‹ Relation faite par m. de Fontrailles des choses particulières de la courChapitre 62 sur 89 · M TURENNE · texte numérisé non relu

M TURENNE

De cette manière, la cavalerie, qui montoit à cinq mille chevaux, et l'infanterie à cinq ou six mille hommes de pied , avec douze ou quinze pièces de canon , furent prêts vers la fin du mois de mars de repasser le Rhin sur un pont de batteaux que Ton fit faire à Spire.

[ Avant de partir de celte ville, M. de Tu-

MKMOIHKS m VICOMTE DK TUtiRNNE. [1645]

renne adressa au cardinal Mazarin la lettre suivante en date du 25 mars :

« Je ne me suis pas vouilu haster de mander à Vostre Eminence la défaite de l'armée impériale , par M. Tartenson , on ne la sçait encores que par les ennemis; il est incertain ce que l'armée de Bavière fera. M. de Mercy est allé à Munick en poste , et doit estre de retour dans le Wurtemberg depuis trois ou quatre Jours.

» M. Dutot est revenu de prison : je croy que sMl plaisoit à la Royne de vouiloir luy accorder le brevet de mareschai de bataille , affîn qu'il l'exerçeat Thyver qui vient , à l'issue de la campagne , que cela seroit très-raisonnable , outre qu'il est personne de mérite , et il a faict une perte si grande de ses deux frères en la dernière occasion , que cela mérite bien quelque recognoissance. Son régiment se maintient fort bien , et comme je n'ay pu luy donner d'bommes j s'il plaisoit à Vostre Eminence, dans deux ou trois mois , luy en donner deux ou trois cens des garnisons , il feroit une très-bonne brigade.

>» M. d'Espenan , en cas que je m'advance un peu avant avec l'armée , a bien envie que je n'aye plus rien à voir aux trouppes qui demeureront le long du Rhin ; je voudrois que les affaires allassent assez bien pour l'en pouvoir bien esloigner avec seureté ; à quoy je contribueray tout ce qui dépend de moy. Je suis asseuré que s'il croyoit que Vostre Eminence y adjouste foy, qu'il travailleroit de tout son cœur à faire de grands mémoires , et je suis la personne du monde qui prend le moins de précautions contre cela , et je ne me suis jamais trouvé en lieu où il fallût faire des manifestes ; j'ay grand peur qu'il ne m'y instruise.

» Je ne m'advance que bien foible, n'ayant point eu de nouvelles des gens de madame la Landgrave de Hessen , et laissant des trouppes dans touttes les places.

» Pourvu que les affaires aillent bien de delà le Rhin , on n'a plus rien à craindre que vers la Moselle, de sorte que je croy plus nécessaire que jamais de s'en rendre maistre. Cette campagne il faut, cela estant , que Franckendai tombe de luy-méme, et je feray touttes choses possibles pour me maintenir delà le Rhin ; je n'y marche pas présentement en trop bon estât , mais la conjoncture des affaires le demande absolument ; et je m'asseure que Vostre Eminence se souviendra de me soustenir avec des renforts, autant qu'il se pourra, et la supplie très-humblement de croire que je n'en demanderay jamais d'inutiles.

» On me mande de Paris ^ que l'on presse mon frère pour des debtes de la maison de La Marck ;

je supplie très-humblement Vostre Ec de vouiloir que ma sœur de Bouillon parle , et aussi de cent mille francs q luy doibt pour des bledz que l'on dit av deffendu à M. de Montauron de luy Vostre Eminence sçait bien l'intérest doibs prendre. Je la supplie très-huml de ne point souffrir qu'il reçoive ces i traictemens.

» J'ay sceu comme M. de La Trémoui quelque démesié en Bretaigne ; je suppi humblement Vostre Eminence de ne le point abandonner en ce rencontre; ell qu'outre l'intérest de M. de La Trémouill de ma sœur m'est extrêmement cher.

Vautorte est arrivé icy, que je trouve to neste homme et fort raisonnable. C'est seigneur, vostre très-humble et très-ol serviteur,

» A Spire, ce 26 mars 1645.

» TURENNB.

Le vicomte de Turenne continua d'i Son Eminence des différentes nouvell recevoit des dispositions des princes d' gne, ainsi que de l'état de son armée:

« Le sieur Groevius que j'a vois envoyé

madame la Landgrave, est revenu aujoui

m'a apporté, comme elle faisolt diffl<

donner ces deux brigades , disant fo

sons, dont la principale est qu'elle n'a

satisfaction sur le payement. Elle n

pas d avoir rendez-vous auprès de Ctt

sorte que, s'il plaist à Vostre EmiiK

faire donner satisfaction là-dessus , je n

pas qu'elle ne les envoyé tout aussytost

» Je croy que Vostre Eminence aun

lettre par laquelle je luy mandois c<

régiment de Montausier a refusé de m

des gens commandés que je luy ay dei

si ce régiment est destiné pour une autr

je ne m'en serviray point , dès que les

' de madame la Landgrave seront arrivé

i renvoyeray à leur garnison.

' » Pour ce qui est de la cavalerie , 1

; ayant esté affoibly par la dernière ba

ne seroit pas raisonnable que j'en dei

de françoise , ny aussy d'entreprendre

! lever un régiment allemant nouveai

I vu qu'il est impossible que des troup

: velles , de quelque nation qu'elles se

mettent en estât de servir qu'an bout d

quatre ans ; mais si on peut estre en ]

cela, en donnant à cinq ou six régimens

à chacun une compagnie pour les metti

MBMOIRES DU VICOilTK DE TUBEiNI^E. [l645]

i s'efforceroient à faire trois escadrons chan, et aiDsi , avec le temps, on pourroit mesme passer d'an ou deux régimcns de cavalerie mçoise : ce que Je dis, est en cas que les chos aillent bien.

» L'armée de Bavière est ensemble sur le Necir; on asseure que Jean de Werts revient avec ut ce qu*il a peu sauver de la bataille. M. de ivière fait aussy advancer quelques trouppes ill a levées dans son pays et quelqu'infanterie nuedltalie. Dèsque j'auray l'armée ensemble, il sera daiis peu de jours, je verray quelle réilition il prendra. Yostre Ëminence peut juger \ quel estât je suis d'infanterie , laissant les laces garnies. M. d'Ossonville m'avoit fait parsr de supplier Vostre Ëminence pour avoir le {OQvernement d'Alsace , en cas que M. de ioDtausier le quittast , ayant celuy de feu IdeBrasac. Je n'y trouve qu'un seul inconrénient , qui est que c'est bien près de M. d'Erlie;mais, s'il se pouvoit trouver quelque chose pour luy, ce seroit une grande charité , car il ntfort mal en ses affaires et il a très-bien servy.

• Je me donneray l'honneur de mander à Yoitre Ëminence comme je ferois toutes les cho- Rl qui dépendroyent de moy, affln de contribuera bien vivre avec M. le marquis de Pomar.

» Il y a quelque chose en suitte de ce que Voitre Ëminence me mande là-dessus, qui est en ehiffire, que je ne peux pas présentement faire léchiffrer, n'ayant pas le chiffre avec moy.

» Pour ce que Yostre Ëminence me mande h ce que ma belle-sœur dit , je croy qu'elle est Un persuadée que je ne suis point capable de Mrtir de mon debvoir. Je la supplieray toujours btndcter mon frère le plus favorablement qu'il Kra possible, ne paroissant point qu'il fasse rien Mtre le service du Roy. C'est , Monseigneur, mire très-humble et très-obéissant serviteur.

• Dourlac, 31 mars 1645.

» TUBENNE.

» Si Yostre Ëminence vouloit faire donner le jBmremement de Haute-Alsace , en cas que 1. de Montausier le quitte , à M. Doubatel , D ne seroit point obligé de luy donner de ré- Nopense , et cela feroit voir aux Allemans que OQ donne quelque chose de solide , ce qui les ntenteroit très-fort.

» Je croy qu'il seroit bon de donner toujours Bdqoe chose pour travailler à Philipsbourg , 'aotant que la saison sera bonne. Ce que L d'Espenan a fait faire a esté à fort bon marié; il n'a rien tiré de tout l'hyver des contriitJODS , et la garnison a resçu du pain seul ; à idvenir, luy et M. le lieutenant informeront istre Ëminence de ce que l'on pourra tirer. « J

m. C. D. M, T. III.

M. de Turenne avolt pressé le temps de se mettre en campagne , à cause que Tarmée de Bavière avoit détaché un corps de trois ou quatre mille hommes^ pour fortifier l'armée de l'Empereur , sous le commandement de M. de Bauschemberg , général de l'artillerie, et de Jean de Wert , dans la bataille de Tabor , où M. Tartenson défit et prit prisonnier le général Uatzfeit, après avoir, dans le commencement de la même année, ruiné Tarmée de l'Empereur (l) dans divers combats , par une suite de conduite fondée sur une grande expérience, et accompagnée d'un grand courage et d'un grand jugement , ce qui est fort supérieur au gain d'une bataille. L'armée du Roi ayant donc passé le Rhin , on fut trois ou quatre jours à se mettre ensemble, vers Phortzheim, petite vil le du pays de Wirtemberg, à trois ou quatre heures de la rivière de ISekre , derrière laquelle éloit M. de Merci , avec un corps , à ce que je crois , de six ou sept mille hommes , n'ayant point hâté ses recrues , et ayant laissé rafraîchir ses troupes dans des lieux un peu éloignés, en attendant que la saison fût avancée , et que les herbes donnassent plus de commodité à son armée de se rassembler. M. de Turenne, ayant appris qu'il y avoit des gués à la rivière, partit de bon matin , et y étant arrivé , se campa de bonne heure, non pas vis-à-vis du lieu où les ennemie étolent logés , mais à deux heures plus bas, et la passa sans nulle difficulté.

M. de Merci, qui ne crut pas que son armée étoit en état, se retira vers la Souabe, et M. de Turenne , ayant suivi sa marche , passa auprès d'Hailbron , où les ennemis avoient garnison , et arriva à Suabeschal avant M. de Merci , qui avoit ses maréchaux -des-logis à la porte de la ville : mais comme M. de Turenne fit promptement avancer ses dragons , les bourgeois ouvrirent les portes, comme ils le font toujours au plus fort et à celui qui arrive le premier. Comme il n'avoit avancé aux portes de la ville qu'avec la cavalerie , et qu'il avoit laissé son infanterie à trois heures de là , avec le bagage qui n'avoit pas pu suivre , à cause de la longue marche , il craignit que M. de Merci , ayant nouvelle de sa séparation , n'envoyât attaquer cette infanterie, avec laquelle il n'étoit demeuré que deux régimens de cavalerie. Ainsi, après avoir laissé ses dragons pour garder la porte, il retourna promptement^ la nuit, au lieu où il croyoit que l'infanterie seroit demeurée. M. de Merci, ne doutant point que ce ne fût toute l'armée qui étoit arrivée à Suabes-

(1) Celte armée était commandée par le générai Galas.

MÉMOIRES 1)1 VICOMTR DR Tt'REN^iR. |lOio]

ehal , avoit coutiuué ù marcher plus avant vers Dinkespuhel et Feuchtwang. On ne laissa pas néanmoins, qnand infanterie fut arrivée , de continuer à suivre les ennemis, laissant le bagage dans la ville ; mais sans l'appréhension que l'on eut pour l'infanterie , je suis persuade que si la cavalerie eût marché d'al)ord après M. de Merci, qu'elle l'eût arrêté dans sa marche , qu'elle eût donné temps à rinfanterle de venir, et que l'on eût combattu avec avantage. On se contenta de suivre l'ennemi cinq ou six lieues sans aucune rencontre considérable , que de quelques petits partis. M. de Turenne étant revenu à Suabeschal , y demeura deux ou trois jours , d'où il marcha vers la rivière du Tauber à Mariendal , autour duquel il y a plusieurs petites villes , d'où l'on peut tirer beaucoup de subsistance; il s'y arrêta afin d'avoir derrière lui la Hesse, dont il espéroit, dans l'été, tirer des troupes pour envoyer dans TAIiemagne. Il paroissoit aussi que l'on s'éloignoit plus de l'ennemi qui étoit vers Feuchtwang , et l'on croyoit qu'il se sépareroit pour se rafraîchir , ayant tout le derrière libre du haut Palatinat et de la Bavière.

[Le Roi informa, vers ce temps, M. de Turenne du projet de voyage de M. le duc de Wurtemberg en Souabe, par la lettre suivante :

« Mon cousin, ayant sceu le dessein qu'a mon cousin le duc de Wurtemberg d'aller en Souabe , avec espérance que son voyage produira quelque bon effect pour la cause commune , je faicts cette lettre pour vous dire , par l'advis de la Royne régente , madame ma mère, que je trouve bon et désire que vous teniez correspondance avec luy , et luy aydiez à ce que vous verrez pouvoir réussir au bien et advantage de cette couronne et des princes mes alliés; et la présente n'estant pour autre fin , je prie Dieu qu'il vous ait , mon cousin , en sa sainte et digne garde.

>* Escrit à Paris, le 19 avril 1645. » ] Dès que l'armée fût arrivée à Mariendal , comme c'étoit dans la fin du mois d'avril , et qu'il n'y avoit point encore d'herbes , on pressa fort M. de Turenne de permettre que la cavalerie se séparât dans les petites villes où on laisseroit son bagage au premier ordre , et qu'on viendroit promptement au rendez-vous. Pour dire vrai , le trop de facilité à ne point faire pâtir la cavalerie , faute de fourrage , la grande envie qu'ils se missent promptement en bon état, plusieurs officiers assurant que chacun dans son lieu acheteroit des chevaux pour les démontés, et aussi l'éloignement de l'ennemi qui étoit à près de dix heures de lÀ, les partis

rapportant qu'ils étoient sépares , pibkbit if .

SOUORE M. DE TUBENNE MAL A PfiOPOS (ij à

les envoyer dans de petits lieux fermés. Il retint néanmoins l'infanterie et le canon à ooe demi-lieue de Mariendal , et envoya M. Boaeo avec quatre ou cinq régimens à Rotembonrg, sur le Tauber, qui est à plus de quatre heores de Mariendal, mais les autres régimens étoleatà deux et trois heures plus loin.

Le lendemain que l'ordre fut donné poor k séparer, M. de Turenne voyant bien qu'il d'j avoit point assez de certitude de la séparathM de l'ennemi , pour avoir donné lieu à la réiolution prise , envoya ordre à M. Rosen et le rapprocher avec les régimens ; et hors ce qvl étoit à deux heures plus loin , il fit revenir kl autres régimens , excepté nouveau Rosen d Yousvors qui étoient extrêmement loin, l'm pour observer l'armée de Bavière, et l'antre vers la Franconie, à cause de la garnison de Schw'cinfurt. Le premier ne fut pas assez diligent pour rejoindre , et l'autre n'eut presque pas de nouvelles du combat.

M. de Turenne, étant presque danslacerti* tude que l'ennemi feroit la marche que l'on apprit qu*il fit , alla se promener le Jour avaotle combat avec la grande garde , à trois lieuessir le chemin par lequel l'ennemi poovoit l'aUi* quer. Etant revenu fort tard , et M. Rosen l'étant rapproché avec plus de la moitié de la ci' Valérie, il apprit à deux heures de rapèi minuit , par un parti , que l'ennemi avee M le corps de l'armée avoit quitté Fenebtwiiig,el marchoit droit à lui; c'étoit le deuxième de mai. En même temps. Il envoyé ordre au régimens de cavalerie qui étoient à deux ou tisii heures de là, de marcher , et il dit à M. Roui de monter à cheval et de s'en aller à la graide garde , et faire assembler promptement efràfi du bois toutes les troupes qui en étoient proehe. Malgré cet ordre, M. Rosen passe le bob fil pouvoit avoir cinq ou six cents pas, et mndi à la cavalerie de le venir joindre au-delà di bois; ce qu'il n'eût pas fait assurément sllell cru l'armée de l'ennemi si proche , car H al certain que si elle se fût mise ensemble en^efi du bois , on se seroit retiré sans combattre.

M. de Turenne, qui n'avoit pas demeuré ptai d'un quart-d'heure dans le quartier poordoîicr ses ordres à toutes le troupes, monte à ebevrif et ne trouvant plus la grande garde, la sdtn travers du bois, et, étant au-delà, il vit seftn

(1) Voilà le style des grands hommes : Ils tfOieBl iigénument leurs fautes et ne les dissimule at potaH la Térité le demande. (A. K.)

MÈMOIBES Di: VICOMTE DE TlllEM.NE. [lG4ô]

boit régimens de sa cavalerie qui composoient cequ'iiy avoit d'arrivé, que M. Rosen met- !olten bataille, etjettantia vue plus loin, il lit l'avaot-garde de Tennemi qui sortoit d*un utre bois sur un assez grand front, à un petit nirt-d'beure de lui. Quoique la chose fût assez nrprenante, et qu'elle ne présageoit rien de on dans la suite , il ne crut pas qu'il y eût rien fiiire qu'à se mettre en bataille avec une pare de l'armée , comme si elle y avoit été toute , 'ayant pas encore assez de gens ensemble pour archer à l'ennemi , son infanterie ne commenint qu'à arriver. L'ennemi étoit trop proche mr changer de posture et se mettre derrière ibois ; ainsi il ne songea qu*à se servir de l'amtage du lieu , et y ayant un petit bois à lain droite de la plaine où étoit la cavalerie, y mit son infanterie qui n'étoit pas composée eplus de trois mille hommes. M. deSmitberg t M. Du Passage la commandoient, et comme s Ileu-là servoit comme d'aile droite, il se connta de laisser deux escadrons derrière ce lis, et mit toute sa cavalerie sur une ligne rec deux escadrons de seconde ligne , à la iin gauche du grand bois. M. Rosen se mit «t à fait à l'aile droite de cette ligne , et M. i Turenne à la gauche.

On attendit l'ennemi en cette posture, lequel ipeu de temps descendit dans la plaine, et eltant son infanterie au milieu des deux ailes lia cavalerie, M. de Merci, qui étoit général I Farmée , se met à la tôte , et marche droit bois , ayant par ce moyen son aile gauche i ne pouvoit pas bien agir qu'il ne fût maître I bois; mais comme il ne pouvoit d'abord voir dtoation du lieu , il mettoit son armée en baille comme on fait d'ordinaire. Gomme il t à cent pas du bois , et que l'infanterie n'ait poUit encore fait de décharge , M. de Tuane marcha avec sa cavalerie au-devant de Ile droite de l'ennemi , dont tous les esca- 0118 furent rompus, et la seconde ligne fut ranlée. Dans ce même temps , l'infanterie de nnemi avançant vers le petit bois , celle de rméedu Roi ne fit qu'une décharge et se jeta confàsion dans le bois ; ainsi, l'aile gauche Tennemi trouva le moyen d'avancer à la faor du bois que son infanterie avoit gagné. La falerie de l'armée du Roi , qui ne voyoit plus Tant elle que trois escadrons de réservedeTenmi, la première et seconde ligne étant en confun, aperçut tous ses fantassins qui avoient jeté

I armes, et les escadrons de l'ennemi qui se for- >lent derrière elle. En même temps , la confù-

II commença à s'y mettre , et bientôt après la route fnt entière ; M. Rosen y fut pris, ayant

très-bien fait son devoir et toute la cavalerie aussi. M. de Turenne se retira dans le grand bois , ayant été fort pressé par deux cavaliers de demander quartier, et ayant percé tout au travers avec deux ou trois personnes avec lui , il trouva au-delà du bois trois régimens de cavalerie. Duras, Beau veau et Traci arrivés ; et par malheur quantité de cavaliers ayant fait saif^ner leur chevaux à cause de la saison , les régimens ne purent monter assez tôt à cheval pour venir au combat.

A ces régimens il s'y joignit bien douze ou quinze cens chevaux des régimens qui avoient été rompus, et M. de Turenne, les ayant mis en bataille , vouloit aller contre les ennemis, s'ils eussent promptement passé le bois ; mais voyant qu'ils se donnoient assez de temps pour se remettre en posture après le combat , et que toute son infanterie étoit perdue, et qu'il ne restoit que trois régimens qui n'eussent pas combattu , il aima mieux sauver ce qui restoit, quoiqu'il le fit avec assez de peine. Ainsi il commanda à M. de Beauveau de marcher, avec son régiment et toute la cavalerie allemande qui restoit du combat , droit au Mein , et lui donna ordre de s'arrêter à l'entrée du pays de Hesse: ce qui pourroit être à quinze ou seize heures de là ; il demeura lui-même avec ses deux régimens de Duras et Traci , pour la retraitte et pour donner aux autres le temps de passer le Tauber , où il y avoit divers gués : ce qui se fit comme il l'avoit pensé. Aussitôt qu'il vit toute cette cavalerie assez loin pour n'être plus en danger, il songea à se retirer aussi. Les ennemis, ayant apperçu ces deux régimens qui se retiroient seuls, vinrent de tous côtés pour leur couper le chemin ; mais M. de Turenne se retira avec assez d'ordre jusques sur le Tauber , qui étoit dans la même campagne , et l'on repoussa deux ou trois fois les ennemis qui vouloient suivre par le même gué par lequel on avoit passé. A la fin , en ayant trouvé divers autres , on fut obligé de prendre son chemin avec de petites troupes , après avoir perdu une partie des étendarts. Ces deux régimens , particulièrement celui de Duras , qui avoit l*arrière-gardc , fit dans cette occasion tout ce qui se peut de hardi et de vigoureux. M. de Turenne se retira d'abord avec quinze ou vingt officiers ou cavaliers , et peu de temps après avec une troupe de cent ou cent cinquante chevaux, avec laquelle ayant marché toute la nuit et passé le Mein à gué , ii alla le lendemain , vers le soir, rejoindre sa cavalerie vers la Hesse. L'ennemi prit une grande partie de l'infanterie , tout le bagage, dix pièces de canon et douze ou quinze cens cavaliers ou

MBHOIBES DU VICOMTE DB TUHEIfNB. [l64S]

officiers de cavalerie. M. de Montausier, M. de Smitberg et M. Du Passage furent pris, etl*ennemi demeura quelques Jours sans bouger.

M. de Turenne , croyant que quelque corps de cavalerie pourroit le suivre , demeura un Jour ou deux dans le bois avec douze ou quinze cens chevaux; mais n'ayant rien vu paroitre, il avança jusques sur les frontières de la Hesse, où madame la Landgrave lui envoya promptement M. Geis , qui commandoit ses troupes, avec deux de ses conseillers , pour tâcher à lui persuader de se retirer vers le Rhin, lui alléguant qu'il assurait par là les places qu'il avoit laissées dégarnies , et qu'il Joindrait plutôt les troupes que l'on devoit envoyer de France pour le renforcer. Mais ces conseillers taisoient la principale raison qui poussoit la Landgrave à souhaitter que l'armée marchât vers le Rhin : c*étoit qu'elle craignoit d'attirer la guerre dans son pays , et ne vouloit pas mettre sitôt son armée en campagne ; mais M. de Turenne , qui sçavoit que ce qu'il faisoit étoit le seul moyen de faire que toutes les traupes hessiennes le Joignissent, et de faire sortir M. Konigsmarc de ses quartiers , s'opiniâtra à ne pas changer de résolution , et lui manda que si l'ennemi marchoit à iui qu'il se retireroit tout au travers de la Hesse, et qu'à quelque prix que ce fût , il n'iroit point vers le Rhin , et entreroit plutôt vers le pays de Brunswic. Il fit aussi sçavoir la même chose à M. Konigsmarc, qui étoit dans ses quartiers , à dix ou douze lieues derrière Gassel sur le Weser. Ce général avoit les mêmes intentions que les Uessiens, de ne point se mettre sitôt en campagne, et ne souhaittoit point que la guerre fût attirée vers ces quartiers-là; mais la fermeté de M. de Turenne le fit résoudre à se remettre ensemble*

M. de Turenne, ayant fait retirer ses troupes dans la comté de Waldec , alla Jusques à Gassel , où il reçut beaucoup de civilités de madame la Landgrave, et connut que tout ce qu'il avoit oui dire d'elle étoit véritable, qu'elle avoit beaucoup de Jugement , de courage et de conduite en toutes ses actions. Elle fit rassembler ses troupes y qui montoient à six mille hommes, laissant ses places remplies, et M. Konigsmarc, qui avoit pins de quatre mille hommes , s'avança aussi sans perdre de temps.

[Ce fut de Gassel que M. de Turenne rendit compte au cardinal Mazarhd de cette malheureuse affaire de Mariendal , en appelant toute la sévérité du ministre sur lui seul :

« Je croy que Yostre Eminence sçait bien dans quels sentimens je suis de ce qui est arrivé , et hors l'espérance que j'ay de pouvoir ,

dans le malheur, remettre les choses en qu^f que estât, il ne me pourroit rester nulle consc^ lation. J'envoye à Vostre Eminence un i^é. moire des choses que je cray qui pourront liemettre ceste cavalerie ; pour l'infanterie , je fa cray toute perdue ; mais Je n'ay Jamais eu Xfok mille hommes de pied en contant les officien

» Ge malheur ne m'empeschera point de tucher à contribuer à remettre les choses en tout ce qui dépendra de moy; et aussi lorsque h Royne et Vostre Eminence jugeront que, par le malheur que j'ay , ou pour d'autres considén* tiens, il ne sera pas nécessaire de se servir de moy, je la supplie qu'elle passe aisément par dessuz la considération de l'honneur qu'elle ne faict de m'aymer , estant certain que je ^ee^ vray cela comme je le doibs.

» Je me persuade que Vostre Eminence croit bien que J'ay faict en ce combat ce que j'ay pei. Je me suis retiré avec un gentilhonune ; les antres et les aides-de-camp qui estoient avec lugr ayant esté tués ou prisonniers, et n'y ayant piai de trouppes au champ de bataille , j'allay par un bois rejoindre les trouppes à Mergenthda; et ayant fait passer toutte la cavalerie par n passage. Je demeuray avec trois trouppes derrière, qui furent à la fin coupées, et après avoir donné temps aux autres de gaigner diemlDf J'en pris un au hazart par la montagne, et 17 esté trois jours à rejoindre les autres qui estoM devant moy; M. de Tracy demeura avec m^; et outre beaucoup de coeur qu'il a tesmoignè,! travaille avec très-grande affection pour la réparation de touttes choses et y sert icy très otfle' meut. J'envoye à Vostre Eminence le sieur ée Mepas, qui luy dira particulièrement en qori estât sont touttes choses, la suppliant me eroke tousjours trcs véritablement, Monseigneoft vostre très-humble et très-obéissant servitetf.

» À RrunsvinlL en Hesse, le 10 roay 1645.

» TUBKNNB.»

Mais le Roi écrivait à M. de Turenne avait même de connaitre parfaitement les détailsda cette déroute, et ne lui témoigna de l'inquiétod6 que pour ce qui pouvait être arrivé à sa personae:

» Mon cousin , sur l'advis que j'ay receu, dèi avant-hyer, que les ennemis vous ontatti(|ié avec toutes leurs forces dans votre quartlc^ général, et qu'il y a eu perte de votre coaté, bien que cette nouvelle m'ait esté rapportée avec beaucoup de confusion et d'incertitode, néantmoings, dans i'appréhension où je soi> qu'il n'y ait eu du mal, ne voulant perdre ai' cun moment de temps pour y remédier, je U> advancer ie sieur de Marsin vers le Bhio, aict

UÉMOTBRS DU VICOMTB DE TUBBNNB. [164S]

de cavallerie qui est soubs sa charge , cte que mon cousin le dued'Enghien, réparoit desjà à se rendre en mon ar- Laxembourg, dont les troupes seront ass dans le 20*^ du présent mois, aux ene Verdun et dans le Barrois, presse son pour marcher à grandes Journées du «té du Rhin ; de sorte que J*espère qu'il irant que les ennemis y puissent rien en- Ire, et qu'avec les forces qu'il aura il estât de soustenir puissamment toutes «r delà. Outre cela, Je faicts haster les que vous scavez que j'avois destinées vir le long du Rhin , soubs le sieur de e, y en ayant quelques-unes qui doibre maintenant arrivées avec luy en ces i-là , et Je mande audit sieur de Bellemme aussy aux sieurs d'Espenan et de ï, que si vous n'estes sur les lieux, ils n votre absence tout ce qu'ils verront essaire et à propos, et, agissant de con- ; le sieur d'Erlac, pour asseurer les pla- » par mes armées deçà et delà du Rhin, r ceux qui viendront de mon armée igné, rassembler et restablir les trouluront souffert quelque échec , empélucun ne quitte le service , et ne rien i de tout ce qu'ils verront estre à faire venir les suittes de l'advantage que les ont pu recevoir, en attendant que l'on vray ce qui s'est passé en cette occa- 18 laquelle la plus grande peine que Je avec la Reine régente, madite dame et itde ce qui sera succédé à vostre pérît Je vous asseure qu'elle et moy nous ms facilement de tout le mauvais évé- [ue Dieu aura permis , pourvu qu'il luy e vous garantir , sachant très-bien quil istre arrivé par aucun deffault de vostre [ue, si vous estes en lieu et en estât pour choses seront bientost relevées, comme désirer; et sur ce Je prie Dieu quMi vous cousin , en sa sainte et digne garde.

*it à Paris, le 14 may 1645. »

ne envoya un oflicier à Mazarin pour *e compte de Tétat de Tarmée et prenrdres à ce sujet ; le même officier porttre suivante :

A Son Eminence.

ant qu'il est nécessaire que Vostre Emiit particulièrement Informée de touttes 3t aussi qu*clle sera bien aise, pour rees affaires , de conférer avec les perai en sauront plus particulièrement tous

les moyens , J'ay prié M. de Trêves de s'en aller à la cour. Quoyque ce soit un voyage trèsdangereux, il a souhaitté le voulloir faire, pouvant tesmoigner en effet qu'il travaille avec affection extrême au rétablissement de touttes choses.

» Vostre Eminence croit bien que je n'auray point au monde de plus grand soin que de faire touttes les choses qui se pourront, avec ce qui me reste , et qu'avec ce qu'il luy plaira envoyer de renfort, suivant la nécessité des affaires, J'espère que Dieu me fera la grâce de rendre quelque bon service, après le malheur que J'ay eu , qui est la seule chose au monde que Je souhaitté, estant, Monseigneur, vostre très-humble et très-obéissant serviteur.

» A Wesser, 16 taay 1646.

• TuaBNNB. »

Le Roi transmit encore à M. de Turenne ses ordres sur ce qu'il y avait à faire dans la conjoncture présente ; ils sont contenus dans les lettres suivantes :

« Mon cousin , les premières nouvelles que la Reyne régente, madame ma mère, et moi avons receues de vostre combat contre l'armée de Bavière ont esté rapportées avec tant d'incertitude et de confusion, et on a esté si long-temps sans en avoir d'esclaircissemens, que nous en avons esté dans une extrême peine, non-seulement parce qu'il sembloit que le mal fnst beaucoup plus grand qu'il ne se trouve , par la grâce de Dieu , mais particulièrement à cause que Ton n'avoit aucun advis de ce qui avoit succédé à vostre personne. A présent que J'apprens , par diverses lettres, que vous estes arrivé à Cassek^ que vous avez rallié et sauvé une bonne partie de la cavallerie de l'armée, avec plusieurs principaux officiers; que la perte que vous avez faicte n'est arrivée que pour n'avoir pas eu toutes les troupes de l'armée avec vous , plusieurs. oCûders ne s'estant pas rendus avec leurs oorpa près de vous dans le temps que vous leur aviez ordonné; et que si les forces des ennemis vous ont obligé de céder , ce n'a esté que pour avoir prévalu en grand nombre sur vous, et après avoir souffert une notable perte; quoique j'aye tottsjours bien Jugé qu'il n'y avoit aucun manquement de vostre part, cognoissant avec quelle vigilance, valeur et conduite vous agissez; néantmoins, ce m'est une singulière consolation et repos d'esprit de sçavoir, en gros, comme la chose s'est passée , en attendant que^ J'en apprenne le particulier,, et d'estre asseuré que Dieu vous a préservé dans un si grand péril, av^ beaucoup de mes fidèles serviteurs que Je

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recogQoistray, Dieu aidant , du service qu1ls ni*ont rendu en cette occasion ^ comme je feray chastier ceux qui seront notés pour y avoir mauqué; et J*espère que\ous serez bientost en lieu d*où vous pourrez vous-mesmc travailler au restablissement de mon armée et de mes troupes, pour estre en estât de ne laisser passer la campagne sans prendre vostre revenche sur les ennemis. Cependant , afm de ne rien obmettre pour cela de ma part , je vous répéteray icy ce que je vous avois mandé par le sieur de Beauvals Plezian , lequel je vous ay despêché incontinent après les premiers advis de cet accident, qui est que j'ay faict advaucer le sieur de Marsin avec mil cbevaux effectifs du costé du Rhin, et le Courier que je luy avois despêché est de retour, qui a rapporté qu'il estoit desjà advancé sur ce chemin. J'ay aussy sceu que le sieur de Bellenave est arrivé en ces quartiers-là avec le corps que vous savez que je faisois former soub3 sa charge. En attendant qu'il vous pust joindre, je faicts que mon cousin le duc d'Enghien , part dans deux jours de cette ville pour se rendre en mon armée, qu'il commande, dont toutes les troupes ont leur rendez-vous dans le Verdunois et le Barrois , et seront ensemble au 20 de ce mois, pour de là marcher aux plus grandes journées qu'il pourra en Allemagne ; et j'ai donné ordre par ledit sieur de Beauvais Plezian aux sieurs d'Eyrenan, de Marsin ,de Bellenave et de Vauxtorte et au sieur d'Erlac de faire tout ce qui leur sera possible pour recueillir les débris des trouppes qui ont pris part au coml)at , empêcher qu'aucun ne quitte le service, ayder à les remettre et à maintenir celles qui sont retournées en leur entier, et faire tout ce qu'il faudra faire pour la seureté des places, en sorte que l'accident qui est arrivé ne puisse produire aucune suite préjudiciable à mon service en ces quartiersrlà, en attendant que, par l'arrivée de mon cousin le duc d'Enghien, toutes choses y soyent entièrement asseurées, et que vous puissiez vous y rendre pour vous employer à tout ce qui sera nécessaire pour restablir mon armée d'Allemagne. Je mande aussi à mes ambassadeurs plénipotentiaires pour la paix de faire toutes les instances convenables en mon nom auprès des ministres de la couronne de Suède et du général Tartenson , afin qu'ils donnent des prisonniers qu'ils ont pour servir à l'eschange des nostres , à condition de faire payer aux officiers de l'armée de Suède le prix de la rançon de ceux qui sont leurs prisonniers , sur le pied du quartiergénéral : en quoy ils trouveront leur compte , comme l'on y remontrera l'advantage de mon service; et si vous pouvez, de vostre costé,

nreuvoyer cetesehange par cette voye, ovpar la rançon des prisonniers que le général Merci a en son pouvoir, je crois que je n'ay pas besoin de vous exciter de le faire, mais seulement je vous asseure que tout ce que vous promettra de ma part eu cela sera ponctuellement exécoté; vous réitérant encore que je reçois une parfaicte joye de ce que Dieu vous conserve^ponr me continuer, et à cet Estât , les services utiles que vous m'avez rendus jusques icy, et dont j'ay une entière satisfaction, priant Dieu qu'il vont ayt, mon cousin, en sa sainte et digne gaide. n Escrit à Paris , le 2!i may 1645. »

A Monsieur de Turenne.

a Mon cousin, ayant sceu que i'Empereara relâché mon cousin l'archevesqne de Tresve, après l'avoir détenu prisonnier depuis plusiem années, et qu'il espère de rentrer dans ses Estati et biens , dont les ennemis de cette couronae l'ont despouillé, ce qui a esté la première caoïe de i ouverture de la présente guerre , j'ai Wa voulu vous faire cette lettre pour vous dire , pn l'advis de la Boyne régente , madame ma mère, que mou intention est que, si mondit cousin l^tfchevesque de Tresves passe au lieu où vo^lll^ rez, ou dans les places et le pays tenus par no armées, en Allemagne, vous lui rendiez et lisiez rendre les mesmes honneurs que vou•fci^ tes à moy-mesme : à quoy n'estimant pas<liK j'ay rien de particulier à adjouster, je ne w» feray la présente plus longue que pour pri» Dieu qu'il vous ayt , mon cousin , en sa sainte et digne garde.

» Escript à Paris, le 25 mai 1645. ] » M. de Turenne, ayant eu nouvelle que M. d» Merci , s'élant approché , avoit attaqué Klachaim (I), petite place à l'entrée de la Hene» manda au gouverneur que s'il pouvoit teaif cinq ou six jours, qu'il scroit secouru: etffi^ lui fit prendre la résolution de ne se pas rendis quoiqu'il y eût une assez grande brèche fiftfc Les François, ayant joint M. Konigsmarc elte Hessiens , marchèrent droit à l'ennemi , qui ^ le siège environ le dix ou douzième jour aprii que la bataille de Mariendal avoit été iovait M. de Turenne pouvoit avoir de reste trois* quatre mille chevaux et seulement douze o» quinze cens hommes de pied qu'il avoit fiiniises ; l'ennemi s'étant retiré vers la Francool*» les 'trois armées demeurèrent quelques jo»* dans le pays de M. le landgrave de Dannstrf-

(1) On n*a pu lire dans Voriginal le non de k îiH' assiégée, mais Pufiendorfrappelle Klrchaho. (A.E-)

MBMOIBES DU VICOMTE DK TtUENNE. [iGIS]

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