KT SUR SES MKMOIUES
lepuis. L'éditeur ne donne aucune desla manuscrit; mais l'on juge, par une « trouve à la page iiiv de son édition , se servir des manuscrits autographes; »té de l'ouvrage publié était d*aiileurs lar la protection du cardinal de Bouili il est dédié.
restait cependant, comme nouveaux an dernier devoir à remplir : celui de se même manuscrit autographe, de nous il existait, et d'en faire la comparaison irlmé. C'est avec regret que nous somes de déclarer que nous n'avons pas pu implètement ce devoir, oscrit autographe des Mémoires du ma- Turenne (1) existe entre les mains d'un les pairs de France ; nous avons vu ce . Il consiste en une liasse de feuillets format petit in-folio, attachés ensemble rdon piqué au bas de la marge gauche; juillets , qui ne nous ont pas paru en nt écrits de la même main, que nous f après un court examen , être bien celle lal; un cahier de trois ou quatre feuiU it papier à lettre, est avec le gros dossien papier fort ordinaire; ce cahier I relation particulière d'une des batailles r le maréchal de Turenne, et le tout est eusement enfermé dans une riche casbois étranger, ornée de sculptures en I nous a paru que la première page des
commençait par le mot e(, ce qui fait ou qu'il manque quelque chose au maibien que ses feuillets ne sont pas tous à ible place. Du reste , quelle est l'iden- :te imprimé et du texte manuscrit? Qu'y lus ou de moins dans l'un ou dans l'autre les? Nous ne saurions le dire, car nous as été assez heureux pour obtenir la a de les collationner.
'ODS cherché cependant à accroître l'in- Dotre nouvelle édition, au moyen de documents inédits relatifs au maréchal ne. L'habitude que sa mère lui avait re dès sa jeunesse de rendre compte de e , dans des lettres longues et fréquenaréchal-géuéral de France la conserva rie. Ces lettres devaient contenir des 18 toutes du moment et rappeler des ;randes ou petites, favorables ou mal- , de la vie du grand Turenne; mais iments divers ne pouvaient pas se reins des Mémoires rédigés dans le sicabinet. Cest ce qui nous a détermi-
oave aussi au Dépôt de la Guerre une copie des Mémoires de Turenne . contenant les I à 1619 ; mais elle est moins complète que et pourrait bien n*élre qu*un extrait fait sur
nés à intercaler dans ces Mémoires, toutes les fois que nous l'avons pu , des lettres inédites du maréchal, relatives aux événements qui y sont racontés , et qui fournissent ou des détails plus circonstanciés , ou des observations intéressantes touchant aux événements rappelés dans ces mêmes Mémoires, ou bien à d'autres faits qui y ont été oubliés ou négligés par le maréchal. Nous y avons joint aussi des lettres, des instructions et des ordres émanés du roi LouisXIV et de ses ministres. Il nous a paru ensuite qu'il ne serait pas sans intérêt de rapprocher parfois les passages des Mémoires de Turenne, relatifs à certains événements, avec les relations rédigées par ses ennemis ou par ses adversaires, tels que le prince de Gondé , ou les ofliciers-généraux de ce même prince : ces documents seront mis en note à la suite de notre édition. Enfin le maréchal de Turenne ayant passé sous silence tous les faits qui se rapportaient à sa jeunesse, etn'ayantcommencé ses Mémoires qu'à la Gn de l'année 1643, cette lacune nous a paru pouvoir être remplie utilement, pou rie lecteur et pour la renommée du maréchal, au moyen des relations qu'il adressait à sa mère et qui se trouvent dans les lettres publiées en 1782 par le comte de Grimoard(2), en deux volumes in-folio. Ces lettres cou tiennen t la relation naïve des combats et des sièges auxquels Turenne assista dès l'année 1627, et l'on y reconnaît les traces vivantes de toutes les impressions qu'il dut éprouver à ses débuts dans la carrière militaire. Il ne nous a pas paru non plus qu'il fût sans intérêt d'étudier les mouvements et les développements du caractère du plus grand homme de guerre de son temps, dans ces lignes qu'il traçait lui-même, presque sur le champ de bataille, empreintes conséquemment de ces traits particuliers qui font quelquefois pressentir l'homme de génie. Le Recueil de Grimoard se trouve rarement dans des bibliothèques particulières ; toutefois nous n'en avons extrait que des fragments , auxquels nous avons ajouté d'autres documents inédits. La Bibliothèque du Roi n'en possède qu'un très-petit nombre d'originaux; mais l'extrême obligeance de M.legénéral baron Pelet, directeur du dépêt de la guerre , nous est venue en aide, en nous permettant de consulter librement les pièces historiques confiées à son zèle et à sa science. Le cabinet de M. F. Feuillet nous a été aussi, comme en d'autres occasions, une utile ressource, et il nous a été possible , avec ces secours , de rendre cette nouvelle édition des Mémoires de Turenne plus digne du public et du béros lui-même.
le texte des Mémoires de Turenne publiés en 1735. (2) Lettres et Mémoires du maréchal de Turenne. Paris , 1782 . 2 vol. in-folio. Nous y avons ajouté plu-» sieurs documents inédits.
Miimi
LETrUES
DU VICOMTE DE TURENNE
HOOR SEKVIR
DUNTRODUCTION A SES iMÉMOIRES.
Les Mémoires du maréchal vicomte de Tuoe De commencent qu'en Tannée 1643; il donc passé sous silence tous les faits qui se portent à sa jeunesse. Nous avons cru pou- 'Utilement; pour le lecteur et pour la mère du maréchal , remplir cette lacune au en des lettres qu'il écrivit pendant ses prêtes campagnes. Elles nous ont ainsi dises de nous étendre , dans une Notice spé- I , sur des temps et des événements dont Doe Turenne pouvait être lui-même Thisn, et le plus fidèle de tous, sans nul e. L'intérêt qui s'attache à de semblables unents est toujours plus attrayant que la ee même la mieux rédigée. En i627 , Tu- « était dans sa seizième année et comman- QDe compagnie.
momie de Turenne à la duchesse de Bouillon y sa mère.
23 Août 1627.
Madame, le Roi s'étant approché et
t venu à Ghanteloup , je pourrai plus com-
émènt y aller Le Roi eut avant-hier un
s de fièvre de dix ou douze heures et fort
!Dt; elle lui avoit quitté depuis huit jours.
grande envie de s*en aller vers Tile de
Monsieur s'y en va jeudi.... Madame De-
8 me dit (hier) qu'elle avoit ouï dire
3 avoit dit au Roi que Groll étoit pris. M. de
:erive écrit qu'on est déjà dans le fossé
cberai , par mon obéissance , de vous donin contentement, comme étant, Madame, î , etc. »'
A l(i même.
10 Mai 1629.
vous a plu me faire Thonneur de mï'crirc du 23 avril. M. h prince (d'Orange) arriva ici le premier mai , où on n a vu autre chose si ce n'est le camp retranché. Je suis assez mal logé ici , étant dans une chambre avec M. le marquis de La Force et tout son train L'armée
marcha quatre jours devant que de venir à Boisle-Duc, qui étoit la plus belle (marche) que l'on ait jamais vue dans le pays. Je marchai un jour dans la compagnie de M. de Maisonneuve et passai devant M. le prince. On n*ose rien mander à cause des ennemis. Je finirai tout court.
» Au camp devant Bois-le-Duc. »
A la même.
15 Mai 1629.
Madame , j'ai reçu aujourd'hui celle qui
n Madame,.... je ne pus l'autre semaine achever la mienne que je fermai en grande hâte, parce que mon frère m'envoya quérir, à onze heures du soir, vingt cornettes de cavalerie devant monter à cheval, sur un avis que M. le prince avoit eu de quelque secours qui devoit entrer dans Bois-le-Duc. Nous en revînmes sur les dix heures du matin , ayant eu grande pluie qui a continué un jour ou deux , n'y ayant cependant nulles maladies. Mon frère avoit trouvé bon que je me misse dans la compagnie de M. de Maisonneuve.... ; mais je n'y fus pas cependant. Les soldats ne sont point encore du tout fatigués. M. le maréchal de Châtillon arriva ici avant hier, et quatre ou cinq capitaines françois avec lui. 11 a séjourné deux jours à La Haye , à cause du jeûne qui se fit partout le pays il y aura
après-demain huit jours M. le prince s'en
va se promener tous les jours auprès du retranchement Nous ne sommes revenus (aujourd'hui) qu'à huit heuresdu soir de la promenade, et avons été fort long-temps à pied sur une digue que Ton a faite sur le marais , assez près d'un