‹ Relation faite par m. de Fontrailles des choses particulières de la courChapitre 52 sur 89 · DE HENRI DE CAMPION · texte numérisé non relu

DE HENRI DE CAMPION

uehesse de Ghevrense et le doc de Beauvoyant entièrement décrédités par les B offices du cardinal Mazarin, unique e leur malheur , ils conçurent contre lui forte haine. Elle se trouva partagée par lesse de Montbazon , le sieur de Beauaidon des gendarmes du Roi , et Tun des is du duc , et par mon frère , que la dude Chevreuse, qui Faimoit beaucoup, lonné quelques mois auparavant à la après qu'il eut quitté le duc de Yenqui pour cela lui en voulut toujours mal quoiqu'il y eût consenti. Ils songèrent faire du cardinal : dessein premièrement ê entre les deux duchesses et le duc , qui luniqua ensuite à Beaupuis et à mon frère, l'approuvèrent: le premier croyant que K)ur lui le chemin d'arriver à de grandes , et mon frère y voyant l'avantage de e de Chevreuse, et par conséquent le sien, curèrent d'accord qu'il falloit me comer le projet , pour chercher avec moi les de Pexécuter : ce que le duc de Beaucomme Je le vais raconter avec toutes instances de cette entreprise , qui m'a le si longues peines , quoique J'aie agi nt de sincérité et de Justice. Je crois ins que le dessein du duc ne venoit pas lentiment particulier , mais des persuada duchesses de Chevreuse et de Montqui avoient un entier pouvoir sur son et une haine irréconciliable contre le I. Ce qui me fit penser ainsi , c'est que qu'il fut dans cette résolution, Je remarijours qu'il y avoit une répugnance inténf, si je ne me trompe , étoit emportée [mrole qu'il pou voit avoir donnée à ces

le de Beaufort , ayant définitivement réle le sieur de Beaupuis et mon frère d'ôter le le cardinal Mazarin , m'envoya quérir in de chez Prudhomme, baigneur, où it : c'étoit vers la fin du mois de Juiltant venu trouver, il me tira à part, dit que la connoissance qu'il avoit de 'ection et de ma probité^ l'obligeoit à me une preuve de son amitié , qui me feroit

voir que JY'tois dans sa dernière confiance. Je repartis en peu de mots, selon ma coutume, que, de quelque nature que (ù% la chose qu'il avoit à me communiquer, il n'auroit Jamais sujet de se repentir de s'être fié à mol. Il appela ensuite Beaupuis , qui étoit seul dans la chambre avec nous , mais un peu éloigné , et me dit en sa présence qu'il croyoit que J'avois remarqué que le cardinal Mazarin rétablissoit à la cour et partout le royaume la tyrannie du cardinal de Richelieu, avec plus d'autorité et de violence qu'il n'en avoit paru sous le gouvernement de celui-ci; qu'ayant entièrement gagné l'esprit de la Reine, et mis tous ses ministres à sa dévotion , il étoit impossible d'arrêter ses mauvais desseins qu'en lui ôtant la vie ; que le bien public l'ayant fait résoudre à prendre cette voie , il m'en instruisit en me priant de l'assister de mes conseils et de ma personne dans l'exécution. Fort surpris d'un si étrange dessein , je repartis que lorsque je m'élois attaché à sa fortune j'avois résolu de la suivre dans tous les accidens qui lui pourroient arriver , et de ne le point abandonner , quelque parti qu'il pût prendre ; qu'en celui-ci , quelque injustice qui m'y parût , Je ne laisserois pas de lui faire voir qu'il n'avoit pas mal placé son secret.

Beaupuis prit alors la parole pour représenter avec chaleur les maux que la trop grande autorité du cardinal de Richelieu avoit causés à la France , et conclut en disant qu'il falloit prévenir de pareils inconvéniens avant que son successeur eût rendu les choses sans remède. Je repartis que quand même ce qu'il disoit des cruautés du feu cardinal seroit vrai , celui dont il s'agissoit avoit jusqu'à présent vécu avec tant de douceur, qu'il falloit demeurer d'accord que , si nous le punissions, ce seroit des violences de son devancier , ou pour nous venger de ce qu'il étoit plus spirituel , plus politique et plus heureux que nous ; que ces torts ne me sembloient pas mériter la mort, et qu'ainsi J'avouois nettement que je ne pouvois approuver la pensée qu'ils avoient de se rendre illustres par un assassinat ; que je me croyois obligé dédire mes sentimens au duc , pour après le servir avec fidélité et en homme d'honneur. Mes raisons ébran-

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