ACCLIMATEMENT. — INTENSITE DE LA MALADIE
En examinant la marche du choléra-morbùs depuis Calcutta jusqu'à Berlin ^ chacun se demande a?ec inquiétude s'il pénétrera en France. Tous les jours on m'adresse cette question, à laquelle je ne puis faire de réponse satilsfaisante. Par quel heureux privilège , en effet , un fléau que les déserts, les chaînes de montagnes, la barbarie , la civilisation n'ont point arrêté , respecterait-il la ligne fictive de nos frontières de terre, où un homme peut avoir en même temps un pied sur te sol français et Tautre sur le territoire étranger? Berlin et Vienne, défendues pied à pied, n'ont pu empêcher le choléra d entrer dans leurs murs; comment parviendrions-nous à prévenir un pareil résultat, nous surtout, dont
< iSo ) les villes sont si malpropres et si mal petv cées? Je souhaite ardemment de me tromper; mais je crains bien qu'il ne soit pas en la puissance des hommes de détourner le cotir^ dé ta maladie. Ce triste érénemeat a d'ailleurs ^té prévu depuis long-temps.
Voici comme â exprimait^ au mois d'octobre 1822, M. le docteur Cornish, dans une letti^e datée de Trabiz en Perse : Le temps est clair , froid et beau,; la population est disséminée 9 les villes sont éloî^ ffxéeSf et cependant le choléra fait ici d«s ravages presque aussi grands qu^aux Indes* Orientales ; que sera-ce quand il aura g»-' gné les cités populeuses de FEurope ? Maislaissons cette première question , si affir^ mativement résolue par les médecins des Indes-Orientales , de la Russie , de TAUemagnCs et de la France, et abordons une seconde question non moins importantes La maladie, une fois établie dans un pays, y reste-t-elle? ou bien, semblable à la peste,^ à la fièvre jaune, s'éloigne-t-elle lorsqu'elle a assouvi ses fureurs? Voyons cef qu'il s'est passé dans les différens pays pu elle a pé>-
nétrë depuis son dëpart ; la réponse se trofi* yera dât)s cet examen.
En 1S17 , le choléra éclate dans le delta du Gange. Ses effets meurtriers s*étendent, en 1&18, sur une surface beaucoup plus Tàste. Pendant le cours de 18 19 ^ il parut dans une foule d'endroits trës-élotgnés leH uns des autres , et où son germe semblait détruit depuis plusieurs mois. En 1 810 > îl reparut de fort bonne heure dans la présidence du Bengale. En 1821 , il exerçait de" nouveau $es ravages dans les endroits qu^t 4nrai( déjà dévastés. En 1822, ses progrès furent moins grands dans la présidence de Calcutta. En 1823, son irruption commença au mois de mars à Calcutta, et se communiqua promptement aux cités vol^ mies. En 1 834 « '^ choléra se montra dans eette ville en février ; ses progrès devinrent plus puissans en avril et mai. Depuis cette époque , il n a cessé de «e réveiller toutes les années. Il résulte donc de ce tableau , que le choléra^norbus a régné dans Timmense territoire de ]a présidence du Benfale depuis 1&17 jusqu'en i85o, ravageant
t iW ) Iraccessivement ses différeates parties ^ di<» minuant presque toujours aux approcheir de la saison froide , et se ranimant dè/s les première^ chaleurs. >
Le choléra, quî> pendant 1817, avait ravagé le Bengale et les provinces septentrionalesde THindostan, pénétra dès le printemps suivant dans la péninsule Indienne , et s'y montra constamment depuis , excepté pendant les annéesi8â5 et i8â6. Transporté du:
délia du Gange à Bombay en i8l8> il s'est perpétué dans cette présidence depuis celteannée jusqu'en 1 83o> pendant une période de quatorze ans. A la même époque ilt a commencé à se propager d^ns les. im-^ menses régions de l'Asie centrale comprises entre le 1 p"" parallèle méridional et Ici ^o*^ septentrional , et les 90* et laô^méridiensw Le grand système de navigation intérieure de la Chine lui a permis d^ se répandre trèsr-rapidement parmi les peuples qui cou-v vrent cet immense empire. Introduit .danp les ports du gqlfePersique, par leurs rela-^ tionsay.ec Bombay, il a traversé le territoire persan du sud au nord, et l'ia, dévasté
penddnt Cinq irruptions 9 de 1821 à i83o* La Syrie n'a pas été plus épargnée. Dans ces contrées il a désolé une foule de lieux ^i gisent dans le voisinage ou au milieu de districts pierreux et sablonneux , et sous l'influence d*une atmîosphère privée d'hu* lâidité. Enfin la maladie a pénétré quatre fois des régions de l'Asie orientale jusque ^ur le territoire Busse. En présence de pal'eils résultats, les théories sont bien futi-^ les i mais, si lexpérience nous démontre que la cruelle maladie ne quitte plus, au moins pour uft certain temps, les endroits où elle s'est introduite, il nous est permis d'espérer que Ses ravages seront moins considérables en Allemagne , en France, en Angleterre, et dans tous les pays où les lois de l'hygiène sont en vigueur, à moins toutefois que la peur ne s^empare des esprits. Quelqu 'effrayé que l'on soit des progrès du mal , il est impossible de ne pas voir que le fléau , jusqu'à présent , n'a exercé ses fureurs que parmi des nations esclaves et malheureuses. L'HIn« dostan , l'Asie centrale, la Chine , la Perse^^
la Syrie , la Russie , ne peurent être comp-* tées parmi les nations où le sort des hommes excite la moindre sollicitude. La famine , la misère , Tignorance et la superstition^ se réunissent pour aggraver les malheurs de leur position. Dans nos pays, où tout le monde est persuadé de Timportance des mesures qui concernent la salubrité publique, nul -doute queles gouverne* ïneûs et les particuliers ne se secondent mutuellement pour faire disparaître toutes les causes qui pourraient servir d'aliment au fléau destructeur; et nul doute aussi qu'en se conformant de bonne heure aux lois de rhygiène, on ne neutralise les ravages du mal. Déjà des commissions sanitaires viennent d'être créées dans tous les quar-i tiers de Paris. Quand bien même, par l'éloignement du fléau, leurs travaux n'atteindraient pas le but qu'on s'est proposé , ils rendraient toujours d'importans services , ' en contribuant à l'assainissement et à la propreté d^ la capitale.
MESURES SAIVITAIRES.
Le choléra ayant été importé pai' lès Iiommes dans l'immense majorité des lieux oâ il s'est manifesté , il paraît naturel de conclure que l'isolement et la séquestration des individus contaminés ou suspects , «firt la première mesure que Ton doit adopter. Si Von raisonne d'après ce principe , rétablissement des coMons lâanîtaîres et dés lazarets se présente comme Une conséquence naturelle de l'importation. Mais, en faisant celte concession aux anciennes idées , afin qu'aucun reproche ne nous soit adressé en cas d'événement malheureux , ilTaut dire ce que nous entendons par cordons et la:^arets , ce que nous pensons de leur utilité, quels ont été leurs résultats et la confiance qu'on peut avoir en eux.
L'expérience qu'on a faîte jusqu'à présent des cordons ne leur parait point favo-
( i56 ) rable. La Russie, à lapparitioa du fléau ^ forme d'immenses ligues militaires; malgré ces mesures de défense, il pénètre dans une foule d'endroits; Moscou el Saint- Pétersbourg ne sont pas plus épargnées que les autres villes ; et cependant les précautions extraordinaires prises dans la capitale de l'empire Russe ^ prouvent çu'on s'attendait à voir la maladie s'avancer vêts la ville, et franchir l'espace de soixante lieues qui la séparait des endroits infectés. Mais^ objecte-t-on , il ne faut point attribuer les progrès de la maladie à l'insuffisance des cordons , mais plutôt à la fatale mesure qui fit tirer du gouvernement de Koursk et du pays des Cosaques du Don ^ un corps d'armée destiné à entrer en Palogné. Les provinces d'où venaient ces troupes avaient été ravagées par le choléra pendant tout l'automne de Tannée dernière ; et Ton sait que c'est par de pareils mou* vemens de troupes que le choléra a été porté d'une extrémité à l'autre de l'Hindostan, et qu'accompagnant les armées anglaises dans leur marche, il s'est propage
du Gange à l'Indus, et du cap Gomorf»
aux pieds des monts Himalaya. L'on ajoute :
•les pertes éprouvées parles Russes dans la campagne contre les Polonais, ont nécessité l'envoi de plusieurs corps tirés des cordons qui préservaient Saint-Pétersbourg^ , et c'est à cette détermination que Ion doit l'entrée du fléau dans la ville. Je ne discute point la valeur de ces explications ; je vais plus loin , je les admets , parce que mon éloignement du théâtre de la maladie est un argument puissant contre tous mes iraisonnemens. Mais maintenant j'aborde les événemens qui se sont passés sous mes yeux ; je ne discute point des hypothèses , c'est sur des faits que j'ai observés ^ que je parle. §
A peine la révolution polonaise a-t-elle éclaté , que la Prusse et l'Autriche environnent ce malheureux pays d'un cordon de troupes^ qui , pour n'être pas sanitaire , n'en est pas moins rigoureux. C'est à travers des haies de soldats que M. le Gallois et moi nous nous frayons un chemin dans lo grand duché de Fosen, Les voyageurs
( 158 ) qui arrivent par la Silésié et l'Autriche y sont arrêtés à chaque instant ; ils ne dë^ passent les frontières polonaîàes qu'avec d'extrêmes difficultés. La surveillance la plus active est exercée de toutes parts. Ïa Pologne est traquée comme une hête fau^ve. Jamais cordon n a été plus sévère , et néanmoins, à peine trois mois se sont écoulas depuis Fapparition du choléra dans Farmée polonaise , que déjà il a franchi toutes les lignes prussiennes et autrichiennes. Il existe dans tout le grand duché de Posen; il ravage la Prusse orientale; il a pénétré en Silésie. Dans la Gallicie les victimes périssait par milliers. Il y à dont? eu ou insuffisance dans les cordons , oti violation de ces moyens préservatifs , ott connivence coupable avec les individus infectés. J entends déjà dire : le corps de Dwernicky a fait péïïétrer le choléra eé Gallicie et eu Hongrie ; mais on pduvaîi Tisoler, il y a donc eu négligence. J'accorde qu'aux mépri&de toutes les loisdîviftés et humaines, les rapîports multipliés des Prussiens avec les Russes aieût répandu
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lai maladie dans toute la Prusse orientale ; mais dans le grand duché de Posen , dans laSîlésie, à Berlin ; à Vienne, qui la introduite? des individus qui ont donc échappé à la surveillance ? Tous ces endroits sont remplis de soldats ; à chaque pas il faut contrer son passeport ; les cordons ne 5)euvent donc empêcher la communication- Nous allons le voir tout-à-rheure. La contagion s'avance vers Berlin , on dispute le terrain pied à pied avec toute 1 énergie -du désespoir; un dernier cordon est créé «ur rOder; il se compose de 1 élite des troupes prussiennes , c est la garde qui est appelée à le former, et, malgré cette gran- 4e mesure , le choléra entre dans cette ville vers les premiers jours de septembre. Certes, pour ceux qui connaissent la Prusse , il n y a point à douter que les ordres du gouvernement n'aient été rigoufeusement exécutés. Même observation pour Vienne. Au premier abord , un pareil résultat semble démontrer jusqu'à l'évidence l'inutilité des cordons ; mais , lorsqu'il s'agit d'une mesure qui intéresse au-
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fenlt rhygîène publique, il ne faul se pi^ô»
noncer qu'autant que les faits sont Dom^»
breux , clairs et décisifs. Examinons à pré^ sent ta composition des cordbnà , leur eSSi* cacité , et s'Hs remplissent le but pour le* quel ih ont été institués.
Dès que le bruit de Tapparition d'une maladie contagieuse se répand, les payd:
Toisins prennent des précautions pour s'eà.
préserver. La mesure ta plus généralement adoptée est la formation des cordons ; mais , avant que les corps qui doivent les Composer aient été rassemblés et placés dans les lieux d'observation ; avant que leurs baraques aient été construites, et les moyens de subsistance organisés , il s'écoule un temps plus ou moins long ; ceci est d'une telle évidence , que je ne m'y arrête point ; pense-t^-on que pendant cet intervalle les communications de frontière à frontière soient interrompues?
Les transactions commerciales qui existent entre les deux peuples sont trop multi*pliées pour qu'on puisse les faire cesser i volonté ; elles continuent donc plus ou
moins long^temps^ Avant même que lanouvelle< de la maladie ne soit arrivée dans les pays étrangers, plusieurs jours, plusieurs semaines peuvent se passer. Ainsi , le chô-léra existait le 19 ou le 20 avril à Varsovie, et le cordon n'a été formé sur la frontière prussienne que vers le commencement de mai. Les habitans de Kalish , de Slupça , etc. > avaient tous les jours des communications avec la capitale, et, à leur tour , Hs communiquaient avec les habitans deis frontières de la Silésie et du grand-duché de Posen. Aucun exemple de choléra n a été recueilli à cette époque dans ces deux provinces , et ce n'est que deux mois après rinstallation des cordons , que Ion a cornttencé à observer lamaladie. Il résulte donc de ce premier fait, que des individus venant d'un pays infecté peuvent communiquer, dans les premiers temps de l'épidémie, avec lel^ habitans des pays sains, sans qu'il y ait d'inconvénient ; cette observation semble- Kiit également démontrer que la maladie, i son apparition dans un pays, ne revêt point d'abord le caractère contagieux, et
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que ce n est que lorsqu'elle a sévi {>enââjttt un temps plus ou moins long, qu elle ftc»
quiert cette fuûeste pippriété; d^où l'oii peut conclure qu^ les individus bolés ne paraissent point transmettre le germe dit mak avec eux.
'Ceci :posti , nous allons examiner les cor»^ "dons lorsqu'ils sont en pieiife organisatîaiK ^ordinairement , les limites qui séparent utt royaume de l'autre sont fictives; poinl:dfi -fleuves 9 point de montagnes; unsimplepo>»> teau barrioléde rouge^ de noir ou de jàtine^ 'voilà le signe qui indique que vous pa$sel d'un pays dans un autre, voilà la ligne qtli souvent sépare un royaume de celui qui lui est coatigu. Si vous parcoqrez cette Ugod pendant l'espace d'une lieue ou deu^«>ifaM la trouvez bordée de fermes, de m^sonfl!^ de jardins , de bosquets , de boië ; or, tout ces endroits son t remplis d'hommes qui font ensemble des siJïaires, et dont l'ilhique at^ teation est d'épier les mouvemens des soldats qi^i les gardent, pour tromper leur surveiliauce. Us parlent la même langue» ont le même costume et se protègent nUituet-
lement. L'iutorité a des soupçons, elleordonne des recherches; itnpossiMe de rien trouver ; c'est l'histoire du voleur qui vous a pris voire montre ;. vous le fouillez, elle est déjà dan6 la dixième ou douzième main.
Jusqu'à présent nous n'avons parié que des^ individus qui cherchenVà tromper par ruse €t sans bruit ; mais connaîl^n l'audace des contrebandiers? Croit-on qu'un coup de fusil les arrête. A Stzraikowo, sur les frontières de Prusse^ où j'étais en quarantaine, on^ •ntendait toute la nuit faire feu sur les coniarebandierS) qui ne cessaient de passer d'utie £rontière à l'autre, et jamais je n'ai appris qa« personne ait été tu5, ou du moins le nombre de ceux qui ont péri est infiniment petit. Commefat, en effet, des sentinelles plaoées à centet deux cents pas de distance, et quelquefois encore plus loin, pourraientelles, au milieu de la nuit, atteindre des in- ^vidusqui s'introduisent furtivement Souvent on manque de jour, comment seraiten plus adroitdans Fobscurité?Les accîdens tJe terraîa rendent donc ce mode de surveillance très-défectueux. Mais si lesfron-
( 164 ) tières sont très - étendues , les difflcultéf^ deviennent encore plus grandes , si toutefois elles ne sont pas insurmontables^' Ainsi, la Bavière, qui, du côté derAutriche et du Tyrol , compte deux cents lieues de longueur, pourra-t-elie jamais organiser un cordon avec lés trente ou quarante mille hommes qu'elle a sous les armes? Les médecins du pays en ont eux-mêmes reconnu rimpossibilité. Les soldats sont-ils, d'ailleurs, à l'abri de la corruption?- en contact avec les babitans, ne peuvent-ils pas être séduits? A-t-on oublié le cordon de* Barcelone, que tout le monde dans le pays appelait laiPiécetta? Voilà, certes, de grands obstacles à l'utilité des cordons. Avertis par rcxpérience de ses devanciers, on multipliera le nombre des soldats, on établira un second et un troisième cordon ; mais comment fera-t-on pour remédier aux inconvéniensdu terrain? Si nous avions encore nos anciennes limites, on pourrait, sans doute , exercer une surveillance active sur les provenances de l'étranger ; mais comment empêcher la contrebande du côté de
( i6S ) la Belgique et des provinces rhéùanes, où le même homme a sa maison en France et son jardin à l'étranger. On nous cite l'exemple de Marseille, pour démontrer l'utilité des mesures sanitaires; mais il est beaucoup {dus facile de surveiller un bâtiment qu'une multitude d'hommes qui ont de nombreux points de contact. L'analogie n'est pas la même ; d'ailleurs, la peste paraît avoir réellement perdu de sa force en Egypte et en Turquie.
Lorsqu'un voyageur venant d'un lieu infecté arrive sur les frontières d'un pays où Ton a établi un cordon, il est soumis, lui et ses effets, à une quarantaine d'observation qui varie de cinq à vingt jours, et quelquefois plus. Cette seconde mesure , complément de la première , doit être pour nous Tobjet d'un nouvel examen critique. Pour remplir le but dans lequel ils ont été institués , lés lazarets doivent être pourvus de toutes les choses nécessaires, vastes, bien aérés , et placés au milieu d'une campagne, à peu de distance des lieux d'approvision- Aepient. J'ai encore sous les yeux le tableau
tclu lazaret de.Stzralkowo en Prusse. Dani une cabane qui avait serfi autrefois de douane, on avait pratiqué, avec des planches de sapin, trois sëparatipns qui n'empècbaient en aucane manière les communil^* tions des prisonniers entre eux. Nous étions quarante-dei»: personnes entassées dans ua de ces emplacemens ; la petitesse du local avait forcé le directeur de nous réunir plu* sieurs dans la même chambre» La préelpi*-* tation avec laquelle on avait créé cette maison, n'avait point permis de se procurer aucun meuble ; nous étions couchés sur la paille, sans draps; à peine quelques-unsde nous avaient -ils des couvertures! La nourriture était souvent détestable. Lorsque^ nous adressâmes no9 plaintes aux employés,, qui étaient fort polis,, ils nous répoa<Hrent qu'on était loin du marché ,. et qu'oa mau-quait d'approvisionnemeas. La promenade* consistaijt en une petite cour et un jardin ; il fallait , certes, avoir quel qu'énergie morale pour ne pas tombet malade au milieu de circonstances aussi défavorables. Ajoutez à* cela que le choléra régnait tout autour /le
(i67) nous ; ces inconvéniens , qu'il suffît de signaler, démontrent qu'il faut prendre les mesures à Tavance, pour que les voyageurs, dans leur ennuyeuse captivité^ n'éprouvent point des privations de toute espèdé.
Le système de la contagion proclamé , on doit nécessairement faire subir aux effetd toutes les purifications d'usage; ces désin^ fections se font assez exactement, mais il est cependant une foule d'objets qui échapn pent à l'action de ces moyens , parce que les voyageurs, persuadés qu'ils seraient détériorés par les lavages ou les émanations gazeuses, s'empressent de les sou^raireàla Tigilance des inspecteurs. Les cemmunica-* tîons des chefs du service avec le dehors se font sans précaution ; dans l'hypothèse de la contagion, personne ne dpit être exempt dé la séquestration. Ainsi, pour qu'un laxarel atteigne le but qu'on se propose , il &ut qu'il soit placé dans la campagne , loin 4e« liabitations ; que l'emplacement soit vaste, la vue étendue, les chambres propres, aérées^et en nombre suffisant; que la séqueiltration soit réelle; il faut aussi qu'il
( iyo ) «ouffrîraît qu'on vîût hiî ra^îr son père , ftk femme, son enfant! Cette seule idée fkrt frémir d'îndignalîon , surtotit quand on n*ii point la certitude qu\iû aus^î effroyable sa* crîfice puissre ètr^ utile à 3es concitoyens, Laissez donc chacun libre dfe se traiter où bon lui semblera; et si le pauvre ne peut avoir chei lui les soins nécessaires , qui!
aille dans un hôpital, mais quil y aille dt son plein gré^et bien persuadé qu'il y trouvera tous les secours qui peuvent améliorer son état. L'histoire nous fait assez connaître les déplorables résultats dé^ ragglomératîoh forcée des hommes sur un espace étroit, raalsaîn , et où tous les genres de privations se trouvent réunis. Nous pourrions en rapporter plusieurs exemples frapj^an», nous ne citerons que le suivant :
Le 3o mai, le bruit se répand dans Varsovie, qu'Opatow, ville du patatinat de Sandomirz , est ravagée pat le choléra. On dît que la mortalité est effrayante , que le!^ maisons sont pleines de morts et de moorans. A peine les ministres du Seigneur ont-ils le temps d'aller d'une habitation à
'•( «7' ) Tautre. Une Itjttre du 3 1 , lue au comité cçn*jtral y ôoQS confiriQe tojos ces détails. A Vins- Aiutijt iUAe commission est no»ii3Qéè pour ^CAdre connaissance des désastres , et jâyifiberau moyen djeles arrêter. Parvenue AUX limites d'Opatow, elle irou¥e toutes ieisi ]p!@|>«latiQQs^okiiaes sous le^ armes; les .eomnattnioàtiQOkS sont ronopuei^^ les arriva- ^^•.odit :Oea$é d'anioir lîau^ Le^ paysans ne pearn^elieD^ii personne de sortir de la ville^ tent ia icramte de la contagion est devenue > ^nérale..Iies;CQmmissaires .pénètrent dans ieiieu ÛKfecté. Là ^ le plii& affi:*eux spectacle ^ffre à l«iiirs regains i. toutes iejs affaires- «iot «esfié y tes booliquses somt iermées , un anocne ^silctnce règne partout i ils entrent idans lesiaabotts^oâ un speétaok pkis ter- -rikie encore les .attend : pas une demeure- :qui nie rejplermedes morts, des mourans >0t.d6s iKMd^ades. Déjà les dDiesoinsxoxnnien- -ceM à fie faire sentir; »le désespodrnje s'ex- Hialeplusetn imprécations fûrieusq/s; il n^a ^IntJUiorce de fie faire entendre. Le -preosttjer jsoin des commissaires est de ranimer k Qourage de 4&ette population éperr^
( >7« ) due ; ils prodiguent les secours et les coit-^
solations; Tespéraûce renaît dansées cœursy et déjà Ton s'aperçoit d'une aUQélioratioA marquée* Ils s'adressent aux autorités et aux habitans des lieux circonvoisins ; iU leur démontrent que la maladie n^est point contagieuse ; ils parviennent à détruire leurs premières impressions. Les commur nications se rétablissent ^ les marchés sool; approvisionnés, la confiance: revient , et, avec elle , l'intensité du mal diminue d'une manière remarquable. Pour achever de rassurer les esprits , ces hommes généreux font assembler les habitans dans uâe place publique ; là ils leur adressent la parole pour leur faire connaître les moyens les, plus propres à se préserver du mal ( il n'y a plus de médecins dans la ville). Ils terminent cette œuvre philantropique ^ en, prenant toutes les précautions nécessaires pour assurer Texistenoe de la classe malheureuse , et quittent la ville au milieu deSv bénédictions de tout un peuple. Xe doo-.
teur Koehler , reçu par la Faculté de Mén deçine de Paris, faisait partie de cette cpok
inissioû. J'ai malheureusement oublié* le^ noms des autres médecins.
Qu'est-il besoin de plus nombreux exem^ pies pour signaler le danger des cordons partiels? Nous ne convaincrions point ceux qui ferment les yeux à la lumière ; nous n'écrivons que pour les hommes qui recherchent la vérité de bonne foi ^ et ceuxlà seront frappés^ comme nous^ des malheurs causés par ces investissemens rigoureux. Ainsi donc , pour résumer cet article, nous dirons qu'il faut encore essayer des cordons généraux et des quarantaines , jusqu'à plus ample informé; mais qu'il faut supprimer toutes les mesures quf tendent à entraver la circulation intérieure, et à empêcher les habitanaile se soigner çhe« fittx.
KESCRES PROPHYLACTIQUES.
PaKv^NiR, c'est guérir, ont dit les ii\édecias de toute;$ les époques. C'est aussi la réfouse que xlous faisions à MM. les consuls de France et d'<Antriche à Yarsovie, lorsqu'ils nous demandaient potre opinion sur les meilUurs 4;raitemens employés dans le ^^oléra. Ii9^g-4emps les gopTernemens ont cru i^u'il y ^-ait des remèdes spéci^ques 4^Qintre Jqs in^^dies épidémiques^ îm^usde cette eixetir^ ils promettaient des réfiQmr^ penses , des prix , et ils ne faisaient aucunp* attention aux mesures prophylactiques. Le bon sens dit cependant que le point le plus essentiel est de se garantir de ces fléaux, et que ce n'est que lorsqu'ils ont franchi toutes les digues, qu'il faut les combattre par des médicamens. L'administration semble avoir reconnu cette vérité, car elle vient
( 175 ) 4e créer pour chaque quartier de Paris une commission sanî taire exclusiyemefit chargée «le Tassainissement des rues et des maisons; mais nous devons l'informer que la hié-« rarchie qu elle a établie a fait naître de fâcheuses préventions, et que, si les conseils d'arrondissement et de quartier ne sont pas réunis ensemble, la mesure est san^ but^ et peut même être préjudiciable, en inspirant une fausse sécurité. Espérons aussi que les habitans de Paris s'empresseront de seconder les médecins de quartier dan« leurs pénibles fonctions, et que leurs avis c»eront écoutés.
Si nous nous rappelons la marche du choléra chez les Polonais, nous voyons qxi'il saisit d'abord les individus pauvres et misérables , qui se nourrissaient d'alîmens indigestes; ceux qui faisaient des excès , qui ne prenaient aucune précaution contre les changemens atmosphériques, et surtout ceux qui vivaient dans la malpropreté , qui habitaient des lieux étroits , humides et malsains. Les plus nombreuses victimes ont été parmi les juifs, dont la sa-
( ïyè )
Icté est passée en proverbe (i). Nul doiUte que si l'on avait fait enlever chaque jou^ les immondices^ nettoyer les maisons, leiii cours, les barricades et les égouts, le nom?* bre des morts n'eût été beaucoup moins considérable. L'encombrement des habitans n'a pas peu contribué à augmenter les rava-»
ges du mal; et cependant cette influence a été signalée par tous les médecins qui ont observé des épidémies. Partout , disaientils^ où un grand nombre d'individus affaiblis par les privations d'aHmens,les fatigues excessives et les affections morales tristes , se trouvent réunis dans un lieu trop étroit, on doit craindre le développement des maladies épidémiques.
En parcourant Thistoire des différentes affections pestilentielles qui ont ravagél'Eu" rope , on remarque que , presque toujours^ elles se sont montrées dans le cours ou à la suite des guerres , dans les prisons , dans les vaisseaux , dans les hôpitaux , que
(i) Nom n'entendons parler qae des juifs polonais^
^paiÀOfCitl^encombrement^û a précédé Tap»* |)arition.
Rouppe a vu survenir, en 1757, le typhus parmi les matelots d'un vaisseau hol-^ landais arrêté depuis <juin;e jours dans le port de Naple5.
, Lœw parle d'une épidémie qui régna en •Hongrie, et qui commença parmi les sol-^ dats qui étaient entassés dans des casernes trop étroites.
Pringle rapporte également avoir vu le typhus se développer, soit dans une caserne trop pleine , soit dans des vaisseaux retenus en mer par un gros temps, les îScoutilIes fermées pendant xin certain nombre de jours. Dans les villes assiégi^es , son développement est presqu'inévitable.
Il paraît fort difficile^ au premier aperçu, 'de diminuer l'agglomération des hommes réunis sur un espace trop étroit ; mais lorsqu'il s'agit de la santé d'une grande ville, on ne doit reculer devant aucune mesure- On obvierait à cet inconvénient, en renvoyant tous les individus sans profession et sans i>uvra^e, en bornant la population de«
( «-8) ijuaptîers babîtés par lés pauvres à un cet* tain nombre d'individus par maison, surtout en prenî^nl toutes les mesures proprés à assurer leur subsîstanee. Je nliésite point i déclarer que si les localités étaient assainies, la malpropreté bannie, et là police extré*mement sévère sur tout ce qui concerne la salubrité publique, les ravages des épî*»
démies seraient beaucoup moins grands.
Eh général , si le début de ces maladies est très-grave j c'est que les causes que nous venons, de signaler existent presque toujours. lN*oublions pas, en efiEet, que les premiers individus qui furent anicnés daiis les hôpitaux de Varsovie, habitaient des en^ droits étroits , malsains et humides , tandis que les beaux quartiers furent respectés, ôii i)eaucoupnîoînsmakraités.€efaît,queqiielques personnes pourraient révoquer en doute, exige que nous l'appuyions de'preu* ves convaincantes ; nous allons les trouver ^ans les états récapitulatifs des individus civils él militaires atteints du choléra-môr^ busà Vahovîe,et qui étaient présentés touS les cinq jours k notrç commission. Ils sont
(^7« > 9a nombre de treize, el embrassent Tespace-
compris depuis le 23 avril jusqu'au 25 ^ia^.
c'est-à-dire eaviron deux mois.
Pour ne pas entrer dansdes détails trop^^ fastidieuiB^ nous ne ferons connaître ici que les: résultats généraux. Les personnes qui vpadraient avxiir di^ indications .plus pré)ci-. ses 3 lés l;rouyeront à la fin de ce tivre » ou: Bou$ donnerons en même tem^fs les^ circulaires du cooHfcé central»
. Bu ii^ avril au 25 juin , 3,9.42 individus . tombèrent malades dans la ville; dans ce^ nombre se trouvaient 2 ,637 soldats » 33S pejpsonnes attaquées par la maladie dans hs bopitaux, 706 individus pauvres de la ville transpoitéç étuàs les établls&emens pubilicsy 5^ personnes traitées dan;s leurs ipaiâoi» , . ^t i jS juif». Sur ce nombre , 1*^4^ individus succombèrent , savoir :
^M.o^danales douze premiers jours , et 3521 pendaat le reste du temps. Parm^i ces 1^462 morts ^ il y avait à peine sept en buit> iadividus delà classe aisée; feus les autres se composaient de militaires, d'hommes :
du peuple et de j^uifs. Les états sont là^
( iSd } ponr attester la Térité de ce que noinr atan^ çons,
Â-t-on d'ailletfrs oublié les atrocités comniises par les paysans de k Hongrie et d^autres pays , sur les médecins ? Quelles raisons donnaient-ils de ces fureurs? 'qu.è les médecins étaient chargés de* les empoissonner. Pourquoi? parce qu'ils s'apercfévaient que la mortalité était beauéôup plus^ grande chez eux que dans les clailses àiS^es;
Remarquons que Yarëotie est divisée ea huit cercles 5 et que le quatrième, le cîbH^ quième et le sixième, qui étaient habHés par^ les gens riches , n'eurent qu'un petit nom* bre de malades, relativement' aux autresquartiers. Ainsi , le cinquième cérdle , un des plus salubres et des plus beaux deYaiv sovie , n'eut , dans cet espace de tempôy que dix-huit malades , tandis que le >pBemier , formé par l'ancienne ville , ea comptait cent vingt-six. Les conséquences à dé-^ duire de ce tableau sont toutes naturelle :" dans les maladies épidémiques, le meilleurpréservatif est l'observation des lois d'hygiène. ■ ■ ■■ , '
( igl )
X^agglomération des hommes sur ûh cs-^ pace ètroît ëtaift une des conditions favorables au développement des épidémies , là première mesure à prendre serait d'ordôntier la dissémination des habitans ; c'est celle qu'indiquait Franklin. « Dans toutes \es maladiescontagieus^es , disait ce sage, il faut avoir pour manière de conduite , de s'éloigner aèsëz tôt , d'âlïér as^z loin et de s'ab- Sëntér assez long-temps, pour y échapper. »
* tFriè expérience , acquise aux dépens de là' yid de plusieurs millions d'hommes , a fiât adopter cet axiome par les habitans de jhSindostân : aussitôt que le choléra ^ apl^ïiràtt dans une ville , un village , une mai- «Abil'îsoléë.lès hâbîtans s'enfuient ; et, par cette seule précaution ^ ils diminuent les ravages de la maladie. Mais; cette dissémination , qui peut être praticable chez les nations sobres , se contentant d'une poignée de riz et d'un peu d'eau , est , au contraire, dune exécution fort difficile dans nos pays , où mille intérêts nous attachent au sol qui nous a vu naître. D'ailleurs , en supposant cette émigration facile pour quel'
ques*Qns, un autre inconvénient se présente. Dana^Ies villes, on est sans doute exposé aux attaques.du choléra ; mais on peut au moins espérer de prompts secours, tandis^ que dans les canapagnes , la maladie sera parvenue à sa terminaison fatale avant que le médecin ne soit arrivé, et l'on sait qu'il faut ici agir dès le début*. Toutefois , noua conseillons aux personnes très-efiray^ées ^^ s'éloigner des lieux que ravage le cholejta». Si les occupations ^ les devoirs^ la nécessité , obligent à rester dans le lieu ior fecté (et la majorité se trouve dans ^ee cas) , il faut s'occuper de choisir un local convenable , ou au moins. d!assainir celui qu'on est forcé d'habiter. Les quâtrtier^ neufs, élevés, qui ne sonj: pas entoura de rues étroites, malsaines , d'établissemena insalubres , doivent avoir la préférence sur tous les autres. Les rez-de'-cjbaussées , les entresols et les premiers étages , généraler^ ment mal aérés, ne doivent être habités^ que lorsqu'on ne peut faire autrement Leflr étages supérieurs, bien percés, bien exr posés et bien ventilés , offrent toutes le»
garanties désirables. Les chambres à cou- <;her méritent une attention particulière.
On est dans l'habitude , en France , de pla- <5er le lit dans une alcôve étroite , qu'on masque encore sous d'épais rideaux. Les miasmes, qui se dégagent par la respiration , sont évalués à environ cent cinquante litres d'acide carbonique par jour; si deux individus sont réunis dans la même chamhve, la proportion devient considérable ; «lie l'est beaucoup plus encore , si les enfans couchent aVec les parens, aiinsi qu'il arrive fréquemment. Nous regardons les alcôves comme pernicieuses, et nous ne balançons pas à les proscrire ; si la disposition des appartemens ne permet point de les détruire , nous conseillons dé tirer le lit au milieu de la chambre, pendant toute la nuit (i). Les croisées seront ouvertes quelques heures par jour, et sur la
(i) Nous sommes obligés d*eiitrer dans une foule de détails qui arrêtent la marche de TouTrage , mais qui 89nt d*nn trop grand intérêt pour que nous les sacrifiions à la concision du chapitre.
( i84 ) commodie on placera un vase dans lequel on mettra une solution de chlorure d.e chaux. A. Moscou , les chlorures ont eu peu d efficacité 9 mais on sait que dans cette ville , |es lois hygiéniques sont mal observées. Nous ne parlons point de la propreté aveclaquelledoitêtre tenue chaque maisooi ce besoin est généralement senti; nous en*" gageons seulen>ent à ne pas garder trop long-temps le linge sale dans les armoiref ) mais nous appelons spécialement l'attention des habitans sur l'état des plombs , des fossés d'aisances et des puits, sur les é tables , Stur les lieux où Ton élève les. animaux, sur Fenlèvement des fumiers, des immondices»
sur le pavage des cours, des allées^ et spr la propreté du devant des maisons^
En parcoui'ant les observations des îmilvidus attaqués du choléra , on voit presque toujours la mauvaise alimentation ou l'excès contraire, favoriser le développement de cettç maladie. Ce fait nous indique suffisamment la règle que nous devons suivre dans notre manière de nous nourrir ; alîmens.sains, d'une digestion facile, en qtiiaû-
ttté suffisante pour apaisier la faim , maid pas assez grande pour d<^*terminer une pesanteur de lestomac , les indigestions ëtant presque toujours mortelles : voilà le premier précepte. Abstinence complète des fruits et des légumes crus ^ de^ alimens épicés, gras, difficiles à digérer, faciles à se corïompre ou déjà corrompus, tels que choux, choucroute, concombres, salades, viandes fumées, viandes et poissons salés> fromages, champignons, truffes, pain mal cuit, soupes au]|L choux; bierre tournée, mal préparée, très - récente , forte; de Feau-de-vie, du punch, des liqueurs, etc., et en général de toutes choses , quelque bonnes qu elles soient, que Testomac ne peut digérer: second précepte. .
A ces deux premières règles on peut ajouter quelques instructions utiles : dans les repas, il faut, autant que possible, rester sur son appétit, faciliter les digestions, si elles sont longues , par un verre d'eau sucrée avec de la fleur d'oranger, une tasse de thé, un verre de bon vin de Bourgogne , ou simplement quelques morceaux de su-
( i86 ) cre. On ne doit poînt sortir de cîie^ soî à jeun ; il faut toujours prendre quelque chose de cbaud, soit une tasâedèckocplat^ de thé, soit une tassé dé café*
L'influence des Tariatioâs atmosphériques sur la saMé a été signalée de tout temps; peut-être est-elle encore plus remarquable pendant les épidémies de -choléra. Nous pourrions cîtér iâh grand nombre d'ôbsertàtions d'individus qui ont été atteinte par la maladie après un réfroklissémenl subit. Aussi conseillons -nous de se Têtir dhàudeméi^t, de porter deâ caleçons et un gilet dé flaûeUe i^ur la peau ; oii aura séitt de ne pas garder sursoi les habits, les bottés et les souliers mouillés. Lorsque là maladif sévissait parmi les soldats , on remarqua qu'elfe se manifestait sOttvent par dés douleurs de ventre ; cette indication nous engagea à prescrire l'usage des ceinture^ de flanelle; ce moyen fort simple a été très-* utile, et le nombre des malades a été moins considérable parmi ceux qui ont eu la précaution dé les garder constamment.
La suppression de la transpiration étant
(»87) Due des causes occasionellesjes plus puis--
saotesdans le développement du choleFa, U ne&uffîtpasdesebieacquvrir,.il&ut encore évjler toutes les cirçonAtaoces qui pourraiient favoriser l'action de cette cause;
1 ainsi VoB ne sortira ni . le matin , ni le soir ; op^ évitera d^nsses promenades le voisinage ifes eaux et des endroits humides; il est jtfiutile de dii^e qïi*il ne £aut pa5 diriger ses ^s<lu côté des quartiers malsains ou infecfé^parle choléra.^ Si Ton est très^échauffé par une course rapide ou une marche Ibnff^e^ on se riefi*oidi«*a lentement » surtout si l'on^ntre xians unJieii vaste et frais, comtûe
, iine église ,«tc. ; oa conçoit également qup lorsque te ^orps est ain^i échauffe , il faut 4'dbstç^irde°gIaeeS|<]jé b^oissons froides.On doijt ^^ rappeler Khistoire de petofficier qui ^AJMris d^ns un café , demande plusieurs gla- €^s, et^stattaqu^ quelques heuresaprèsdes symptômes dp Gh0léi«.X.'îngei^tion desboissons froidesafréquemmentdonné naissance
au choléra sporadique, à combien plus forte maison ne doit^l le pjas déterminer le choléra .
épidémique? C'est ici lacCi^sion de parler de ces sociétésbruyaptes^ dont lepnncîpal.i|ié-
( iS8 )
rite est de réunir beaucoup plus de monde quelesappartemens n'en peuvent contenir; pressés les uns contre les autres , les invités ne peuvent ni avancer, ni reculer; ils se plaignent d'une chaleur étoufiantu^ et sont couverts d une transpiration abondante; Sans nous arrêter sur rinconvénient des nombreuses réunions pour la santés ne saiton pas le danger auquel on s'expose en sortant de ces appartemens ? il suffit de la transition subite de la température des sablons à celle de l'antichambre et de l'escalier, pour occasioner le refroidissement do corps. Si nous insistons fortement siTr le danger des grandes réunions , nous recom* mandons ; au contraire, de multiplier les soirées composées de sociétés choisies, peu nombreuses, où tout le monde se connaît»
Il n'est point de délassement plus utile après les travaux dé la journée , surtout dans les épidémies, que la conversation de quelques amis.
La propreté a toujours été considérée comme le plus sûr gardien de la santé ; elle est surtout utile dans celte circonstance Nous pourrions citer des hommes victimes
( «89 ) du choléra, et dont la mort a fait grand!
bruit, qui, sous de beaux habits et du linge blanc , portaient de sales chemises de laine qu'ils n'avaient point quittées depuis un mois et même plus. Le linge blanc est indispensable; on se lavera tous les matins avec soin , et , une ou deux fois par semaine, on ira au bain. Ce moyen était d'un usage presque général à Varsovie, et toutes les personnes qui y ont eu recours s'en sont fort bien trouvées.
Si les excès ont été notés, dans tous les temps, comme une des causes les plus fa- Torables aux maladies, leur action doit certainement s'exercer d'une manière plus marquée dans les épidémies. La débauche, l'ivrognerie, sont pour ainsi dire foudroyées par le choléra. User avec modération , ne pas abuser^ sous peine de mort, voilà le précepte important. On nous comprendrait mal, si l'on s'imaginait qu'il faut, dans ces temps de malheur, s'imposer une foule de privations: telle n'est point notre intention ; tous ceux qui ont des habitudes réglées, un genre de vie modéré ^ ne doivent
( ïy> )
point changer leur manière d'être ^ seulement ils la modifieront plus ou moins , d'après les règles que nous venons de donner.
JNos avis ne s'adressent qu'aux personnes qui ne tiennent aucun compte des lois hygiéniques, et qui font de l'art de bi«n vivre leur unique occupation^
Jusqu'ici nous n'avons appelé Tattention que sur les agens matériels de l'existeneç; disons quelques mots des passions, et principalement de cellea qui oppresseiit douloureusement l'âme. Qui de nous n'a ressenti ces émotions tristes qui , pendant le cours de notre misérable vie, viennent nous assaillir à chaque instant? elles trou-^ blent nos organes et le jeu de nos fonctions.^ La peur est celle dont l'influence est la plusmarquée; il est sans doute très^difficile , à l'approche d'une grande catastrophe , de ne pas éprouver une sensation plus ou moiiis^ Tive, et la crainte, dans ce cas, est trèsnaturelle ; mais si elle s'exagère les objets , si elle se les représente sous les formes les plus hideuses , si elle ne se donne pas un instant de relâche , elle ne tarde point à
-déranger les digestions, Téconomie, et & prédisposer l'infortuné qui est sous sa fatale puissance, àcontracter la maladie^ àlàquelle il eût inétitablement échappé en ayant plus d'énergie morale. On se soustrait avec peine â l'empire de la peur, mais elle n'est danjgereuse qu'autant qu'elle est excessive ; on pourrait paralyser son action par des réunions agréables , des parties de campagûe , des soirées, des lectures gaies et amu- "âantes, et beaucoup d'autres divertissemens. Nous recommandons surtout de ne point s'entretenir de la maladie, de ne pas lire «e qu'on en rapporte , et de chercher , en titi mot, autant que possible, à en bannir le souvenir de son esprit.
Une épidémie dont les suites sont si ra- {>!des et si funestes, devait faire admettre avec empressement les recettes qu'on croyait propres à s'en garantir. Au rang des moyens jiréservatifs , on a mis une fonle de drogues que nous ne nommerons même pas, parce qu'elles accusent autant la mauvaise foi des uns que la crédulité des autres. L'dsage'des parfums et des substances odorantes a été
. I »9« ) répandu de tout temps , d'après la reniât^
q[ue qu'on avait faite qu'ils masquaient les gaz méphy tiques ^ et je crains bien que ce ne soit encore là Tunique propriété du plus grand nombre ; aussi depuis long-temps ont-ils été abandonnés dans les lazarets, et les a-t-pn remplacés par le vinaigre et les chlorures. Sans attribuer au moyen suivant une confifance que l'événement pourrait bien ne pas toujours justifier, nous engageons les personnes qui mènent un genre de vie réglée, qui ne font point d'excès, à porter sur elles un flacon composé de parties égales de chlorure de chaux , de bon»
vinaigre et de six à sept grains de camphre;, en sortant on en versera quelques goutte$« dans un mouchoir, et on l'approchera de son nez dans les lieux infects, malpropres ou suspects. On a donné dernièrement ,dan5 la Gazette médicale^ la formule suivante, employée, dit-on, avec succès à Lemberg :
On prend le matin à jeun quelques gouttes d'huile essentielle de camomille, sur du sucre, et on applique sur l'épigastre un emplâtre de poix de Bourgogne. Le pro-
î '95 ) {esséur Berrfes a employé avec avantage ce
préservatif pour les garde-malades et les fossoyeurs, quoique cçs gens soient plus près que les autres des foyers d'infection, et ne suivent jamais un régime convenable.
M. le prince de Lobkov^itz a écrit, il y a peu de temps, qu'il croyait devoir attribuer isurtout à ce préservatif la conservation de sa santé et de celle de toute sa nnaison. Ces deux nioyeus réunis nous paraissent utiles, €ft nous en recommandons l'usage lorsque les individus qui s'en servent entretiennent les fonctions de la peau par des frictions ^ches avec la flanelle , et par un genre de vie sobre.
' Si les devoirs du médecin l'obligent à tîvre an milieu des maladies épidémiques, îl n'en est point ainsi de l'homme du monde, qui doit , autîontraire , éviter les foyers d'infection, parce que l'habitude n'ayant point modifié son organisation comme celle du médecin, le péril auquel il s'exposerait serait plus inévitable. Les liens sacrés de la famille et de Tamitié lui imposent-ils la nécessité de soigner des malades ou de leur
{ 194 ) ^ionne^ des consolations? Il commencera par respirer quelques gouttes de la liqueur dont nous avons parlé plus haut ; il évitera soigneusetnent de sentir Thaleine du patient , et lodeur de son lit quand on le découvre ; il fera de suite enlever les déjections, de quelque nature qu elles soient^Ces conseils sont également applicables au médecin ; lorsqu'il aura touché un malade , il aura soin de se laver les mains dan§ la solution de chlorure de chaux ; il pourra aussi faire quelques ablutions sur le visage et les autres parties du corps découvertes. En pareille circonstance, il est prudent de ne |)as avaler sa salive. , . :
L'hygiène privée se lip à une autre branche non moins importante; je yeux parler de rhygiène publique. Lorsque le roi mq fit rhonneur de me dem;ajader j^'îl y avait quelques moyens, de délournerrJe fléani je lui répondis que rassainissement et 1^ propreté étaient les deux grandes con-?
ditions nécessaires pour diminoerl^oii in-r tensité. Depuis, d utiles mesures ont été prises; mais itj'aut veiller à leur prompte
( 'os-y
Wecutibn avant que la maladie ne vienne* jeter là terreur et la confusion dans lesesprits.
Une des premières mesures que réclame - ^assainissement de Paris, c'est Téloignement du centre de la ville, de toutes les professions et de tous les arts insalubres ;: lësnourrisseursdebé^tails et les chiffonniers doivent être l'objet d'une surveillance spéciale; lès halles , les marchés et les voiries (i) méritent aussi une attention partîculière. La propreté des rues, le balayage dès-maisons, l'enlèvement des immondices, le curage des ruisseaux , des égouts , des^ canaux etdes bords de rivières, sont indispensables. Les ateliers doivent être visités * par les médecins du quartier , qui s'assureront par eux-mêmes s'ils ne manquent pas d'air. Ils doivent aussi porter leur examen sur le pavage des rues et des places publiques, sur les baquets pour uriner, et sur les bornes-fontaines. Si l'épidémie n'est pas
(i) L*odeur 4e la yoirie de Montfaucon est insupporla- Êle. Elle pourrait être préjudiciable.
(196), très-meiirtnèreynous ne croyons pas qu'if
convienne de fermer les églises, les caféset les spectacles. Ces mesures, en lès supposant bonnes ^ ont le grave inconvénient d'efirayer les habît^ms , et d oter aux uns* les consolations de la religion ^ et aux autres les plaisirs qui font perdre de vue la maladie. L exemple de Varsovie doit, dans^ ce cas comme dans beaucoup d'autres, nousservir de modèle. Dans les premiers mo-' mens de l'apparition du mal , on voulut re^ courir à ces diverses précautions ; plusieursr de nos confrères se joignirent à nous pour s'y opposer ; nous arrêtâmes seulement que les églises ne seraient point ouvertes de trop de bonne heure , et qu'on les ferme-^ rait avant la nuit. Les cafés continuèrent d'être fréquentés; celui de M. Chovot,.
dont nous avons parlé précédemment, était sans cesse rempli de monde ; les théâtres jouaient tous les jours ; les fêtes publiques n« furent point interrompues ; deux cérémonies majestueuses eurent lieu au jardin Krasincky et au palais de Saxe ; elles réunirent une foule immense ; la Fête-Dieu
( »'97 ) fat célébrée avec la pompe d'udâge, ef dans aucune de ces circonstances on ne remarqua que le nombre des malades devint plus considérable. Un pareil fait est sans doute bien rassurant ; toutefois , il est certaines précautions dont l'utilité ne saurait être contestée. Les directeurs de specta-^ clés multiplieront les moyens de ventilation ; ils pourront, pendant le cours des représentations , placer dans les différentes parties de la salle, un vase contenant de la solution de chlorure de chaux (i). Les
(i) Voici le procédé simple que conseille M. Pajen » pour se procurer une certaine quantité de cette solution : Ajezunyase en grès, une fontaine ordinaire, un grand pot à beurre ou une jarre à Thnile , de la contenance de deux seaux (environ vingt-quatre litres), pour un grand appartement et une maison nombreuse , et de moitié de cette capacité pour un plus petit ménage; prenez deux livres de chlorure de chaude en poudre pour les grandes fontaines , et une livre pour les plus petites ; délayez-les en bouillie , avec une égale quantité d'eau , à l{aidc d'un morceau de bois , puis achevez de remplir la fontaine d'eau jusqu'à un pouce du bord^ Vous aurez alors la solution de chlorure, de chaux , qui vous servira à Tassainissement de votre maison. Avant de remployer, attendez que le dépôt soit formé et Teau claire. Ou pui-
propriétaires de cafés, d'estaminets, ée tabagies, useront des mêmes moyens. La^ maladie exerçant surtout ses ravages pen-* dant l'été, les babitans des villes , aulieif
sera axec une tasse Feau chlorurée , quand on en aura^ besoin , k moins qn*oa n'ait fait placer au quart de la hauteur au-dessus du fond , et par conséquent du dépôtr une canule en hois par où on pourra Tairoir sans étrr trouble. On mettra dans les chambres habitées , et par* iiculièrement dans la chambre à coucher , une ou deuxassiettes planes de la solution de chlorure , que Ton changera tous les deux jours. On fera des a^ersîon#joumalières a^ec un ou deux Terres de cette solution » sur les points où quelque mautaise odeur annonce la' fermentation des matières organiques;- on pourra y laisser une asnette de cette solution.-
Chaque individu parviendra facilement à s^environuer d*une émanation continuelle de chlore : i** en trempant une fois en vingt-quatre heures , dans la solution , Utt^ linge que Ton exprimera fortement, et que l'on enveloppera dans une cravate ou fichu porté au cou ; 2* en^ se lavant les mûus dans la solution , etf les laissant sécher après les avoir essuyées légèrement.
Un moyen facile de répandre une plus grande quantité de chlore dans un endroit que Ton veut assainir' promptement , consiste à tremper de vieux linges dansla solution , et k les étendre sur une corde dans cet endroit.
La solution de chforure , susceptible d'enlever des tache^ d'un grand nombre de matières colorantes , peut ^
( 199 ) ^e s^cD tasser dans des endroits fermés et
étroits 5 choisiront, pour but de leurs pro*
meoades , les lieux élevés où les bals et les
^afés sont en plein air. A Paris , les envi*
rons de Montmartre seraient trèsrCodVena-
Jbles. Beaucoup d autres endroits peuvçnt
IjfBT cette raison, déteindre certaines étoffes ; H sera bien ^éyîtei'd'en répandre dessus.
I^orsque toute la solution claire sera éptrîsée, on remplira d eau la Ibntaine, en délayant le dépôt ; puis on iaiyBsera de nouveau déposer pendant deax ou trois heu" Tes; alors on soutirera toute la solution claire dans un «m- dieux seaux ; on jettera toitt le dépôt on marc resté 4(|p.]a fontaine , puis on remettra dans celie-d la même H{uantilé de chlorure neuf que la première fois , que l'on déliera de même» si ce nest quaulieu cTeau pure, •ctfletoptc^&ra feau soutîréef du dépôt.
iiii! dépense à% ce moyea d'assainissement ed; trèsiDinime:,un kilogramme de chlorure dp chaux en pou- -dre , de très-bonne qualité , se vend euTiron 2 fr. chez fodA'léS'phirmadenS; cette quantité suffît dans un méiiagr-Biayen, pour remplir deux fois la fobtaine de chlo- Vure, et^onne chaque fois environ douze litres ou soixauie-douze verres de solution , dont trois seulenient peuvent être employés par jotir; chaque soluiion durera 4I0110 k peu près f ingt-quatre jours* La dépense , par «ouséqaent^ ne&«]:a que de 1 fr. 26 cent, par mois.
( Journal de chimie pudicale, )
également réunir les mêmes avantage Les perscHines religieuses qui fréquentent les églises , éviteront , autant que possible, d y aller à jeun ; elles devront se garantir de rhumidité des pieds, et auront soin surtout de n'y pas Tester trop long-temps.
Dans le easdlnhumations, les parens seuls devront être admis dans l'enceinte de l'église. L^enterrement se fera sans appareil et sans bruit.
Les eaux ont une grande influence sut leconomie animale* Nous avons souvent vu coïncider l'apparition du choléra avec Tingestion des boissons bourbe'uses, tnylpropres; on remédierait facilement à cet inconvénient, en multipliant le nombre des fontaines^ et principalement des' bcfr* nes-foiitaine& ]\fais , parmi les causes qu'on peut considérer comme donnant beâu<coup d eitension au choléra, nous met* trons en première ligne la misère; on pourrait diminuer son action , en augmeiaitantle nombre de ses domestiques. C'est dans de pareils momens que tous les cœurs généreux doivent se réunir pour
iSôûlagér tés infortunés. En diminuatit leur )tommé de maux, lé riche diminue pour lui les chances dt la maladie. L'hamanité bien «Étendue est le contrepoison ^u fléau.
Il est une classe de la société dont la santé est d'un haut intérêt pour le pays > parce qu'elle est chargée d'assurer sa tran-quillité au-^dedans, et de le faire respecter «u-dehors ; j'ai nommé l'armée. Lorsque le choléra éclata dans Posen« on fit éloigner de suite la division qui l'occupait, et on la dirigea vers des lieux qui n'étaient point infectés. La portion de la divisioa Hybinsky , qui était campée sur une colline , fut épargnée ^ tandis que celle qui était placée au bas eut un assez grand nombre de malades. La même remarque a été faite aux Indes-Orientales. Les soldats polonais , attaqués par le choléra , furent principalement ceux qui campaient dans des endroits bas , humides et marécageux , qui se nourrissaient mal , mangeaient des viandes de porc salées , buvaient des eaux bourbeuses, et avaient beaucoup souffert du froid, du chaud, de l'humidité et delà
( dDS }
pluie. AModlin, Içs militaires étaient \ô^ 4aP3 le yoi3iQage de cloaques; ou leur dijstpibaa U viande pour quatre jours ^ à une époque où les chaleurs étaient extrè^ mes; presque i^ussi tôt le choléra se mabi* festa parmi eux, et fit un assex grand uombre de yietimes* Le général LubiensU purgea sa brigade de malades , en le^ ùi^ saut placer dans de boEuaies baraques^ soigner dès ie début du mal , et en se n^^n^ traut trèfi^sévère sur la qualité des vivres* Pour conserver la santé des soldats» ii faudra les loger dans des <2a&erneS; vastes , sèches y bien exposées et très-propremenfe tenues ; si la makdie sévissait avec fureur dans une ville , il faudrait les en éloigaer, et les faire camper dans un endroit sec»
^leTé, où l'ont construirait des baraques bien couvertesL Je n'insiste point, sur la qualité des alîmehs, sur la propreté des vêtement y du linge , des lits et des ohaa>brefi : l'administration de Ja guerre a fait, sous ce rapport » d'immenses progrès chez nou& Dans le cas où l'épidémie se déclaré'^ vait en France » il conviendrait de recom-
mander aui soldats de ne pas s'exposer aorefroidissement , de ne point se déshabiller lé s6ir à l'aif, de ne pas boire 4^eaa froide a^fès s'être éebauffés , sui^tout de l'eau bourbeuse et stagnante. L'usage de la cein* tore de flanelle, si général dans l'arméepolonaise ) devrait être également adopté^ par te ministre de la:^4guerre<
Jusqu'ici nous n'avons parié (fait des me^ soresà prendre pourconserverla santé ; oc^ eupons-nous mainten&nftdei^Mcoin» à donner aux jcbolérique».:
A Yariom ott ai«ît altacbé à^ oha«pi«^ quartier,, nn médecin dont les fonctions étaient de soigner les individus a£fectés^ s'iis le désiraient , ou de ies diriger vers les b^taux ,s^ils étaient indigen&w Dans cha"** que arrondUssement on ev^it établi un<lépôt de bri^oài^ et 4e civières , pour le trans^ port des malades. Les habitans , et eurtout lespYopriétâfifeii et les principaux locataires^ étaient invités à prévènirsur J e-cbamp leurs commissaires re»pectifs^de toutce qui atait tappott à la maladie. Les urémies mesures seraient adoptées dans notre pays > mais i)
faudrait que les secours fussent administrés plus promptement qu'à YarsoTÎe , parce que les malades nous éuient presque toivjours envoyés le second jour de raffection^ et quelquefois même expirans. Sur quatrevingt-sept malades entrés dans un hôpital ^ vingt-quatre sont arrivés mourans. La création des médecins de quartier ayant été jugée insuffisante j le gouverneur K.rucko«wiecki demanda que chaque médecin écri»
vît son nom et sa profession sur le devant de sa porte. L'académie royale de médecine a partagé cette manière de voir^ que nous eussions blâmée dans toute autre eircons^ tance. ^
Les hôpitaux ou les salles destinées aux cholériques ( car il est impossible d'établir un hôpital pour chaque quartier) devront être encore plus spécialement surveillés que les autres établissémens publics. Ils seront vastes^ bien aérés et tenus avec une extrême propreté ; ]es malades seront placés à uuo certaine distance les uns des autres; pn enlèvera avec le plus grand soin toutes les déjections ; matin et soir on fera dejs furni*
( id5 ) gatioBS ; on pourrait aussi avoir reccyni^s atv moyen proposé par M. Payen, et dont nous avons parlé à la page 197. Les individus qui succomberont seront presqu'aussitdt enlevés, arrosés d'eau chlorurée, et enterrés dans un espace de temps plus court que ceux qui meurent de maladies ordinafres.
2Vous pensons que dans ce cas les fosses doivent être profondes et placées dans un «ndroit écarté du cimetière. Les lits , les efiPetSy le linge et les chambres des morts ^t des individus guéris , seront soumis aux purifications d'usage. L'ouverture des corps pouvant fournir d'utiles renseignemens à la loiédecine, l'autorité ne doit point s'opposer à ce genre de recherches; mais il est ce-», pendant certaines règles qu'il est utile -d'observer dans l'intérêt de la santé publi- . ijae. Les amphithéâtres de dissection seront ^li&blis hors de l'enceinte des villes, dans l^ndroit le plus élevé possible ; ils seront pourvus de solution de chlorure de chaux, ^'on peut se procurer à très-bon compte , d après le procédé indiqué par M. Payen.
Dès qu'une ouverture sera terminée , le
médeckk se lavera les mains dans la solution de cliior^ , fera nettoyer les instrumens , et <»rdonnêraqâ%n enlè?ecEe suite le c(n*ps» en ayant soin deèe faire arroser avec la liqueur. Les autopsies seront faites dix eu dbuz^ heures après fa mort. £a Prasse , les médie* GÎn^ des lazarets- sont revêtus d'une blousia de toile eirëe •t à Milan ^ les médecins qm sont chakigés au grand hôpital , des salles de maladies contagieuses , et surtout de la division des fièvres péléchiales ^ prennent une blouse de toile pendant leur visFte , et se lavent les mains dans l'eau chlorurée;
Les eofisidéraltons dans lesquelles nous^ venons d'enïrer, quelqu'é tendues qu'elles soient, pourraient encore donner Kea à de nombreux commentaires; mais telles quelles sont , leur connaissance «era d'au*tant plus utile à nos aômpatrk>tesy que tout ce quenmis venons de dire est le résultat <fe nos observations et de notre expérience^ Puissions-*nous réussir à les préserver dur maison du moins à diminuer son intensité l ce serait là plus douce récompense -de bo* travaux.
TAAITEMENT.
Vnb des granaes illusions de l'espèce hu* viaine, a été de chercher dans tous les temps des panacées contre les maladies; de là le charlatanisme et se^ spécifiques merveilleux; en ce moment, l'Europe entière n'est plus qu'une vaste affiche où l'on annonce «n lettres colossales les recettes admirables ^i doivent préserver du choléra. Là, c'est la ceinture, ici c'est l'élixir, partout ce sont des titres mensongers qui démontrent jusqu'à l'évidence que Ce siècle , qui se croit celui des lumières , est au moins celui des fripons. Nous aurions mauvaise grâce à nous élever contre cette disposition des esprits, laissons donc acheter cette foule de préservatifs qu'on débite si aiidacieusement; les dupes apprendront plus tard, à leurs dépens, ce qull en coûte pour se fier aux trompeurs. Mais si nous ne pouvons
nous opposer à cette tendance de la multi* tude^ nous atons des devoirs à re^plii^ envers la portion éclairée de la société ; notre tâche sera facile, la vérité va nous servir de guide.
En lisant dans les ouvrages de statistique qui ont été publiés sur le cnoléra'^morbus, que depuis 1817, quarante millions d'hom«^ mes ont été victimes de ce fléau. Je décou* rageme^t s'empare de l'âme* Gomment combattre un mal aussi affreux P quels moyens assez puissans pour triompher de sa violence? En face du péril ^ conservons notre énergie , et voyons d'abord quels sont les élémens de cette effrayante, mortalité*' De quelque côté que nous jetions nos re^ gards , nous n'apercevons que des popula-^ tions esclaves , malheureuses , affaiblies par toutes les privations, par des excès, par cette longue liste de causes débilitantes que jkpus avons déjà signalées, et surtout démo^ ralisées par une frayeur terrible dont il est? difficile de se faire une idée. I>es derniers; rangs de la société .cette peur a gagné les.
classes les plus élevées; à; notre retour noua»
^vçns trouvé toute TÂIIemagne dans un« consternatron qui tenait de la stupeur: partout le mot choléra retentissait d'une manière, lamentable, c'était le cri d'une terreur .générale. Nous pourrions citer des villes oCl plusieurs individus étaient devenus fous par la crainte du choléra , et déjà même en France nous avons de semblables résultats à déplorer>. Ainsi donc des millions de mal- Jbçureux qui ont à peine un morceau ile tpain, des gens riches tremblaiis de frayeur^ des foyers d'infection en tous lieux , voilà ^n dernière analyse les matériaux qui donnent au choléra sa prodigieuse activité. La mortalité des premiers jours, si considérable dans les villes, est encore un45 preuve con- VS^ncaàte (Je notr^ opinion; de quoi se compose-t-elle , en effet ? des individus qui présentent^ un côté vulnérable, de ceux que l'effroi 51 privés de toute force morale. Mais lorsque ces victimes ont succombé, on voit tout-à-coup le nombre dçs morts diminuer . dans une proportion étonnante, parce qu'on -3e familiarise^avec l'idée du danger^ il augi^eato de nouveau lorsque quelqu'événe-
( «lo )
nienl imprévu épouvante lespopulations, dïl leur inspire des craintes exagérées.
€ette influence de là peur a été bien sensible à Varsovie : toutes leis fois q[ue quelque bruit sinistre, que quelque mesure préventive , maladroite , est venue frapper 1 esprit du peuple, la mortalité était plifs grande. Le choléra, qui avadft moissonné les Pc^onars par centaines à son apparifioQ, avait cessé tellement ses ravages pendant le mois de mai , que tout le monde se flattait de Tespérancè de le voir bientôt terminé* Le là'j, on reçoit la nouvelle des grandes perles qu'a coûtées la victoire d'Ostrolenka; chaque famiHe a quelque membre à regretter ; à l'instant mêm^ le nombre des malades et dés mourans augmente d'une manière remarquable ; le 26 et le 27 , il n*était entré dans les hôpitaux que vingt et une personnes, dont quatre seulement avait péri; du 2S au 29, trente-neuf malades sont reçus dans les établissémens publics, dix-sept meurent; du 3o au 3i on en admet quarante-six, et la proportion va toujours ea croissant. A cette époque quelques per-
(un Y .
miesdé la classe aisée furent égalêmcâb.
aitlaquées du cbolëra. (^Voir. les états 6,
Yoici: donc des détails qui jqslirvent la^ xnédeciae du reproche d msufiLsauce qu'on , \ù\ a adressé; nous allons maintenant exa^.
^^niner l'action dé ses agens, et plus d'une £>is,QOiispoupronsnou8 convaincre que ses^ sessQurees sont souvcûjb puissantes pour ^rrèt^He mal qui désole l'Europe.
Lorsque le ctiolér^a-morbus se montra- |MMir la première fois à Yarsovie , il y eut ime grande hésitation parmi les médecins du p^ys et dans le comité supérieur de.
^nté , BOBr*$eulepieqt sur la nature du mal, niais sur les Kemè4es qui devaient servir à le combattre, i^ussile traitement.n'a-t-il eu ri^4e déterminé; il. a varié suivant tes opinions médicales , je dii^is même suivant )l^ nation des .praticiens. Dans le principe , on ne put que recommander la pratique des Anglais dans l'Inde ; presque tous les> premiers malad^ éuif^nt saignés dés le début, s'ils étaient forts et vigoureux ; le doigt sur l'artère on mesurait l'effet de la sai-
gnée , et le sang était arrêté dés que le poof^ fléchissait trdp fortement (i). Le caloméF venait ensuite ; on en administrait toutes les deux heures des pilules de deux à quatre grains, rarement plus, auxquelles était joint un quart , un demi-grain ou un grain d'opium. Quelques praticiens suppléafetit à cette médication par quinze à vingt gouttes de laudanum , qu'ils donnaient sur un morceau de sucre ; en même temps , et de quart-d'heure en quart-d'heure , ou de demi-heure en demi-heure, les malades buvaient une infusion théiforme de fleurs de mélisse et de feuilles de menthe très-chaude, et l'on employait tous les moyens propres à rappeler la chaleur aux membres , et à rétablir la circulation interrompue à l'Atérreur. On se servait pour cela de sî-^ napismes promenés sur les pieds, les jambes^ les cuisses, le ventre , i'épîgastre ; de
(i) A cette période de la maladie, la saignée tend à rétablir l'équilibre de la circulation , qui abandonne 1» périphérie , pour se concentrer vers les organes internes ;; «Ile agit à la maiûère des anti-spasmodiques diffusiblesR.
(SIS) iirictions pratiquées sur tout le coips aree^ 4es flanelles imbibées d'eau-de-vie cam-^ phrëe ou d'autres spiritueux; de flanelles , de bouteilles et de briques très-chaudes.
Lorsque ces moyens n'arrivaient pas au Tésultat voulu , on plongeait le malade dans un bain d^eau tiède , et quelquefois on parvenait ainsi à faire cesser le froid glacial du corps; la circulation se rétablissait ^ et le sang, qui ne sortait pas de la veine étant ouverte , recommençait à couler. Les bains de vapeurs aromatiques ont été employés avec succès.
Telle est la méthode du traitement qui , sauf quelques modifications, a été suivie par nous et nos confrères au début de l'épidémie; mais bientôt nous nous aperçûmes que la saignée n'était plus aussi efficace, à cause du changement qui s'opéra dans le caractère de la maladie , et l'on en borna l'emploi ; elle ne fut pratiquée que chez les gens très-forts et très-vigoureux , et chez les malades qui présentaient des signes d'une trop forte réaction. Une autre Bu>'dification fut également apportée par
quelques praticiens ; attribuant la loqgu^c de la caoYalesGence à Templôi du calomel et de ropium, ils lui substituèrent l'ammonyique lifuide à la dose d^une goutte toutes les beqres pour les enfans , et de quatre , cinq et six gouttes pour les adul»
tes , prises dans une cuillerée d*eau. Cette méthode , qui compta des suQcès à Opatov»
n'eut pas ailleurs un résultat tranché , el cependant nous lui ayons tu quelquefÎMS arrêter les VQmissemens et les déjections alvines. C'est seulement lorsque lesr doses d'ammoniaque avaient produit cet effet ^ qu'elles étaient diminuées de moitié environ^ et que l'on faisait avaler au malade^ un verre d eau chaude toutes les demir heures ; au sixième verre , l'on ajoutait quatre ou six gouttes de laudanum^ et l'on s'arrêtait là. Dans ce traitement on n'avait point recours à la saignée. Certains méde* cins ayant à traiter des choléra peu intenses, se contentaient d'administrer à, leurs malades de l'eau chaude , la potion de- Rivière et la teinture aqueuse de rhubarbe ;^ quand lés vomissemens avaient cessé etqut^
la langue était jaane et chargée ^ ils prescris paient 3 j d'ipécacuanha , et les secousses qii^l déterminait n'étaient pas sans avantage* S'il n'y avait que des nausées sans vomissement , un sinapisme sur lepigastre^ et l'usage intérieur du laudanum à la dose dé quinze à vingt gouttes , suffisaient pour leis faire cesser. Dans certains cas désespét<és , nous avons vu employer l'extrait ou la jpoudire de noix vomique; mais nous ne liarlerons pas de to«s les essais faits sous nés yeux , nous n'en finirions pas : nous ne Voulons mentionner ici que les traitemëns qui ont compté quelques succès in« contestables.
Voilà quelle a été la thérapeutique du ehdlëra-morbus jusqu'à la seconde appal4^oh de cette maladie , qui eut lieu après ;]a bataille d'Ostrolenka ^ à la fin de mai.
ii'ébranlement moral que détermina cette désastreuse affaire , imprima au choléra une marche plus rapidement funeste. Dans icetle seconde époque , il n'était pas rare de voir manquer les vomissemens et les déjections alvines. Les malades prenaient
>in6 teinte noirâtre , se couvraient d'an^ 4ueur froide coHiquative ; et, en trois ou quatre heures , la mort arrivait malgré les secours les pkis prompts. L'inutilité des moyens employés; fit douter de l'effi^ cacité de la méthode 'anglaise dont on s'était bien trouvé , et il y eut un moment d'anarchie , chacun prescrivant qe qui li4 passait par la tête. On oubliait quQ led.^* démies ont des accès de fureur que riesi ne saurait arrêter. Dans les essais nombreux de médicamens qui ont été tentés dans cette période , le magistère de bismuth parut d'abord réunir tous les su^ar ges. Moi-même, je crus quelqijfe temps à son efficacité , et, dans une lettre écrite de Yarsovie à M. Esquirol , et insérée dans les Annales d'hygiène, du mois de juillet dernier, j'annonçais que le docteur Léo,, tjui a le premier administré ce m^ dicament, en, avait retiré des avantages incontestables,. surtout lorsque la mals^4i^ était récente. Malheureusement les succès qu'il avait d'abord oblien us ne se sputmrcnt point; plusieurs personnes traitées
gpiâk)r t^ ihojrèn forent atteintes de violentes iiftfliarinâiàtions du tube digestif ^ et Ton Jkrt foW5é 4'ett restreindre l'usage aux cas ^cWi te syirtèiilé tièrVëui paraissait exclu- ^flÉlvemenlt affectié* Voici, au reste, le trai- "CMiviit 4ein{>Ioyé pat ce médecin : toutes Ifed ^èux ou trois heures , sél^n l'ur- -^èâèe , il fiàîl prètidtè trois grains de sous- Ailfiitè dt hiitbuïh , combinés avec dix ^^tèiM de svLctè ; il donne pour boisson oMMs légère infusion de mélisse ; lorsque les :^Ài<meé sOiit très-violens , il fait faire deux <nï trois fois paf jour des frictioiis avec un âiéhngts d'une once de la liqueur d'ammoiiiâ^uè eàûstique et de six onces d'esprit d^aùgëliqûe ( spiritas angelicœ compotitUz ; JûUrdati). On doit continuer ce moyen fb^u'à ce que tes urines aient repris leur iôài*sî si la langue est chargée, il unit le bismtitb avec trois grains de rhubarbe torréfiée. Il recommande des émissions sanguifk^s de sii à huit onces, ou une application de active à seize ^attgsttes aut personnes jétines étâàilguines, qui seplaignentdé douleurs êicessives danr te ct^ux de Testomac*
. Un médecin anglais, M. le doclear Searle , qui a pratiqué long-temjps dans rinde , et qui a consigné , dans un fart bon ouvrage sur le choléra -morbus, le fruit de son expérience dans ce pays, a préconisé à Varsovie l'usage de l'hydro^ chlorate de soude (sel commun), et nous devons dire que nous le lui avons vu employer avec quelques succès isolés , qui ne prouvent d'ailleurs rien pour la bonté do cette méthode* Huit individus affectés du choléra furent traités par lui de cette naanière , à l'hôpital de Bagatelle ; chez les trois premiers, le sel marin agit comoGue émétique , et ils ne parurent pas en retirer ua.effel désavantageux ; le reste du traitement fut dirigé d'après les prinpipes généraux : chez les cinq autres , l'^iydrochlo-*
rate de soude fut le «eul médicament employé; deux^ie ces malades étaient grave-* ment atteints et dans un collapsiis prcrfbndi M. Searle leur fit aussi administrer,, daQS Le but de provoquer le vomis3ejïiçnt , une forte cuillerée de sel ^^ssqiis^ dans un verre d'eau tiède; cet effet ne. 5e jfit point .^tten-
idrecbez trois, mais le quatrième ne vo- ' missant pas, on répéta qiierques minutes après la même quantité de sel , qui opéra iloFS selon les désirs du médecin. Lorsque Faction vomitive du sel a cessé , ou même pendant lès vomissemens, M. Searlé fait pratiquer des frictions sèches sur- toutes fes parties du corps avec des flanelles chaudes, et, deux heures après la cessation des vomissemens, il' prescrit, toutes ^es deux heures , une cuillerée de sel' dissous dans de l'eau froide, et, immédiatement «près, il fait avaler deux ou trois cuillerées de salep clair; par ce moyen, il obtient quelques déjections alvines de meilleure nature. Les dbses de sel sont élbîgnées à mesure que lé pouls se relève et que ht ebaleur de la peau revient. Sur lés huit personnes traitées par Thydrochlorate dé soude , six ont recouvré la santé, et deux sont mortes. La saignée a été pratiquée chez trois de ces malades, mais pour des épiphénomènes indépendans du choléra ; *te premier était une femme dont l'état pléthorique tenait à un« grossesse avancée ;,
te second malade se plaignait dW p^ifftt de côté et d'une gêAe ex^tr^me d^ b. ^spjir ration ; le troisième avait un^ graiM^a. q^ pression et quelques sytaptomes^ cér^b^iTàmE avec somnolence. Cette méthpd^ de te^ tement a été employée à Saint*Pét^B$r bourg par deux médecins allemands^ TUfHL Isenbeck etBrailow. Us donnent à la. f<^v dans six onces, d'eau chaude, deu4 ci^îllc^ rées de sel de table ordinaire et une c^ir lerée du même mélange froid , chacune des deux betires suivantes. Us commidftr cent toujours par la saignée. Ces médeoip^ prétendent avoir traité trente malades pai" cette méthode, et n'en avoir perdu aiippa] M. Searle a pratiqué Taoupuncture^ d^ cœur, sans résultat appréciable^
Si maintenant on nous demande quel, est le fond de notre pensée sur 1^ traitemeoit qui coi^ vient au choléra;«>morbus ^ nou^ré^ pondrons qu'il, n'en est pas d'applicable à tous les cas; que nous n'avons pas vu de médicament ayant une action ^écifiquf!
sur la cause inconnue de la maladie. P'ftil^ leurs l'intensité du mal a été subordpQaée f
il Varsovie , aux cbangeoaienâ brus(]^8 dis la température et aun grandes causes mora^ les qtii ont agi sur l'esprit dti peuple. Âiosi, ftprès la bataille d'Ostrolenka, comme nous l'avons déjà dit , la maladie prit une gravité extraordinaire^ et sa terminaiison fiit encor«f plus l}âti vement funeste, tl en fut de mêm<! dans le courant du mois de juin^ lorsqu'un Vent froid y joint à des pluies abondantes et à des orages ^ vint tout-à-coup- succéder à une température assez élevée. Sous l'iurfluence de ces variations brusques de l'atmosphère, quLse sontrenottvelées plusieurs fois pendant notre séjour à Varsovie, lis choléra s'ei^t montré avec plus d'intensité et a fait un plus grand nombre de victimes»
Dans ces cas divers, les moyens curatifs qui avaient auparavant quelque succès, res* taient sans aucune efficacité sur la marche des acoidèns»
< Cependant, au milieu de Tappareil des symptômes, il eu est qui dominent en quelque sorte tous les autres; ce sont ceux qui attestent la concentration extraordinaire qui s'opère vers le centre nerveux de la
( tttft )
?!e organique^ et les organe» digestifs qnî nous ont sourent ofifert les traces d'une vé^ litable inflammation. Circulation , inner?a«tion , tout est suspendu à b périphérie :
c'est à les rétablir , comme aussi à éteindre l'orgasme de l'estomac et du canal intestinal , que doit tendre la thérapeutique la mieux entendue.
Les moyens sont très-variés pour arrifer à ce résultat : aussi les médecins qui aiment à avoir l'air de faire quelque chose de différent de leurs confrères, tout en remplis* sant les mêmes indications^^ ont-ils eu ici un large champ et un nombre prodigieM de suocédanés à exploiter; saignée, sangsues 9 boissons chaudes , excitans aromatiques, huiles essentielles , frictions sèches, frictions aromatiques, bains de toute espèce^ moxas , Tésicatoires , eau bouillante , sinapismes, caïmans variés, tout a été expérimenté !
Pour nous , voici, parmi la série de cea moyens, ceux que nous emploierions de préférence dans le cas où le choléra-morbus viendrait à atteindre. quelque membre. de
^otre famille ou toute autre personiie ^confiée à nos soins. Si la maladie était bénigne, et que nous aperçussions dans le principe les signes d'une congestion inflammatoire de l'estomac, nous commencerions par faire appliquer des irentouses scarifiées ou un bon nombre de sangsues à lestomac, et même par une saignée, isi le sujet étaitfort; ensuite nous nous bornerions à faire prendre des boissons chaudes , adoucissantes ou aromatiques , : suivant les cas ; elles consisteraient en une tasse de décoction de idx , d'orge , ou d'infusion bien chaude de Jeùîlles. de menthe poivrée , de mélisse, et mieux encore , de thé, tous les quartsd'heure ou toutes les demi-4ieures ; l'action de ces boissons serait augmentée par trois ou quatre gouttes d'ammoniaque liquidas administrées dans une tasse d'infuaion toutes les trois heures, et par des frictions sur ia région précordiale, sur les bras^ sur les jambes et les cuisses, avec des flanelles imbibées d'alcoolat de lavande ou de romarin. Nous recouvririons en même temps les pieds ^ les mains et le ventre
dt sinapistnes Saits «¥€C ^e Teati ^ et nous eu augmenterions encore ^ s'H était besoin y r<éziei^ , en ixictionnaiit ces parti«s , avant de les appli<tcier ^ avec de Tirasence de térébentMne. Si les vomissemeas persistaient , ou biei^ que k concentration nenreuse ne diminuât point , j'userais de la mëtfaode en-* dermique ; et^ après a?oir enlevé l'épiderme avec la pommade ammoniacale , j'applique^fais de un à deux grains d'acétate de âior-* phine^ suivant la gravité de la maladie ; outre Faction calmante , ce médicament jouit de plus d'une vertu diaphorétique prononcée^ très-précieuse dans ce cas. Nous donnerions en même temps à l'intérieur dix à quinze gouttes de laudanum de Rousseau sur un morceau de sucre, ou bien un demi-graiti ou un grain d'ojHum, associé au camphre, à Féther, àVammoniaque ; les lavemens amylacés et opiacés seraient administrés pont calmer le spasme intestinal; et plus tard y lorsque les phénomènes nerveux auraient diminué , six à huit grains de calomel pris par pilules de deux grains , de deux heures en deux heures, en évacuant les matières
xopdeimes dans le canal intestinal ^ asisure* raient la conYalescence, comme nous Tavons TU plusieurs fois. Ainsi , comme base «de traitement, tout ce qui peut porter l'énergie vitale au dehors, calmer les acci- ^ens nerveux et diminuer la congestion inflammatoire de l'estomac et du canal in-^ teKitioal : sangsues , saignées , opiacés , diaphorétiques, frictions et irritans externes; le pioyen recommandé à Moscou de pla-* «cer le malade dans un sac de balles d'à- Toine échauffé , nous parait un adjuvant précieux»
Mais si le choléra revêtait ces caractères graves que nous lui avons vus si souvent, il faudrait ajouter à ce traitement quelques moyens plus énergiques. Celui auquel j'accorderais la préférence serait Tépithème sur le ventre, dont M. le docteur Ranque a donné la formule , et qu'il a souvent employé avec succès (i). Je ne doute pas que
(i) M. Ranqoe • dans son mëmoire , établit trois fordt choléra sporadiqne; la nétralgiq[iiey lanérro' «dynamique et la névrb-plilegmasiqae. Chez douze ma*
( «6 } sî je l'eusse connn lorsque j'étais en Polo^ gne, je ne m'en fusse servi avec bonheur dans plusieurs circonstances, car je reconi" mandais expressément l'application Ûe si«
^MrfM^ilri^Mte
lades présentant les symptômes du premier groupe i Te traitement suivant a en les pins heureux résaltatr: éiûrplâtre decigùe , un gros et demi ; soufre en poudre , 'im demi-gros ; faites du tout une masse bien mélangée^ couTrez-en une peau ou une toUe assez grande pour couvrir la totalité du ventre, depuis Tépigastre incIusÎTemeift jusqu'au pubis ; sfiupoudtez ensuite avec le mélange «ai'' vaut : tartre stibic , un gros et demi ; camphre en poodre^^ un gros; fleur de soufre, un demi-gros; appliquez cet épithème sur le ventre , et retenéz-le au moyen d'uil bandage de corps : en même temps faites «ur Tintéiçleur dos cuisses, des Jambes et sur k partie lombaire du riachis, des frictions que vous renouvellerez six ou huit foîft dans le jour, avec une cuillerée du liniment snrrààtt eau de laurier cerise , deux Onces ; éther sulfuriqne , une once ; extrait de belladone , deux scrupules.
Dans Ye choléra névralgique, devenu adynamique, il hnt recouvrir le ventre avec Fépithème fortemeitt 8B0« poudré ; mais au lieu de liniment sédatif, il faiut employer le liniment suivant, qui est stimulant et tonique :. huile de camomille , deux parties ; teinture éthérée de 'kina. jaune , une partie ; il faut de plus donner py cuilleanée * d'heure en heure , un mélange de deux tiers cle vin d*Ali- 'cante et d un tiers d'eau d'orge. Si la maladie prend 'Ou caractère rémittent ou intermittent, Ton ajouteira' u^ demi-gros de sulfate de quinine par deux onc^ de Uni*
( "7 ) naipismes sar Tépigastre et sur le< ventre; c'est, en- effet, sur les tégumens de oe^ parties qu'il est le plus avantiageux de porter Jft révulsion ; et quel moyen plus actif dobitenir ce résultat, que répithème saupour dré de M. Ranque , qui , dans quelques heures, détermine la formation de gros boutons SUT toute la surface où il a été appliqué? Les frictions que recommande ce ipédecin à' l'intérieur des caisses, me par missent aussi bien indiquées ; ce serait de même le cas de donner Téther , ou bien le laudanum. associé à l^alcoolat de menthe, une partie du premier sur deux parties d\^ second, selon la méthode qu a fait coixnaitre
aient, et Ton en fera des frlclious de demi-heure en deuil- Ikeôre-, «ur la région du cœur , lintérieur dtes cuisses et êm jambes ,.et sur la.colonne épiuière...
; Dans le groupje névro-plUegnxasiquc , il faut coinmcur cer par les demi-bains , les sangsues sur Tabdomen , les I^emens adbncissnns , les topiques mucilagineux, et si loi phénomène» ckolériques persistent après la cessatiom clés symptômes inflammatoires , ou pourra en venir alors 2i Tépithème non saupoudré d'abord , puis saupoudré si Is premier )i' été ineffîcaèe , et employer enlîn lo linimcni •édalîi;.
Aotre excelleai eonfirère , M. iM^i^M-I^dk iise; on aurait aussi fecouns aax haHes^ essentielles et aromatiques , si radfynakBiier ëtait le symptôme dominant, et aux sai-* gnées , si le sujet était fort et pléthorique ,• et les symptômes de réaction trop énergiques.
Voilà quel serait ma ligne de conduite dans le choléra ; malheureusement je n'ap-' porte pas de panacée, quoique j'aie été loin pour obserrer la maladie ; mais ce que je conseille est basé sur l'observât ion de Tac^ tîon que j'ai vu produire à ces divers médicamens chez les cholériques : mes pré^ comptions peuvent donc avoir quelquepoids. Je dis présomptions , et c'est à des-' sein, car il n'est aucune médication quîatf^ dans la maladie dont nous parlons, une action spéciale , si ce n'est celle qui tende faire cesser la concentration interne et rétablir la transpiration ; et précisément it n'est point en thérapeutique de sudorifiqoe certain. On nous dit que l'huile de cajepiit jouit à un très-haut degré de la vertu dia^ phorétique : s'il en est ainsi ^ nous lui priK
( ««9 5 tùeitons de nombreux succès; mais notn$ n'osons pas j compter ( i ) •
Quelle que soit la méthode de traitement que Ton adopte , rappelons * nous que la Gonsiitution du choléra diffère sou?en€ dans la même épidémie ; que tel médîca-* ment qui avait d'abord obtenu des succès, perd tout-à-coup sa vertu et les propriétés qu'on lui attribuait , sous l'influence d'une commotiott morale ou d'une variation at-' moqphériqcié ; n'oublions pas également que , dans cette terrible maladie , il faut administrer les secours dès le début; sa marche est si rapide qu'au bout de quelques heures il est souvent trop tard. Aussi ne doit-on pas hésiter un seul instant à appeler le médecin, lorsque , dans une épidémie de choléra , on éprouve le plus léger malaise ^ de la faiblesse 5 des étourdissemens, une simple diarrhée; c'est une question de vie ou de mort (2).
(0 Une partie de cet irlicïe a été publiée dan» le Bulktin général de thérapeutique de M. Miguel.
(») Dès les premières atteintes du mal , et pendant
]^oii$ croyons ne pouvoir mient temihiér te chapitre, qu'en exposant brièvement les divers modes de traitement employés par Bos confrères de Pologne ; ils' pourront fournir de nouvelles indications, et montre^. Font surtout que la médecine combat sou<« vent avec avantage Taffreux fléau <}ui <désold le monder
M. JanikoWski, médecin de Thôpitarde la Bienfaisance , nous a présenté des états récapitulatifs desindividiis:qu'il a eus à tFjdH ter en ville et dans son hôpital ; . le tçhifire despremiers'a été de 20 personnes , celui des seconds de 46« Voici le traitea^ént Id plus généralement adopté par ce praticien recommandable : lorsque lès sujets étéieat pléthoriques , ou préseataient des sigàes évidens de congestion,, il faiisait praiiqùèf
qu^on ira chercher le médeciu, le patîeut boira cte quar-tfd'heure en quart-d'heure une tasse d'eau chaude sucrée rdans laquelle on mettra quelques gouttes d*eau de Co* logne« et il se fera frictionner sans interruption les jambesella plante des pieds avec une'bi^osse. H aura soin dé sor bien couvrir, pour dctexWner'une transpiratioii abon»^ danle.
'dès rimmiBence une saignée abondante; il donnait ensuite , toutes les trois heures^ le calomel à la dose de deux grains combinés avec un grain d'opium ; si les symptôuies devenaient moins intenses, il réduisait la dose à un grain de calomel et à un demi-grain d-opiura. Pendant les intervalles, le malade buvait tous les quarts-d'beure un verre d'eau chaude , ou une légère infusion de menthe. M. Janikowski faisait appliquer des sinapismes sur le creux de l'estomac 9 et frictionner les membres avec de la flanelle sèche ou de leau-de-vie camphrée. Ce médecin a fait la remarque qu^au boutde vingt-quatreheuresil s opérait presque constamment ungrandchangement dans la maladie , changement qui «n nécessitait un autre dans le traitement; le choléra diminuait d'intensité , ou bien il augmentait.
Dans le ^premier cas , les crampes et les vomissemens cessaient, la diarrhée seule persistait quelques jours ; la langue devenait «chargée, jaunâtre, sans être sèche. Clet état que M. Janikowski considère comme gaslri- <]ue^ était traité par la teinture aqueuse de
rbubarbe.^ Teau de menthe avec un sirop quelconque, les boissons mucilagineuses. Il a aussi observé que, dans quelques circonstances , lorsque Famélioration faisait peude progrès, la noixyomique à la dose d'un demi- ^rain dans une cuillerée à bouche d'une décoction émoUiente , administrée toutes les quatre heures, avait paru de quelqu'utilité* €hez d^autres individus, les symptômes augmentaient d'intensité, la langue devenait jsèche, sans être chargée, le ventre était balloné, sensible au toucher, le pouls accéléré^ la soif grande ; ces patiens ne vomissaient plus , n'avaient point d'évacuations alvines ou n'en avaient que de très-médiocres ; les facultés intellectuelles s'obscurcissaient, il y avait de la lenteur, un peu de stupeur. M. Janikowski traitait cesmalades parles antiphlogistiques, lesémoUiens, il cessait l'usage du calomel;mais quels qu'aient été lesmoyens qu'il a employés , il les a presque toujours vus succomber , tandis qu'au contraire ceux qui présentaient des symptômes gastriques recouvraientpresque constamment la santé.
Dans ce cas , les évacuations alvines pre-
t s3S ) tilueDt tfàbord une teînte verdâtre , jaunâ* tl^y j^is Taspect diine simple diarrhée , -iq(<ftpefttstàît quatre oa cinq jours ; le rëtàbVM^îuètit était aIoi% complet. Ce rhédeciù à'dëiïné ses soins à des individus chez lesquels la inaladie a entièrement cessé après •une saignée; le barbier qui servait d'aide à notre médecin, eut des prodromes du choléra avec diarrhée et sensibilité du Tènlre; nous lui i^ecommaïKl&ihes tme saigfaé« et des lavemens, le surlendemain il fépnt son service ; c'était un jeune honnne dé i5> ans 9 maigre, et dune constitution déMoàte. A Tapparition du 'choléra: dans liiâpit;^ de la Biefnfaisance, lé 26 avril, là fybpolatiôû, qui était d'environ boo persontté^f ent oonstÂtoment chaque jour deux , tr^^ cinq, six malades jusqu'au 5 mai; «élfpuii^ cirtte époque personne n'a été at^ téiflt^èas^ld maison. Sur quarante-six in-^ ^ttviétt^ qui ont présenté des /symptômes de ré|yidémie régiaante , vingt-six ont guéri <rt- Viir^ sont mmls ; la mortalité a eu principâlélIfMt lieu parmi les vieillards dont éét 'établissement est en grande partie com«
posé. Six ettfans et deux soeurs-grises, qpi avaient ^ié attaqués par le mal , se soal promptemeot rétablis. Eu ville, JM* Janikowski a traité vingt personnes^ quatre sont mortes y et seize ont été guéries. Plusieurs cîaient très-gravement indisposées.
Pratique.de M. Kœhler.
Ce médecin , ^considérant la tendance du sang à se porter de la périphérie Ters le cœur et les gros vaisseaux , recommande souvent la saignée ; il a plus spécialeinenft employé lammoniaque. liquide; ij^ donne aux enfans une goutte de cette liqueurtoûtes les heures, dans une cuillerée d'eau ><et aux adiiltes, quatre, cinq, six gouttes dans le même véhicule ; à Taide de oe iBOj€a il arrête souvent les vomissemens et leë:év*ouations; lorsqu'il y a de Tainélioraiion^ il diminue .Accessivement les doses. J'ai r£^ marqué, dit M. Kœhler, que lorsque ^e cessais iout^à-coup l'ammoniaque, lesiévih cuations revenaient, les vomissemeasln'é* taient plus spontanés ^ mais reparaissaient
«près que les individu» avaient pris un« boisson tiède quelconque. Il prescrit leau chaude sans émission sanguine, lorsque le corps ; est très-froid ; au sixième verre , il ajoute quatre 9 cinq», six gouttes de laudanum , et successivement jusqu'à quinze.
Appelé en ville pour un * jeune homme de vingt ans, qui avait pris, toutes les deux heu" mSi trois grains de calomel et un grain 4'>opium,iMe trouva dans un état desomr jBolence ;. il lut administra une saturation fMte.avec 3 ij de sous*carbonate de potasse jet.S ij d'eau. distillée de menthe.; en qua^ lorze heures tous les] acddens se dissipe^ «ent, mais ils. furent remplacés par un fktyalisme qui dura quinze jours, et qui fut guéri, par trois bains sulfureux , la.maladia première ayant empêché de recourir aux dérivatifs» Le docteur Koehler a remarqué que, .dons les cas de choléra. légers , l'eau 4ibw^<S9 1^ potioa de rivière et la teinture aqueuse de rhubarbe ,. guérissaient trèsr> l^romptemeaL Le â5 mai il est entré dans L'hôpital dirigé par ce médecin, un enfant présentant les symptômes du.cholérs^> auxr
( »56) quels a succédé la plique , ce qoi semble* rak confirmer Topiaion du docteur Ifalcs ^ qui considère la pUque conune une crise des maladies.
pratique de M. Le Brtm.
Ce médecin a eu environ soixante ma^ lades à traiter, il en' a perdu à peu près la moitié. Ce résultat s'explique naturellement par lepoque avancée à laquelle se présentent les Balades ; beaucoup n'arrivent qu'au second et même au troisième degré de la maladie y c'est-à-dire ^ lorsque les chances de guérison sont les plus défavorables , sî même il y en a encore. Les états de mou-^ tement dans les hôpitaux ,■ adressés chaque jour à notre commission , ne laissent aucun doute à cet égard. M. Le Brun est du grand nombre des médecins qui sont persuadés que la saignée est indispensable.. Après l'émission sanguine, il donne l'eau trèschaude tous les quarts-d'heure, et à chaque quatrième ou cinquième verre, il fait ajou-* ter cinq ou six gouttes de laudahum^^; it s'est quelquefois bien trouvé de l'empldi
du camphre à la dose de six grains coiilP^ binësavec le calomel; ce moyen parvenait dans quelques cas à rappelei^ la chaleur et la transpiration ; dès que le dévoiement a cessé, il donne seulement la teinture de rhubarbe. En ville, r il a eu à traiter vingt personnes, cinq sont mortes, les autres ont guéri ; parmi ces individus , un était fort et vigoureux , et se portait bien la veille ; il sort de son lit en transpiration , met les pieds sur le pavé ; quelques heures après il est atteint du choléra ; en trois heures il était mort.
Pratique de M. Etwch.
Ce médecin recommandable a donné ses «oins à quarante-trois cholériques, dont cinq seulement se trouvaient dans les salles de son hôpital ; il n'a eu à déploter que la perte dé sept personnes; c'étaient presque tousdes vieillards; il faiipratîquer la saignée à la plupart de ses malades , prescrit le calomel à la dose de deux grains unis aVec im quart de grain d'opium, et donne ensuite une saturation ; quand le vomissement a ces-
àéysildi langue est jaune^ il administre le ca^ iomel avec la rhubarbe. Chaque heure le malade prend dix grains de rhubarbe ; il seconde l'action de ce médicament par des lavemens. Il regarde les i^inapismes comme très-propres à rechauffer les extrémités ; au début de la maladie , lorsqu'il n'existe en^ core que des nausées: sans vomissemens , il fait appliquer des sinapjsmes suf l'estomac^ et donne la teinture d'opium k U dose de quinze gouttes ^ ce moyen » suffi dans plur sieurs cas pour produire une guérison par^ faite. Ce médecin croit que fort souvent le refroidissement est la cause de là maladie ; il dit que le retour dfe îa chaleur n'est pas toujours un signe favorable , tandis que le changement de la physionomie ^ qui prend un air plus gai , la fin de l'anxiété et la proéminence des yeux qui étaient enfoncés, sont des signes d'un heureux augure. IL a également fait la remarqu^que les diarrhées bilieuses qui se montrent chaque année, après avoir duré trois à quatre jours, se transforment en choléra. Il les combat par la poudre de Dower et le laudanum k 1^
't«39) dose de dix à douze gouttes^ et dans le
plas grand nombre de cas , la maladie est
arrêtée^ et l'appétit revient presqu'ans-
sitôt
Pratique de M* Bernstein»
'Ce praticien est chargé de l'hôpital des ynifs; il a employé la saignée beaucoup plus rarement que ses autres iconfrères ; il admi- Btstve presqu'exclusivement l'eau chaude et le calomel; la mortalité dans son établissement a été d'un peu moins de la moitié.
Pratique de M* Jasinski, médecin de la police»
il a traité trente malades , il en a perdu dix et guéri vingt. Au commencement de Képidémie ^ il donnait trois grains de câlomcd et un grain d'opium , et pratiquait la saignée quand elle était indiquée; il faisait mettre des sangsues à Tépigastre sur l'en^ droit douloureux; la tisane dont il ^e sert erdinairement est l'infiision de valériane; mais iors de la seconde apparition de la maladie, ou si Ton aime mieux , à l'époque où elle reprit une nouvelle intensité, il
.^âopta la méthode du docteur Léo. Un homme âgé de 36 ans, mange une assez grande quantité de pêches et boit de U bierre; il va chez un de ses amis, et apprenti qu'il est mort du choléra. Cette nouvelle lui cause un tel saisissement, qu'il perd connaissance. M. Jasinski , appelé pFresqu aussièM , le trouve très^fiaible; il fait appliquer trente Àangsuessur le ventre^ prescrit quatre grains de magistère de bismuth toutes leë deux heures; il ordonne deut sinàpî&mes aux extrémités^ et des frictions sur les pâeda et les mains avec Teau-de-vie camphrée; le soir le malade était réchauffé, les vomissement avaient diminué , la diarrhée était krmême; le lendemain le maI«Mle se plat*^ gnaijt de douleuris à la tète et de crampejtf dans les membres ; M. Jasinski ordonna une sçLturatton avec le sou&-carboéate de pôtasa^ S et le citron ; les aceSdens du choléra dispa?^
rurent, mais il resta une inflammation ^dii tube digestif, causée par le bismuth ; elle céda aux antiphlogistiques. La durée de la maladie fut de quatre joun^. v
J^ratiqui de M» Kaczkowskl, médecin en chef des armées polonaises,
Ce*pralicien«stime que le nombre des •individus qui ont succombé à larmée, est ^d'environ d,ooo. Il ne croit point la maladie ^contagieuse ( c'est lopinion àe tous les médecins dont nous venons de faire con-* •paitre la pratique) ^ mais il pense que les lieux qui ont été récemment habités par les cholériques , que la paille de leurs lits ^ leurs vêtemens^ leurs immondices, peuvent infecter les individus mal disposés.
M.^ Kaczkowski reconnaît trois variétés du choléra : dans la première , les sympt;ômes annoncent une inflammation très* grave de l'estomac et des intestins; contre cette forme, il recommande les saignées larges, le calomel à la dose de trois à quatre grains avec un demi-grain d opium , toutes le9 deux- heures ; il fait mettre un vésicatoire sur le ventre , et fait promener sur le corps des sinapismes, des cataplasiUes de raifort, des ^noxas faits avec du papier brouillard trempé dans de Tesprit de vin ;
la deuxième espèce, qu'il appelle rhumatî^ que y et qui est causée par un simple refroicKssement, n'a pas un cours aussi rapide, et n'exige point des moyens aussi héroïques; la poudre de Dower, la décoction de salep, le vésicatoire au ereux de Testomac , suffisent souvent pour la guérir; dans la troisième espèce , caractérisée par des symptômes gastriques, ce médecin a recours aux moyens antiphlogistiques , mais il adminis* tre, en outre, le carbonate de magnésie par cuillerée , toutes les deux heures ; pour calmer la diarrhée et les spasmes, il prescrit la teinture d'opium à la dose d'un demi-» gros dans six onces de décoction de salep^ il en fait prendre une cuillerée à bouche toutes les heures ; lorsque le vomissement et la diarrhée ont cessé, il cherche à rétablir la transpiration cutanée ; dans ce but , il administre toutes les deux heures >troîfl grains de poudre de Dower; pour tisaae ordinaire, il donne la décoction de salep et l'infusion de menthe; enfin^dans quelques cas, il prétend avoir tiré de J)ons effets de la potion suivante: extrait de 0oixyomiqjae«
froîs grains; eau distillée > quatre oncesf mélange de gomme arabique , demi-once ; Aucre hlanc^ deux drachmes; à prendre toutes les demi-heures, par cuillerées à £ouche ; lorsque les spasmes , les vomissemens et les évacuations sont arrêtés, il éloigne suecessiv^ment Tadministration du remède. D'aprèà ses rapports , ce médecin fturait perdu le sixième de ses malades.
Nousne parlerons point de l'hydrocya-r nate de zinc, du calomel à hautes doses, de leau oxigénée , du gaz oxigène, qui ont été tous employés sans résultat; nous n'a-r jouterons plus qu'un mot. Le docteur Lessel, médecin de Fhospice dès Vénériens, a prescrit avec succès Tipécacuanha , lorsque le choléra s'accompagnait d'un état taburral.
P. S. Te Tiens de lire, dans le compte rendu de là •éance da 1 1 octobre de TAcadémie de œéciecine ( Gaz. méd,), que M. Ghamberel, médecin delà commission militaire, a annoncé que le choléra avait été observé ftTanl le combat du lo ayril; je suis loin de révoquer en. doute la véracité de M. Chamberet; je lui ferai seulement observer que M. le Gallois et moi nous étions arrivés à. Vaisovic dans les premiers jours du mois d'avril , trpi«b
semaines avant qu'on eût le moindre soupçon de Tépidémie. Les médecins polonais tombèrent si peu d*accordi sur la nature de la maladie , que le gouvernement nous envoya au camp pour fixer son opinion. Le 16, nous nous réunîmes au palais du gouvernement, et là» en présence du prince Gzarlorinski , de MM. Ostrowski». Morawski , Niémojoski et de plusieurs médecins , nous demandâmes que nos collègues déclarassent formellement si le procès-verbal que nous venions de lire était conforme à ce qu ils avaient observé. Sur leur réponse afifirmalive , nous leur dîmes que la maladie était pour nous le choléra de FAsie , et que sous peu de jours la mortalité convaincrait les plus incrédules. Il est done constant que, loin d*avoir reconnu à cette époque le choléra , les médecins polonais disputaient sur son exis* ience , et que ce fut nous qui en prévînmes les autorités du pays. C'est surtout pour ce service que Filluslre Skrzynecki nous décora , M. le Gallob et moi, de Vocdjpot du Mérite militaire*
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