‹ Relation faite par m. de Fontrailles des choses particulières de la courChapitre 51 sur 89 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

A M Voa croit que raatorité roydlle ii*est pas ÉM ion andenne vigueur.

Haisipoiir eondureces observations, que Je m ftdt que poor ceux qui auront veu les MédeM . de La Cluwtre, Je diray encore une ! qui mérite d'estre remarquée : les partisans dsH. de BemfiNt , ayant regret qu'il eût ofTencé de la naissance et de la qualité de de Lottgueville, faisoient tous leurs rfhrispoar en esteuffer les discours; mais parce fse, pour accomplir leur dessein , ils usoient ftn lerme qui, en ensevelissant la calomnie, • aDgnenlolt le déshonneur, c*est à sçavoir, f0 phii l'ordure est remuée, plus elle sent ■Mvais , les amis et serviteurs de madame de Laigaevllle s'animèrent d'avantage à vouloir f»la diose fût éeldrcie. Ses plus proches pawm m eonteotèrent de la satisfaction que maiHMde Monttiason luy avoit faicte, parce que hlayne l'avoit Jugée suffisante ; mais plusieurs iik cour en demandolent une plus vigoureuse itplus exemplaire, et c'a esté sans doute leur —MlliniinHinl a beaucoup contribué aux dis- Itaide M. de Beaufort.

Aopwavant que définir. Je suis obligé de dire éÊÊOL dioaes: l'une, que Je souffre avec peine f» H. de La Chastre , que' J'ay toujours consi- IM, Bon seulement à cause de la parenté dont I IsîdiDlt à madame de Brienne, mais encore flMHM héritier et fils de M. le comte de Maniqr, nvee lequel mon père faisolt profession ftiae très élreicte amitié; mais, contrainctde ■edsffendre contre sa plume et de toucher à sa ■imoire; l'antre , que Ton ne doit pas estre sur- |ris de ee que Je ne l'ay pas faict plus tost , puis- IM Je pois assurer, sur l'honneur dont Je fais inâsilOQ, qu'il n'y a pas plus de temps que J'ay 1m leilléinoires qu'il m'en a folu pour foire cet \^ auquel Je souhaiterois fort qu'il ne m'eust par ses injures ; l'amitié que Je luy 9^ tadottiB tesmolgnée durant sa vie me l'a »re espargner après sa mort. Plusieurs de son histoire, où les salles centrale réfutent assez, font voir que la de se JustUBer l'a porté à accuser de ses ceux de qui les seings officieux et sinnVmt pu trouver lieu de les prévenir ny de les réparer.

11 edt sans doute condemné luy - mesme teaneeup d'endroits de son escrit , s*il se fût reliBvé de sa chute , et il ne les auroit point eserUfys'il eût mis la plume à la main dans un âge phîs advancé et dans un estât plus tranquille. Je m'assure mesme que s'il eût reconnu qae nos amis peuvent bien s'efforcer de nous aeeoorlr dans nos disgrâces , mais que ce n'est

pas leur foiblesse qui rend leurs efforts inutiles, c'est la conduite de ceux pour lesquels ils se sont employés, peut-être que, dans le calme de son esprit , il seroit revenu avec gratitude et avec confiance rechercher les offices de celoy qui , parmy beaucoup de compagnons d'impuissance pour le retirer du précipice , a seul esprouvé les traits de sa colère et de son indignation.

Les personnes prudentes et équitables Jugeront aisément que ce n'est point tant mon intérest qui m'a porté à la defférence, que ceux de la Reyne que M. de La Chastre attaque plus fortement que moy ; car, pour dire la vérité , J'avois facilement dissimulé ce qui me touche , et sçachant que la charité chrétienne nous oblige d'oublier les injures , J'aurois suivy ces mouvemens avec plus de plaisir que Je ne me serois engagé au combat , si Je ne l'avois deu entreprendre pour la gloire de la meilleure , de la plus Juste et de la plus esquitable princesse qui ait Jamais régné , et à laquelle estant redevable de la meilleure partie de ma fortune , Je n'ay pu souffrir que l'on luy fit une pareille injustice ; Je n'ignore pas celle des gens qui font consister le courage et la liberté à blasmer les actions des plus grands princes, et qui se préoccupent aisément des choses fausses que Ton escrit contre eux. J'ay cru devoir esclaircir les sages de la vérité des choses que J'ay vues , et confondre les meschans, en publiant ce que J'ay sceu du déplaisir qu'avoit causé à Sa Mi\jesté la mauvaise conduite de M. de La Chastre. Je m'assure que l'on sera touché des seings qu'elle a pris pour le garantir du précipice où il s'est Jeté par une imprudence , plutost que par malignité, et l'on verra bien que c'est pour avoir voulu faire le généreux qu'il s'est attiré tous les maux qu'il aesprouvés et qui ont passé Jusques à sa flunille.

Il est vray que, peu de Jours après avoir esté receu en la charge de maistre de la garde-robe, il fit offre de son service à la Reyne ; ceftit par mon entremise qu'elle receut les assurances de sa fidélité , et Je puis dire qu'elle les accepta fort agréablement, et qu'elle l'assura de sa bonne volonté et de sa protection, si elle se tronvoit Jamais au point d'autorité où elle devoit esquitablement prétendre ; elle n'exigea néanmoins rien de luy , sinon qu'il luy conservât son affection, et, pour l'y engager d'avantage, elle luy fitespérer qu'elle contribuerait avec plaisir à l'eslévation de sa fortune, lorsqu'il s'en rendroit digne par sa vertu et par ses services. La conduite qui! tint ftat assez réglée tant qu'il craignit qu'elle ne nuistt à sa fbrtune. S'il fai-

OBSEAVATIONS OB M. LB COMTB OB BRIENNB

soit paroistre trop de douleur de la mort de M. deThou, et si , durant la vie du Roy, il s'unissoit avec MM. de Béthune et de Montrésor pour former quelque projet , c'estoit fort secrètement. On peut dire à leur louange, que la vertu estoit en quelque sorte persécutée par les mauvais traitemens qu'ils souffroient ; mais il faut dire aussy,pour la justiflcation du Roy, qu'ils s'estoient conduits à son égard d*une manière qui luy avoit été Justement désagréable, et en avoit souvent faict entendre à Sa Majesté, qu*iis se donnoient la liberté de condemner la plupart dé ses actions; et l'attachement que le dernier avoit à M. le duc d'Orléans , et la demeure que le premier faisoit en ses maisons , sans paroistre que fort peu à la cour, donnoit d'amples sujets à leurs ennemis de leur rendre de mauvais offices. La générosité de M. de La Chastre ne le porta pas à entreprendre alors leur déférence; mais Je ne l'en blâme point , puisque tous les soings qu'il en auroit pu prendre auroient esté fort inutilz; Je le loue plustost d'avoir eu la prudence de modérer la passion qu'il avoit pour des personnes qui luy estoient si chères.

Je conviens de ce qu'il allègue pour fondement de son union avec la maison de Vendosme, que la Reyneluy commanda, le Jour qu'elle commit à M. de Beaufort la garde de messeigneurs ses enfans, de faire ce qui luy seroit ordonné par le duc. Le bruit couroitque ceux qui aspiroient à l'autorité souveraine falsoient venir de leurs créatures pour se rendre maistres de ces deux princes et de toute la cour ; de sorte qu'il Alt de la prudence de la Reyne d'obliger les chefs de la garde du Roy de suivre les ordres de celuy sur qui elle se reposoit de leur conservation ; mais quoyqu'elle donnast en cetterenoontre , à M« de La Chastre , une marque de sa confiance , et qu'elle l'engageast à s'unir à M. de Beaufort, ce n'estoit que pour ce qui regardoit la deffence de la personne du Roy seulement , et il ne pou Voit prétendre que ce prince, venant à désobliger la Reyne , après une faveur si signalée , il deust l'imiter en sa méconnofssance; et quand mesme il seroit vray que, par ce commandement particulier, Sa Majesté l'eût engagé sans bornes à l'union qu'il acceptas! volontiers avec la maison de Yendosme , et quoique d'ailleurs la parenté dont il touchoit à la maison de Guise, qui s'estoit déclarée pour M. le duc d'Orléans l'eust entraisné avec quelque Justice dans le party qu'il avoit embrassé, pouvoit-il , après que la Reyne eust changé de sentiment , s'oppiniastrer à garder un ordre qui ne lujr ftit donné que pour un Jour? SI le seul respect qu'il avoit pour la Reyne le soumit d'abord

si promptemcnt aux volontés de M. de B(

fort , parce que Sa Mi^esté Jugea sa dépendi

utile pour son service , pourquoy n'en ftii

point destaché par le mesme respect , loni

Sa Majesté luy fit connoistre que la condoHi

M. de Beaufort ne luy plaisoit point? Sa pd

que lui inspiroit-elle une obéissance ftdl

quand le commandement estoit conforme à i

inclinations, et une désobéissance manite

lorsque les ordres de Sa Majesté y estoirat (

posés ? Enfin de qui estoit-il plus serviteur,

de la Reyne, dont les sentimens politiques et

ordres particuliers ne lui furent en aucune et

sidération , ou des personnes qui estoient k

pectes et mesme Justement odieuses à Sa M^

de laquelle il espousoit aveuglément les iot

rests? Il arriva à M. de La Chastre , en ces

rencontre, ce qui de tout temps a Jette dam

malheur plusieurs personnes douées de gnuid

qualités, lorsqu'elles ont estably la généitwt

à suivre un second devoir moings important, i

négligé le premier et plus nécessaire. CeddÉi

est fort ordinaire à la pluspart de ceux qui fn

vanité d'un grand courage , et qui sontidolàtn

d'un faux honneur et d'une trompeuse gldn

ils sont en cela semblables à ceux qui abando

nent leur père et leurs enfans pour secourir i

étranger. La faute qu'ils commettent contre

père commun de l'Etat surpasse d'autant pli

celle qu'ils font contre leur famille , que It r

publique est plus considérable qu'aucune ns

son particulière , et que les obligations natw

les que nous avons d'estre fidèles à nostreprin

sont plus pressantes que celles que M

devons à nostre propre père. Combien pli

le serment dont nous avons confirmé an Bf

nostre soumission nous engage-t-il par àm

tous ceux qui ont engagé nostre foy à des an

particuliers? Car, à dire le vray, Je ne trov

point d'erreur plus grande et plus dangem

que de se persuader que l'honneur exige de M

l'accomplissement d'une parolle que noosavai

donnée au préjudice d'une plus ancienne, i

que nous puissions mesme entrer en queif

sorte d'engagement qui s'oppose à ce prcnl

devoir. Nous devons tout à nos amis , mais •

n'est qu'après avoir satisfait aux obligatioM(

la nature entre lesquelles celle qui regan

le prince doit avoir la préséance par éem

toutes celles qui concernent les liaisons h

maines , comme l'obéissance que nous devo

à Dieu doit prévaloir celle que nous devons i

Roy.

Je ne puis voir sans douleur que M. de J Chastre ne veuille tenir compte d'avoir mai que à son premier devoir , et qu'il ait mis

SUB LBS MEMOIRES DE M. DE LA CHATfiE.

naiaà la plume pour se Jastifier, sur un si maunis fondemoit , d'une conduite qu'il auroit sans dnrte condenmée en un autre. Quelle utilité M reneontrée des fausses maximes que la pasrimel Terreur du monde avoient establies dans Mi esprit, sinon sa ruine et celle de sa famille? ftiTestaiit aveuglé dans une politique honteuse, dril*OD trouver estrange qu'ayant condamné MDmaistre et son bienfaiteur, il se doit attaché àiiehirer la réputation de son amy.

Je luy pardonne volontiers ce qu'ila advaneé contre la mienne , et je Texcuse d'autant plus aisément que Je suis assuré qu'elle ne dépend point de l'Impression que ses Mémoires feront sur les esprits du vulgaire , et qu'elle est assez bien establie par la conduite que j'ay tenue jusques à présent dans les plus secrètes affaires, devant Dieu, qui Ut dans nos cœurs ^ et devant les hommes sages et désintéressés, qui auront connu la vérité.

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