‹ Relation faite par m. de Fontrailles des choses particulières de la courChapitre 58 sur 89 · I.KTTRES I)i; VICOMTE DE TlfRE.NNK · texte numérisé non relu

I.KTTRES I)i; VICOMTE DE TlfRE.NNK

fort, sans que fou u'eii tire pas un coup. lU laissent tout le monde en un si grand repos, que Ton ne court pas plus de danger qu'à Sedan. Mon frère est logé dans le retranchement , et ai grande commodité d'aller chez lui , n'étant qu'à cent pas d'ici. Je vas souvent avec lui quand il va visiter ses gardes. Il a traité aujourd'hui les colonels de sa brigade , parmi lesquels il est parfaitement bien Je mange d'ordinaire à la table de M. le prince , qui s'en va demain dîner au quartier du comte Ernest, où je crains ne pouvoir pas aller, parce que mes chevaux n'en peuvent plus, étant tous les jours deux fois dessus.

» Au camp de Vucht. «

A la mime,

^ Mai 1629.

« Madame,.... nous avons l'autre semaine, M. de La Force et moi, fait le tour de toute la circonvallation,àquoion emploie huit heures à toujours marcher. Nous avions dessein de dîner avec M. le comte Ernest , que nous ne trouvâmes pas chez lui. M. le prince a été depuis cela à Huensen, qui est à trois lieues d'ici , dont il en fit bien deux à pied, parce qu'il faut passer une digue où les chevaux ne vont point. Il fit ce voyage pour visiter une Ile de Hemort, dont M. de Briquemaut connoîtra bien le nom , étant d'assez grande conséquence, empêchant les ennemis d'assiéger celte ville-là. Il partit du grand matin pour y aller, n'ayant point voulu le dire le soir, de peur que ceux de Bréda , en étant avertis, n'envoyassent quelques partis. On en prend de part et d'autre tous les jours, mais si petits que cela ne vaut pas la peine d'en parler. Je mange toujours avec M. le prince qui , à tout ce que le monde dit, n'a janoiais été plus gai dans armée que dans celle-ci ; et aussi tout lui réussit à souhait, et principalement ses ouvrages, desquels il se loue fort et qui sont parachevés

» Du camp de Vucht. »

A la même,

19 Juin 1629

» Madame,.... on demeure ici au même état, si ce n'est que les ennemis s'approchent et sont à deux journées. M. le prince est allé ce matin vers le quartier où on les attend, voir s'il est en état, et ne reviendra que sur le soir. Il fit partir hier des compagnies de chaque nation l>our aller à une île à deux lieues d'ici

» Ou canip de Vucht. »

.4 la même.

9 JaiUet 1629.

« Madame, il y a cinq ou six Joursqvi

le comte Henry de Bergue donna une grandi alarme par tous les quartiers, pour faire eotrari quinze cents hommes dans la ville. On Ici avoit dit cela tout aisé ; mais voyant qu'ils ah' troient dans l'eau jusques au cou , et qall j avoit des gens qui les attendoient , ils s'en retournèrent , ayant laissé quelques mousquets. Ce matin leur cavalerie s'approcha des retru* chemens; quelques-uns des nôtres en sortirent,

là où M. de Maure fut tué Le bruit a ooun

ici que j'aurois sa compagnie. Mon frère n'a bien dit qu'il en verroit ie sentiment de M. il prince....

V Du camp de Vucht. »

A la même.

30 Juillet la».

» Madame,... les ennemis étant entrés te le Velau , à leur abord il s'y est fait un aM grand combat. Le comte Stirum , que l'on ïïnÊ envoyé pour leur empêcher le passage de la ri*; vière , les attaqua comme ils étoient à moMi^ et fut repoussé avec perte de quelques dMlv cents hommes et force officiers blessés. Il itj' avoit que quatre compagnies d'infanterie flwh

çoise On y a envoyé le comte Ernest ml

deux mille chevaux et quinze mille hommadl pied , qui gardent les villes du pays et se telifient aux lieux avantageux y teilemoit qA cette heure on n'a pas beaucoup à craindre dl ce côté-là. Il y est venu par bonheur bien db mille hommes (depuis quinze jours que l'ont été en ce quartier-là) du débris de la guemll f Dannemarck. Lambermonta mille hommesqil dit avoir amenés , qui pourtant ne lui vedoi pas trop bien obéir. On les a reçus en service il mis dans les villes

» Au camp de Vucht. *•

A la même.

6 Août 16».

» Madame, on voit ici tous les Jours dcf

grands d'Allemagne nouveaux. L'ambassadeof du duc de Brandel)ourg passe devant le fib il roi de Dannemarck. Ils sont toujours chezU»^ prince, qui les fait passer devant loi ; mallitf affaires le divertissent si fort qu'il ne Icor parle pas souvent. Le comte Henri de BergodS rompu son pont sur l'issel et a marché dans 1^

POUfi SERYIK D INXAODlJCTiO.N A SàS MEHOIBES.

Haa. La nécessité est si grande dans son arie, qu'il aura peine à y subsister. li n*entreaid rien encore. Lambermont m'a écrit de- Is deux ou trois Jours que force de ses soltss'étoient débandés , et me prie de parler à le prince pour qu'il lui fût permis de les imdre où il les trouveroit. Il n'y a rien de ■ avancé pour moi à la ciiarge de feu M. de nre qu'auparavant, mon frère n'en ayant

iol parlé depuis la première fois

• Au camp de Vucht. »

A la même.

13 Août 1629.

«Madame, depuis que je me suis donné

konneur de vous écrire , il s'est passé ici fort n de choses, cette traverse qu'ils avoientopiitré ayant été quittée dès mardi. L'on a mar- «Dde ces jours ici une galerie qui doit être ite dans quinze jours , au bout desquels on père une reddition prompte de la ville, ce itm homme qui étoit de considération lu )dao8 et quelques lettres interceptées font jur. Un gentilhomme françois, fort riche, est flft là dedans , d'une blessure qu'il avoit re- N quand il fut pris prisonnier ; les prêtres , à ifoe Ton dit, l'ont extrêmement tourmenté... 'otraordinaire chaud rend tout le monde idle Taprès-dlné et fait beaucoup de mal aux . Nous fûmes , M. de Tonins et moi , •hier, voir madame la princesse, qui n'est Aune lieue et demie de ce quartier ici , et M dînâmes avec elle ; c'est la plus courtoise du monde, et qui se fait la plus aimer le pays. Il y a deux Jours que l'on surprit espions qui sortoient de la ville avec des Iferti de Grobendonck à l'Infante , qui ont été IteUflirées , par lesquelles il fait connottrc ses iittnftés , et qu'il sera contraint de se rendre flln*e8t bientôt secouru. Il y a quelques volon- Mfeiqui commencent à se lasser et s'en retour-

MBt en France

•An camp de Vucht. »

A la même.

21 Août 1029.

« Madame,.... on a garni d'hommes tous les ^oids des rivières et les passages , et laissé Jushiici l'ennemi en repos. Une petite ville s'est Mue au comte Ernest sans résistance , où il

trouvé force vivres. Celui qui commandoit 4aD8 sera puni. Une autre , qui valoit bien Niliis,a souffert deux assauts et n'est pas encore Use. On apporta hier njuvelles assurées à

M. le prince, que l'entreprise de Wesel avoit réussi , qu'il y étoit déjà entré quatre mille hommes, le gouverneur pris; cela est de si grande conséquence, que quand MM. les Etats voulussent choisir une ville , ils n'en prendroient pas d'autre que celle-là.

~ Au camp de Vucht. »

A la mémo.

28 Août 1629.

«Madame, Je me suis extrêmement réjoui de votre heureuse arrivée à Sedan, que nous n'avons apprise qu'un Jour plus tard qu'à l'accoutumée, les lettres n'étant venues que ce matin , auquel mon frère est revenu de la guerre, n'ayant demeuré que trente heures dehors. Je ne l'ai su qu'après qu'ils ont été partis; mais quand même cela eût été, il n'avoit point d'envie, à ce que je crois , de m'y mener. M. le marquis de La Force y étoit , et quelquesuns des volontaires; mais point M. de Duras. M. de Staquenbrouc commandoit le parti ; ils ont rencontré cent chevaux et cent hommes de pied , qui se sont peu défendus , la partie n'étant pas égale. Un pays couvert qui étoit là auprès a empêché qu'on en ait pris la plupart : tous les offlciers l'ont été. Le comte de Stirum est à Arnheim , il y est à l'extrémité , jusqu'à ne point parler , et est encore fort malade. Les ennemis ont quitté Amersfort , et en la quittant l'on pillée. Ceux d'Utrecht ont pris garnison dedans. On a envoyé des gens de guerre dans Wesel et force munitions. Cette prise a déjà contraint , en partie, le comte Henry de Bergues de sortir du Velau. M. le prince d'Orange est ailé aujourd'hui à Crévecœur. 11 fait ce voyage assez rarement, n'y allant que tous les sept ou huit jours une fois ; il part d'assez bon matin et revient à cinq ou six heures du soir. Madame la princesse a été dans presque tous les quartiers de l'armée, hors dans celui-ci, la femme du comte Guillaume l'ayant priée à faire collation dans celui de son mari...

» Au camp de Vucht. »

A la même,

19 Septembre 1629.

a Madame , la dernière fois que Je me donnai l'honneur de vous écrire , on ne s'attendoit pas à un si grand accident que celui de la mort de M. deVassignac, qui, une heure devant, seportoit mieux qu'il n'avoit fait ; on en attribua la cause à la veine-cave qui s'est pourrie. J'ai un si extraordinaire ressentiment de ce malheur.

qu'il est iropoMlble de m'Mer cette pensée , et i toutes les choses qn'il m'a Jamais dites me reviennent incessamment à la mémoire. Je ta- ' cberai de les effectuer , et m'assurerai par ce moyen de ne vous être pas désagréable. Il était extrêmement aimé chez M. le prince, qui m'en a demandé lui-même une fuis ou deux des nouvelles; son frère eu a une affliction incroj'able. J'écris à M. de Vassignac et montrerai la lettre à mon frère , de qui Je suis en peine pour le grand déplaisir qu'il en aura. On a trouvé âpropos de le faire enterrer ici , ou madame ta princesse et la reine de Bohême sont depuis deux Jours : elles vinrent pour voir sortir ceux de Bois-le-Duc , qui fut lundi fort tard ; Il y avoit de grandes réjouissances pour tout le monde , hors pour moi qui, à cette heure, n'eu peut avoir beaucoup. Ces dames ont couché les deux nuits ici à l'armée , durant lesquelles J'ai prêté mon lit à la sceur de madame la princesse, et l'ai fait tendre là où elle a voulu. Elles iront aujourd'hui coucher à Bois-le-Duc , dont les habitans ont eu telle capitulation qu'ils ont voulu, hors la hberté de la religion. On a laissé quelques couvens de religieuses , mais chassé tous les gens d'église. Ceux de guerre ont emmené six pièces de canon. Ils étotent quelque quinze cents de sains. La ville est fort belle et presque aussi grande que Reims. On dit que M. le prince demeurera encore ici quelques quinze Jours, durant lesquels toutes les dames qui y sont y

demeureront

- An camp de Bois-le-Duc. -

Alatt

S Octobre 11

■ Madame,.... on ne parle plus tant départir que l'on faisolt. Le comte Ûenri de Bergues a passé le Rhin et In Meuse avec son armée , et est à quelque douze lieues d'ici.

" Au camp de Vucbt. ■■

2 Octobre 1039.

" Madame, on parle de notre partement

d'ici, mais on n'est pas assuré du Jour. Le comle Ernest marcha hier avec les troupes qu'il a , qui peuvent bien être de quinze mille hommes de pied ; on dit qu'il s'en va droit au fort sur l'Issel. M. le prince est à cette heure à Boisle-Duc, on on fait des prières générales et par tout ce pays-ci. Je m'en vastoittàcette heure nu prêche à l'église qu'on a destinée pour le prêche françtris. Madame la princesse ne s'en

ira pas d'iei tantqne l'amiée y demeure " Au camp de VnchL >

22 Octobre ' Madame,.... on est extrêmement rassé sur le départ , tonte l'armée s'» demain , et U. le prince aussi , à ce < dit , se promener à Wesel. On ne peut voir combien de temps durera ce voyi troupes ne sont pas fâchées de s'en aller nison, car elles sont fort affoiblies.... > Au camp de Vucht. >

A la même.

12 NoTembn

" Madame,.... durant ce voyage d prince , il y aeu peu de moyen d'écrire, pas séjourné un Jour en aucun lieu. Ce étoit à Emeric, il y vint une petite art inopinée que M. d'Hauterlve commaod vois envoyé une malle le matin devant sel , et me fallut aller avec lui sans i ter -, si on eût été long-temps dehors « assez d'incommodité j mais tout ne d trois Jours, durant lesquels on alla de petit château qui ne tint que quinze tu s'appelle Rheingleboure ; il sortit det hommes de là-dedans ; cela Incommod sel , n'y ayant qu'une heure de là , o< allai trouver M. le prince qui partit I main, et fut par eau en deux Jours à 1 M. de Slaqueobrouc est allé assl^er teau qui ne vaut pas graud' chose , a^ rlc , Justement de l'autre côté de la rivi

• Le roi et la reine de Bohême sontà On s'étonne fort quel divertissement vent prendre ; Ils y font bâtir une mi coûtera beaucoup et dont la dépense f tile , la ville étant fort vilaine.

" A La Haye. ■■

A la même.

1* Septembre

« Madame mon régiment a p

jourd'hui devant le Roi, qui l'a trouvé ( et n dit qu'il l'étoit autant que le sien des ; il l'a voulu voir compagnie pu gnie ; il m'a commandé de là de me me son carrosse pour aller chez la Reine i qui m'a dit que le Roi étoit fort conten régiment, et M. le cardinal [ de RI aussi.... Il me reçut fort bien... M. de aux-Clers me dit que Je Roi m'avolt éai

PÛUB SEAVia D^INTMODUCTION A S£S MEMOIRES.

i'avois point reçu de lettre ; il m'asion régiment n etoit parti de Cliampar le commandement dn Roi , et avoit écrit pour m'en prévenir, et étrange que M. le maréchal de Mariioit point donné la lettre... La Reine, oi , m'a fort demandé de vos noua Reine m'a fait fort bonne chère....

rtir dans deux ou trois Jours pour al- K>nt.

A la même.

18 Septembre 1630.

le , j'ai été extrêmement fâché de \ pu me donner l'honneur de vous is Montmélian. Nous avons toujours t ai joint mon régiment à deux jourà cause qu'allant seul on ne trouve son où se mettre. Nous avons campé i depuis être entré en Piémont, et, l'avoir joint l'armée, on a fait recrue its hommes. Je suis logé depuis deux I lieue du quartier de M. de Schomine petite maison pour moi , et les solmttés.tout autour. Toute l'armée est mme cela. Je fus en arrivant voir omberg, qui me promit de gratifier ent en tout ce qui lui seroit possible, sa chambre pour y mettre mon lit.

'air de ce pays-ci excellent, les maîtant pas grandes , comme on en fait ruit. Les eaux n'y valent rien , et le est excessivement cher ; le nouveau pour rien , mais il n'est fait que de- >a trois jours. Les raisins sont en la le abondance du monde, et le pays lomme mon régiment arriva près de on fit commandement d'y laisser tous lUx , hors un et le bagage , et de us les hommes sains des régimens de ur aller secourir Casai. On de voit pariemain , et toute l'armée avoit laissé e. Le soir, le marquis de Brézé, que envoyé à Casai pour faire la trêve, repporta qu'elle étoit conclue jusqu'au d'octobre, et que le marquis de Spientré dans la ville et le château , et la citadelle. Les troupes du marquis ffoiblies, et il n'a point fait de circon- KMir se raffraîehir....

mp de Brain. »

A la même.

19 Septembre 1629.

(ne,.... mon régiment part demain

matin , et s'en va à huit lieues d'ici demeurer trois semaines en garnison , jusqu'à la fin de la trêve, dont Je vous ai mandé les conditions. Les maladiesd'ici diminuent fort.... MM. de Schomberg et de La Force sont demeurés seuls pour commander, M. de Montmorenci et M. d'EflIat

s'en étant en allés Par l'accord , le marquis

(de Spinola) est entré dans le château et ville de Casai , et non dans la citadelle , laquelle il a ravitaillée pour un mois, qui est le temps de la trêve. Si la paix ne se fait dans ce temps-là, ils donnent quinze jours pour secourir la citadelle, et sinon elle capitule. On ne parle pas là-dedans de Montmélian. M. de Schomberg a pris le soin de choisir, pour garnison de mon régiment , le meilleur quartier de tous, où je vas avec lui de Piémont ; et même dans la résolution de secourir Casai , il m'avoit dit de choisir un capitaine de mon régiment pour commander les enfans perdus de toute l'armée.

» Au camp de Brain. »

A la même.

10 Octobre 1630.

« Madame, .... nous nous préparons de partir pour aller à Casai dans six jours , à la fin de la trêve qui finit le 15. Tout le monde envoya hier son bagage à Château-Dauphin , et on porte au lieu de cela grande quantité de vivres. Il y n pour huit jours d'armée d'ici là. Je suis en un assez bon quartier et parfaitement bien logé dans une maison d'un seigneur du pays, où il y a orangers , citronniers, force fontaines et quantité de belles allées....

>» A Agnes. »»

A la même.

12 Octobre 1630.

« Madame, la trêve se rompt après-demain. On part le même jour pour aller à Casai. On porte provisions de vivres pour quinze jours. La plupart croient que la paix se fera en chemin. »

A la mime,

27 Octobre 1630.

N Madame, je ne puis faire qu'un mot,

quoiqu'il y ait force choses à mander. Nous avons marché depuis le quartier où j'étois douze jours, et sommes arrivés à une lieue de Casai sans que personne ne nous en empêchât. Les ennemis, depuis la trêve, s'étoient un peu retranchés et nous attendoient. Notre armée se mit en bataille, et comme on en étoit à trois cents pas , et le commandement fait de donner, les

LfcTTBËS DU VICUUIE UE TUBENNE,

Espagnols acceptèrent la paix qu'ils avoient refusée depuis que nous marchions, ne nous ayant jamais crus assez hardis. Le sommaire de la paix est, qu'ils rendront Cnsal et s'en iront dans deux Jours : ce que nous ferons aussi dans le même temps eu France. Je m'en irai devant mon régiment, en poste ou ajournée, làoù le Boisera.... <• Devant Casai, -

A la même.

30 No?embre 1630.

> Madame,.... J'allai avec MM. de Duras et de Ronci trouver le Roi à Saint-Germain, où il demeure presque toujours. Il me fit fort bonne chère, et me demanda comme je m'étois porté en ce pays-là, etqn'ii étoit bien aise de ce que J'étols revenu en si bonne santé. Je vis aussi M. le cardinal [de Richelieu], qui me reçut fort bien. Un capitaine du régiment de Piémont , nommé M. de Montsolins, m'a extrêmement obligé,ayant dit au Roi et à tout le monde toute sorte de bien de moi. J'espère aller dimanche, après te prêche, à Saint-Germain, où Je coucherai et aurai le moyen de voir M. le gardedes-sceanx, les secrétaires d'Etat et M. le cardinal de La Valette qui ne bouge d'auprès du Roi ; il ne bouge aussi d'auprès de M. le cardinal (de Richelieu], où fl est fort bien : je lui témoignerai toute sorte d'affection On tient

la paix assurée en Piémont , tellement que mon régiment reviendra. M. de Marilisc est arrêté assurément en Piémont. On dit qu'on l'emmène. M. de Biscarat a fait un refbs de rendre la citadelle de Verdun. On lui a fait encore un autre commandement, auquel on ne sait pas encore ce qu'il a répondu. On fait courir un bruit que le Roi fera bientôt an voyage : on dit que c'est à Complégne. Ceux de la religion sont fort bien à celte heure ; on ne leur en parle point du tout. C'est à cette heure le vrai temps de pouvoir faire quelques affaires si on en avolt, et à ne pas quitter le Roi. La maison de Lorraine est dans un grand décrL Je suis furt incommodé , n'ayant ni gens ni carrosse. Le dernier est le plus commode de tous ici , car, sans cela , on ne peut pas faire une visite ni une affaire à temps, allant , comme Je fois, & l'emprunt.

■ A Paris. <•

A fa même.

' Madame,... mon frère fut trouver ,1e Roi & Sivri, lequel élantù lâchasse, il alla chez M. te cardinal, qu'il attendit assez longtemps chez lui.

An retour de la promenade il lai flt toutes km bonnes chères qo'il se peut et l'embrassa vingt fois, le conviant de l'aimer... De là il retonrsa à Sivri trouver le Roi, qui te reçut assez bico. Il étoit tout attentif à lenrer des oiseaux , ce qai étoit un mauvais temps pour faire la révérence; mais on ne pou voit pas en prendre un antre... M. de Toiras s'en va en Italie relever M. de La Force, sans y mener de troupes. LeMazarlBCrt ici , et est encore incertain s'il y aura an priatemps paix ou guerre...

" A Paris. '

1 h même.

24 Février lS3t.

■ Madame,... on n'eut qu'hier au soir, (brt tard, la nouvelle du partementdu Roi de Coapiégne. Un secrétaire de M. deSchomberg,fif étoit en un logis où J'étois Bi^ourd'hul,m'atMt conté, qui est que, depuis que la Reine min est à Compiégne, le Roi lui a fait parier touia jours d'accommodement avec M. le cardisil. M. de Scliombcrgeut premièrement cette eoMmission; mnis il pria qu'on lui en donnAt is autre pour l'aider , qui fut M. le garde^iei- Eccaux. Eux deux Iniont proposé tontes dmei, et mesmement l'éloignement de M. le eardlul, si celalapouvolt contenter. Elle a dit qn'elliee le pouvoit être de rien , et a montré grand icfroidissement durant les huit Jours qo'dlti été à Compiégne. Là dessus le Roi est |«ril pour s'en revenir , et a commandé à M. le iHréchal d'Estrées d'aller prier la Reine mèn de se retirer à Monceaux ou à Moulins. On ; i laissé six compagnies des gardes pour l'y Kcompngner , et le maréchal d'Estrées l'y doit mener. On ne sait ce qu'elle lui a répondu,!]' lequel des deux elle a choisi. Madame la princesse de Conti a commandement de se retirai Eu , qui est à Madame mère, et le premier ntdecin de la Reine mère , à qui elle se flolt M, a été amené dans la Bastille.... U. d'EpenM devolt faire à ce soir une assemblée fort magnifique, mais elle aétérompnepar cechangeneii là. Monsieur, à ce qu'on dit, est tot^joatl Orléans. Madame la connétable a eu conuiHdément de se retirer de la cour. L'abbé de Foi) a été mis dans la Bastille. M. le maréchal de Toiras n'est pas encore parti pour l'Italie... Oi est sur la conteste que M. de MarlUac soit JB^ par commissaires ou au parlement ; s'il l'est fU les premiers , ce sera lampis pour lui. Eotred et huit Jours peut-être 11 arrivera d'iatid choses...

- A Paris. '

POUR SBRVIR d'introduction A SES MKIIOIBES.

A la même.

13 Août 1631.

me,.- pour les nouvelles d'Allemagne, t Ici fort incertaines. On dit toujours 1 de Suède fait de grands progrès, mais ntres princes le secourent bien mal. On a paûé l'Eltie. Il y a quelques volonci qui sont allés le trouver au camp de

A la mime.

13 Août 1631.

ime,... il y a eu une alarme àHuesden leux Jours un homme inconnu y vint A coffre dans un bateau , et dit qu'il t s'y mettre dans deux heures pour aller cependant il se sauva sur les dix heures Le coffre, qui étoit plein de feu d'artit et fit sauter le bateau sans en endomis un autre. On n'a pris cet homme ni étoit. On a d'excellentes nouvelles du lède: la première, que l'on tient très- , est qu'il a attaqué quatre mille che- Tilli en un quartier et les a entière- Uts , tué celui qui les commandoit, pris lui prisonnier , qui étoit en Italie avec es de l'Empereur ; l'autre nouvelle, qui B depuis , dit que Tilll , voulant prennche de cet affront , alla attaquer le roi I, qu'il trouva retranché , et perdit sept »rt8 sur la place : dans peu de Jours on certainement. On ne parle point de dé- »unp de Brnn. »

A la même.

17 Août 1631.

ame,.... les ennemis ont marché depuis nrs et sont à cette heure auprès de ; on croit qu*ils ont quelques desseins ara dans deux ou trois Jours. On a fait nix mille hommes d'ici pour se Jeter

rgues La lM)nne nouvelle du roi de

t confirme tous les Jours.. .

camp de Brun. »

A la mime,

9 Septembre 1631.

lame, on ne dit rien du tout de la

n'y a pas apparence qu'elle se fesse si

Ut courir le bruit, ces Jours ici, que

mis veulent encore marcher ; ils sont à

ure près d'Anvers; la saison est trop

c. D. H., T. ni.

avancée pour qu'ils puissent rien faire du tout... » Au camp de Drun. »

A la mime,

22 Septembre 1631.

« Madame , nous sommes toujours ici auprès de Bergues , où le mauvais temps nous a pris aujourd'hui; l'ennemi a déjà retiré une partie de ses troupes en garnison , les unes à Breda, les autres en Flandres, et a encore un reste d'armée à quatre lieues d'Ici , devers Anvers. On croit que nous potirons bientôt d*id pour nous mettre en garnison

» Au camp de Bergues. »

A la mime,

96 Septembre 1631.

« Madame, les ennemis avoient, il y a

deux ou trois Jours, un dessein qui est absolument rompu : ils étoient sortis d'Anvers avec cent bateaux ou six vingts, commandés par le comte Jean : c'étoient tous hommes choisis , et l'Infante avec la Beine mère les virent sortir d'Anvers. Ils étoient cinq ou six mille hommes sur les bateaux ; ils poussèrent les vaisseaux de guerre qui tâchoient de les empêcher de sortir du canal , et de grand matin nous les vtmes paroltre à un quart de lieue de la ville. On commanda en même temps des gens de guerre pour aller se saisir de quelques ties, où on avoit peur qu*ils ne fissent une descente. Après on fit tirer les colonels de l'armée , pour savoir qui commanderoit les gens de guerre que l'on envoya sur des bateaux : il échut à M. de Maisonneuve ; je fus aussi commandé avec un autre capitaine de son régiment. Nous les poorsui vtmes Jusqu'à la nuit avec perte de quelques bateaux des ennemis, et point du tout des nôtres. A la fin, à la pointe du Jour, voyant qu'on les pressolt trop , le comte Jean prit une petite chaloupe et se sauva avec quatre ou cinq des principaux de l'armée au Prinsland, qui n'est qu'à deux lleuesf de là ; le reste de l'armée se voyant saps ordre, et sans pilotes qui connussent ces eaax-là , une partie s'édiouèrent sur des bancs de sable, l'autre Ait prise ; fort peu de tués et de noyés. Il y a cinq colonels , environ vingt capitaines pris, beaucoup de lieutenans et d'enseignes, trois mille cinq cens prisonniers dans Bergues ; tous les bateaux pris, et Je crois qu'il ne s'est pas sauvé cinquante hommes ; on fit hier des feux de Joie, car on compare ceci à la prise de Bois-le-Duc...

» Au camp de Bergues. »

LBTTBES DU VICOMTB DB TUBBKNE ,

A la même.

6 Octobre 1631.

« Madame, il commence à cette heure à

y avoir ({uelques malades à l'armée, qui ne peut pas demeurer fort long-temps ici , à cause que la saison est avancée , et le temps commence à

être ici bien froid On tient la défaite de

Tilly toute constante , à cause qu*elle vient de tous côtés et se raconte de même façon, qui est qu'il a perdu quatorze mille iiommes de morts sur la place; mais aussi a défait six mille Iiommes du duc de Bavière , et que le roi de Suède étant arrivé là-dessus , a pris tout son canon , son bagage, et il a été contraint de se sauver blessé à un bras, comme on dit ; il y en a qui mandent qu'il a été pris ; ce seroit le rétablissement presque entier de toutes les affaires d'Allemagne

n ABergues. »

A la même,

26 Janvier 1632.

« Madame,.... le roi de Bohême part aujourd'hui pour aller trouver le roi de Suède qui est à Mayence. J'ai vu un gentilhomme qui n'en fait que revenir ; il dit qu'il demeurera là encore un mois ou six semaines pour faire reposer son armée qui est autour de là ; une partie de ses troupes bloquent Frankendal, où II y a forte garnison du roi d'Espagne....

» A La Haye. »

7 Avril 1633.

«Madame,.... Je ne rencontrerai pas ici le cardinal de la Vallette ; à cause de cela Je ne vis qu'avant hier M. le cardinal, et hier le Roi. Le premier me dit qu'il falloit que mon frère parlât franchement, et qu'en ce cas il seroit sa caution auprès du Soi. Il me dit aussi : « Vous nlra pas à la Bastille pour cette fois ; mais ne vous gouvernez pas toujours de même que vous avez fait. » Je vis le Roi ; Je lui dis, par le conseil de Mi le cardinal de La Vallette, que J'étois venu l'asaorer de l'obéissance de mon frère à son service ; Il me dit à Toreille : « Vous, soyez le bien-venu ! Je veux oublier absolument ce qui s'est passé et ne m'en plus ressouvenir Jamais ; je suis fort aise de vous voir ici. i* Il se mit après à me parler de mon régiment , et me dit qu'il avoit oui dire qu'il étolt fort beau , et beaucoup de choses sur ce sujet. Monsieur le premier , et tout le monde, m'ont fait des caresses extraor-

dinaires. Je retournai de là voir M. le cardinal, qui me tira à part et me demanda si le Roi ne m'avoit pas fait faire bonne chère; il me dit après cela qu'il m'assuroit que les affaires de mon frère se fcroient , et après me demanda des nouvelles de Hollande. On a envoyé foire cesser les levées de M. de Lorraine ; sll w donne contentement , le Roi pourroit bien aller vers ces quartiers. On parle ici que Monsieur lève extrêmement , et qu'il a épousé en secret la princesse Catherine (de Lorraine), cela donne un peu d'appréhension; Je ne parle point du tout ici de m'en aller; Je ne l'oserois faire que quand M. le prince d'Orange écrira, ce qui devroit être quand on se mettra à la campagne.... Je crois qu'on fortifiera l'armée qui n'est pas de plus de six mille hommes de pied; si vous allez en Hollande, vous consultereiii on doit presser mon retour; les affaires soot li changeantes, que Je conseillerois cette semaiM que oui , et peut-être l'autre que non. II fut au moins le faire de façon qu'on ne donne pu de soupçon.... Ceux qui gouvernent paroisseot bien empêchés, au moins ils sont fort tristei 11 me semble que c'est une étrange saison pour vous en aller en Hollande; le Roi s'en allant en ses quartiers, J'ai peur qu'il n'y ait beaucoup

de désordre à mon régiment

» A Paris. »

A la même.

10 Avril 16».

« Madame,.... Je mande à mon frère qiill me semble que l'on doit bien prendre garde il temps que M. le prince d'Orange écrira pour me faire retourner en Hollande ; si c'est si M et devant qu'on aille à l'armée , cela doDoen du soupçon assurément ; c'est pourquoi je serois d'avis qu'on attendît pour voir un peu qoel cours prendroient les affaires de mon père , et aussi que l'armée étant à la campagne aux Pajff* Bas , on eût plus de raison de songer à s'en r^ tourner....

» A Paris. «

A la même.

29 Avril 16SL

N Madame,.... M. de Marillac a été mis aujourd'hui sur la sellette , et n'ayant pas voata répondre , cela a retardé son procès deux oa trois jours. Après cela, le Roi prendra quelque nouvelle résolution ; mon frère n'ayant pas prê* té son serment , et l'armée n'étant pas en eaiS' pagne. Je n'aurois demandé mon congé; mal> dès qu'elle y sera ou qu'on en parlera , Je vfi

POUR SERVIR d'introduction A SB8 MBMOIRBS.

temps et serai fort aise que M. le j^ sache que Je ne demeure pas isir.... Le Roi a témoigné une la défaite de Tilly , et m*a beau- Le Roi me fait grandes caresses , toit à propos dit beaucoup de e ne m'en glorifie pas guère

e de Bouillon y son frère,

6 Mai 1632.

frère , le matin que M. de Lorme cardinal de la Vallette s*en alla e et prit le chemin de Metz ; j'aie lui jusqu'à minuit ; un quart que je fus sorti de chez lui , Botiver de la part de M. le cardinal, r à trois heures de là ; on ne sait rtainement ce que c'est. Le Roi is faute , et s'en va en grande dihampagne ou Picardie ; il y a r , on ne parle pas moins que de les deux couronnes; Je crois que il y aura guerre contre M. de i demandé à M. le cardinal qui it de revenir , et qu'il savoit bien lu iei en dessein de m'en retour- : : « Le Roi ne part que lundi , Je vaut ce temps-là et vous dirai ce on que vous fassiez , selon ce que li.... » On m'a dit en secret , à ce envoyé à Paris un exempt et six t que ce soit pour prendre quel- Iffiat va commander Tarmée de ^ec M. de La Force....

nain. »

'Cj la duchesse de Bouillon,

29 Mal 1632.

Tarmée s'en va demain cou-

je d'ici ; c'est vers le chemin de Maëstricht. On a commandement s vivres pour cinq jours....

le. »»

A la même.

3 Juin 16^.

.... nous arrivâmes ici auprès de sur le soir , et n^y a eu pendant s que sept à huit hommes tués, heure en capitulation , et on croit le guerre sortiront demain de la

ville. M. le comte Ernest a été à Baremont, que l'on croit déjà rendu, n'étant pas si fort que cette ville ici ; nous ne croyons demeurer ici qu'un Jour ou deux ; il est incertain après cela quel chemin on prendra.... Cette armée Ici est la plus forte que Je crois qu'on ait Jamais vue ensemble en ce pays....

•* Auprès de Venlo. »

16 Juillet 1632.

« Madame, mon frère revint hier de

quatre lieues d'Ici , où M. le prince l'avoit envoyé avec cavalerie et Infanterie pour attaquer un château entre ici et Liège , que je crois qu'il a pris....

» Au camp devant Maëstricht. »

A la même.

21 Septembre 1632.

« Madame , on parle de notre partement

d'ici , mais on croit que ce n'est pas pour retourner en Hollande si tôt. Les états de Brabant, que l'on dit, viendront ici , feront bien changer les affaires , n'en pouvant juger autre ciiose , si ce n'est la paix , la trêve , ou de chasser entièrement les Espagnols du pays. On m'écrit de Sedan que la peste a rendu la ville extrême^ ment déserte ; J'ai grande envie de savoir si le froid qu'il fait ne la diminuera pas. Le bonheur a été si grand qu'elle ne s'est point mise dans le château....

» Au camp de Maëstricht. »

A la même.

23 Décembre 1632.

« Madame ,.... c'est aujourd'hui que MM. Ie& Etats commencent àtraiter... Il y a huit (membres) choisis qui finiront le traité , et ont fait serment de ne dhre à personne du monde rien de ce qui se passe. On leur a fait préparer une

chambre où ils s'assembleront tous les Jours

La mort du roi de Suède passe pour assurée ; mais il est incertain qui a gagné ou perdu le combat....

» A La Haye. »

A la même,

96 Déeembre 1632.

« Madame,.... le duc d'Arscot partaii^nrd'hui et sera de retour le dixième de l'autre

LETTRES DU VtCOMTR DB

mois; c'est en partie à cause des fêtes, et en partie pour aller rapporter à l'Infonte les propositions que MM. les Etats lui ont faites. Oq dtt qu'il y a sept mille hommes dtt roi d'Espagne vers Limbourg; on croît que c'est pour passer vers le Palatioat. Je crains que mon frère ne parte pas de Maëstricfat avant que ces troupes soient bien éloignées decesqaartiers-là....

• A La Haye. »

A la même.

8 Janvier 1633.

■ Madame,.... mon fVèrea en son congé de H. le prince d'Orange; c'est pourquoi Je le crois déjà parti , si ce n'est que les troupes du comte Jean, qnl est vers le Lnxembou[^,ne s'arrêtent. Le duc d'Arscot ne sera de retour ici qu'au quiniième de ce mois ; on fait courre le bruit qu'on a trouvé de del& les conditions de la trêve fort rudes. On ne dit rien ici de la Beinemëre ni de Monsieur. J'ai reçn à ce soir une lettre du Roi qui me mande de retrancher deux compagnies de mon régiment.

■ A La Haye. -

 la même.

lt)ATrlll633.

• Madame ,.■■- la semaine passée j'ai fait un toar Jusqu'à Utrecht pour voir ma compagnie avant le portement de l'armée, qui sera d'au- Jourd'hui dans huit Jours ; li les députés qui reviennent cette semaine de Bruxelles ne veulent consentir aux articles qu'on leur adonnés en partant, qui sont de demander Jullers, Bhclnberg , Gueidre, Breds , et qu'il n'y entre aneune troupe espagnole dans le pays jusqu'à ce que la trêve soit achevée, ceux qui y sont à cette heure y demeureront ; ils font aussi beaucoop d'apprêts pour la campagne....

• A La Haye. >>

A la même.

26 Avril 1633.

• Madame ,.... Je reçus la semaine passée la lettre qu'il vous a plu me faire l'honneur de m'écrire , par où vous me témoignez la grande appréhension que vous avez des bruits qui courent de mon frère ; ce qui m'a empêché de vous les mander, a été la pensée que J'ai ene que d'antres le feraient , et craignant aussi que mon frère ne m'en sût mauvais gré; Je ne pense pas qu'on me paisse Jamais reprocher de lui avoir applaudi en cette affhirc , si ce n'est lors-

que Je ne pensois pas qu'elle allêt si avant ; m'en voudroit un jour du mal , et Je serols plus méchant dn monde de parler si fort cont ma conscience; Je vous puis bien Jurer qi' n'en a parlé à qui que cesolt td , qui, bien lÉ de l'y flatter, ne lui ait dit que ce seroit fa faire la plus préjadldabie ; qu'il étolt poarib qu'il reconnût bien cela lui-même. Biais ■ amour de cinq ans avec une três-bonDéte i très-avisée et habile fille est bien malaisé A m pre ; je ne crois pas qu'il ait rien signé , e'il pourquoi II n'y a rien que sa volonté seola changer. Il partit avant-hier au malin psa allerà Maëstrlcht, etM. le prince demain poi aller à l'armée. Les dépntâ sont attendus a soir , qui apparemment ne s'arrêteront ptiat—, • A La Haye. •

A la même.

■ Madame,.... nous sommes id en nn Ha d'où vous ne sauriez avtAr des nouvelles de IV mée de long -temps; le chemin plus court sentt

par Maëstricht On arriva hier devant RUt-

berg. M. le prince a pris le même quartier qn feu M. son frère et M. le marquis de Spioali qaand ils la prirent. Il y en a cinq : sa it l'antre cêté du Rhin ou commande M. M^ celui de M. Brédérode , dn comte Hurles « da comte de Solms. Le comte GulllauiMal allé , à ce qu'on dit, vers la Flandre avec M mille hommes de pi»d. 11 a été Mt maréiW de-camp par le consentement de toutes les fitvlnces. Il y a trois députés arrivés à La Har^ le doc d'Arscot n'en est pas du nombi'e , maki est attendu tous les Jours. On croit qolls i^ portent de Bruxelles le consentement aux y*positions que MM. les Etats leur avoioit d» nées pour y apporter : de sorte que l'on cnl que la trêve se fera....

.. Au camp près de Rhinberg. •

A ta même.

21 JDilIetlCSt

" Madame,.... vobs aurez bien su la dêMt des troupes de Mérode par le landgrave d( Hesse et le duc de Lunebourg ; il a été tué dif mille hommes de pied des siens morts sur k place ; tous les drapeaux , canons tt bagsg« pris, et soixante-quinze cornettes de cavalefia: de sorte qu'il n'y a plus d'armée en Aliénais pour l'Empereur que celle de Walatein. Celi^ de grande importance pour le reconvreiMat A Palatinat

. A Boxiel. -

POUR <MVIn D'IEITAODIICTIOII à tilS UÉMOIKEI.

B,.... madame la princesse d'Orange «nn voyage ft La Haye;onrattead tara. Cétoit an temps qne les Etats ïtoleot assemblés, qni l'ootété pour deui choses: ceqa'on répondrolt à Mcé , et si on renverroit les quatre Brabaat qui sont demeurés de Haye. Il y a un colonel allemand es ici , qui est Buorès du chancelier itpour lui demander de la cavalerie Mr ici, Jusqu'à trois mille chevaux.

la réponse au premier Jour. v... On le Palatinat est assez bien remis, r ne songe pas encore à y aller :

ide approuve fort cela , car on croit avec M. l'administrateur, il serolt ï qu'il ne prit de son humeur, que

32 Décembre 1633.

! , je suis arrivé aujourd'hui de fort à Metz , ne nous étant arrivé nul ' les chemins. J*al vu aprés-dlné itRréchale , madame la marquise de madame de Boiste , qui sont logées ùj'ai su qu'on leur a mandé au- I Saint-Avau où est l'armée , que 1 en part avec vingt compagnies do deux régimens de gens de pied, cette infanterie en garnison dans qui se met en la protection du Roi, » moyen , fait en aller les Suédois tenue assiégée fi y a long-temps, il que M. le maréchal de La Force : l'armée la même route. Mon réquatre lieues d'ici sur le chemin m. Je demeurerai tout demain ici, après demain , m'en aller vers ce

A la même.

12F«TneTl63t.

' ,.— J'ai été à Cbantllli voir le Roi, imeuré qu'une heure. Il m'a fait shëre et se loue extrêmement de

t J'ai vu aussi M. le cardinal,

grandes caresses. J'ai sa, depuis , que mon frère n'a pas demandé la

permission du Boi pour sou mariage : uéanmoioa on n'y est pas contraire; mais on dit que, puisqu'il l'a fhit sans le demander, on ne le lut veut pas permettre étant fait. Alals , qui me l'a dit , m'a fait promettre de n'en parler & personne. Je ne suis pas du tout si inconnu que Je peniois. M. le cardinal de La Valette me témoigne une

amitié et confiance extrêmes J'ai fait la

révérence à la Heine, qui m'a fort entreteno.... ■ A Parla. ■

• Madame, je fkis, mercredi dernier, voir

M. le cardinal à Buel, qni, me parlant du mariage de mon ft-ère , dit que le Bol avait consenti , et qu'il falloit le pardonner à l'amour. Ensuite de cela , It me dit qu'il voulait avoir soin de me marier. On a eu nouvelles que le prince Thomas (de Savoie) a pris le parti du roi d'Espagne : les uns disent qu'il est allé & Milan, et les autres en Flandre. Il y est arrivé aujourd'hui deux courriers de Piémont; on us sait pas encore ce qu'ils ont apporté. H. de Toiras, n'étant plus payé de ses appolntemens, a demandé permission an Bol de prendre parti avec eux qui lui offroient quelques avantages. Le conseil se tient après-demain. On croit que c'est sur ces nouvelles d'Italie.....

« A Paris. •

A la même.

16Jallleiie34.

■ Madame,.. ..Je couche au quartier du Bol à ce soir, ce qui ne m'étolt pas arrivé , dcpnis lésine, que fort rarement.... On attend bien fort ks mines : ce qui pourroit donner une prcHnpte fin à ce siège

< A La Motte. >

A la même.

9 NoTemlin UU.

■ Madame, nous sommes Un^oura au

même lieu ; il y vint hier un courrier de la cour, qui n'a rien apporté , si ce n'est de foire hâter le

pont de Fhillsbourg C'est ici le plus beaa

pays du monde : nous y sommes fort bien logés... Mon régiment est en fort bon état et si fort que Je ne l'aye jamais vn. M. Hébron vint hier àMayence on est le chancelier (Ozenstiema). Tonte l'armée suédoise est en-deçà du Bhin,qni &lt toqJouFS mine de vouloir repasser....

A Landau. •

LBTTKtil DU VICOHTB DK TUBBN5t ,

30IHecnibrel«34.

• Maâame, l'armée a été à Heldelberg,

d'où six mille impériaux sont tortia avec composition. On a pris doaie pièces de canon

Je m'en vas demain dans Heidelberg avec trois régimens qne Je commande , et Je ne croîs pas qne ce soit ponr long-temps , car tonle l'aimée repassera bientAt (e Rhin , qal a ti fort charié qn'il a rompa toat notre pont. On croit qu'il se prendra at^onrd'hui ou demain.

• A Manhelm. •

A la même.

17 Janvier 1*35.

<• Madame, J'ai toujours été à Heidelberg

depuis que Je vous le mandai. Tout le grand fauxbourg est brûlé. La ville n'est pas trop en mauvais état. Pour tout le pays de M. l'Electeur, lantdeçà que delà le Rhin, qui s'étoit déjà bien remis, est entièrement ruiné par les Impérialistes, les Suédois et notre armée ; de satXa qu'on passeroft dans cent villages sans trouver un paysan. Le pont est reTatt à Manheim , de sorte qu'on attend ordre de la cour pour savoir ce qn'cm aura à Uire

■ A Heidelberg. -

A la même.

4 Février 1«3&.

• Madame,.... J'étoigsortiilyaseptouhall Jours, etj'avola marché Ju»qiies vers Francfort., mais la prise de Phllisboarg a été cause qu'on m'a renvoyé Ici. Ils l'ont emporté fort facile meift , en donnant de tous côtés snr les glaces. le gouverneur est pris. Ensuite de cela ils pas' sèrent avant-bler le Rbtn sur la glace , vis-à-vis de Spire ; mais Je croîs que le dégel les fera repasser bien pTomptement. L'arraée des Suédois est Jointe à cette heure avec celle-ci. On prend dans cet instant une résolution avec le duc Bernard (de Saxe-Welmar] et le chancelier (Oxenstierna) de ce qu'on a à faire.... Je commence actuellement à entendre presque tout

15F<Tr{erttSS.

. il y a quelque pArtte de l'armée de deçà le Rhin , dont Je sols ; (e reste at-

• A Heidelberg. <

tend que le pont soit refait pour repa» lient ceci pour constant, qne M. de Lom va avec une armée en Lorraine. SI e vous le saurez bien plustAt que nous. Je pas pour cela qu'on abandonne ce payt a toujoars garnison de l'Empercnr ^n

qui n'est qu'à trois lieues d'ici J'ai i

deuxjoursà Frankendal, et al vu M.

nistrateur de qui l'état est déplorable , ( tire quoique ce soit de son pays , et n'a plus rien pour vivre : Je sois fort en ses grâces.... Je crois que nous noua mettra de pelltes villes -et y séJ'>ui'')^>'oi>B temps, durant lequel on verra si on prendre Spire

> A Landau. ••

A ta même.

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