MÉMOIRES DE LA CHATBE. [1G
cela me mettroit presque hors d'état de bien suivre ses ordres , et, finissant son discours , elle me témoigna qu'il falloit qu*une autre fois Je demeurasse neutre.
Le lendemain Je fus voir le cardinal qui , m*ayant reçu avec plus d'apparence de franchise qu'auparavant , me dit que la Reine lui a voit parlé de ce qu'elle m'avoit dit; et comme je m'étois informé de ce que je pouvois alléguer là-dessus , je lui répondis que , puisque la Reine désapprouvoit mon action, j'en étois corrigé pour jamais ; mais que si j'avois failli , ma faute n'étoit pas sans exemple; et je lui citai là-dessus celui de feu M. d'Epemon , dans la querelle <le M. le comte et de M. de Guise. Il me dit que la Reine avoit beaucoup de raisons de désirer •que cela ne se fit plus , et m'exhorta, comme mon ami, à demeurer dans le dessein que je lui témoignois d'obéir ponctuellement à Sa Mijesté. Je lui fis encore ensuite deux ou trois visites , dans lesquelles il me traita si bien , que Je crus que peut-être ne seroit-il pas fâché de m'obliger dans mes intérêts, puisqu'il avoit bien voulu servir un de mes parens à ma recommandation. Je lui parlai donc de ce qui étoit à démêler entre M. Le Tellier et mol ; et , par un Mémoire que je lui donnai , Je lui expliquai assez nettement la chose ; et en le quittant J'ijoutai que c'étoit la plus importante affaire que Je pouvois avoir. Ses réponses ftirent fort civiles et affectionnées ; mais lorsque Je lui en parlai , Je le trouvai beaucoup plus froid , et il me fit un long discours pour me montrer qu'il y alloit fort du service du Roi en ce que Je lui demandois, et conclut en me disant que, pour ce qui serolt de mon intérêt, il falloit que J'eusse satisfaction , et que Je ne m'attachasse pas à conserver un droit qui tiroit à trop grande conséquence. Je lui répondis que mes prédécesseurs en la charge en avoient Joui ; et que, pour ce qui étoit de moi, tous ceux qui me connoissoient savoient que le bien et l'intérêt me touchoient peu , et que l'honneur étoit ce qui me faisoit agir , et ce que Je cherchois dans l'affaire dont Je l'entretenois. Je doute si cette déclaration si franche de mon humeur lui plut, mais Je sais bien qull me quitta sans me donner de grandes espérances.
Ce fut ce Jour-là , ou le suivant , qu'arriva le dernier trait de la dtogràce de madame de Montbason chez Renard ; Je n'y arrivai que comme la Reine en sortoit , et fàs très^urpris et fâché de ce désordre. M. de Mets m'est témoin de ce que Je dis à madame deMontbazon, et combien Je la blâmai d'avoir fait de l'affaire de madame la princesse celle de la Reine. Cependant Sa Majesté me fit le lendemain l'honneur de me compter
entre les conseillers de cette belle disgraciée , et témoigna que les choses qu'elle avoit dites devant madame la princesse, contre ceax par l'avis de qui elle étoit demeurée dans le logis de Renard , étoient particulièrement adressées à moi. J'en fus averti incontinent ; mais me m* tant entièrement innocent , Je Jugeai n'en devoir point faire d'excuses, et crus que Je ne pouvois entrer en éclaircissement sans parler en quelque sorte contre l'exilée : ce qui n'étoit pas de mœ humeur. Cependant Je m'apercevois bien qu'on tiroit mon affaire en longueur pour Tune de em deux fins , ou de me faire faire quelque eseipade et quelque trait bizarre , ou bien d'enmtyir les Suisses par le retardement , et de me décréifr ter auprès d'eux.
Ainsi Je pensai que je devois me hiter ite voir la conclusion, et fus trouver madame de Chevreuse à qui je dis qu'aux termes oà étoiest les choses y Je ne la venois pas prier de parler pour moi , sachant bien qu'elle avoit des lilirêts plus importans à démêler; mate que Je venois seulement lui dire qu'il fUlolt quejeae pressasse , et qu'avant que de le ftdre Je lui es avois voulu rendre comfÀe. Elle appela Cam^ en tiers à notre conversation, et me répondit ffKtf si J'eusse pu me donner huit Jours de pottaee, elle croyoit que dans ce temps4à elleeAt pufÉc mon affedre hautement ; mais puisque Je m pnvois différer , que Je cherchasse mon appel d* leurs , et que Je demeurasse seulemenl to^jMn de ses amis. Je crois que ce discours ne M point étendu plus avant que nous ; mais Je wk bien que le lendemain étant allé parler au ordinal , il me témoigna avdr peu d'IneHnatinà me favoriser , et après plusieurs dlfSeultés , qiolque Je l'assurasse que Je désirote lui avoir riU* gation de la chose, il me dit qu'il n'étoit pasieil dans le conseil , et qu'il falloit que J'en parliee aux autres. Je Jugeai bien dès-là mon dttn perdue; mais ne trouvant point d'autro VUê d'en sortir , et voyant que M. Le TelUer svoll obtenu par provision ce qu'il dédrolt eostre moi , Je me résolus à parler à Son Altesse t^pk et aux autres personnes qui avoient entrée dsM le conseil ; mais durant ce temps le procédé de mes amte ruinoit tout ce que Je pouvote étsWr.
M. de Reaufort , soit par amour , soit pv or* gueil, se montroit outré de l'exil de madamede Montbazon ; et quand la Reine vouMt parler à lui, il s'en éloignoit avec une manlèro si dédri* gueuse, que cela seul étoit capable de dëîfàit toute l'amitié qu'elle eût pu avoir pour hiL h m'en aperçus un soir, et lui fis des repruche» d'agir ainsi en enfant ; mais au lien de me fVf^ de raisons , il ne me répondit qu'avec des tn^
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Il et d« boutades fort imprudentes. Comme Mt moins d'occupation qu'à l'ordinaire , il ▼enoit chereher très*8ouvent; et pour moi, igue Je le ^isse en assez mauvaise posture , amitié et par lionneur Je ne voulois point Isigner de iui. Il est vrai que les soirs Je ne oynHs pas si fréquemment , et que Je doute fÊtÊtAi toutes les nuits dans Paris.
L de Vendôme ne voyant point son affaire haver, le tourmentoit tous les Jours pour le ï necommoder avec le cardinal ; et ne pouk rien gagner sur lui de ce côté , il crutqu*il lit a'unir absolument avec La Rivière. Il le oae pressa plus que Jamais par le maréchal «rées, et lui fit offrir Tamitié de M. de idbrt La Rivière écouta cette proposition i beaucoup de Joie; et ayant pris rendez- I diez le même maréchal d'Estrées , il fût iris de n'y voir que M. de Mercœur avec ■Éeur son père, et point du tout M. deReau- . Dès-là il se tint pour fourbe ; et quelque de Vendôme l'assurât qu'il lui amèneroit flis au premier Jour , et lui alléguât quelebetacle qui l'avoit empêché de venir, il ne tac Jamais entrer en matière ; et s'étant séi dvilement de la conversation , il s'unit
le lendemain avec le cardinal , avec qui [É'alors il n'avoit pas eu une intelligence hite. M. le prince entra en tiers en cette asatioii , dont Je crois que le premier article la ruine de H. de Reaufort. Et de fiait , deux « après, la Reine étant allée au bois de eeones faire collation chez M. de Chavigny, ' ftrt et en eut une assez mauvaise récepto Je ne sais si cela le piqua , mais il s'en ret «Dssltôt à Paris, et, étant allé au Louvre klendre le retour de Sa Mijesté, il y trouva ardlnal, à qui , à ce qu'on dit , il fit quels questions s'il sortoit , qui le mirent en me. Quelque temps après on le vint avertir I y avoit des cavaliers sur le quai, qui semisnt attendre quelque chose ; après cela il loiita plus qu'on ne le voulût assassiner ; il ^bUa hautement, et envoya quérir tous les tes qu'il put pour son escorte. Le lenden. J'appris cette nouvelle de M. de Metz ; tant allé au Luxembourg, J'y trouvai H. de ee^que J'appréhendois de voir embrouillé e ce mauvais bruit ; Je trouvai qu'il l'igno-
eneore. Nous attendîmes ensemble le rer de Monsieur , qui parla fort sobrement de ime ; mais La Rivière la releva hautement. Ut qu'il y alloit de l'autorité de Son Altesse fale de maintenir les ministres en sûreté. f*eiisae bien voulu voir M. de Reaufort; mais loit allé à la campagne voir monsieur son
père , et n'en revint que le soir : ce qui acheva de le perdre ; car peut-être que s'il eût été chez le cardinal , il se fût édaird avec lui^ et n'auroit point été arrêté. On lui conseilla de s'en aller pour quelques jours à Anet ; mais il se confioit si fort à la bonne volonté de la Reine pour lui , qu'il s'en voulut venir droit au Louvre. Pour moi , ayant été l'après-dlnée chez le cardinal l'assurer de mon service , et lai offrir de faire avancer une rote des gardes-suisses poui l'accompagner , J'en ftis reçu fort civilement , quoiqu'il refusât mon offire ; il fit semblant de croire que ce bruit étoit faux ; mais je lui trouvai pourtant le visage et la contenance d'un homme fort étonné. Le soir , en entrant au Louvre , J'y appris sous la porte la prise de M. de Reaufort. La connoissance que J'avois de mon innocence fit que , sans balancer. Je montai en haut, et trouvai dans la salle des gardes de la Reine le cardinal , qui sortoit accompagné de trois cents gentilshommes. Il me salua assez civilement ; mais de toute sa suite , Navailles, Piennes et Sain^Maigrin ftirent les seuls qui me voulurent connoltre et al>order. Je trouvai dans le petit cabinet de la Reine madame de Chevreuse , à qui je parlai quelque temps ; et ayant demandé par plusieurs fois si je ne pourrois point voir ce pauvre prince , et ayant su de Guitaut même que non , Je m'en ailois, lorsque la Reine me fit appeler dans sa petite chambre grise , et me commanda de faire venir deux compagnies suisses le lendemain à six heures du matin , devant le Louvre.
N'ayant pu dès le soir voir personne de l'hôtel de Vendême , J'y allai le lendemain matin mêler mes soupirs avec ceux de toute cette maison affligée, et appris de M. de Vendôme , à qui Monsieur en avoit fait entendre quelque chose, la confirmation de ce que m'avoit dit le soir d'auparavant M. de Guise , que J'étois du nombre de ceu^ qu'on devoit éloigner de la cour. Ce bruit me fâchoit médiocrement; et Je ne sais par quelle prescience de mon malheur Je souhaitois le bannissement plus que Je ne le craignois. J'en allai, au sortir de là, attendre la nouvelle chez messieurs de Réthune et de Montrésor, qui étoient menacés du même accident, et qui en reçurent une heure après le commandement en ma présence. Ce n'est pas qu'ils eussent tant de liaison pour l'heure avec M. de Reaufort, qu'ils dussent participer à sa disgrâce ; mais c'est que La Rivière ne voulut Jamais promettre au cardinal de faire consentir son mattre à la prise de ce pauvre prince, qu^'il ne l'assurât en même temps d'exiler ses deux ennemis ; et je crois que Mcmsieur même y con-
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tribua de son avis, étant mortellement ulcéré contre M. de Montrésor de ce qu'il Tavoit quitté , et n*ayant pas aussi oublié que tout ce qu'il avoit pu dire lui-même et faire dire en son nom nu comte de Béthune , l'hiver d'auparavant , pour l'adoucir envers La Rivière , n'avoit de rien servi, et qu'il avoit fallu lui envoyer un commandement du Bol pour cela. On fit, le même jour, partir M. de Ghâteauneuf de Montrouge , et Saint-Ibal eut aussi ordre de se retii*er. Ce qui Ait la récompense des services que Beringhen avoit rendus au cardinal, qui le délivra de la présence d'un homme qui en parloit partout avec un mépris horrible.
Pour moi , je croyois à chaque moment accroître le nombre des proscrits ; mais enfin , raprès-dtner, on me vint assurer que j'étois garanti du naufrage, et que la protection de Monsieur m'en avoit sauvé. J'avois peine à comprendre que celui que je n*avois jamais servi me préservât des malheurs que m'aurolt prépara celle à qui je m'étois dévoué si fidèlement. Néanmoins , cette nouvelle m'étant confirmée de trois ou quatre endroits , et même de l'hôtel de Guise , je crus l'en devoir aller remercier. Etant ailé le soir au Louvre, la Reine ne me regarda pas , de quoi je m'étonnai peu , dans une si récente disgrâce de mes meilleurs amis. Mais je fus assez surpris lorsqu'après avoir été le lendemain dire adieu à M. de Vendôme , qu'on chassoit quoique assez malade , je m'en allai au Luxembourg , et y ayant fait à Son Altesse Royale le compliment que je lui devois pour le bon office qu'on disoit qu'elle m'avoit rendu, j'en reçus une réponse fort froide, et qui oontenoit presque un désaveu de ce qu'on publloit qu'il avoit entrepris en ma faveur.
Je recommençai dès ce jour à faire les fonctions de ma charge à l'ordinaire ; et ayant essayé le lendemain, inutilement, de voir le cardinal , qui avoit pris médecine , j'y retournai le jour d'après , et en reçus un accueil fort froid , ne m'ayant jamais parlé qu'en tierce personne , et comme s'il se fàt pkis tôt adressé à toute la compagnie qu*à moi. Je fis cette première visite assez courte ; et y étant revenu deux ou trois fois dans la semaine suivante , je n'en eus jamais que des révérences fort sérieuses, et pas une parole. Dès-là je jugeai mes affaires en fort mauvais état ; mais je ne doutai plus qu'elles ne fassent entièrement ruinées, lorsque j'appris que Monsieur , en présence du cardinal, avoit presque tourné en ridicule le remerctment que je lui avais faK , et avoit conté tout haut qu'il m'avoit nié de m*avoir servi. Je fus redevable
de cet avis à M. de Longuevllle qui , malgré tous les démêlés passés, m'avoit fait llioniiev de demeurer de mes amis, et s'étoit offert , dès la prise de M. de Beaufort , à me servir. Je ne doutai point que La Rivière n'eût opéré eo ee rencontre, et priai M. de Brienne, à qal je contai toute la chose, de la vouloir dire à k Reine, et lui témoigner que mon compliment n'avoit point été pour chercher une autre pro» tection que la sienne ; et le conjurai d'entrer n peu plus en matière s'il s'y trouvoit un Jour. Il le fit, et eut pour réponse de Sa Majesté qa'die me croyoit trop homme d'honneur pour avoir trempé dans la conjuration qu'on impatolt à M. de Beaufort ; mais qu'il y avoit eu de rim» prudence dans ma conduite. Ne trouvant pas beaucoup d'aigreur dans cette réponse , Je eroi que, si je lui parlois moi-même, peut-être s'ofh vriroit-elle davantage. Je pris donc mon temps comme elle me donna l'ordre , et lui ayant re> confirmé ce que M. de Brienne lui avoit dit de ma part , elle me dit seulement avec fh>ideir qu'elle le croyoit , et s'éloigna de mol. On ne conseilla de me rendre soigneux de la voir i toutes heures : ce que je fis avec toute TasÉduité qu'il me fut possible; et dans oeméoN temps M. de Liancourt étant arrivé à Pftris , Je le priai de dire au cardinal que je ressentols II captivité de M. de Beaufort avec une doolc» infinie; mais que c'étoit sans murmurer et sans perdre le respect que je lui devois, et que je lui demandois qu'il me considérât oomae un homme qui songeoit à faire sa charge, et ries davantage. Sa réponse fût que j'avois refM d'être de ses amis , et que ce qu1l pouvait Mre par générosité étoit de ne me point faire de ml* Cependant je voyois que le maréchal de Bu* sompierre> qui m'avoit jusqu'alors témoigeé tant d'amitié, et qui même étoit venu dlier chez moi huit jours devant , s'éloignolt de moi, et ne me parloit plus qu'en crainte. Un soifi dans le petit cabinet de la Reine , il m'avertit de songer à moi , et m'apprit la disgrâce de H« de Beauvais , à qui l'on fit faire une qoerdle sans sujet par M. le prince, pour avoir lien de le bannir. Il ne me dit la chose qu'en gros et en trois mots; et puis se retira de moi fans ne vouloir parier davantage , comme s'il eût apprê> hendé qu'on ne nous eût vus en co&yersatioi. Un jour après, trouvant un de mes amii, il ee mit à lui blâmer ma conduite , et à m*acraier, entre autres choses , de voir souvent madanM de Ghevreuse. Il est vrai que , m'étant dit soe serviteur avant sa chute, je ne m'éloignai pee d'elle lorsque le malheur de M. de Beastat avança le sien, et qu'allant, comme J^al dit,
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M souvent au Loavrc , dont son logis et oit fort [Modie, fy ailols attendre la fin des prières de la Reine, et l'heure de son souper : mais mes Tjiltes n*étolent point partieulières , et mesijenrs de Guise, de Retz, et vingt antres per- NDMS y venoient aux mêmes heures. Je fus néaie on des premiers qui lui conseillai d'esaycr à se raccommoder avec le cardinal , et lui ONifirmai le dessein d'y employer M. de Lianeourt , qui l'y servit avec grande chaleur , mais MsaoeaD firuit; le cardinal se plaignant qu'elle iiiavoit manqué de parole, et disant qu'elle savait bien de quoi elle étoit demeurée d'accord afce la Reine.
Noos ne savions ce que c'étoit, parce qu'elle eieba sa disgrâce Jusqu'à la fin; mais nous apprîmes enfin que, le soir même de la prise de ll.deReaufort, s'étant offerte à faire sans répognance tout ce que la Reine lui ordonueroit, Si Ifadesté lui dit qu'elle la croyoit innocente (tadesseins du prisonnier ; mais que néanmoins dlejugeoil à propos que sans éclat elle se retirât à Dampierre , et qu'après y avoir fait quelqae s^four elle s'en allât en Touraine. Depuis ee aoir elle ne fût qu'une seule fois au Louvre , eti'anrofit pas tant demeuré à Paris, si elle ne aefftt opiniâtrée à toucher , avant que d'en partir, quelque argent qu'on lui avoit promis. Tous leajoura il venoit des émissaires de la Reine et di cardinal la solliciter de s'en aller ; et entre aitres, Montaigu étant venu un Jour lui parler , die lui demanda s'il étoit vrai qu'on chassât encue beaucoup de gens , et parut surtout curieuse de avoir si l'on m'ôtait ma charge, témoignant ON plaindre , et prendre part à mon malheur.
Cette question étant rapportée au cardinal , Art le dernier coup de ma ruine ; et dès le lenteafai la Reine dit au maréchal de Bassompierre qu'elle lui vouloit rendre sa charge : ce <Pi11 refbsa d'abord , à ce que l'on m'a dit. Ce bnit, s'étant épandu par la ville, vint Jusqu'à M et fit que Je priai M. de Liancourt de faire encore une tentative auprès du cardinal. Il me dit que, sans que Je l'en eusse sollicité , il lui es avoit parlé plusieurs fois, et n'en avoit point eu de satisfaction ; si bien qu'il Jugeoit nécessaire que quelque antre lui aidât à rentrer dans ce diieours. Le commandeur de Souvré me prooilt de me rendre cet office ; et eux deux enlemble ayant pris leur temps dès le soir , ils troav^ent un homme fort aigri , et qui à peine les vouloit ouïr, assurant toujours pourtant qu'il ne me feroit point de mal. Ce dernier effort étant demeuré inutile , je jugeai que je devois tout appréhender , et pris dès lors mes résolutions. En ce même temps ma femme, étant arri-
vée à Paris , alla voir madame la princesse, avci* qui la dévotion lui avoit donné quelque intrigue et quelque familiarité; elle eut avec elle une longue conversation , où elle déclama ftirieusement contre moi , faisant parottre pourtant, à la fin de son discours, qu'elle désiroit de me voir. Elle mena ensuite ma femme aux Carmélites ^ où elle et madame d'Aiguillon la présentèrent à la Reine, et tâchèrent de l'adoucir pour moi; mais ils la trouvèrent trop obstinée à me perdre, et déjà, disoit-elle , engagée de parole au maréchal de Bassompierre. Madame d'Aignillon la mena le soir chez le cardinal, qui lui dit la même chose , et l'assura que si elle fût venue trois semaines plus tôt , il y auroit eu lieu de me sauver. Voyant ainsi tout le monde bande contre moi. Je me résolus de ne point voir la Reine , de peur de recevoir un commandement de sa bouche, et d'être réduit à la reftiser en face ; et ayant trouvé Saint-Luc , qui m'assura de la part de son oncle qu'il ne contribuoit point à mon malheur, et qu'il ne vouloit point de ma charge, je lui dis que je lui demandois seulement qu'il ne la prit point sans ma démission : ce qu'il m'assura qu'il feroit.
Le lendemain , Je fus voir madame la princesse, qui d'abord s'emporta fort contre moi: Je souffris ce qu'elle me voulut dire, et, ne voulant pas justifier mou procédé , pour ne la pas choquer entièrement ni aussi le condamner^ parce que cela m'auroit paru honteux , Je rejetai tout ce qui s'étoit passé sur mon malheur, et sur des rencontres inévitables. Elle donna plu^ sieurs attaques sur le pauvre M. de Beaufort, auxquelles Je repartis le plus modestement et le plus fermement que Je pus, et sortis d'avec elle, la laissant en apparence fort adoucie. En effet , quoiqu'elle eût un peu sur le cœur que Je ne lui eusse point demandé son assistance, elle promit à ma femme d'empêcher ma ruine , et lui dit que Je me trouvasse le lendemain chez elle à l'arrivée de monsieur son fils. Je passai le^ reste du Jour en l'attente du commandement; et le lendemain matin, ayant su que le maréchal de Bassompierre sembloit trouver étrange qu'après tant de civilités qu'il m'avoit faites Je ne lui en rendisse pas une , J'allai chez lui , où il me répéta les mêmes assurances que Saint-Luc m'avoit données de sa part ; et pour remède contre la persécution qu'on me préparait, il me conseilla de ne point donner ma démission : ce que je lui protestai que je ferais.
Je metrauvai l'après-dtnée à l'arrivée de M. d'Enghien , à qui madame sa mère me présenta, et en fus fort bien reçu. Monsieur son père, quo je vis un instant après , me fil quelques ropre-
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ches , mais sans s'emporter, et m'assura qu'il ne me nuiroit point. Ne voyant plus cette maison aigrie contre moi, au contraire madame la princesse ayant dit ce Jour-là que num affaire étoit la sienne, ii me restoit encore quelque espérance, fondée principalement sur cette haute réputation du maréchal de Bassompierre, que Je croyois trop généreux pour contribuer à ma perte après ce qu'il m'avoit promis , et la prière qu'il avoit faite à M. de Longueville d'assurer madame la princesse que , bien loin de le désobliger en me servant , il le tiendroit à faveur, ne prétendant point me dépouiller.
Cependant n'ayant point été depuis deux ou trois fours au Louvre, Je Jugeai à propos de faire dire à la Reine, qu'après le bruit qui avoit couru^ Je n'avois osé par respect me présenter devant elle pour faire ma charge, quoique Je la crusse trop Juste, et me sentisse trop innocent pour appréhender sa disgrâce. Je priai M. de Brienne de me rendre cet office, et de voir aussi le cardinal, pour lui dire que, quelque bruit qui courût. Je ne pouvois croire mon malheur , sachant bien que Je n'avois Jamais manqué contre la fidélité que Je devois à la Reine , ni contre le respect qui étoit dû à Son Eminence. J'eus réponse de ce dernier point dès le Jour même, et sus que le cardinal n'avoit point témoigné d'animoslté contre moi, et avoit parlé comme s'il y eût eu encore quelque espérance de me raccommoder. Mais pour le premier point, H. de Brienne, m'étant venu voir le lendemain matin, médit que, comme il ouvroit la bouche pour parler de moi à la Reine , elle l'avoit prévenu, et lui avoit dit que, le sachant mon ami, elle l'avoit choisi plutôt que M. Le Tellier,avec qui elle avoit appris que Je n'étois pas bien , pour me venir ordonner de lui envoyer la démission de ma charge, et ne lui avoit allégué autre raison de ce commandement, sinon qu'elle vouloit rendre Justice au maréchal de Bassompierre. Ma réponse ftit que Je m'estimois le plus malheureux homme du monde d'avoir pu déplaire à la Reine , et que ma seule consolation étoit que ma conscience ne me reprochoit point de l'avoir offensée, ni en bagatelles, ni en choses sérieuses ; que , pour ma chaire, elle en étoit la maîtresse absolue, et qu'elle en pouvoit disposer; mais que Je la suppliois très-humblement de trouver bon que Je n'y contribuasse point; que, l'ayant prise huit mois auparavant à la vue de toute la France par son commandement, il sembleroit que Je me sentirois coupable de quelque grand crime, si Je consentois sitôt à m'en dépouiller ; et qu'enfin, pour les pe^ tits services que J'avois essayé de lai rendre. Je
ne lui demandois point d'autre grâce que I permission de me retirer ches moi pour y ptadi dre mon infortune, et attendre un tempe pta favorable à mon innocence : ce que ympènH quelque Jour, parce que Je eroyois Sa M^fèM Juste, et que Je savois que Dieu l'^oit.
M. de Brienne, ne pouvant abscrinment In prouver ma résolution, me dit seulement qw i J'en voulois prendre une autre on povrolt n ménager, outre la récompense entière de ■ charge, quelques avantages, comme des brevel de chevalier du Saint-Esprit , de marédial^ camp , de deux mille écus de pension , et d^ surance de récompense de la première di0| vacante. Je me moquai de toutes ces grâces fr. voles, et me séparai de lui, après l'avoir fà de rapporter exactement ma réponse à la Bel» Une heure après , J'appris de ma femme que m dame la princesse s'étoit excusée à elle-mtÉ de l'assistance qu'elle avoit promis de me sur la considération du maréchal de pierre , qui l'en avoit priée , à ee qu'elle quoique l'autre le niât.
Ne Jugeant pas à propos, après ma de demeurer chez moi , Je me retirai diei ■ de mes amis, et le soir J'appris , d'une penow de très-grande condition,que, s'étant troavéefl Louvre , elle avoit vu quelque remuement les gardes de la Reine, et avoit eu qu'il y avoit ordre de m'arréter. SI f mon sentiment , Je serois demeuré dans VmÈ pour voir si l'on pousseroit Pinjustioe JoiqÉta bout; mais mes amis ne l'approuvant fÊÊ^ik le lendemain matin Je fus à la campagne. Qitf ques Jours après J'appris que la Rdne, M. le prince , le cardinal , ou pour mien en un mot , toutes les puissances étoient nées contre moi , et que le marédial de pierre commençoit à changer son premier tê cours et à dire qu'ayant tant de dnÊI» à ft charge, il ne pouvoit la refuser s'il lEalloit qnji la perdisse et que la Reine la lui Jetât à la tti mais qu'il n'y entreroit Jamais que Je ne tm entièrement satisfait. Contre un si grand ùn§ Je ne trouvois que peu ou point d'amis : H. é Liancourt, qui seul a fait paroltre pour mali la vigueur et de la générosité , éUAt à la etfi pagne ; presque tous les autres m'abandouBota peu à peu , et ceux qui me restoient élolent • enveloppés dans le même malheur que mol, • dans l'impuissance de m'assister.
Des premiers, les uns, comme M. de BrieuM me proposoient des avantages en obéissant , i des persécutions eu résistant; d'autres, méa des plus qualifiés, complaisans aux pataaaet ou incités par mes ennemis , m'écrivoient de
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lettres pour m'intfmider, et me vouloient faire a|i|)rébeDâer qu'on ne me traitât de rebelle , et ^alDsi mes biens ne fussent confisqués et mes nàtaoM rasées. Enfin il se passoit peu de Jours oà Je ne reçusse cent avisdifférens , qui ne m'é* kanloient point du tout. Au bout d*un mois , ne voyant toqjours dans les mêmes sentimens , fai Reine fit fidre une déclaration par laquelle le M poblioit que la démission du maréchal de liwompierre étoit nulle , comme ayant été douée ea prison , et sous une promesse de le mettre n liberté, qu'on ne lui avoit pas tenue ; et cassoit iMi les provisions données en conséquence au Hvqiiis de Coislin et à moi , remettant le maéchal en diarge sans qu'il eût besoin de nouma serment, à condition de me payer dans ptaue Jours, en un paiement^ les quatre cent livres qu*il en avoit touchées pour récom- OQ de consigner cette somme à l'épargne, que Je ne donnasse pas un pouvoir vaille poor la recevoir.
Cette déclaration , dressée par le chancelier t éerile de sa propre main , me lalssoit à courre ifiès les vingt-deux mille écus que J'a vois don léi de sarplns; néanmoins craignant que je ne la répétasse contre lui , avec qui J'avois traité Bonne tuteur de ses petits-fils de Coislin , il frit m brevet du Roi de pareille somme , pour ■s le donner en paiement. J'appris cette nou- «die qoi ne m'émut point, avec une autre qui Mtoodia beaucoup davantage , qui Ait un dfsflsmqoe madame de Rrienne voulut faire croire à M femme qu'elle avoit eu avec la Reine sur ■oa sqiet, où Sa Miyesté, blâmant ma déso- MÉMmee, avoit Juré, disoit-elle, devant le Sriat-Saerement qu'elle avoit contre moi des chues capables de me perdre, qu'elle ne voulut point pousser par pure l)onté. J'avoue que Ndtoeoors me mit si fort en colère, qu'à l'heure aime J'éerivisà M. de Brienneque,tant qu'il ne l'teit agi que de ma charge et de ma fortune , r^ois souffert sans murmurer ; mais que je ne psBvois , sans me plaindre , ouïr dire qu'on atlaipiât mon innocence , et qu'on me voulût noir* fr auprès de la Reine, à qui , en cette occasion, B ne demandois que justice, la suppliant, si étoÊB ooupable, d'ordonner au parlement de lire mon procès, étant prêt d'entrer en la Gon- «gerie toutes les fois qu'elle lui voudroit donir eonnoissanoede mes fautes. C'étoit là le sens î ma lettre (1) 9 9^^ ^^^^ ®n termes un peu plus «ndus.
M. de Rrienne la trouvant peut-être trop
(1) Cesl la letue qui est à la fin des 11 émoires de La bâlie » d-aprés , page 296.
hardie , ne voulut pas la montrer à la Reine, et se contenta (que Je peose) d'en faire part au cardinal , qui n'étoit pas ce que je désirols de lui. Cependant le maréchal de Bassompierre , voyant que tout ce qu'on m'avoit pu dire Jusqu'alors ne m'avoit point fait changer de dessein , et ayant ordre de la Reine de se résoudre à se déshonorer en prenant ma charge, après tant de paroles données du contraire, étoit en d'étranges inquiétudes, et travail loit chaque Jour, par mille biais différens, à me faire parler pour me rendre moins opiniâtre. Enfin , se disant extrêmement pressé par la Reine, il fit faire trois sommations à ma femme de recevoir son argent , et en donner quittance valable à la troisième. Elle ayant fait réponse qu'elle étoit prête a donner quittance pourvu qu'on lui apportât tout son argent, cela l'avoit encore mis en peine , n'ayant pas le quart de la somme, et toute sa pensée étant de consigner en papier, par la faveur de M. d'Emery. Il fit demander qu'on lui montrât ma procuration ; et sur le refiis qu'on en fit , Jugeant que ce n'étoit qu'un délai , il dit que si dans quatre jours on ne la lui montroit, il oonsigneroit, et dés-lors il entra en charge.
Dans cette extrémité , quoique je fusse encore dans la même pensée qu'au commencement. Je trouvai tous mes amis de contraire opinion, qui me représentèrent que c'étoit perdre et ma charge et mon bien à crédit, puisque laissant consigner à l'épargne ( ce qui ne se feroit qu'en papier) , c'étoit Jeter mon argent dans un gouffire d'où je ne le retirerois jamais ; que j'aurois affaire à un vieillard , officier de la couronne et raffiné courtisan , qu'il m'étoit comme impossible de déposséder tant qu'il vivrolt ; et qu'à sa mort, si je ne me trouvois bien à la cour, je ne rentrerois point dans ma charge; quemadé8ol>éissance feroit qu'on me pousseroit jusqu'au l)out ; et que je voyois bien que celui qu'on me mettoit en tête étoit un homme hors d'âge de pousser mes ressentimens , et un fourbe qui, m'ayant manqué tant de fois de parole, se rendroit volontiers l'instrument de toutes les tyrannies qu'on voudroit exercer contre moi. Toutes ces raisons , jointes à la considération d'une femme grosse et de trois enfans que je pou vois rendre misérables par ma mort , me firent enfin céder ; et je crus que , quelque raison que j'eusse dans mon dessein , le sentiment de tant de personnes prudentes et généreuses devoit être préféré au mien. Ainsi Je fis dire à M. de Rrienne que j'étois prêt à obéir et à recevoir mon argent; et lui me promit , de la part de la Reine , tout ce qu'il m*avoit proposé le Jour qu'il me demanda ma dé-
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mission. Ensaite je donnai ma procuration à ma femme , après avoir fait des protestations qu'on me dit me pouvoir servir quelque Jour, à quoi, pour dire le vrai , Je n'ai guère de confiance , et si J'ai gardé ma démission y c'a été seulement parce que Je m'étois engagé dès le commencement à ne la point donner, et non pas par espérance qu'il puisse Jamais arriver un assez grand changement pour m'en prévaloir. Ne m'étant Jamais attaché qu'à la Reine , et me trouvant ruiné dans son esprit, Je ne trouve pas de ressource tant qu'elle sera en puissance ; et lorsque notre Roi sera en âge de gouverner lui-même , il se trouvera une si grande disproportion entre son âge et le mien , que Je n'y puis Jamais prétendre d'accès ni de familiarité.
Les choses qui se sont passées dans mes affaires , ensuite de ce que J'ai écrit ci-dessus , ont été si connues de tout le monde , que ce seroit un discours fort ennuyeux de vouloir exagérer encore les fourbes du maréchal de Bassompierre , les foiblesses de M. de Brienne , et les longueurs et manquemens de parole des ministres. Je me suis déjà peut-être trop arrêté à des choses peu importantes; mais comme Je n'ai fait cette relation que pour mes proches et mes amb très-particuliers , ils auront la bonté d'en excuser les défauts ; et si mon discours ne leur paroit pas fort éloquent , ils le trouveront au moins plein de sécurité et de vérité. Je serai ravi s'il leur donne quelque satisfaction , et aurai obtenu la principale fin que Je me suis proposée, s'ils connoissent qu'eu beaucoup de choses J'ai été plus malheureux qu'imprudent, et que dans celles où J'ai manqué, c'a été par des principes de générosité et de fidélité dont Je ne me départirai Jamais, quoiqu'ils ne m'aient pas bien succédé.
Lettre de M. de La Châtre à M. de Brienne.
Monsieur , Tant que le malheur ne s*est attaqué qu'à ma
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fortune, et que J'ai cru n'avoir rien à appréhender que la perte de ma charge , J'ai soiiffert ma. disgrâce sans murmure , et me suis résolu sans, peine à attendre qu'un temps plus favorable m^ donnât lieu d'espérer plus d'avantage. Mais^ maintenant que J*apprends qu'on en veut à moi^ innocence , et qu'on essaie de ruiner dans l'es-^ prit de la Reine le peu de bonne opinion qu^ J'avois souhaité de m'y acquérir, J'avoue que J^ n'ai pas assez de constance pour endurer un Kl rude choc sans me plaindre. Vous me oonnoift^ sez assez , Monsieur, pour savoir que l'intérftt ne m'a Jamis fait agir : Je n'ai cherché dans mes actions que de l'honneur, et en ai mis le plias haut point à pouvoir être estimé de la seule per« sonne à qui Je dédiois tous mes services. Jugez par là combien Je dois être sensible à ria- Jure qu'on me fait de me vouloir noircir aopièi d'elle, et trouvez bon, s'il vous plait, que Je vous supplie très-humblement de dire à Si Majesté qu'en toute autre occasion je recevrai ses grâces avec le respect auquel je sois oblige; mais qu'en celle-ci Je ne lui demande que Joitice. Si Je suis coupable envers elle , ou es choses d'importance ou en bagatellea Je saille plus criminel homme du royaume , et je désire avec passion que le parlement examine mei fautes et les punisse. Pour ce sujet, je suis pr6 d'entrer dans la Conciergerie toutes les ibii qu'il lui plaira de me faire faire mon prooès, me sentant si innocent que je n'en puis redon* ter l'Issue. Et quand même la fin m'en pourroit être funeste , Je pense que Je ne Tappréheiiderois pas dans le désespoir où Je suis préseotement, croyant n'avoir plus rien à perdre an monde , puisque la Reine a perdu la créaoee qu'elle a eue autrefois de ma fidélité. J'attends de l'honneur de votre amitié que vous me feret la grâce de lui témoigner mes tristes sentimens; et c'est le meilleur office que puisse espârer de vous , j
Monsieur ,
Votre , etc.
FIN DlsS H£M0lfiKS DE LA CHATAE.