‹ Relation faite par m. de Fontrailles des choses particulières de la courChapitre 17 sur 89 · IS · texte numérisé non relu

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Si extrémités auxquelles elles s'étoient poar ne le pas abandonner. Nous étant les premiers, Bl. de Châteauneuf et ns allâmes le lendemain lui rendre vi- ; lui. Il parut fier du bon accueil qui lui fait , quoiqu^il s*y fût toujours attendu ; ilut , par la manière dont il recevoit le qu'on connût ceux qui éloient ses \érinis , et ceux qui lui étoient indifférens. loit les uns , et à peine saluoit-il les aufos des derniers , et je m'aperçus que m raison , quelques jours avant son ree supplier la Reine de me permettre de rer. Châteauneuf, qui eu avoit aussi la )n , persista si fort , qu'il eut la lil)erté ce qu'il voudroit. On dit avec quelque snt qu'étant accoutumé à occuper la e place dans le conseil , il ne pourroit idre à servir en second sous le cardinal, 1 il n'avoit pas beaucoup d'estime. Pour ! ne pus me dispenser d'obéir à la Reine, commanda de rester à la suite du Roi.

rai que, ne pouvant me résoudi*e de renissidus devoirs à cette Eminence, qui offensé dans une de ses lettres et tétoujours beaucoup de froideur , je suiente de mon naturel , qui étoit de me ebez la Reine aux heures qui m'étoient te, afin de m*abstenir d'aller chez le 1 , et de faire connoitre que je n'en déi.en rien. Il ne fut pas long-temps à SYOir queje tenois à son égard une conffectée, et, soit qu'il crût me rendre un I ofûce auprès de cette princesse , ou isoit une chose agréable à Sa Majesté en nant qu'il avoit envie de bien vivre avec lui fit ses plaintes de ce que je ne l'allois dr. La Reine, voulant m'y engager, non commandement absolu , mais en me fai- «mottre que je lui ferois plaisir si cela de moi , ordonna à M. Le Tellier de me or m'y porter, et pour me faire entendre oor peu que j'y eusse de répugnance , esté atteudoit ceci de la fidélité et du que j'avois toujours eus pour elle. J'exà M. Le Tellier les raisons que j'avois Hur ne le pas faire , et je finis mon dis* iD lui disant que la Reine n'avoit qu'à me loder , et qu'il me suffi roit de connoîti*e tnté pour y oI)éir d'avance. Je lui tins pa- ^ le soir même , et le lendemain nous es de Poitiers. Etant arrivés à M irebeau, linal nous dit en présence de la Reine , à Villeroy et à moi , de nous trouver chez oor suivant de grand matin. Nous nous y les; et nous remarquâmes que son éloi-

gnement de la cour , bien loin de lui avoir fait changer de conduite , n'avoit servi qu'à le rendre plus fier , en reprenant Tautorité qu'il avoit eue; et que même il avoit conçu un grand mépris pour la nation françoise , de n'avoir pu se défaire d'un étranger qui lui étoit odieux. Ayant promis au maréchal d'Hocquincourt qu'il commanderoit l'armée , il voulut lui tenir parole , et le préférer , pour faire les sièges du Pont-de- Cé et de la ville et château d'Angers , au duc de Bouillon et à M. de Turenne qu'il trouva à la cour, et avec lesquels il étoit souvent en conférence. Comme je jugeai que de s'arrêter en Poitou ou en Anjou , cela pourroit être préjudiciable aux affaires du Roi , je ne pus m'empêchcr de le lui dire. Et afin qu'il abandonnât ces provinces sans craindre que M. de Rohan , qui commandoit en Anjou , y pût faire du mal , je lui représentai que le maréchal de La Meilleraye entreprendroit volontiers de réduire ces places à l'obéissance du Roi, m'ayant assuré qu'il avoit à Nantes treize canons en état de servir, et que dans peu de jours il auroit quatre mille hommes d'infanterie et encore plus de cavalerie, dont il pourroit avoir besoin pour les réduire; qu'ainsi, pour peu qu'on lui laissât d'infanterie , il feroit si bien que le Roi seroit obéi dans l'Anjou.

Soit que le cardinal ne pût prendre créance à ce que je disois , ou que je n'eusse pas le don de me faire entendre , ou qu'enfin il crût devoir préférer le maréchal d'Hocquincourt aux autres, et qu'il prétendit payer ses services par la gloire qu'il lui feroit acquérir, les deux sièges furent entrepris par ses ordres. L'un fut de peu de durée ; l'autre donna de la peine. Enfin ces deux places ayant été réduites à l'obéissance du Roi, Sa Majesté résolut de remonter la Loire, de passer par Tours pour se rendre à Blois, et d'envoyer à Orléans le grand conseil qui tenoit sa séance à Tours , où les généraux avoient été convoqués. Quelques considérations particulières ne laissèrent pas d'empêcher cette compagnie de partir de Tours le jour qui lui avoit été prescrit. Le Roi reçut à Blois des assurances des respects de ceux d'Orléans; et si le cardinal eût pu prendre la résolution d'y entrer, cette ville , qui étoit dans le parti des princes et de Paris, fût restée sous l'obéissance de Sa Majesté. On eut beau remontrer au premier ministre que les troupes du Roi , postées comme elles étoient , seroient suffisantes pour contenir le peuple d'Orléans dans son devoir, s'il vouloit s'en éloigner : il parut bien que la prudence humaine ne peut rien contre les décrets de la Providence divine , ni contre la peur; car mademoiselle d'Orléans s'étant pré-

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