‹ Relation faite par m. de Fontrailles des choses particulières de la courChapitre 54 sur 89 · NOUVELLE ÉDITION DE SES MÉMOIRES · texte numérisé non relu

NOUVELLE ÉDITION DE SES MÉMOIRES

lurenne Daqoit le 11 septembre 1611, e( servit me simple soldat (1625), soos les ordres de niée de Nassau , pois soas ceax de Frédéric- HideNagsao , ses oncles. Colonel d'infanterie lie maréchal de La Force, maréchal-de-camp I les ordres da cardinal de La Valette , il fit »re la campagne de Roussilloo, en 1642, avec isXIIL Le vicomte de Turenne fut enfin créé échal de France le 16 mai 1643 (1). Colonelftral de la cavalerie en 1657, et maréchal-géilen 1660, ses croyances religieuses (il était kiste ] Tempèchèrent d*ètre fait connétable smème année; mais il abjura le 23 octobre 1668 ovot sur le champ de bataille de ce coup de M «qui étoit chargé de toute antiquité, n le liUet 1675. Par Tordre de Louis XIV, les délies du vicomte de Turenne furent inhumées à baye de Saint-Denis , au milieu des sépultures les; mais ses restes furent transportés sueivement, après les premiers temps de la rétion, au cabinet d*anatomie du Jardin des les, et dans le musée des antiquités nationaanx Petits*Augustins.

Net ce que les relations du temps nous ont enré de détails curieux sur ces deux singu- • cérémonies :

Le samedi 12 octobre 1793, les membres posant la municipalité de Franciade (nom l'on donnait à celte époque à Saint-Denis], it donné les ordres d*exhnmer, dansTabbaye laint-Denis , le corps des rois et reines , des Des et princesses, et des hommes célèbres r avaient été inhumés pendant près de quinze I ans, pour en extraire les plombs, conforlent au décret rendu par la Convention na-

L'article Turenne , dans la Biographie Univer-^ , ooDiient phisleure erreurs de dates relativement stoire de ce personnage.

tionale, les ouvriers, pressés de voir les restes d*nn grand homme , s'empressèrent d'ouvrir le tombeau de Turenne. Ce fut le premier. Quel fut leur étonnement lorsqu'ils eurent démoli la fermeture du petit caveau placé immédiatement audessous du tombeau de marbre et qu'ils eurent ouvert le cercueil I... Turenne fut trouvé dans un état de conservation tel qu'il n'était point déformé, et que les traits de son visage n'étaient point altérés. Ce corps, nullement flétri et parfaitement conforme aux portraits et médaillons que nous possédons du grand capitaine , était en état de momie sèche et de couleur de bistre-clair. Sur les observations de plusieurs personnes de marque qui se trouvèrent présentes à cette première opération , il fut remis à un nommé Hort , gardien du lien , qui conserva cette momie dans une botte de bois de chêne et la déposa dans la petite sacristie de l'église, où il l'exposa pendant plus de huit mois aux regards des curieux, et ce ne fut qu'à cette dernière époque qu'il passa au Jardin des Plantes, à la sollicitation de feu Desfontaines (2). y>

Le député Domolard , de l'Isère, fat le premier qui signala , dans la séance du conseil des Cinq- CenU, du 15 thermidor an IV (2 août 1796), l'inconvenance de la place qu'occupaient les restes de Turenne dq>uis leur transport au Jardin des Plantes. Il s'exprima ainsi : « Rien de ce qui touche à l'honneur national n'est étranger au Corps législatif. Je parcourais dernièrement le Jardin des Plantes ; entré dans les diverses salles du bâtiment, quelle a été mon affliction en voyant les restes du grand Turenne placés entre ceux d'un éléphant et d'un rhinocéros I Ne devait-il échapper à la fureur de ces modernes vandales que pour obtenir un tel

(2) Savant botaniste , professeur au Jardin-des-PIantes , mort il y a quelques années.

KOTICB SIJB LE VICOMTE DE TUOENi'VR

asile? Il est des faits, citoyens , qui sofOsent seuls pour dépraver an gouvernement et le déshonorer aox yeux de rétranger : tel est celui que je vous dénonce.

1» Turenne vécut sons un roi, mais ce fut Terreur de son siècle et non le crime de ce héros; ses préjugés furent ceux du temps où il vivait ; ses vertus furent à lui ; l'état avilissant dans lequel ses restes sont abandonnés ne saurait diminuer cet immense héritage de gloire qu'il s'est acquis; un tel oubli n'est préjudiciable qu'au gouvernement qui s'en rend coupable. Quel est, en effet, le Français qui ignore que Turenne fut le plus grand des capitaines; que, recommandable par ses vertus guerrières , il le fut non moins par ses vertus privées? qui n'admire également et son courage et sa rare modestie ?

» Ce n'est pas que je veuille demander que vous honoriez la mémoire de Turenne , je propose seulement de ne pas diminuer quelque chose dd votre suprême gloire en l'oubliant. Je ne demande pas pour cet homme illustre les honneurs du Panthéon , l'Europe entière lui a décerné la palme de l'immortalité ; mais vous avez le droit d'éveiller l'attention du Directoire sur un objet d'intérêt national; c'est ce que je vous propose de faire en demandant au Directoire, par un message, les mesures qu'il a dû prendre pour faire déposer dans un lieu plus convenable et plus décent les restes du grand Turenne. »

«Cette proposition est unanimement adoptée.»

Le 24 germinal an Vil, le Directoire exécutif arrêta que les dépouilles de Turenne seraient transportées dans le Musée des monuments français, et qu'elles seraient déposées dans un sarcophage placé dans le Jardin-Elysée de cet établissement. Procès-verbal de la translation du corps du maréchal au Musée des monuments français fut rédigé et déposé chez le notaire Potier, le 29 vendémiaire an VIII. En suit la teneur :

« L'an VII de la république française , une et indivisible , et le quartidi 24 plairial,

» Nous.... désirant mettre à exécution l'arrêté du Directoire exécutif, qui ordonne la translation (lu corps de Turenne , déposé au Musée national des plantes et d'histoire naturelle, audit Musée des monuments français , désirant mettre à exécution ledit arrêté , et retirer les restes d'un guerrier recommandable par sa valeur et ses vertus civiques , d'un lieu où ils sont confondus avec des objets de curiosité publique, avons invité et appelé auprès de nous les citoyens Ambroise Lesieur et Augustin-Jean Lesieur , frères , citoyens de Paris , ^ demeurant , me de la Colombe, division de la Cité , qui nous avaient accompagnés pour la translation des cendres de Molière et de Lafontaine , à l'effet de nous concerter sur les moyens d'effectuer le transport du corps de ce héros , eu nous conformant aux intentions du ministre de rintéricnr pour qu'il ne soit pas fait ostensiblement.

» Eu conséquence , sur les six lieures du soir, l'un de nous s'étant transporté à l'arsenal de Piris pour y prendre la voiture mise à notre dîiposition par le citoyen Berthier, chef de brigade, directeur d'artillerie par intérim de rarsenal et Paris , se rendit de suite au Jardin des Plantai, où nous trouvâmes le citoyen Lenoir, qui mm avait devancés , et qui était accompagné des d* toyens Michel-Pierre Sauvé et Pierre-Lools Sané frères, employés dudit Musée des monumcili français , où nous nous trouvâmes réunis. Le d* toyen Lenoir se rendit de suite auprès de l'administration du Musée d'histoire naturelle poir il> tenir d'elle la remise du corps de Turenne, m vertu des pouvoirs dont il était revêtu. Manida l'autorisation nécessaire, il nous rejoignit sur \m huit heures du soir , et nous étant fait donier connaissance du lieu où étaient déposés les railM de Turenne , nous ff^mes introduits dans unloari attenant â l'amphithéâtre servant de laboratoira, au milieu duquel était posée, sur une estrade da bois peint en granit, une caisse en forme de ea^ cueil, aussi de bois peint, vitrée pardessus, delà longueur de 197 millimètres, dans laquelle ai nous a déclaré que le corps de Turenne étaitafr fermé. Nous remarquâmes, en effet, au trifcn du vitrage qui couvrait ce cercueil, un eavfl étendu enveloppé d*un linceul, lequel avait M déchiré et découvrait la tête jusqu'à l'estoiiaa; ce qui nous ayant porté à le considérer ploa al* tentivement, il nous parut que ce corps avait M embaumé avec soin dans toutes ses parties, él qui en avait conservé toutes les formes ; le crin avait été coupé et remplacé ou recouvert dM calotte de bois de la même forme, mais exeédal dans sa circonférence. Toutes les formée du vl* sage ne nous parurent pas tellement altérées fi nous ne pûmes reconnaître les traits que le bre nous a laissés de ce grand homme; il encore des effets du funeste coup qui Tenlevaia milieu de ses triomphes , et qui lui causa mu doute une violente convulsion dans la figure, aM qu'il nous a paru par l'état de la booche extrêmement ouverte ; et continuant à considéreras respectables restes, nous aperçûmes qnelesbfH étaient étendus de chaque côté du corps, et qiB les mains étaient croisées sur la région du ventïa; le reste était enveloppé du linceul et ofliraitki formes ordinaires. Sur le cêté du cercueil étal attachée une inscription gravée sur une plafii de cuivre , qui paraît être celle qui avait M placée sur l'ancien cercueil où ce corps avaK été renfermé, sur laquelle nous lûmes eeqrf suit:

« Ici est le corps de sérénissime prinoeHéarj de La Tour d'Auvergne, vicomte de'Toreniie, màr réchal-général de la cavalerie légère de FniM0i gouverneur du haut et bas Limosin , lequel Ait tué d'un coup de canon le xxvii* juillet, Tai M.DC.LXXV. »

» Le citoyen Lenoir et Tun de nous ayant ÎêH transporter ledit cercueil dans la voiture f««

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