DES GUERRES EN FLANDBE
Lliiver se passa sans qu'il y eût lien de conridénbte à la cour, et l'autorité resta tonte entière entre les mains de M. le cardinal Mazarin. Aa printemps (i), le Roi alla se faire sacrer k Bhàna, où on résolut de prendre le régiment des gardes françoises et suisses, et quatre ou einq antres régimens d'infanterie, avec douze OB quinze cens chevaux , et d'en donner le com-
(*) Ceit ■DHivera ce temps qae l'on publia anen dé' ewiUoo contre lei geiu de guerre et aatret fervent lei •meinli « U. le prince de Cond* , qui leroleni troUTéi «■BiPtflf et à dii iieuu à la roode : «
« Do 15 avril 1651.
• Lonlt . par lu grâce de Dieu roy de Fr«nce et de «Wrre , k lou« ceui qui cei pr*»entei leitrei verront , Mit : Comme dépoli que le prince de Condé a prii lei ■■Km contra dous, et, t'etiant Joint aui Espagnol*, en- ■■tnii de cette coaionne, et eu le commindement de «n arméei , et receu d'eui ton enireténement et celui •i Iroapei qnl dépendent de Inj, il ne s'est pas contenta •Ureprendre contre nom et nos inbjets lei acie«d'faoslUé qui te pratiquent ordlnalremenl s la guerre . mais envoi* <Ie« gens eiprès dam nos villes et places et 'M nos provinces les plus advencées dam noilre roysue porter des paqueU et faire des mciMgei , lever des ** de goerre , débaucher eeui de nos trouppes , faire entreprendre telles autres pratiques et menées contre >treservice, envoyant jusqu'à noire bonne ville de Pai et aux environs des gens de ses trouppes et de celles S ennemis , lesquels y ayant entre avec toute liberté , mme il en fort aysé dans une si grande ville oii l'art est libre à tout le raonde , j ont enlevé des prisontrs Jiuqn'aux portes de ladite ville et Iceui menés aui ices estant an pouvoir des ennemis et dudlt prince de inde , où ils ont tiré d'eux de grosses rançons, après I «TOir tenus rlgoureuieroeat en prison et tué les au- W qui leur falsoient résistance ; et quoique les défent portées par nos ordonnances les deussent retenir et ipescber de continuer ces pratiques et entreprises ntre no* lubjecis et notre servirc , sans s'eiposer a peine de noidltes ordonnances et déclarations qui ont t depuis suivies da la condamnation rendue contre m prince de Condé et aucuns de ses complices et adnos, Déantmoins aucuns d'eui n'ont pas délaissé . enut advantage de l'impunité du passé, de continuer eore dans la même audace , et esiant guidés par les incmis et par les gens dadlt prince de Condé, ne laisnt de venir Journellement a>ec eux jnsques dans nos ■isoDs royales et autres lieux où nous nous trouvons ; I aorte qu'il Importe à la sécurité de noire personne, Miblenqu'àcelledenoslreEslBt.d'arresierlecoursde «enirepriscs. ci voulant j iwurvotr par notre auctorlté.
mandement à H. Fabert , pour foire le siège de Stenal ; il fut résolu aussi que le Roi iroit k Sedan, afln d'en être proche; que l'armée se tlendrolt snr la frontière de Champagne , pour pouvoir se rendre anssitAt à Stenai , si celle des ennemis passolt dans le Luxembourg ; et qu'en cas qu'ils entreprissent quelque chose vers les frontières de Flandre , on pût aussi marcher de
ainsi qu'une chose de cette conséquence le requiert : Bçavolr faisons que nous, pour ces causes et autres bonnes considéra tioni à ce nous mouvans . avons dict. déclaré et ordonné, disons, déclarons et ordonnons, par ces présentes , signées de nostre main , voulions et Dons ptalit que tous gens de guerre et antres , comme tnssl tous vagabonds et gens sans adteo, servana les ennemis de cette conroniM, faulteun et adtaérana dodit prince de Condé, soit nos subjeetsou estraogers, qui seront trouvés dans notredlte ville et faubourgs de Paris et à quinie Meues i ta ronde d'Icelle , vingt^quatre heures après la publication des présentes, seront pris et aprèbendés et tralctés comme espions selon ta rigueur de nos ordonnances; et à cette Bn, te procèsà euifkict en dernier ressort par les juges présldiaux et prévoits de 001 très cbers cousins les marécbaui de France , et qu'Incontinent et sans délay II en sera faict une recherche exacte en laditevllle et faubourgs de Paris, et procédé a la capture et punition d'iceux de ladite qualité. DefTendons en outre à tous nos snbjecis, de quelque eadlgnlté et condition qu'ils soient, de leur donner logement, rctralcte, vivrei ni assistances quelconques, sous crime de lËie-maJesté. Si donnons en mandement à nos améi et féaui les gens tenant notre cour de parlement de Paris , que ces présentes ils aient « Mte lire . publier et enregistrer . et le contenu en lecllcs garder et observer selon leur forme et teneur , mesme de pro~ céder et faire procéder k ladite rechercbe , perquisition Et punition desditi espions par lesdila prévosls des maréchaux et autres nos ofBciers qu'il appartiendra, car lei Ml nostre plaisir. En tesmoin de quoi nous avons fait melirc. etc. >
Une lettre du secrétaire du prince de Condé nous apl)rend aussi qu'il y avait d^à de grandes conférences pour la campagne qui allait s'ouvrir entre les Espagnols a le prince de Condé. Calllel écrivait le 9 mal 1651 :
nAce mesme Instant je viens de la cour parier h monseigneur l'archiduc . et ensuite de ce que monsiew le président Viole m'a dit de la part de monsieur 1» prince, al mandé l'heure pour la conférence à tenir lor les choses de la campagne ; et pour ne se trouver fort bien, il supplie monsieur le prince que ce puisse eslre inur demain pour les dli heures du matin; ce que Je ïou.* prie de vouloir bien adviser à monsieur le prince.
HÉMOIUES DU VICOMTE DE TDRENNB. [iG^'lj
ce côté. Il n'y avoit pas d'apparence que les ennemis fissent un siège aussi considérable que celui d'Arras. On croyoit que s'ils ne marelioient pas vers Stenai , ils ne pouvoient entreprendre que le siège deBéthune ou de La Bassée, et alors on auroit assiégé quelque place sur la frontière, comme la Gapelle ou Landrecies.
Dans le temps que l'armée du Roi étoit auprès de La Fère , on apprit par M. Mondejeu , gouverneur d'Arras, qu'il étoit investi, sans qu'il en eût eu auparavant le moindre avis. Dans les guerres de Flandre, cela se peut aisément, parce que, le pays étant fort serré, les places sont si près les unes des autres, que les ennemis peuvent en menacer beaucoup à la fois, et les gouverneurs ne sçavent pas à laquelle on veut s'attacher. A la réserve de cent chevaux que M. de Mondejeu avoit dans la place, toute sa cavalerie, composée de cinq cens chevaux, étoit dans un camp volant que commandoit M. de Barre , qui étoit sur la rivière d'AuthIe, auprès de Dourlens, et avoit ordre de couvrir les places d'Arras , de Béthune et de La Bassée. 11 avoit mis son infanterie dans les deux dernières places , comme étant les plus éloignées et les plus difficiles à secourir en cas que l'ennemi les eût assiégées , et il croyoit, aussi bien que le gouverneur d'Arras, qu'il auroit toujours assez de temps pour entrer dans la place avant que d'être investie, parce que c'est un pays de plaine et qu'il n'en étoit pas trop éloigné. Il ne put pas y réussir les deux ou trois premiers jours , mais ensuite, ayant envoyé M. d'Equancourt avec quatre cens chevaux, et M. de Saint- Lieu avec un pareil nombre, par différens endroits et à un jour distant l'un de l'autre, tous deux essayèrent de se jetter dans la place avec beaucoup de hardiesse; mais ayant trouvé la cavalerie de l'ennemi qui les attendoit sur deux lignes, la moitié de leurs gens fut prise ou contrainte de retourner, et l'autre moitié entra dans la place avec eux. M. de Turenne fit aussi détacher de son armée le chevalier de Créqui avec cinq cens chevaux , composés de son régiment, de celui de Bouillon, et de gens commandés , qui , après avoir fait un grand tour, ayant trouvé une barrière du camp des ennemis qui n'étoit pas feripée, y entra, et, quoiqu'il fût chargé par leur cavalerie , il se jetta dans la place avec deux cens cinquante chevaux : une grande partie des autres fut faite prisonnière ,
(t ) La levée du siëge d'Arras fut une affaire assez importante pour que Thisloire ne dédaigne pas certaines parlu'ularités de détail que l*on trouve dan« les lettres de Turenne. Nous en citerons (extuellemenl quelques-unes :
et sa dernière troupe, commandée par un colo. nel , fut perdue dans la nuit et ne le put pai suivre.
Quand on sçut que cette cavalerie étoit entrée dans Arras, on fut quelque temps en doute li les ennemis continueroient le siège; mais on apprit qu'ils faisoient travailler à leurs lignes, et que ce secours n'avoit empêché que qaelqoei jours rouverture'de la tranchée. L'armée du M s'avança auprès de Péronne , et comme on craignoit de ne pouvoir pas en tirer tous les vivra nécessaires, M. de Turenne ne fut pas d'avis que l'on s'approchât du camp des ennemis qu'après que 1 on auroit donné tel ordre aux vi?ra que l'on ne fût pas obligé de combattre l'ennemi dans ses lignes sans raison , ni de se retirer faute de subsistance. Pour le premier, il n'y avoit pas d'apparence de combattre une armée beaucoup plus forte , qui n'avoit point ouvert de tranchée , et par conséquent point affoiblle ni par la désertion, ni par la nécessité, ni par un grand nombre de gens que l'on perd dans un siège ; et pour l'autre , il étoit clair que de s'approcher de l'ennemi pour être après obligé de s'en retirer, feroit un très-mauvais effet et dans l'armée et dans la ville assiégée. Sans cet inconvéuiens , il e^t sans doute qu'il eût été prudent de se rendre bientôt auprès des ennemis après qu'ils furent devant la place, parée qu'on leur eût empêché de faire un grand nagazin de vivres dans leur camp ; mais on eral ce dernier inconvénient moindre que les autres.
M. le cardinal , qui étoit avec le Roi à Sedan durant le siège de Stenai, pensa s'en venir i Péronne ; mais il y envoya M. Le Tellier. M. de Turenne et M. le maréchal de La Ferté virent ce ministre le matin qu'ils marchèrent vers le camp de l'ennemi , et s'assurèrent tout-è-ftit que , lui étant sur la frontière , toutes cboeei seroient bien réglées pour la subsistance de l'armée qui s'éloigna de neuf lieues , alla loger à la portée du canon du camp des ennemis, et se mit entre eux et Douai , d'où ils Uroient tous leurs vivres. L'armée du Roi n'avoit pas plus de quatorze ou quinze mille honunes,et celle des ennemis passoit vingt -cinq mille. M. de Turenne, à cause de la foiblesse de l'ar* mée et du peu d'équipage d'artillerie et de vivres, ne fut jamais d'avis d'entreprendre autre chose d'abord , que le secours d'Arras (iK dont il a toujours cru que le siège seroit diffi-
A Monsieur Le Tellier.
« Monsieur , un gentilhomme qui est à M. le cfMitt de Broglio s'en va a la cour; il y a d^jà qaelqaesjoan
HEtlOlIlkS DU VICOUTE l>r. TUHE\M!. [l6&4] 4(tl
ne si l'armée do Bol, assurée des vi< pourrolt peat-étre ensaite trouver le moyen de iprochoit du camp des Espagnols, elle forcer leurs lignes. Il ne fut point de l'opinion
rtl de L« Baué«. On eit dniii l'aiienie de taie cheTiller de Cr^qul lera enlti dans Arrti. I un aulre corpt considérable qui j est marte qne dam demain au soir on sert esclairci lien Impoiiinles au regard de ce cUge là. On « lettres du Rof aui gouverneurs. aQa qu'ils mtemenl sortir les trouppes, U. Du Bac m'a ourd'bul que le gouterneur d'Esdin avojt fait le laisser loules celles du régiment de Pieariroit mis ; comme nous marcherons auprès il , on manquera de TOlturei pour les vIrrM. cl tout ce qu'on peut pour cela ; mais II seroll d'une personne d'autorité de la part de Son . Je suis fort Incommodé de n'avoir personne >e la charge d'intendant quand on esl près Le pain se fournit bien aisément; mais quand Digne. Il me sera bien aëcessairc de laisser un ulorilé sur la frontière. Il n'j a rien au mon- I ne Tasse pour pouvoir empescber qu'Arras te. J'escrivis à Son Emlnence hier, et on ne pas d« l'inrormer de ce qui sera arrivé à ces en leconrt que l'on a envoyés. Je suislrètent. Monsieur, votre Irès-bumble el irts- •erviteur,
D TonirtnE.
mp de Colllacourl , le 8 juillel 16S1. t Au mime.
!ur. Je ne sais si tous avei tfeti que, pendant Mir le marquis de La H<»)slale travailtolt h se ttirà R«iiies,ilyeslarrlvé une grande émeute egardoit pas. el mesme lia ont raié le temple ■après de la ville. Ceui qui ne lui voutoienl I ont tourné celte aCfaire contre lui.elleparit excusé surcesftrands désordre^à ne vouloir •s lettres. M. le maréchal de La Ueilleraye lllé d'aller à la cour, et l'a asseuri! de toute en cas qu'il eust des ordres du Rot. Je vous »humbtemetit. Monsieur, de vouloir le consll'agir en celle arraire avec quelque bonté, lui nellleur chemin que vous croirez qu'il ait à leenir à bout d'une alTalre qui est si juste; vous I trés-sensiblemenl. C'est . Monsieur, votre le et trés-alTèclionné serviteur.
n TURKItHB. e
Au mime.
s envoyé ces lettres que Son Altesse a receaei !l n'ai rien à ajouter aui deux duplicatas que lOje. Hier on a déjà fait un ponl sur la Scarpe. pa* nécessaire de cette quantité de balteaui ; Jours hon d'en faire venir quelques-uns à Bane balerle des ennemis de huict pièces a comrerce matin, et des prisonniers de l'ennemi d1- •ui nAlres que M. le prince avoit voulu venir de rarmée. mais que les Espagnols avoienl delinuer le sl^e. Je suis irés-véritablemeol, Monre Irés'hnmbte el très alTcctueui serviteur.
n TOBEHKE.
ferez plaisir à M. de Notent de mander ■ la t)D nis, qui s'appelle Beaubrun. rapilaiiic dans
le régiment de son frère, adelhltnnpani de l'ennemi de trente chevaui ; il en avait auiani. B An camp deMouch]'-te-Preui, te 19 Juillet 1S5I >
B On 6( hier au soir passer deui cents chevaut qui allèrent trouver M. Brogilo, aSn qu'il vint prendre le poste de.... On n'en a pas encore de nouvelles.
Au mtme.
■ Jevc
mandé hier qu'il n'eitolt pal besoin de faire venir des bateaui. parce que nous faisons des ponts sans cela sur la Scarpe ; mais je vous supplie de faire avec le temps un amas d'outils à Ba paume.
a Tdbbhke.
B Au camp de Moncbr-le-Preui, ce 20Juillet lB5t.
B II but nser de plus de diligence qu'on pourra pour rïlre venir les vivres, b
Âumime.
» Monsieur, Je me donne l'honneur de vous faire ce mol par M. de Ciron. Le convoi qui est arrivé à Bapaumc nous assistera extrêmement, et vous vojei bien qu'il estoil bien nécesialre qu'il j eust une personne d'autorité sur la frontière. Je crois que vous aurez seeu comme quatre ou cinq cents chevaui qui portoient de la poudre se sont brûlés, c'est-à-dire une partie, et le reste a Jeté la poudre et les boulets qu'ils avoienl. H. de Beaujeuestalléavcc un corps considérable versBéthunc pour empêcher les convois d'Aire et de Salnt-Omer. On a ven une assez grande néeesslté de toutes choses a l'ennemi , ITols ou qoairc jours après que nous sommes arrivés à ce poste ici. Ils tichent de surmonter ces dlfDcultes par des convois qu'ils préparent de tous les costés; il ont fait passer de la poudre sur le chemin de Cambra; à Amt. que trois ou quatre cents chevaux porloieal devant eui. Tous Jngez bien de l'Incommodité qu'ils reçoivent en faisant un si grand siège. Toutes ces choses ici sont fort douteuses ; on y fera ie micui qnc l'on pourra. Cependant Ils ne tirent presque plus de canon conire la ville; llsallandent assurément des munitions : pour cela on est toujours à cheval ponr les en empêcher. Comme vous eicrlvei à Son Emlnence ce qui se passe , on ne lui écrit pus si souvent. Je suis irèsvèrilablemenl, Honileur, votre très-bumble et trtoaffectlooné serviteur,
B TtlEBnKK.
b Aucamp, ce23Jnilletl6M. a
Au mime.
■ Monsieur, je n'eslols pat ou quartier quatid vosire leitre a esté apportée ; Je ne suis revenu que le soir, estant ailé promener à Lens où J'envoye la cavalerie avec un ordre d'aller avec celle qui esl à Bapaume droit tu mont Salnt-Qoentln , où lis se rendront le dimanche au matin , d'où Ils escorteront les charrettes JuMjues a Bapaume , et de là ledit Vould aura l'ordre d« Ict rantcncr
463 IfBMOIRES DU YICOMTB DB TURKNNE. [1654]
commune , qu'il faut faire agir les François d'abord , persuadé qu'ils ont la même patience que les autres nations quand on les conduit bien. En deux jours on arriva à la vue du camp
des ennemis , près d'une hauteur qui s*appeile Mouchi' le -Preux. Comme les Espagnols/ avoient quelque cavalerie , on craignit d'aboiti qu'ils ne se missent derrière en bataille, pour
et d'en prendre ce quMl trouvera à propos. Je suis» Monsieur, Yotre très-bumble, etc.,
TURENIfE.
» Au camp de Mouchy-Ie-Preux, le 25 juillet 1651. »
Au même.
« Monsieur, je m'assure que vous avez beaucoup de déplaisir de la perte de M. de Beaujeu (voyez ci-après la lettre à Mazarln); je vous assure que le Roy y a perdu un des meilleurs officiers de France, et en mon particulier j'en ai un extrême regret. Dès que J'aurai une relation certaine du combat, je vous Tenvoyerai ; il a esté fort opiniastre ; il y a plus de deux cens prisonniers de Vennemi, et beaucoup d'officiers; comme M. de Beaujeu attendoit le convoi d'Aire , cette carallcrie de l'ennemi sortant du camp, le vindrent attaquer à la pointe du jour. J'avois neuf ou dix escadrons avec M. de Beaujeu , qui est ce qu'il avolt. Je suis véritablement, Monsieur, votre très-bumble et très-affectionné serviteur,
» Tdrbnnb.
» Au camp . ce 36 juillet 1654.
» Je vous suplie, Monsieur, d'escrire pour le régiment de M. de Beai|jeu en faveur de M. de La Sévlllie, qui en est premier capitaine et qui est un très-brave petit homme qui a fort bien fait en cette occasion avec son régiment ; il est parent de M. de Beaujeu. »
A Alonsieur Le Tellier.
« Au camp de Mouchy-le-Preux , le 30 juillet 1651.
» Monsieur, j'aurois toujours retenu ce message de Péronne pour voir sMI n'y auroit rien de nouveau à vous mander, mais comme par Bapaume on pourra toujours vous le faire savoir, je le renvoyé. Il faut que la lettre soit perdue, par laquelle je vous mandois comme j'ai reçu les lettres interceptées que Ton vous avolt envoyées. Les ennemis sont depuis cinq ou six jours aux premières palissades et ne tirent presque plus de canon ; hors les trois ou quatre premiers jours, ils n'ont tiré qu'avec deux pièces. Tous ceux qui se viennent rendre» disent qu'ils ont grande peine à advancer par delà ces palissades là , et asseurément qu'ils perdent beaucoup de gens, et il y a une grande distance de là au fossé de la ville. Je crois que deux ou trois personnes qu'on avolt envoyées sont entrées dans la ville; on l'a vu par les signaux qu'on leur «voit dit de faire quand ils y seroient. On n'a pas eu de nouvelles de la ville depuis celles que je vous ai envoyées; mais en avons tous les jours par les prisonniers ou par ceux qui se viennent rendre comme ceux de dehors avancent. M. le comte Broglioet M. de Llslebonne sont avec un corps considérable vers Saint -Pôle. Il est bien malaysé d'empcscber la cavallerle qui passe chargée de quelque chose; ce sont toutes plaines et il n'y a pas un déffilé ni passage ; on y fait ce que l'on peut. Les ennemis tirent de grandes assistances du costé de Saint-Pole et des gouvernemens de Hesdin et d'Ourlens. On a esté obligé d'envoyer ces messieurs avec un corps considérable, pour prendre des postes en ce pays-là et pour faire brusler les villages qui contribuent aux ennemis. Comme les ennemis savent qu'on est aiïoihii de cavallerle , ils
prennent peut-estre le temps de faire passer le coofii; on sera alerte pour les en empescber. Les ennemis «roient de tout en abondance si on n'estoit pu id; et ayant à faire à une forte garnison, et ayant une viBeUâ fortlflée et une armée tout près d'eux , cela assirému a porté de grandes difOcultés. Il est malaysé de pirler avec certitude de tout ceci. Je vous supplie me coiflnuer l'honneur de vos bonnes grâces et de me croire, Monsieur , rostre très-humble, etc.
» TUBBIIKB.f
Au même.
a Du camp de Mouchy-le-Preux, le 5 aoiutl6U.
» On m'a assuré qu'il dolbt bientost débarqoerdcilrlandois à Dunkerque qui viennent d*£tpagne; c'ota corps assez considérable ; on m'a dit qu'on estentnidé avec celui qui les commande : Je crois qu'il serait fcit bon de voir de bonne heure avant qu'il eusl Joinetrirmée, ce que l'on pourra faire avec lui, et Je croli fM M. Servien saura la chose du bail que Ton a lUtavcelri ici. Qui eust pu empescber aux ennemis ces leréasdlrlandois ou les attirer à soi , leur Inclinatioa les y p«tant, les ennemis n'eussent pu entreprendre rleo de ciasidérable cette année. Il est arrivé ce noatin un bonae envoyé de M. de Mondprix ; il a avallé la lettre qiern pourra avoir à ce soir, si pressé que Dons le croyiSMiCl assure que les ennemis ne sont pas si près ém fcsii; M. le chevalier de Gréqui fait là dedans tout ceqii n peut faire ; Il dit qu'il a esté depuis deux Jours m pn blessé. J'ai reçu celle du 4 aoust. Le tieur Bes Hq« m'a dit n'avoir rien laissé à Péronne de tout ce qallfefl. quand II sera arrivé de Gompiègne àPéroiiiie,povl« faire voiturer à Bapaume.
» Tdhbnub. »
Au même, u Au camp de Mouchy-le-?reux . le êaoott ilSI.
» Je vous escri vis hier au soir au si^ de ces IriaM; on dit qu'ils doivent arriver à Dunquerque; il lenJI fort nécessaire, s'il vous plaisoit, de savoir, parteMfCi de M. de Charost ou par quelque autre vole, le Iflôpi qu'ils arrivent à Dunquerque . et que voua nowcBaïvertlssiez promptement: c'est un corps d'infuUcrie iMi considérable pour les prévenir à entreprendre sv kf lignes avant qu'ils y fussent entrés.
» TCBBH5B.»
Au même.
« Au mesme camp , 7 aousl HM.
» Je supplie M. Le Tellier de Toultolr faire eBfSJcr à Bapaume les munitions qu'il a destinéct d*y Mt porter ; il serolt bon qu'elles y (kissent devant au matin sans faute, et que les cbareltes qui les menées à Bapaume vinssent jusqu'au camp avec l'csctrte que l'on leur donnera à Bapaume : c'est pour éritfr la longueur du temps d'en advertir de Bapaume ici f^ de leur envoyer des cbarettes.
tt TUBEÎIMi: »
MBMOIBES DV VICOUTK DE TUBBNNB. [I6â4j
* celle da Roi de passer un ruisseau; ime ce ruisseau étoit loin de la place , Irent point , parce qu'il auroit fallu lege , ce qui ne pouvoit se faire si prompue rarmée du Roi n'eût eu le temps de I en bonne posture et faire appréhender ion l'issue d'un combat. On a néant que M. le prince avoit voulu le faire , I les Espagnols n'y voulurent pas conussitôt que leurs troupes nous virent ers ponts sur le ruisseau , ils se retians leur camp après quelques escar- , et l'année du Roi, s'étant avancée sur ur, commença à s'y fortifier: ce qui dans la fin de ce jour-là et dans la nuit
np avoit son aile droite sur la Scarpe, it aussi promptement des ponts pour iquer à La Bassée et empêcher les vi- Douai. Tout le front du camp tenoit eux de la Scarpe et d'un petit ruisseau «nd à Arleux , et par le moyen de la ) on gardoit autant que l'on pouvoit le de Cambrai et de Douai, qui n'étant plaines , on empéchoit bien qu'il ne vint lots , mais non pas que des cavaliers ne ut en croupe des munitions de guerre.
la aussi au comte de Broglio, gouver- La Bassée , de se venir Loger à Lens , inze cens ou deux mille hommes de i ; et , par ce moyen , on empéchoit les Gur le côté de Douai et de Liste ; il y côté de Saint-Paul qui demeuroit fort ir où les ennemis pouvoient avoir la tication avec Aire et Saiut-Omer. Dès le l'on arriva avec l'armée à Mouchi-leon écrivit au gouverneur de Hédln de les gens dans Saint-Paul ; et si cela eût le siège d'Arras auroit assurément été is qu'on eût été obligé d'attaquer les nais, ou les intérêts particuliers , ou la ) de la garnison de Hédin empêchèrent ;meur de le faire. On y eût cependant sans la mort de M. de Beaujeu , qui, é promptement envoyé avec douze cens : et quelque infanterie du comte de Bronr garder le côté de Saint-Paul , renconmnemis qui alloient faire un convoi à ; sept ou huit cens chevaux l'ayant attai pointe du jour, comme ses gens repaisil fut mis en désordre et tué sur la platiais ses gens s'étant ralliés, les ennemis
renne rendit compte à Mazarin du combat où aujeu perdit la vie, par la lettre i ulvante : sieur, je ne doute pas que Votre Emincncc ne
furent battus et beaucoup des leurs tués ou pris prisonniers. Comme les nôtres n'eurent plus de chefs, ils s'en revinrent à Béthune , et ne marchèrent point où ils avoient été commandés. Dans cet intervalle, les ennemis envoyèrent promptement de l'infanterie dans Saint-Paul : ce qui mit ce lieu en état de n'être pas pris sans que Tarmée y allât ; et l'on ne pouvoit quitter le côté de Douai , parce que les deux lieux sont justement à l'opposite.
Comme cette cavalerie fut retournée à Béthune, M. de Turenne envoya pour la commander M. de Lislebonne , qui la mena à Pernes, pour empêcher la communication du camp des ennemis avec Aire; mais le côté de Saint- Paul demeuroit toujours libre , d'où ils tiroient beaucoup de commodités. M. le comte de Broglio essaya de prendre cette place; mais il fut repoussé avec perte. Les choses restèrent quelque temps dans cette assiette , les ennemis trouvant de grandes difficultés au siège , à cause de la résistance des assiégés et de l'armée du Roi, qui étoit toujours campée près d'eux. Comme on sçavoit tous les jours les progrès du siège, on ne s'appliqua qu'à empêcher les convois, sans essayer de forcer les lignes , jusqu'à ce que les assises Aissent fort pressés : on sçavoit que l'armée des Espagnols diminuoit beaucoup; mais leur circonvallation ne pouvoit guères être en meilleur état. Il ne s'y passa donc rien de fort considérable pendant l'espace d'un mois, hors quelques poudres qui se brûlèrent comme les ennemis les portoient en croupe, et quelques petits convois qui furent rencontrés; tout ce qui venoit de Cambrai à leur camp y arrivoit par des cavaliers qui passoient la nuit ; et quoique notre cavalerie fût sur les avenues pour les attendre, on ne les rencontroit jamais , parce que les environs sont de grandes plaines. Cependant les assiégés deffendoient bien leurs dehors , et repoussèrent trois ou quatre fois les ennemis à une première palissade fort loin de la place, et gardoieut si bien leur terrain qu'au bout de sept semaines de tranchée ouverte, les ennemis n'en étoient que sur la contrescarpe d'une demilune qui est devant le fossé, et n'avoient pris qu'un ouvrage à corne dont il falloit s'emparer avant que d*aller à cette demi-lune : les assiégés faisoient tout ce qui se peut faire pour se bien deffendre. M. le chevalier de Créqui,M. d'Ëquancourt et If. de Saint-Lieu furent blessés dans les dehors, où ils servoient très-
solt bien loachée de la perte de M. de Beaujeu : elle y a perdu un serviteur bien affectionné , et assurément je n*al point cognu un plus brare ni un meilleur officier
MEMOIRKS DU \1C0MTK 1)K lUfiLMiNE. [1G54]
bien ; M. de Mondejeu se condaisoit aussi bien qu'un gouverneur peut faire.
Le siège de Stenai continuoit toujours , et tiroit un peu en longueur par la bonne défense des assiégés. M. de Turenne et M. le maréchal de La Ferté^ voyant que les ennemis ne laissoient pas d'avancer celui d'Arras, quoiqu'avec beaucoup de difficulté, résolurent de donner aux lignes , y étant aussi poussez par les nouvelles qu'ils avoient reçues de Mondejeu , qui falsoit semblant d*étre un peu plus pressé qu'il ne l'étoit en effet: il n'est pas étrange que les gouverneurs en usent ainsi , parce que, n'étant pas assurés que les ennemis n'attaqueront pas avec plus de vigueur , et si leurs gens ne se relâcheront pas dans la défense^ ils veulent toujours mettre les choses au pis , et faire entendre qu'ils se défendront moins de temps qu'ils ne le peuvent en effet. On avoit déjà commandé de tenir prêtes toutes les fascines et lesclayes pour attaquer les lignes le jour d'après , lorsqu'on apprit le soir que Stenai capituloit; et M. le cardinal manda que le Roi marcheroit en diligence à Péronne, et envoyeroit toutes les troupes qui avoient servi au siège de Stenai pour renforcer l'armée. M. de Turenne fut d'avis d'attendre ce renfort , parce que l'on sçavoit très-certainement que la ville pourroit encore se défendre , et on étoit si proche des ennemis qu'il ne pouvoit rien arriver dont on ne fût averti tous les jours. M. le cardinal voulut aussi pressentir si M. de Turenne ne seroit pas choqué si M. le maréchal d'flocquinoourt alloit commander les troupes qui venoient du siège de Stenai ; mais dans une situation aussi importante, M. de Turenne croyoit quMl ne pouvoit pas y avoir trop de troupes ni trop de chefs ; M. le maréchal de La Ferté fut aussi du même avis. Ces troupes donc marchèrent en grande diligence après la reddition de Stenai, passèrent la Somme , et faisant d*assez grandes journées vinrent auprès de Bapaume.
Deux jours avant leur arrivée, M. le duc d'York et M. de Joyeuse , qui étoit colonel général de la cavalerie légère, étant allés prome-
qoe lui ; on envolera à Votre Eminence la relation du combat qai a esté fort opiniâtre. Le premier capiuiine du régiment de Dcaujeu s'appelle M. de La Sévillie , que Ton tient un très-brave gentilhomme, et qui commande ce régiment-là avec beaucoup de réputation ; il estoit au combat avec le rég!ment ; on m*a dit qu'il a fort bien faict. Je crois que s'il plaisoit au Roi de le gratifler du régiment, que ce seroit une chose bien raisonnable. On Informe tous les jours M. Le Tellier de ce qui se passe, qui en fait part à Votre Eminence. On continuera à faire tout ce de quoi on s'avisera , sachant combien rafltaire d'Arras est considérable. Je supplie très-humblcmcnl Votre Eminence de me croire, avec une vérité
ner avec M. de Turenne auprès da camp des ennemis , assez proche du quartier de If» le prince , virent deux troupes un peu éloignées de leur grande garde ; M. de Gastelnau s y troavi aussi avec quelques volontaires , et voulant^poos* ser ces troupes, on fit avancer un escadron de notre garde pour soutenir les volontaires, leiquels s'étant engagés, ces deux troupes retoornèrent , et, ayant rencontré une ravine, mirent ces messieurs en quelque confusion avec leurs carabines et commencèrent à les suivre. L'eicadron qui les soutenoit prit l'épouvante, de sorte qu'ils se retirèrent deux ou trois cens pai assez pressés des ennemis. Il y eut sept ou boit volontaires blessez ou prisonniers; If. de Joyeuse fut aussi blessé d'un coup de carabine au bras; on croyoit au commencement sa blessure légère, mais ayant été porté à Paris, il en moaratan bout de six semaines. Aussitôt qu'on sçot que les troupes de Stenai étoient à trois lieses du camp des ennemis, M. de Turenne alla joindre IVl. le maréchal d'Hocquincourt aveeden mille chevaux; comme ils eurent avis qoe les ennemis attendoient un grand convoi de Saiat- Paul, ils logèrent la nuit àAobigni, qui esté* trois heures d'Arras , et le lendemain ilsallèrail vers Saint- Paul , que Ton prit en arrivant. Ooy apprit que les ennemis attendoient trois mille hommes pour mener le convoi, et que même le siège alloit lentement, faute de munitions de guerre : cela les obligea à faire des efforts ponr couper ce convoi , parce que si on i'avolt fait les ennemis eussent levé le siège.
Après que Saint-Paul fut pris, M. de Tarenne et M. le maréchal d'Hocquincourt battircnt tout un Jour l'abbaye de Saint-Eloi , où les ennemis avoient cinq cens hommes qui se rendirent à discrétion; comme elle n'étolt distante que d'une petite heure du camp des ennemis, et que M. le maréchal de La Ferté étoit demeuré à Mouchi-le-Preux avec l'armée, on a assuré que M. le prince avoit voulu tomber sur le corps qui attaquoit l'abbaye du Mont-Salnt-Eloi , et que les Espagnols ne l'avolent pas trouvé à pro-
ct sincérité tout entière. Monsieur, de Votre le très-humble et trèsK^béissant senritear.
» TUIKTITL
» Au camp, ce 25 juillet.
» Je supplie très-humblement Votre EmlaeMt ^
demander à Sa Majesté la compagnie d^lnfiuiterie ic
M, de Beaujeu , qui peut être de quarante ou daqualt
hommes, pour estre incorporée dans le régiment de b
Couronne.
» TciiR.'i:«K.
» Ce 26 juillet 16r>S. i»
MBMOIHIS DU VICOMTB DB TlfRBNIfB. [le.Sa]
M, mais on rencontre souvent des obstacles lins une grande drconvallation et après un ng siège, qnl empAchent d'exécoter les meilnrs projets.
Gomine le Mont Saint-Elo! Ait rendu , M. le aréchal d'Hocquincourt commença à se reuicher an camp de César , et M. de Turenne m retooma joindre l'armée à MouchMe-Preux , I marchant tout le long des lignes de l'ennemi BS de deux heures. Il n'en sortit que des escar- HQcheurs que M. de Gasteinau alla reconnots de fort près, et la cavalerie marcha tout ce oopt -là à la portée du canon des pièces de Ab, On vit tout ce* côté de lignes assez déirni , qui étoit le quartier de Dom Fernando ills ; et assurément cette marche donna beauop de connoissance pour l'attaque et pour le leiDln qu'il falloit prendre pour y donner. • de Turenne étant arrivé au camp , envoya re à M. le maréchal de La Ferté que la cavarie de rennemi, qui avoit voulu mener le court , prenoit le chemin de Douay , et qu'apuremment ils essayeroient d'entrer la nuit ms les lignes. Il donna tous les ordres nécesdrcs pour l'empêcher , ayant fait monter toute cavalerie à cheval ; mais par la faute d'un of- Aer , qui étoit posté sur la route avec un petit irps de cavalerie , et qui n'en donna point d'a- (i,M. de Boutteville, qui commandoit cette ivalerie chargée de poudres et de grenades, lira dans les lignes ; ce qui ayant été sçu , il fut isola de faire l'attaque le lendemain. Après roir considéré toutes choses , on trouva qu'il oit à propos de donner avec les armées toutes i front, et la nuit , M. de Turenne ayant tou- OTS été d'avis de ne point tenter par divers »té8, parce que chacun s'attend à donner, et nsi on laisse souvent passer le temps, et le Jour ent ; d'ailleurs, quand on ne se voit point , on ttrc aisément en soupçon que les autres sont poussés. Le Jour les ennemis mettent toutes nrs troupes ensemble , mais la nuit ils n'osent lint entièrement dégarnir leurs quartiers; la us grande difficulté qui s*y rencontre , c'est le les marches de nuit sont difflciles , et il est lé de se perdre; c'est pourquoi il faut que les mpa soient proche des lignes de l'ennemi, afin t ne pas tomber dans cet inconvénient.
On marcha donc à l*entrée de la nuit : M. de irenne avoit Tavant-garde , et ayant passé la arpe sous le quartier de M. le maréchal de I Ferté, qui avoit commandé que l'on y fit lantité de ponts. On piit le même chemin que n avoil fait en revenant du Mont Saint- Eioi; étoit bien averti de l'état des lignes de l'enmi ; ils avoient partout un fossé perdu, creux