que M. le comte de Carces a courei pour esteindre le feu dans son commencement attendant qu'il plaise à Sa Majesté luy donne ses ordres' pour y faire valloir son auctorit violée , aussy bien que la déclaration de pndfl cation octroyée sur les derniers mouvemens. C procédé a sy fort agité les esprits, qu'il sera ble dirficile de les arrester, sy, par vostre prudant et par vostre bonté ordinaires, vons ne dalgnh promptement y pourvoir par la volonté expresi du Roy. De quoy nous vous supplions comn le seul remède pour finir une guerre clvllleqi pourrolt s'eslendre dans les provinces voisines d'où pourroient naistre d'estranges maux pi ceux de la relliglon prétendue, qui sontniT d'aise de trouver occasion pour armer ; outre q» Monsieur, vous ferez noe action très-agréable Dieu, nous vous en serons obligés comme cstii vos trèa-obéissans serviteurs,

■ Les gens tenant la cour dupartemm de Provence.

- D'Aix, le ISjuin 1640. ■

Dans cet estât, lis songèrent à s'acquérir le communautés en soulevant la brigue pour le consulats d'Aix qui leur sont affectionnés, c se précautionnèrenten faisant amas de mnnltioa dans la ville , s'assnrant de leurs amis et et soldats, et cberehant tous moyens pour se radi tenir en puissance et accroiitra le nombre é

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