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dans l'armée, fut, suivant sa coutume, mmmander : les gardes refusèrent de lui , prétendans ne devoir être commandés ir le général. M. de Tarenne, étant Inforcette contestation , fut pour tâcher de IV ; mais trouvant Vautoumeu opiniâtre , Il I. de Gasteinau de se retirer à sa tente, sant qu'ayant fatigué beaucoup la nuit lente, il avolt besoin de repos, et qu'il oit pour lui à la tranchée : Gasteinau M. de Turenne demeura ; et ne voulant kîider la question , il dépécha un courrier en informer la cour, qui ordonna aux garobéir au lieutenant-général ; et cet ordre arrivé avant que ce fût leur tour de monte seconde fois , il n'y eut plus de dispute, •là fut avantageuse pour le service du Roi : rdes , se piquans d'honneur, et étant engés par la présence du général , avancèrent oup leurs travaux; ils firent non-seuleune blinde le long du fond du fossé de ïlope, par le moyen des palissades qu'ils y èrent , qui s'étendoient directement Jusqu'à inde tour, mais ils y firent encore un logedepuis l'endroit où le fossé de Tenvelope gnoit à celui de la ville jusqu'à la demisur la droite, que les ennemis abandonnèet d'où on eut dessein de passer dans le de la ville pour y attacher le mineur, squ'ici on avoit avancé avec assez de dili- ) et de succès ; mais on trouva , à la desdu fossé de la place, plus de difficultés I n'avoit cru. La nuit suivante on tâcha de nuer les travaux avec la promptitude acimée , en faisant un logement contre les $ades qui étoient au milieu du fossé; lors- I le crut perfectionné , les ennemis en chast les assiégeans avec une grêle de grenatt une pluye de feu d'artifice et de feu ordi- ! si continuelle, qu'il fut impossible d'y r. Ce mauvais succès ne rebuta point : on t opiniâtrement le dessein de se loger, mais employa deux nuits inutilement : quand rage étoit achevé , les ennemis jettoient tant ux d'artifice et de matières combustibles , s détruisoient tout ce qu'on avoit fait. On »bligé de chercher quelqu'autre expédient s dangereux: On tenta la nuit suivante la mte du fossé, en poussant obliquement, on étoit logé, une tranchée; mais on se •ra exposé au feu d'un canon que les enneiroient d'un flanc si bas, que l'artillerie des ^eans ne pou voit le démonter ; et on trouva us, quand on fut à moitié chemin , la muî dont il a déjà été parlé , qui arrétoit tout , sans le secours du canon du flanc qui dé-
soloit , et qui , dès qu'il fbt Jour, ruina toutes les blindes qu*on avoit faites. Ainsi il fallut avoir recours à la vieille méthode , de creuser un puits dans le logement qui avoit été fait dans le fossé de la demi-lune , pour descendre par ce moyen dans le fond du fossé : on y travailla avec tout l'empressement imaginable , et on s'efforça d'attacher le mineur à la muraille de la ville, à la faveur des madriers accommodés à l'épreuve du feu ; on les poussa Jusques contre la muraille; le mineur commença à y travailler, ayant à ses côtés des barils remplis de terre , pour le préserver de la mousqueterie des flancs , pendant que les madriers le garantissoient du feu , des pierres et des grenades que l'on Jettoit sans cesse ; ce qui n'auroit pu le déloger, si les ennemis ne se fussent avisés d'une nouvelle invention , en attachant une bombe à une chaîne qu'ils firent descendre contre les nSadriers : le feu y prit si à propos, qu'elle les fit tous sauter, et ils Jettèrent ensuite une si grande quantité de feu que le mineur fbt brûlé.
Celui de l'autre attaque ne fut pas plus heureux : M. de La Ferté voulant se hâter , l'avoit fait attacher au corps de la place avant qu'il y eût un logement de fait contre la muraille pour le garantir ; les ennemis le découvrirent, et i'étouffèrent de la fumée qu'ils firent à l'embouchure de son trou , qui étoit déjà si profond , que le feu ne le put point atteindre. Il fit pendant ce siège une pluye continuelle et des tempêtes si violentes qu'elles renversèrent souvent les blindes et éboulèrent des endroits de la tranchée , qui étoit presque partout pleine d'eau, et il se passoit rarement trois heures sans pluye.
Lorsqu'on commença à creuser le puits dans le fossé de la demi-lune , on attacha en même temps le mineur au pied de la grande tour , à la faveur des madriers : il eut plus de bonheur que le premier , il se logea ; mais avant que ses chambres fussent perfectionnées, il envoya avertir M. de Turenne qu'il entendoit les ennemis qui contreminoient, et qu'ils arriveroient à lui dans peu d'heures, et beaucoup plus tôt qu'il ne pouvoit finir ; on lui ordonna de mettre quelques barils de poudre dans le trou qu'il avoit fait, et de le boucher le mieux qu'il seroit possible ; ce qui fut exécuté. M. de Turenne ne prétendoit que ruiner la contremine des assiégés , et sçavoit que cela n'abattroit point la tour; et comme la poudre devoit faire son effet en arrière , il fit éloigner ceux qui pouvoient courir quelque danger , et se retira lui-même avec ceux qui l'acoompagnoient , à la première batterie, qui étoit à demi -portée de mousquet de la tour.
UBUOIAES DU 1>UC
On mit ie feu à la mine , qui ût tout l'effet qu'on avoit attendu ; elle élargit seulement le trou qu*avoit fait le mineur , tua , comme on le sçut depuis , les contre-mineurs des ennemis , etjetta plusieurs grosses pierres avec autant de violence qu'auroit pu faire ie canon : quelques-unes donnèrent contre la batterie derrière laquelle M. de Turenne, le duc d'Yorck et d'autres s*étoient mis à couvert , et ils en virent plusieurs voler beaucoup plus loin. On renvoya ensuite le mineur à son trou , avec un sergent pour le défendre , et six soldats qui s*y logèrent sans danger : cela s'exécuta de jour. Quand il fut nuit, on jugea à propos d'ouvrir le puits qui étoit creusé au niveau du fond du fossé de la place , car il auroit fallu trop de temps pour continuer à le creuser jusqu'à la muraille ; sa profondeur le mettoit à couvert du canon et de la mousqueterie , et on ne croyoit pas qu'il .y eât autre chose à craindre que les grenades , les feux d'artifice ou le feu ordinaire ; mais à peine fut-il découvert , que les ennemis s'en étant apperçus à la lumière des feux qu'ils avoient allumés, pour voir ce qui se faisoit dans le fossé, qu'ils roulèrent du haut des murailles lé long do deux pièces de bois qu'ils avoient attachées ensemble , une bombe qui tomba dans Touverture du puits , tua quatre ou cinq hommes qui y travailloient , et ébranla si violemment le logement qui étoit au-dessus où M. de Turenne , le duc d'Yorck , quelques officiers et plusieurs volontaires étoient alors, qu'ils crurent dans le moment qu'il seroit entièrement ruiné : il subsista néanmoins ; mais on fut plus d'un quart-d'heure avant qu'on pût y aller travailler , à cause de la fumée et de la poussière; et quoique les assiégés continuassent de tirer incessamment dessus , et de jeier une infinité de grenades , de toutes sortes de feux , et des bombes de temps en temps , dont aucune n'adressa si juste que la première, on ne laissa I)oint de pousser la tranchée jusqu'aux palissades qui étoient au milieu du fossé ; mais la quantité prodigieuse de feu qui tomboit continuellement, obligea de couvrir le puits de planches, de fascines et de terre pour la sûreté des travailleurs. Quand on fut au pied de la palissade , on fut obligé de se cacher sous terre pour éviter les feux que les ennemis y jettoient sans cesse , et enfin on attacha ie mineur au corps de la place.
On perdit cette nuit-là beaucoup de monde ; M. de La Feuillade fut blessé d'une grenade à la tête ; un coup de mousquet ayant percé le logement , la baie effleura la tête de M. d'Humièrcs, passa au travers de la jambe d'un piou-
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nier et frappa enfin la botte du duc d'Yoni , sans lui faire aucun mal. M. de Turenne resta toute la nuit sur la place , et il est certain que sans sa présence la chose n'auroit point réos&i.
M. de La Ferté avoit de son côté si fort avancé son attaque , que sa mine étant prête le jour suivant , on la fit sauter l'après-midi : M. de Turenne, avec plusieurs de ses officiers et volontaires, alla par curiosité voir quel effet elle produiroit , mais il n'entra point dans les tranchées. La mine avoit été faite à l'angle entre la tour et la muraille , et l'intention étoit de renverser non -seulement l'angle , mais encore les parties de la muraille et de la tour qui en étoient les plus proches. Quand elle eut saute et que la fumée fut dissipée , on vit qu'elle n*avoit abattu que l'angle et la muraille , et que la tour, à laquelle il n'y avoit qu'une fente , étoit encore debout ; mais ayant fait tirer six cod[« de canon à la fois de la batterie qui étoit sur le l>ord du fossé , cette partie de la tour tomba et appaisa la colère de M. de La Ferté, dont l'impatience Inquiéta l>eaucoup le chevalier de Clerville , ingénieur , qui avoit la conduite de l'attaque. La tour n'étant point tombée d'abord , mit le maréchal en furie ; il menaça le pauYrt^ ingénieur, qui ne se tira d'affaire qu'en abattant avec le canon ce que la mine avoit déjà ébranlé de la tour. La brèche étant bonne , ou y fit un logement la nuit ; ce qui , joint aux deux mines qui étoient prêtes à jouer à l'attaque de M. de Turenne , détermina le gouverneur a battre la chamade le lendemain matin : il envoya des officiers pour dresser la capitulation , et il fut convenu qu'il sortiroit le lendemain avec sa garnison , armes et bagages , pour être conduit à Montmédi.
Ce siège dura dix«sept jours de tranchée ouverte : on y perdit peu de monde , mais beaucoup de chevaux , à cause du mauvais tem(tf et que le terrain où on campoit étoit une terre fort grasse. Il n'y eut personne de qualité tué que le vidame de Laon , neveu de M. de Turenne , second fils dn comte de Roussi , qu> reçut un coup de mousquet dans la tète en rooi:taût la tranchée. La promptitude avec laqoelle les François poussent les sièges et prennent lei places , se doit particulièrement attribuer aux peines que se donnent leurs généraux; au lieu que le duc d'Yorck a remarqué que ceux des Espagnols s'en rapportent à un sergent de ba* taille ou à quelqu'autre officier inférieur , par les avis , et , pour ainsi dire , par les yeux desquels ils se gouvernent. M. de Turenne vmilùt tout voir lui-même ; il alloit rceonnoîtrt» eu personne et de bien près les villes qu'il vouKil
MBMOiaES DU DUC d'yOBCK. [iGAS]
' ; U marquoit toujours l'endroit où il luvrîr la tranchée, et y étoit présent ; il )it de quel côté il la falloit pousser , y §glément matin et soir; le soir, pour réce qui étoit à faire durant la nuit , et le pour voir si ses ordres avoient été suivis, ioujours avec lui un lieutenant-général échal-de-camp qui devoit commander la le pour Tinstruire de ses intentions ; il oit pour la seconde fois à la tranchée souper , et y restoit plus ou moins de suivant que sa présence y étoit néces- Ji diligence du général excite nécessaitous les officiers de Tarmée à une grande tion à ce qui est de leur devoir. M. de le n'a voit pas un seul ingénieur à son atquand il en avoit dans d'autres sièges , en servoit que comme d'inspecteurs sur vaux : la plupart des officiers sçavoient I on doit pousser la tranchée et faire un nt ; il y a un capitaine de mineurs qui a 3 les conduire suivant les ordres qu'on ne. Le duc d'Yorck a reconnu, non-seupar sa propre expérience , mais encore lie des plus habiles dans le métier de la , qu'un général ne se doit Jamais reposer ment sur quelque ingénieur que ce puisse 3ur la conduite de la tranchée, parce l'est pas raisonnable de croire qu'un », qui doit y être à tout moment , "veuille er autant que des officiers qui , n'y all'à leur tour , se piquent plus aisément eur et d'émulation pour faire avancer les i , outre qu'ils en acquièrent plus de capour tout ce qui regarde un siège. Le feu d'Orange qui suivoit une maxime toute e , en se confiant uniquement à ses in- "S , et n'employant ses officiers qu'à la ! des tranchées, en avoit peu qui enent bien à assiéger une place, à moins ne fût quelque personne dont Tapplical'industrie suppléât au défaut de la praainsi peu d'officiers ont Jamais acquis up d'expérience parmi les Hollandois, et )iles qui ont servi avec eux avoient apqu'ils sçavoient dans d'autres pays, le fit point do lignes de circonvallation ;e de Mouson , cela auroit emporté trop )s, et auroit donné aux ennemis le temps le leur et de venir tomber sur l'armée avant qu'elle eût achevé le sien : la peière de Ghiers la couvroit du côté du bourg, et cmpéchoit les ennemis de * jetter du secours dans la place : le
jour même qu'elle fut prise , qui étoit le 27 ^ l'armée marcha à Amblemont pour tenter de faire lever le siège de Rocroi : elle avança Jusqu'à Yarnicourt, où on apprit que la ville s'étoit rendue.
Après ces deux sièges, il ne se passa rien de considérable entre les deux armées durant le reste de cette campagne. Outre que la saison étoit trop avancée pour entreprendre un siég<; de quelque conséquence , les Espagnols avoient beaucoup plus souffert devant Rocroi que les François devant Mouson. M. de Turenne les observa toujours de près; ils ne firent que des marches et des contre-marches, consommèrent les fourages sur leur frontière , et les François en firent autant de l'autre côté de la Somme.
Pendant qu'on amusoit ainsi les ennemis, la cour ayant ramassé quelques troupes, outre celles de la maison du Roi et quelques autres qui furent détachées de Tarmée , elle fit faire le siège de Sainte-Menehoult. M. de Navaille commandoit la maison du Roi, M. de Gastelnau les troupes que M. de Turenne avoit envoyées, M. d'Uxelles celles qui avoient été détachées du régiment de M. de La Ferté ; mais quoique MM. de Navaille et d'Uxelles fussent , généralement parlant, autant capables qu'aucuns autres lieutenans-généraux en France , et que M. de Gasteinau entendit parfaitement bien à faire un siège, ils ne purent néanmoins jamais s'accorder ensemble , et le cardinal fut obligé d'envoyer le maréchal duPlessis-Praslin pour y commander en chef; après quoi le siège fut poussé avec plus de succà qu'auparavant. M. de La Ferté avec la plupart de sa cavalerie marcha pour empêcher le duc de Lorraine de jetter du secours dans la place, sur les avis qu'on eut qu'il avançoit de ce côté-là avec son armée.
M. de Turenne ayant fait camper ses troupes derrière la Somme entre Roye et Corbie, le duc d'Yorck voyant la campagne finie de ce côté-là, prit congé de M. de Turenne pour aller au siège de Sainte-Menehoult; mais ayant été obligé de passer par Ghâlons-sur-Marne, où étoit la cour, il y fut arrêté, sur tant de différens prétextes, que malgré ses empressemens la ville capitula avant qu'il pût partir. Ge prince accompagna le Roi de France au château de Hani , à deux lieues de Sainte-Menehoult , où il fut avec Sa Majesté voir les approches et la brèche qu'où avoit faite au corps do la place avant qu'elle battit la chamade.