‹ Relation faite par m. de Fontrailles des choses particulières de la courChapitre 82 sur 89 · DES GUERRES EN FLANDRE · texte numérisé non relu

DES GUERRES EN FLANDRE

i] L'armée de France , commandée par Turenne et le maréchal de La Ferté , ne assemblée assez tôt pour empêcher les ois d'assiéger Arras : ils investirent cette ) 3 de juillet avec une armée de trenteille hommes , et toutes les choses nécesour une entreprise de cette importance, saucoup d'apparence que l'avis qu'ils eula foiblesse de la garnison , les déterce siège; mais elle ne l'étoit pas assez npécher que le gouverneur ne pût en- 'endre ses dehors, quelque grands qu'ils

deux généraux firent un détachement )n mille chevaux pour jetfer dans la ^alnt-Lieu y entra le premier avec en- 3UX cens raattres, et passa au travers du * du prince de Condé le premier ou le bur après qu'elle fut investie. Deux jours e baron d'Equancourt fit la même chose 3 de trois cens chevaux par le quartier de Lorraine ; et le chevalier de Grequi reste s'ouvrit peu de jours après le pas-. I travers du quartier des Espagnols, je leurs lignes fussent achevées : on n'osa înter d'y faire entrer de l'infanterie , à ue la plaine qui règne à Tentour de la luroit aisément fait découvrir aux en-

lutre raison qui fit entreprendre le siège , c'est que les François ayant commencé ! Stenai , les ennemis espérèrent finir le mX que celui-là fût achevé , et qu'il oct tant de troupes qu'on ne serolt pas en les interrompre. En effet , l'armée du it si folble , que n'osant se commettre pays ouvert avec une armée si supéelle se tint proche de Péronne jusques 16 de juillet, qu'on apprit que les enivoient presque achevé leurs lignes: le brck y arriva avant qu'elle se mit en , pour servir en qualité de lieutenantsous M. de Turenne; et prit son jour , la datte de sa commission , comme le ne qui servoit dans cette armée.

Elle campa le premier jour de sa marche à Sains près de Sauchi-Gauchi, entre Gambrai et Arras , à environ cinq lieues de cette dernière place; le lendemain elle marcha à Mouchi-le- Preuz. M. de Turenne prenoit ce détour pour se couvrir de quelque ruisseau , afin que si les ennemis venoient à lui il pût éviter le combot : il eut la précaution, en arrivant au ruisseau , qui étoit à demi-lieue de Mouchi , d'ordonner à l'armée d'y rester en bataille et de ne le point passer que sur le soir. Il fut avec de la cavalerie et des dragons reoonnoltre le terrain où il vouloit camper , et observer si les ennemis n'avoient pas dessein de l'attaquer. On passa le ruisseau fort tard, et on travailla toute la nuit à se retrancher avec tant de diligence , cavalerie et infanterie, chacun devant soi , qu'on se trouva dès le lendemain en quelque manière en état de défense ; mais quand les lignes ftirent achevées il n'y eut plus rien à craindre. Le poste étoit trèsavantageux , le front proportionné au nombre des troupes ; le ruisseau couvroit la gauche et la Scarpe étoit à la droite ; et quand même les ennemis fussent venus attaquer l'armée avant qu'elle fût retranchée, on étoit en état de les recevoir malgré Hnégalitédu nombre, parce qu'on avoit assez bonne opinion de la valeur des troupes , pour ne les pas craindre quand ils ne pouvoient point les prendre en flanc en débordant la ligne. Le duc d'Yorck a entendu depuis, étant en Flandre et ailleurs , plusieurs personnes blâmer 'les Espagnols de ce qu'ils n'attaquèrent point les François le premier jour qu'ils prirent ce poste. Quelques-uns ont prétendu que le prince de Gondé en fit la proposition; mais cela n*est pas bien sûr: quoi qu'il en soit, on marcha avec la même précaution que si on eût été sûr que les ennemis eussent voulu combattre.

M. de Turenne avoit son quartier à Mouchi , où étoit la plupart de son infanterie ; sa cavalerie étoit campée sur deux lignes, et s'étendolt avec le reste de son infanterie jusqu'au ruisseau. M. de La Ferté avoit le sien à la droite de tout en bas , du côté de la Scarpe, au village de Peule, auprès duquel campolt une partie de

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