RELATION DE FO.% TIUILLBS
etpartiealièreaieiit celoiiiuqael'il s'étoit exposé pliiqi*aQcaii antre , si cette prét^tion lui réus- Anlt; qa*fl Testimoit plus habile pour croire fi^n.esprit glorieux comme celui du cardinal pk Jamais lai pardonner Taffront qu'il lui avoit ftft recevoir à Sedan , et Tétat ou il avoit été par SOB moyen ; que la commission qu'ij lui doonoit Aller lymmander l'armée d'Italie n'étoit que yolr rélolgner de sa place, afln de rendre sa lole plus aisée ; que II Reine^et Monsieur lui ladoient les mains ; que cYtoit le parti le plus Jvte : et les servant dans cette occasion , quelle Hiire n'acqnéroit-il pas et quels avantages pour m intérêts particuliers! Que, tout bien consiléré, Il ne devoit po|rit différer d'assurer sa peret sa place à Monsieur ; qu'avec sûreté il
lit aisé de le faire Résoudre d*entreprendrc oatre le cardinal : et qu'au pis-aller , cela leur ■nqitoni, ils se retireroient tous à Sedan, en illeDdant la mort du Boi , qui ne pouvoit pas tarder en l'état auquel il étoit.
H. de Bouillon promit franchement tout ce fd dépendolt de lui ; mais il représenta que la fiaee n'étoit point sûre pour ceux qui s'y retirenioit, s'il n'y avoit une armée pour hasarder Akwd'DD grand combat; que les armées de ■orieors les ^mtes d*Harcourt et de Guichc Ment d'oiTcôté , et celle de M. de Guébriant , Il I^Witré ; qu'aussitôt gue M. le cardinal seroit Mmié que ses ennemis se seroieut retirés , inirait par le péril qi^ lui avoit fait courir M. le cMe, pressé de la nécessité de ses affaires par h maladif du Boi , il la feroit investir , et se ■Wroit des hauteurs qui environnent la ville: lutes les forces de l'Europe ne sauroicnt emfUier que Ton ne la prit et ceux qui se se* liieiit Jetés dedans. Pour ces raisons 11 falloit nc- Mairement traiter avec le roi d'Espagne , et Ihtr de lui des tn^upes suffisantes pour donner M bataille comme celle de Tannée précédente.
Pour dire mon sentiment, je crois que In jailMedans laquelle M, de Bouillon étoit de sa phce, et la crainte de la perdre , lui firent plus •wger à la conserver qu'à la sûreté de sa persane-, et que l'envie que M. le Grand avoit de •rtfr de la cour, le fit consentir à tout ce que H. de Bouillon voulut, voyant qu'il étoit mal- ■W de ne s y pas accommoder ; et hors de cette Wwmrce il n'estimoit plus de salut pour lui. Il ttdit point le particulier de cette conférence; seul>n>ent que tout alloit bien , et que M. de Bouill>ll étoit disposé à toutes choses.
(i) On voit encore remplaccmcnl de cet hôtel dans la 've Saint-Gilles, au MaraU. Les bases du traité de Moii- *»wec r Espagne y furent arrêtées dans la ronfi^reiice
Il parla après à Monsieur , auquel il fit voir la nécessité de traiter avec le roi d'Espagne , qui ne fit aucune résistance. Ils résolurent que ce seroit moi qui aurois cette commission.
M. d*AubiJoux et moi faisions de grandes instances vers M. de Bouillon et M. le Grand pour leur faire prendre une dernière résolution, pour venir aux expédiens d*exécuter l'entreprise contre M. le cardinal.
Enfin M. le Grand me dit qu'il avoit sondé Monsieur diverses fois , et qu'il le trouvoit fort éloigné de cette pensée, mais qu'il falloit l'y faire entrer par finesse ; que M. de Bouillon ne vouloit point agir qu'il ne fût assuré d'un prompt secours pour sa place , et que pour cela il étoit nécessaire de traiter avec les Espagnols; que Monsieur y étoit résolu , et qu'il m'avoit choisi pour faire le voyage et conduire cette négociation.
Je ne fus de ma vie si étonné : Je lui dis que la manière me sembloit un peu étrange de disposer ainsi de moi sans ma participation , et que je verrois ce que j'aurois à faire. M'étant après retiré , et en ayant consulté M. d'AublJoux , nous tombâmes d'accord que nous étions engagés dans une méchante affaire , et si avant , par le conseil que nous avions tant appuyé d'entreprendre contre M. le cardinal , qu'il étoit impossible de nous en retirer sans une perte assurée ; que si Je refusois de faire ce voyage, quelque répugnance que j'y eusse , nous deviendrions suspects du seul cûté par lequel nous devions espérer de nous tirer de cet embarras ; que nous avions la mort du Boi pour nous , la faveur de M, le Grand auprès de Monsieur , et le crédit que s'y étoit acquis M. de Bouillon ; et par autre voie , point de ressource que par une infidélité dont nous étions incapables , et perdrions plutôt mille vies, si nous en avions autant, que de la commettre.
Nous convînmes, après nous être amplement entretenus, que je ferols donc le voyage. M. le Grand en reçut une Joie très-sensible ; car de la sorte que je m'étois séparé de lui, il ne le croyoit pas et ne s'y attendoit pas.
M. de Bouillon et M. le Grand se virent plusieurs fois au logis de M. d'Aubijoux et de moi, qui logions ensemble, pour conférer de leurs, affaires, et particulièrement de leur traité.
Ils furent tous deux un soir fort tard à l'hôtel de Venise (t) , où Monsieur avoit son écurie; là ils résolurent avec lui ce qu'ils avoient envie de
dont M. lie Fontralllcs fait ici mention. ( Voyez plu» haut la lettre de M de Mnrra h M. de Brienne, page 259 de ce volume. ) (A. E.)