‹ Relation faite par m. de Fontrailles des choses particulières de la courChapitre 50 sur 89 · UM LES MBM01BE8 DB M. DB LA CHATBB · texte numérisé non relu

UM LES MBM01BE8 DB M. DB LA CHATBB

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Nrviee; on qat^ea la reAisant, il témoigneroit B*ifoir taeune Yolonté de s'attacher auprès Nie, qQdQDe désir qu'elle luy en eût faict paniitre , auquel cas die ne perdroit rien quand il le retirerdt.

Ta^Joaster^r néanmoins que J'estois per- ■idé^ue Son Eminence se tiendroit obligée de Honneur qui luy seroit offert , et qui rengagerait encore plus estroietement au service de Sa H^eslé , rien ne liant si fort les grandes âmes ffvoe «Aligation signalée que Ton s'acquiert

Ce que j'ayols préveu arriva, et l'événement jnllfleqiia la Beyne ne pou voit confier son secret i me personne qui le méritast mieux ; la fin IM, sons les ordres de Leurs Mi\Jestés, il a heuinsemenl et glorieusement mise à une guerre jri deMhlrolt , il y a long-temps , les plus nota pnrties de la cfarestienté , et qui l'exposoit . devenir la eonqueste de l'ennemy commun, a ert une preuve certaine , et personne ne peut anler de la durée d'une si importante paix , ri^pl'elle est assurée par le mariage du Roy et e nnlisnte d'Espagne , dont la naissance et m qnalités ont de si grands reports , qu'il est lii de Tolr que le ciel les avoit fait naistre la félieité publique et pour la gloire de iièele.

Lenn Molestés allèrent au parlement, et 11 fut Isnné arrest portant, que le Boy séant en MB llet de Justice, la régence do royaume et l'éinealioii de la personne de Sa Miyesté estoient iélMce à la Beyne, Leurs Mi\jestés estant assis- Ita de IL le duc d'Orléans , de M. le prince , fsnlres princes, des ducs, pairs et officiers de la Dsvenne. Je transcrits les termes de ce qui fut pnnoneé par H. le chancelier, sans avouer ce que »|piilqnes uni prétendent, qu'en cette rencontre 11 n'enrt rien oublié de l'ordre qui s'estoit observé le tant temps, car bien que les Roys dans leurs pMsntefl usent de ces termes : de l'advis de ceux de oestre lang et autres princes , le parlement , ^ n'en reoonnoist point d'autre que ceux qui à la couronne, n'accorde Jamais ce titre estrangers , et ne leur donne séance qu'en kar rang de pairs, lorsque le Roy leur a conféré cette di^té.

Puisque l'oecasion se présente. Je respondray à es qui m'est fort iqjurieusement objecté par M. de La Chastre , touchant la personne de M. le chancelier , de qui les véritables mérites M erté plus capables de m*engager à le servir , ffe les vingt mille escus Imaginaires que ses Hémoires m'accusent d'en avoir receu. Ce ne te aussy aucun sujet que J'eusse de me plain- ^ de AI. de Ghasteauneuf , ny aucun traité

mercenaire que J'eusse faict avec M. le chance» lier, qui me fit prendre son party; ceux qui me connoissent savent si J'ay Tame portée à de telles lâchetés , et si Je n'ay pas toujours mieux aimé prévenir le désir de toutes sortes de personnes par les offices que Je leur ay pu rendre, que de les leur faire acheter , Je ne dis pas par des présens , mais seulement par de simples preuves.

Le vray si^et donc qui m'engagea à porter fortement la Reyne en faveur de M. le chancelier , fut l'opinion que J'avois qu'il la serviroit sans aucun attachement contre ceux de qui on pouvoit craindre qu'ils ne voulussent partager son autorité. M. de Ghasteauneuf n'étolt pas exempt de ce soubçon ; ayant toij^ours conservé une liaison estroite avec madame de Gbevreuse, il n'y avoit pas lieu de croire qu'il se deffendist de prester la main aux entreprises de cette dame, qui ne se pouvoit empescher de projeter tous les Jours de nouveaux changemens. La Beyne en fut bientost éclairée par les prétentions qu'elle descouvrit à Sa Mi\jesté , et par les instances qu'elle luy fit pour donner de grands establissemens à ceux que son exil n'avoit pas destachés de ses intérests. Elle ne douta plus de la vérité de ce qu'on luy avoit prédit , que cette dame reviendroit à la cour avec la mesme sûreté et le mesme esprit qui l'en avoit si souvent fait éloigner , et qu'elle n'y auroit pas fait un mois de séjour qu'elle n'y Jetast des semences de confusion et de trouble.

Je ne celleray point que la véritable raison qui m'avoit donné une estime particulière pour M. le chancelier, donnera plus de confusion à ceux qui imitent M. de La Ghastre , en Tadversion qu'il avoit pour lui , que Je n'en recevray de la fausse accusation dont il me charge en ses Mémoires , d'avoir vendu à M. le chancelier , pour la somme de vingt mille escus , mon affection et mes services. G'est un traité chimérique duquel nul homme d'honneur n'eust osé seulement me faire la proposition ; et ce moyen pré* tendu de me gagner auroit esté un sqjet indubitable de me donner de l'adversion et de m'esloigner des intérests de celuy qui m'en auroit fait la moindre ouverture; mais, laissant à part une imposture que la plus hardie médisance ne pourroit pas mesme persuader à mes ennemis^ Je reviens au véritable motif qui m'avoit faict particulièrement honorer M. le chancelier ; Je le diray d'autant plus volontiers , que peu de. personnes en ont eu connoissance , et que les, parens de M. de Thou ont faict semblant d'ignorer, de peur de témoigner de la reconuoissance de l'obligation qu'ila luy en avoient , et parce

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qu'ils en avoient une forte passion pour Testablissement de M. de Chasteauneuf, qui estoit leur parent , et sur lequel ils fondoient de grandes espérances. La première chose qu'ils se promettoient estoiC qu'ils donneroient facilement les mains à purger la mémoire de M. de Thou : à quoy ny H. le chancelier, ny tous les autres serviteurs du Roy n'eussent Jamais pu consentir ; l'autre, que par sa faveur ils pouvoient aisément eslever leur fortune; mais, sans m'arrester à ces intérests, Je viens au sujet que Je me suis proposé , qui fera connoistre en mesme temps l'injustice des plaintes que Ton fait quelquefois de gens à qui l'on doit de fort grandes reconnoissances.

Le véritable sujet de liaison que J'avois avec M. le chancelier fut la parole qu'il m'avoit engagée , et qu'il me teinst fort fidellement , de contribuer en tout ce qui dépendroit de luy pour tirer de peine M. de Thou : et de faict il se porta avec tant de soing, qu'encore qu'il y eust une ordonnance publiée sous Louis XI , qui déclaroit que celuy de tous ses sujets qui auroit connolssance d'une conjuration faicte contre sa personne ou contre son Estât, et qui ne la révèleroitpas,seroit puni comme les auteurs mesmes du crime, et encoureroit les mesmes peines qu'eux , la perte des biens et la vie ; quoy , dis- Je , qu'un magistrat aussy consommé que M. le chancelier en la conuoissance des ordonnances de nos Boys, n'en peut ignorer une de cette importance , il dissimula de la sçavoir, et se conduisit, dans cette affaire, comme s'il n'eust pas faict estât de cette loi; car , après avoir souvent adverty M. de Thou , lorsqu'il Ait interrogé et qu'il se laissoit emporter à son naturel vif et prompt , de se donner le temps de bien escouter ce qui lui estoit demandé et considérer ce qu'il dcvoit respondre, Il ne feignit point de dire tout haut et de déclarer mesme au cardinal de Richelieu, pour le préparer à l'absolution de M. de Thou, qu'il ne se trouvoit aucune ordonnance qui condamnast à la mort celuy qui avoit eu connolssance d'une conjuration formée contre i'Estat , s'il n'y avoit aussy adhéré.

Qu'au procès de l'accusé il paroissoit à la vérité que Fontrailles , à son retour d'Espagne , luy en avoit donné quelque lumière ; mais qu'il en avoit désapprouvé le dessein et blâmé ce gentilhomme d'avoir servy d'instrument pour engager Monsieur dans une si odieuse affaire.

Le cardinal de Richelieu fut surpris de ce discours et s'en entretint avec quelques-uns de ses commissaires; l'un d'eux ayant raporté l'ordonnance de Louis onziesme, dont Je viens de parler , il la fit extraire du corps de la loy et la moustra à M. le chancelier; mais quoyqu'il fût

pressé de la sorte par ce ministre , dont la ma* nière d'agir, en telles rencontres, n*e8t qœtrop connue , il ne relâcha pas néanmoins du pn^ qu'il avoit fait de donner lieu au criminel de» délivrer du suplice ; car il affoibllt encore eetls ordonnance , en disant qu'elle n'estolt pas ci usage au parlement de Paris où il avoit ôté» levé. Je ne puis désavouer qu'ayant recaeilly lei oppiuions, il ne fût d'advis de l'arrest; nMÉ comme son suffrage ne pouvolt absoudre M. et Thou , aussy ne fust-ce pas celuy qui forma h condamnation , et tout homme qui sçait le d^ voir d'un président, sçait qu'il ne se peut dépl^ tir d'une loy que tous les Juges tiennent valide, ny du consentement de leurs ad vis, ionqnli les ont donnés dans les formes.

C'est aussi une grande erreur, et de laquelle Ji suis fort esloigné , avec tous les Jurisconnlli^ qu'il est en la liberté d'un Juge de pronoottr comme un arbitre pacifique selon l'équité et ut pas selon la rigueur de la loy; car, outre que su serment l'oblige de rendre la Justice, sa qoalUéli Juge le rend, non pas le maistre, mais le coMflP vateur et le ministre des loix et desordomiaiiefli.

Je me suis un peu trop arresté àjuslitkr l'estime que J'avois pour M. le chancelierieti deffendre l'intérest que Je prenois à sa consoni"^ tion ; il est temps que Je rentre dans la matlèn qui m'a obligé à faire cet escrlt; Je que celuy de M. de La Chastre ne m\ point à blasmer la conduite de MM. de Yeaâmm et de Beaufort, quoyqueje m'assure qullseorf» seront que , pendant tout le temps de leur ohm* vaise fortune, ils n'ont point esprooyé en Ucuns serviteurs de plus grande fermeté queerih que Je leur ay conservée, Je ne dis pas fldilMi parce que Je tiens que nous ne la devmis qifta Roy seul, de qui les intérests nous doivent flM plus chers et plus considérables que ceux deM amis mesme, que nos biens et que nostreps* pre vie.

Je suis assuré que si ces princes el plusion de la cour, entre lesquels Je comprends M. dé La Chastre, eussent voulu suivre mes eoosdbli eussent esvité de s'attirer quantité de dlsgrâes et de faire plusieurs fausses démarches qiri ot pensé causer leur ruine. Le conseil qoejeto en donnois de s'accommoder avee M. le evil* nal ne procédoit pas, comme M. de La Cbartn s'est imaginé, de ce quej'estoisdev^ia servitfltf de Son Eminence, ny de ce que J'avois recMM qu'il avoit l'ame si douce et si généreuse que ta pou voit faire une liaison assurée avee luy ; la i# son que J'en avoisprenoit son origine déplus hHt et venoit de la première source ; car qui poont nier qu'après avoir sceu de la Reyoe qu'elle

SUB LES MBMOIKKS DE LA CHATUE.

9il la dernière confiance, et qu'elle dé- 68 serviteurs qu'ils le considérassent lay qui devoit porter ie poids de ses

aoustenir son autorité, Je n*eusse faict inx uns moings de respect^ et aux augi d'amitié, sy Je leur avois cité cet

dessein et si Je ne les avois pas prèsm l'advis que Je leur donnois.

ipi'un a conceu de rooy un Jugement ï de la vérité, qu'il ait attribué l'office f rendols, ou à quelque foiblesse, ou à ntérest , J'ay esté vengé par l'événe-

plusieurs personnes de vertu ayant ranchise et ma sincérité, sans quej*aye té d'eux , ny que Je les en aye recherne dois pas appréhender que les méun homme affligé, et qui ne Juge de i lay déplaît que par ce que son adver- Dggère, puissent donner quelque atoa réputation.

' qa'à souhaiter que l'on se donne le Ire avec attention son escrit, et Ton I se condamne luy-roesme ; après m'ai avec mespris , car il n'a pas si tost

peu d'estime qu'il faict de moy, quMl m'avoir recherché pour luy rendre des très grande importance ; et par conss personnes qui n'estoient pas moings le luy faisoient un Jugement de moy tDtageux que le sien : car pouvoit-il sr de la sorte sans croire que j'estois ! sorte accrédité, pour tout dire en un ■esser à moy pour le servir, lorsque la n'estoit connue, s'il ne me croyoit pas éressé? Et après tout, un homme de la «t assez détaché de ses propres inté-

les mettre au hazard en faveur d*un 'est acquis l'adversion de son maistre, leeès qu'il ait eu dans les fidèles servirendus à cet amy, en doit-il Jamais npensé par des injures transmises à la lans les escrits? enfin, s'il ne me tes ses amis, quelle raison a-t-il de se et s'il croyoit que Je le fusse en effect, s-t-il pas fort de précaution de se fier mine de la qualité qu'il me dépeint, si lens amis qu'il put faire agir en sa far furent pas plus utiles que moy dans loré ou sa politique l'a voit réduit? Ce I à mes deffai^lts qull se devoit prenn peu de succez, mais aux siens prooy qu'il en soit, il ne devoit plus user nistère s'il l'avoit esprouvé digne de ; ou s'il s'est monstre prudent eu con-

avoir recours , il a deub se louer de lee qui ne s'est point lassée des re-

buts que J'ay receus à son sujet; mais il ne falloit pas attendre toutes ces considérations d'un homme outré de douleur et qui , dans les apparences d'une fermeté estudiée, ne se peut empescher de faire paroistre les mouvemens secrets des passions différentes dont il est agité. S'il eût esté plusdocille au commencement de son adversité , et s'il eût pu se restablir par une démonstration sincère de sa soumission entière à ceux à qui il estoit obligé de la rendre, quoyqu'il n'y eût eu en moy aucun changement, il m'eût donné la gloire d'un parfait amy et rien n'eût esté plus grand que ma franchise et ma générosité, tant les différens succès causent des Jugcmens contraires, et tant un esprit travaillé par la disgrâce est différent de luy-mesme, lorsqu'il Jouit de la prospérité; maisj'ayme mieux plaindre sa disgrâce que de l'imiter dans son procédé et dans ses sentimens. Je reviens à sa conduite, lorsque la douleur ne l'avoit pas encore troublé et qu'il pouvoit agir dans toute i'estenduede sa prudence.

Il n'y a personne qui n'advoue que de tous les officiers de la maison du Roy , il n'y en a point de plus obligez à lui rendre une fidélité parfaite que ceux qui commandent sa garde, et que de s'attirer de mauvais soubçons dans une charge de cette qualité , c'est se jetter dans un précipice inévitable ; cependant M. de La Ghastre se trouve en cet estât dans un employ envié de tout ce qu'il y a de gens de qualité à la cour, et il n'hésite pas de prendre party^ et surtout d'en prendre un qui obligea le Roy d'user de sa puissance souveraine et d'une prompte Justice pour ie rompre et pour en prévenir le péril. Il allègue l'exemple de M. le duc d'Epernon qui fit quelque chose de pareil, mais il y a grande différence entre le secours que Ton preste à un amy , sans offenser le Roy, contre une personne qui le surpasse en force et en crédit, et le secours qu'on porte contre l'autorité du Roy mesme, en voulant entreprendre sur la personne de son principal ministre, outre que la circonstance du temps et des personnes que M. de La Ghastre attaquoit et de celles qui les protégeroient, devoit estre tellement pesée qu'il n'y avoit point d'intérest particulier ny l'exemple d'amis qui deust Jamais porter un homme qui commandoit les gardes du Roy à s'engager dans une querelle aussy mauvaise que celle dont il se déclara partisan.

Je ne puis non plus soufrir qu'il advance qu'il avoit bazardé son bien et la ruine de sa famille par la seulle passion qu'il avoit de servir la Reyne; il ne se souvient non plus avec quel empressement il m'avoit prié de faire en

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sorte qa*il pust entrer dans la maison du Roy, et que sa charge de maistre de la garde-robe, que Sa Majesté avoit oonsenty qu'il aelieptast de M. de Rambouillet y luy a¥dt eoosté cent et tant de mille esena; que par conséquent, en acfaeptaat celle de colonel des Suisses, quand il n'auroit esté porté que par la seulle raison de Tinté* rest de la Reyne, il n*auroit exposé pour son service que la somme de cent mille livres : ce n'est pas un sacrifice si général que celuy qu'il dit avoir faîct de tous ses biens et de toute sa famille.

Pour les reproches qu'il faict au mareschal de Rassompierre , Je ne m'engage pas à les destruire, ny à Justifier la conduite de ce mareschal , duquel aussi Je ne veux point condemner la mémoire ; mais Je veux bien faire connoistre que c'est avec injustice qu'il se plaint de la Reyne, puisque Sa Mi^esté, l'ayant souvent adverty de changer de conduite, elle l'a traité en bonne maltresse, et que, lorsqu'elle a été obligée de le priver de sa charge en luy faisant donner la récompense , elle a eu la bonté de luy promettre encore des grâces, et l'on ne doit point douter qu'il ne les eût receues , si Dieu n'eût pas disposé de luy ; la porte du Louvre ne luy auroit pas esté entièrement fermée , et l'on s'estoit contenté de le chastler par la destitution de sa charge, pour s'estre lié inconsidérément à la maison de Yendosme , ayant l'honneur de commander la garde du Roy : de manière que la Reyne a plus considéré les services qu'il avoit eu l'intention de luy rendre, que les effets contraires aux protestations qu'il luy en avoit falotes, et dans le tempéremment qu'elle apporta à sa punition , elle n'a pas eu moings d'esgards à la première inclination qu'il avoit témoignée pour son service, qu'aux fautes suivantes dont il l'avoit desmentie.

Il y a deux choses dont Je suis fort persuadé : l'une, que H. de Reaufort est trop généreux pour s'estre porté à une aussi grande extrémité que celle dont on l'accusa; l'autre , qu'il semble néanmoings en avoir esté convaincu, puisque l'on asceu an vray qu'il avoit faict venir à Paris quantité de ses amis qu'on avoit remarqués Jusques sur les advenues du Louvre, et que, depuis qu'il eust esté arresté , ils disparurent tous en un instant. Peut-estre n'eut-il autre dessein que de donner de la peur, mais cette seulle entreprise le rendroit coupable; et ce n'est pas seulement par la dernière exécution du mal projette contre le prince que l'on devient criminel, c'est encore par les actions par lesquelles on se faict oonnoistre capable de le concevoir et de le tenter.

Peut-estre aussy que ses amis , sans sçavoir

au vray ponrquoy ils estolent mandés, se dotnèrent eux-mesmes la liberté de faire des diicours mal concertés, dont <m aduurgé son tescenee. Quoy qu'il en soit, Je ne sois pas si hai^ que M . de La Gbastre , qui ne feint pas de le i^ clarer innocent, parce que^açay qa'îBBjHll^ fiant si absolument un sujet déclaré eoupaUept son prince, l'on accuse le prince dli^ustieetA que l'on ne peut exempter l'un de eriOMsas noircir l'antre de tyrannie.

Une si odieuse tache n'a point obeenn^ b gouvernement de la Reyne , lequel a esli i doux que, s'il peut recevoir quelque hlàM| ce n'est que pour n'avoir pas exeroé la sévàM des loix contre ceux qui , à leur m^^ , oil«i entreprendre contre l'autorité royale.

Il me reste encore à me Justifier du que M. de La Ghastre me fàict d'avoir à l'amitié que J'avois Jurée à M. de Chaïf neuf; mais luy-mesme , qui eût deu i^eii pUh dre s'il en eust eu quelque légitime sqfet, a tri* lement prévenu la prétention de mon aceoHtoVi qu'il s'est loué de mol dès le temps qu'il Iktfl prison , et il n'a point cessé depuis qall a sii en liberté et qu'il est venu à la cour, de la constance de mon amitié, et que fsgr dans le temps tout ce que J'avois pu poer service.

Il ne désavoue pas néanmoings qu*à la du Roy Je n'aye cru que M. le chanoeikr ÏÊfi^ voit estre préféré , non seulement pour tasili^ sons que J'ay alléguées, mais parée que Jean* noissois qu'il avoit l'humeur trop flem et Ht prit trop altier pour se contenter d'une place ; J'estimois aussy toijjours qu'ayant tenu commerce avec madame de Cbenene, < sçachant qu'il estoit difficile que la eam/UmÊê qu'il avoit pour elle s'effaçast de son eiprll,iii ministère ne pou voit estre utille pendant kié' gence, surtout tandis que M. le eardinal dépositaire de la principalle autorité, il fit parroistre qu'il méditoit sa retraite ea II* lie , ce fut toujours mon sentiment que la Iqpi ne pouvoit mieux faire que de se servir de ILil Châteauneuf , parce que Je croyols, avee coup d*autres , qu'il avoit les qualltfa res pour soutenir le poids des grandes aflMMt et pour servir utillement la Reyne et YÈM] et toutesfois , s'il n'eust pas eu la prineipalsat ministration , il ne se fût pas exempté du aHl> çon que, pour s'y eslever, il eust esté capaUSyii de former ou d'appuyer quelque grand pr^î car, comme il n'avoit pu ny l'esviter ny s*eBSt stenir du temps du cardinal de Richelten, Ilifjf avoit pas Heu de croire qu'il le pAt fMre sntf une régence où l'on entreprend ph» hardtaMrf

8UM LES MBI10IBE8 DE M. DE L4 CIIATBB.

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