‹ Relation historique et médicale du choléra-morbus de Pologne, comprenant l'apparition de la maladie, sa marche, ses progrès, ses symptômes, son mode de traitement et les moyens préservatifs;Chapitre 9 sur 19 · I^ LA MAX.APIS · texte numérisé non relu

I^ LA MAX.APIS

FaSts reldtîfii k li^ contagiôii et à la non-contagion • -^ Opiiiioà «ir ce rajal. *^ Marche du ckoléra-moiboa

Vnt maladie qui depuis 1817a parcoura tant de milliers de Heues sans qu'aticuii obstacle rarrètât , qui a constamment suifî les armées, les caravanes, les vaisseaux, jpeut saos doute être favorisée dans son dé« Teloppement par les causes que nous avons ëniimérées dans le chapitre précédent, mais âoit avoir daos soa mode de transmission «ne cause bien autrement active et d'une nature- toute différente. Un coup d'oeil jeté sur la rodte qu'eUe a parcourue, prouvera la vérité de cette assertion*

Fréquent en tout temps dans llnde , le choléra-morbus y devint épidémique en 181 3 , y exerça de grands ravages en 1817;; |ela d^ 181.5 à *^^^ quelques brandotxsà

Bourbon, à rile-de-France,à Bassora, dans la Mésopotamie ; dans la Syrie ; traversa la Perse en i825; po.ur setepdrç aux rives de la mer Caspienne ; enfin , après avoir sévi dans différentes^ localités pendant les années intermédiaires > il arrive à Boukara ( Asie centrale ) au printemps de 1^29 ; de là, il passe àOrembourg, et ravage le territoire de cette ville pendant la dernière moitié de cette année et le& premiers mois de i83o. Au printemps suivant il est i Tauris., vers les limites septentrionales dLç la Perse; en juillet et août, à TifSis, eu Géorgie, à Astrakan (embouchure du Volga) :

il occasione une affreuse mortalité daûs ces différentes villes, enlève plusieurs milliers d'habitans à Tifflis, fait péri)r de vingt à vingt-deux mille personnes dans le district d'Astrakan, s'étend à droite et à gfiuche dans les provinces limitrophes^ et, remontant la cours du Volga, il atteint Moscou le s^Si septembre i83o»

Ainsi, dans sa marche générale , etmal-f gré des différences énormes de latitude$, de climats, de^ mœurs, de salubrité, d^

^lîce, le choléra-m6tbûs a parcôura qoïtante-six à quarante-sept mîllè lieues carrées èii moi as d'une ahn^e et deinîe, et rasé en deux mois trois cent chiquante lieues de pays, distance comprise entre Astraian et Mbi^con.

' Ces faits sont attestés par dès Hommes qui diffèrent d'opinions, de caractère, d'intérêt, de pays même; par des négocians, par àes médecins, par des diplomates , qui tous peuvent Imprimera leurs assertions un t^aractèré officiel, ou du moins authentique.

Ce sont MM. Gamba, consul de France à TîfiEiîs , lord Heytesbury , ambassadeur d'Angleterre à Saint-Pétersbourg, le comté Zakeruski, ministre de l'intérieur en Russie, et spécialement chargé par l'empereur de Texécution deis mesures sanitaires. Ces renseignemens, puisés aux sources les plus pu- )res et les plus variées, ont été communiqués im coinseil supérieur de kanlé , dans sa séance extraordinaire dii i i tiovémbré dernier.

Le choléra-morbus fera-t-il cet automne ve qu'il h'à jamais fait depuis treize ans?

S'arrêtera-t-i! en Moscovîe, pour rie point

( ia6)

aller au-delà? Les journaux de Saint-;Pé'>> tersbourg, du 5o octobre dernier, nous apr prennent que déjà il s'est étendu au nord de Moscou à Jaroslaff , et que , tournant à 1 ouest, il a gagné Rybensk , plus rapproché encore de la capitale* Le froid rétei|idra7 t-il? Le froid a-t-it éteint cette maladie depuis treize ans qu'elle parcourt l'Asie?

L'a-t-il éteinte en 1829 à Orembourg? O9 oublie trop facilement que la mémorable peste qui décima la population de la Yala?*' cbie et de la Russie , de 1769 à 1771 ^ fuit importée comme l'épidémie qui nous oc* cupe , et continua à sévir pendant trois bi^ vers, et spécialement pendant celui de 1 77 1 f. qui cependant fût très -froid. Beaucoupd'inhumatîons avaient été faites^ néanmoins, au printenips suivant quatre cents cadavrefk furent encore trouvés dans les maisons»

Ainsi, lorsque les maladies des pays chaudi»

sont importées dans le nord , elles ne sqnt pas toujours anéanties par l'hiver rigoureux de ces contrées.

Le choléra-morbus gagnera-t-il la Polo^ gpe f l'Allemagne , et enfin la France? -

6e fléau, lié dans llnde, à déjà de htait^ coup dépassé les lalitudes septentrionales de Paris «t des principaux états de iTxtrope. JRîeii n'ayant arrêté sa course ascendante t ers le nord , rien, à plus forte mison, ne devra l'entraver , sll vient jamais à redescendre vers des climats ^i favoriseront davtotage son développement.

Tel était le langage que notts tenions à h^ustre Académie des Sciences , dans sa séance du 22 novembre i83o. Depuis, nos tristes prévisions ne se sont que trop réa-* Usées. Le 10 avril de cette année, 9f. le GaHois et moi nous reconnaissions la maladie dans l'armée polonaise; le 19 elle était à Varsovie. Dans l'espace de trois mois elle avait successivement envahi tes routes deCracovie et de Posen, et régnait dain^ ces deux vrHes ; en septembre elle ^taît arrivée à Be|lin et à Vienne ; peut-être sera-t-elle encore plus près de nous lorsque cet oui^rage paraîtra.

Quelles que soient les opinions que l'oa admette , il est un fait qui domine touà les autres, c'est l'importation de la maladie par

( ««8 ) les graades réunion^ d'boTnii)eSy Tt^t^t^à* rheure nous verrous, en effet, que lesjlusses, traînaient après eux le choléra,etqu'ils Tout donné aux armées polonaises. Il jsembl^r-dit dès-lors naturelde conclure que le.sy^tèm^ .

de la contagion est le seul admissible^» le, ' seul qui fournissie une^ explication raisoima-^. ' ble de sa marche depuis Calcutta jusqu'à».

Berlin; mais à côté de ce premier fait ^ ca-» pital sans doute, se grouppç iine midfi*/ tude d'autres faits qui jettept.de Tindéc^pip^ dans l'esprit y ^t ne permettent point 4!^ mettre une opinion exclusive comme l'ont, fait plusieurs écrivains ; citons quelques^ • exemples. M. Ghovot tenai^t ;à Yarsorie; l'hôtel de l'Europe , dans lequel il y avait; auç^i UQ jtrès-beau café où venaient chaque^ jour plusieurs centaines de personnes, preç»*, ^ que toutes appartenanjt à l'armée. J'habitais^ cet ))ôtel avecM. le Gallois et plusieurs autre^ médecins français; ceux qui logeaient ail-^. . leurs s'y réunissaient à diverses heures du jour. ]^'qu$ étions presque tous, attachés à des sa%s de cl^olériques, aucun ;ne quit|ait ses haj^llemensd'|hôpUaI.. Liés avec laplun

l i»9 ) |>art de ceux qui fréquentaient la maison ,

nous leur prenions la main , nous conversions long-temps avec eux > ih respiraient notre haleine , touchaient nos Têtemens, et cependant 9 dans l'espace de plus de trois mois que j'ai demeuré dans cet hôtel, je n'ai pas entendu dire qu'un seul individu ait été atteint du choléra. Plusieurs de nos amis avaient peur de la maladie, ils ne cessaient de nous en parler; malgré cette disposition, ils n'en ont point été attaqués; quelques-uns d'entre nous allaîei^t beaucoup dans le monde, et jamais l'on n'a appris quft despersonnes des maisons où ils étaient reçus,fussent tombées malades. J'ai touchédes centaines de cholériques, j'ai respiré leur baleine, je^me suis coupé dans les dissections; M. le Gallois a ouvert un assez grand nombre de cadavres, s'est piqué plusieurs fois, et a^xaminé beaucoup de cholédoques; les docte ursJannichen de Dresde, Foy (i),

(i) Auteur cTan Cours de pharmacologie , on Traité «démentïdre d^kistoire naturelle médicale , de pharmacie et de thérapeutique de chaque maladie en particulier , Buiiri de Vart de formuler en latin c^ en français , 2 \ol,' ia*«V Paris, i85i.

( »3o ) Pinél elVérat, de Paris, se àont courageusement inoculé le sang d'un individu Infecté^ ils ont goûté' des tnalières vomies, et ce- |>éndant personne n'a été incommodé»

Comment se fait-il que les médecine qui soignent les malades dans les hôpitaux^ que Jes infirmiers qui vivent continuellement avec eux, que les parens, les amis d'uùe personne attaquée en villedu choléra, n'ent soient point alfectés? Je n'ignore pas qu'il faut une certtîîne prédisposition pour côn-»

tracter la maladie ; mais pourquoi, parmi tous les individus que je viens «de citer, aucun n'offre-t-il cette prédi^osîtion ? Si, d'ailleurs, la maladie était contagieuse , comme l'entendent les exclusifs, pourraitelle cesser en sept jours, ainsi que le prouva le fait suivant, attesté par M. Allardice, chirurgien du 54* régiment de Sa Majesté firitailAiique aux Indés-Orîentalès ?

Lé à I septembre la maladie parut parmi les sodats, et fit de grands ravages avant la nuit. Le â5 elle était considérablement diminuée , et trois jours après elle avait disparu. Les troupes du Bengale et de M»-

( »Si ) draSy stationBees k Nagpore, furent attaquées par le choléra vers la (in de mai 1 8 1 8; le lo juin il tomba une grande ^jfoantité de pluie 9 eC 1 épidémie cessa aussitôt. ^

Gommei^t conpilier la contagion immédiate avec une disparition aussi brusque de la maladie? Sont^ce là les lois habituelles des aOectioas contagieuses ? Ajoutons qu'on n'avifit- pris aucune: précaution pour se garantir du mal. 11 n'est donc pas surprenant que la i^^fôrité des auteurs anglais regarde la cause éloignée de cette singulière maladie commue étant encore inconnue. Ainsi > l'on ne peut dire d'une manière positive , dans l'état de la science ^ que le choléra est contagieux. Les raisons alléguées pour expliquer son action^par un principe conienu dans l'ai*, sonf^elles plus -concluantes? Je les suppose vraies;, dans ce cas, la inaladie-'He devrait pas marcher du centre à la circonférence ; elle dévrait^uivre constamment le cours des i^nts ou du soleil ^ et obéir à une puissance météorologique quelconque f tandis qu'on la voit suivre les %nes de postes, et marcher à. la rechei>

che de fespèce humame^ souvent" en opposition directe avec toutes les influences atmosphériques. Le ehoréra, dit sir Giîbert-Blane, dans ses remarques sur la lettre de M. Gorbyn, s est montré à un degré également violent dans toutes tes saî^ sons de Fannéej on Fa observé depuis- 4^*^ et 5o* jusqu'à go^et 100° du thermomètrè^ centigrade. On Fiai vu ré^er par des phiies; qui duraient plusieurs mois , et par ua temps sec ^ qui laissait i peîn« un vestige de végétation à la surface de là terre ; 3i s'est manifesté au milieu des'pfos fortes; moussons^ sans pénétrer dans des districts, que leur position insalubre rendrait pïns^ propres à en être atteints; il a pàni et dîs-^ paru à toutes Jes époques de la lun€ et dans, teus les états d'élèctrîcîté ^ en mer comme' sur terre. M. Gorbyn Fa vu sévir sur deSs Lascars au mois de Janvier^ lorsque te temps était très-froid.

Le docteur Raltkett a attribué Ta causé du choléra aux changéùiiens' soudains de température, à l'humidité du sol /à là pe^^ sauteur de * l'atmosphère , jôutts aux mau^

(rSS) ▼aàses récoltes de riz ou d'autres grains ; mais on a prouvé que le efaoléra avait été obs«cvé dans tesliecrx froids et sees , aussi bien que dans les quartier» htuâide», et qu'il avait quelquefoii» cédé arui^ d^angemens brusques de la température. Enfin ,.

lés grains dont se nourrissent les Indiçns dans ces saisons humides, sont souvent le produit de Tannée précédente, qui peut avoir été très-sèche et* très-belle.

Si nous recueillons maintenant les observations qui paraissent prouver que la maladie dépend primitivement d'un mauvais air produit par la décompoi^tion dès matières animales et végétales^ rendue plus prompte et plus active par la chaleur, rhumidité et le voisinage des eaux, la masse des faits qui surgirade touscôtés donnera à cette dernière proposition un degré bien grand de ▼raisemblance. Le i4 ^oût 1829 , le fils de M. Day , instituteur à Clapham , âgé de 35 ans, jouis^nt d une santé parfaite , fut toutà-coup pris de vomissemens violens , d'évacuations et de spasmes* Il tomba dans un état comateux^ et mourut trois heures

( i34 ) iiprè$ riovasioa de Fattaque. ht 26 , sur viogi-deux^nlans qui étaient à 1 école ^ yiagt pré/seixt aient des symptômes analjogues. La laattèFe des vomissemesos était ^énéx^levkent sans couleur et inodore ; celle des évacuations aWines était pâle, consistant en un mucus quelquefois ordr*naire ^quelquefois purulent y ef légèrea^enC teint de sang. Chez tous ces malardes, la prostration étmt'extrêuae , et le pouk si ùi^ ]>le qu'oo pouvait à peine le seâtir; k peaur était froide i dans le plus grand nombre de cas, les faculté^ intellectuelles étaient s«iK nés. Ces «ccJdeus graves furent combattuspar les 9timulans et les opiacés; on applÎK qua $ur le ventre des sinapismes> et Foor administra ensuite de fortes doses dureàlo^ mel et d'opiuiÉD^ Les pareûs*^ efiErayés d'iur pareil événement, ayant retiré leur» enfatts* de récale , ceux-ci se rétablirent dan» Fes-pace d^uûe semaine. On soupçonna d'abord qu'il y avait eu empoisonnement ; mais les chimistes ne purent découvrir la plus petite parcelle de substance vénéneuse. La cause de cette maladie semblait enveloppée dan»

une profonde obscurité, lorsqu'on apprit Qu'une fpsse d'aisance, dont la situation n'était pas bien connue^ avait été' ourerte accidenteliement, en travaillant à la terre^ un ou deux jours avant l'apparition du choléra. Les immondices en avaient été jetées dans un jardin attenant à la cour de récréation, et le dégagement des miasmes avait indubitablement déterminé la mala^ éie. ( Exiracted frcm the London médical Gazette of Auguste 1S29.)

Le docteur Henderson rapporte que ^ tandis qu'il était attaché au i3* régiment d'infanterie légère j ce régiment , dans «ne de ses marches , campa j en décembre i8a5, avec les 38* et 47*, sur un terrain humide, près Patnago. Dès le grand ma-»

tin , un officier du 1 3* fut attaqué , et mourut «n quelques heures ; un autre , du 47*> partagea le même sort, et la maladie devint générale dans ta division ; en vingtquatre heures, quinze à vingt hommes étaient morts. Le lendemain , le corps se porta sur une hauteur, à un mille et demi €le distance^ et, depuis ce moment^ on

( ise )

^'observa plus d'exemples du choléra danift rarmée. [Choiera, ils nature^ cause and ireatemeni By Charles Sear le, iBoo^) M«r Chapman raconte que le i*' et le 8* régiment d'infanterie légère ^ étant en marcbe pendant les mois de février, mars, avril et mai, aucun cas de choléra ne parut panni les troupes, jusqu'au moment où elles campèrent dans un lieu où il y avait beaucoup d'eau stagnante : en quelques heures quatorze Gypaïes avaient les symptômes les plus graves du choléra. Le commandant , pendant le reste de la marche , évita de bivouaquer dans des endroits semblables , et l'on remarqua que dans l'espace de trois mois il y eut à peine trois cas de choléra»

{ReportofthemedicalMadrasBoard.p^slBst^) Ces troia exemples , auxquels nous pour-»

rions en ajouter beaucoup d'autres, suffisent pour faire penser que le mauvais air et Iç voisinage des eaux , jouent un grand rôle dans la production du choléra-morbus* Ce qui s'est passé à l'armée polonaise depuis le lo avril, époque à laquelle la maladie s'est montrée pour la première fois ^

( 'S7 ) Idk^'au 28 ou 29 mai; donniô quelque pmàs à îsette opinion ; mais il y a de plus ici ïe grafid fait du contact des Russes^ '• Après la bataiHe du 3 1 mars , la première d^îsion d'infanterie, commandée par le général Rybinsky, composée des 1", 2*, 5', €" régHneni^ de ligne , 5"" de chasseurs à pveà , 3* , 4* 5 5* <l« hulans , vînt camper sur un marais dont l'eau ctait très-bour-* beime; eltè séjourna huit jours dans cet é!Ëdi*oit. L'état«major faisait venir de fort Itriia irae eau de bonne qualité , mais qui airait une saveur n^étallique ; la cavalerie poussait fiouirent des reconnaissances :

dem circonstances que nous avons no tées^ pareé qu'elles ont eu bien évidemment une certaine influence , te corps d'officiers n^ayant point été atteint par la maladie , et la caïKalerie en ayant moins souffert que l'infanterie. Le 1 6 avril , une partie de cette ^fivîsion fut engagée sous Siedlce , contre le «brps de Pahlen II, qui paraît avoir été réellement infecté par le choléra. Après Tadion, ces troupes revinrent à leur pre^ imer bivouac , et , en arrivant, elles burent

( i38 ) iTÎdeinent'de l'eau bourbeuse, du iii^a]$.

Pendant les divers campemens, les. joai^ nées furent chaudes^ il y eut 19^ à .20* de chaleur; les nuits, au contraire, retient fraîches et hun)ides. Dans laTÎlle ou Uio^ yait quelques alimens , mais en général ipa se nourrissait de viande de porc salé« .Le 12, l'armée quitta Latowicz, pour se j)iOjctier par Kuflew etCeglow, Siur KalqszyoM Le i3, en passant à K4aflew9 on reçuMiBjfyrer mier rapport d*uQ médeciu , a^nçp^cwtja mort subite de six soldâtes», après ^queiq/gûetf heures de souffrances. Ces hommos'^^isaient partie de la premiè^'e bxigadi^.», iqui avait pris deux étendards et.&U.b^auQQiip de prisonniers. Près de Minsky. |^ #çpi-* dens se multiplièrent , et ,. le ;i5;,.:;lorsque nous nous, rendîmes .au >camv fi^li^ile Gallois et moi , il y avait déjà. çiQ^ua|it;e morts. On a remarqué que la plupart jdçs malades avaient des effets d'éqqip(E||3V^Bt pris sur Tennemi. La deyxième., brigade 5 qui n'avait point été engagée spu^ Sieçllce, n'eut le choléra qu'à une -époque .:plus éloignée; elle ne perdit aussi qu'un plus

petit nombre de sujets. Le 5* régiment dé ligne , qui n'avait point marché au feu ; fut le dernier atteint par le choléra ; mais bientôt le nombre des malades y'devint considérable , principalement dans le bataillon placé au bas de la eoUiné sur laquelle ce régiment était campé. Il est , au reste , certain que la proportion diminua beaucoup dans le i** et le 5* de ligne , qui bivouaquaient siHT une colline assez élevée; aiiiprès d'un courant d'eau limprde. Les excel^ lentes mesures sanitaires ordonnées par le comte Lubiensky , qui commandait la brigade , ne contribuèrent pas peu à amener cet heureux résultat. Ce général fit faire des baraques pour les malades ^ établit des médecins de garde, se procura de bons médicàmens , et se montra très-sévère sur la qualité des vivres ^ toutes les provisions détériorées étaient jetées ; le soldat man-* geait de bon. pain^ de la viande saine y- et buvait, matin et soir, un petit verre d'eaude-vie.

 une époque plus éloignée , la division jRybinsky , entièrement pui^gée de ses ma-

lades^ campa dans ks environs; de Kuflev, snr un terrain où les Russes avaient été battus. Plusieurs cadavres étaient encore étendus sur la terre ; parmi ceux qii'on avait enterrés , il y en avait beaucoup qui ne l'étaient qu'à demi. A la suite de ce campe*?

.ment, les soldats , déjà sous rinflnenoe ée$ premiers miasmes , virent de nouveau. Je chcdéra se manifester dans leurs i^ngft; cent cinquante bommes de ce corps iurent atr taqués ; onze moururent ; mais la maladie cessa bientôt de faire des progrès^ parce qu'on s*éloigna du lieu malsain : la conr valescence fut rapide. Enfin, la division s'étant portée , vers la fin du mois de mai ^ & Tycocin , située sur les bords de la Supias^^ un engagement sérieux ^ut lieu avec le$ Russes; le choléra se montra dans la divijsion pour la troisième fois ; il f^t encore^ moins grave que les deux premières.

On ne saurait contester dans ce cas Vitkrz fluence du mauvais air et du voisinage deis^ eaux, mais seulement comme auxiliaire .^i •parce qu'il est hors de doute, d'après cet ]bistorique , que les Russes ont inti*oduî(:;éi^

( i4i ) Pologne le choléra, et «fue^ parleur cohtael avec lesPoloûaifi, ils leur ont transmis cette fîineste maladie. Chose remarquable s le contact n'a eu lieu^ dans une circonstance»

qu'avec des morts et des effets de morts^ et cependant la division a pris le choléra { Déjà le coniité central de Varsovie , dans âon rapport au ministre des affaires é^trangères, disait qu'on avait recueilli quelques ^ser^ vatièns qui semblaient démontrer que la maladie se communiquait en touchant des cadavres de cholériques. Ajoutons •encore quelques faits aux précédons : les tailleurs de l'armée, au nombre d'environ deux cents, s'adjoignent un certain nombre de Russes »

et la maladie se déclare presqu'aussitôt parmi eux. Les prisonniers russes sont dis-^ fiéminés dans plusieurs villes et villages , et l'apparition du étiolera coinoide arec leur arrivée dans ces divens lieux.

Tout ici se réunit «n faveur de ia con- •laipon ; mais les faits que thms avons cités phis haut , démontrent que les choses sont loin de se passer toujours de même. La UiH4#die a donc des phases de f éiiocilé , oà

elle immole tous ceux qu'elle approche^ tandis qu'à d'autres époques elle n'attaque que ceux qui sont prédisposés. Pendant mon séjour à la quarantaine de Stzràlkowo^ sur les frontières de Prusse , M. Faweski^ précepteur d'un des fils du grand duc Constantin , m'a raconté que les populations dti Caucase avaient échappé quelque temps àla fureur de Tépidémie^en se réfugiant sur les montagnes, mais que ces retraites, qu'on croyait inexpugnables, avaient été atteintes à leur tour. Pendant qu'il était dans cette partie de Tempire Russe, il fut témoin de l'anecdote suivante : Un cocher qui voyageait à longues journées , se sent indisposé; il entre dans la maison de poste voisine^ se couche, et meurt avec tous les symptômes du choléra. Les personnes qui l'avaient soi« gné deviennent successivement malades, et meurent ; le prêtre qui l'avait assisté dans les derniers momens, éprouva lui-même les atteintes du mal. Le grand duc Côns^ tan tin, auquel M. Faweski communiquait ces détails, lui répondit qu'il avait reçu un ^apport sur cette affaire ^ et que la maladie

ne s'était poiût bornée aux persotme^ précitées, mais qu'elle avait eneore gagné le3 solda:is qui étaient en garnison dans 'rei^-* droit. M. Faweski a observé , dan^ d'autres circonstances, qu'on pouyait impunépaent toucher un cholérique sans en ressentiria plus légère incommodité. . .>.::..

Il y a donc dans cette question •d'imnl^li'?

ses difficultés, qui, selon toutes les probar bilités, ne sont pas jencore près d'être résolues P Mais il re&tç ton jour3 un fait que Jea systèmes ne peuvent détruirey fc'ei^^^tie l^s classes pauvres sont les premières attaquées, que les gens, aisés le sont beaucoup plifs rarement, en bien moins ^rànd n^ombt'e, proportion gardée, et qu'ils ont des cbanceiâ de guéri^n plus, nombreuses. J'ai lu avec attention ce qu'on avait écrit sur ce sujet, çt j'ai vu que ceux qui affirmaient le coiitraire , semblables à tous les hommes qui veulent faire prévaloir une opinion j s'em*?

preSfSaient de grouper des faits isolés, et de les présenter comme des jègles' positives.

C'eôt ainsi, par exemple, qua Varsovie la mort du sénateur B*** a fait dire que. les

(ila«ses riebes n'ëtaie&t pas plus épafgileéft ique lés autres, tandis que k reilie les mè-mes hommes eonyenaieat que lés paa?res en étaient spécialement attaqués. A Saînt*^ Pétersbourg, 1» mort dn général Langeron^ qui «fait soixanle-quinike à soixante-seize ans, et depuis dix ans une affection du foie ^ a ùAt imprimer aussitôt que tout lé monde succombait^ Quan^ bien même le» mdk^ TÎdus de la classe aisée seraient attaqaés p«r le cboléra , ne sont-ils pas également sou» TioflueiM^ ées caoses prédisposantes?

Ut ptnw, les mairies > les chagrms, ïeê épargnent-ils plus que ies autres ?

En résumé y je pense que : i"* Torigiae dfcef la maladie paraît être primitifement Icr mauvais air produit par la décomposition des matières animales et végétales , rendue plus prompte et plus aetife par la chateur ; rhumidsté et le voisinage des eaux ; ii^ ce mauvais air, se répandant dans les Ketnr babités par les hommes, agit sur eux comme xta poison subtil , et détermine le t^beléra chez ceux qui sont prédisposés aie eontracter ; 3*^ cette prédisposition dépend de te

( 145 ) 1a3>les3e , des excès ^ des écàrti^e régime.^ des marches longues et forcées, de lavio-, lation des lois de Vbygièner de la crainte , et en général de toutes les causes débilitant les; le nombre d'hommes <|ui se trouvent às^s cette cathégorie est immense ; 4* lama-ladie , une fois déclarée , s'attache à Tespèce humaine, la suit daM^ts ses^ands mouvemens et seâ retraites; évidenunent siecondée par lesi^auses occasionelles qui Im donnent plus ou moins d mtensité , elle devient probahlenient contagieuse lorsqu'il y a enc^omi^ brement ; 5** les individus atteints du choléra sont un foyer d'émanations miasmatiques pour les hommes robustes qui vi-.

vçnt avec eux, mai^ qui n'ont pas de pré-, disposition, et ces derniers , quoique biea portans, peuvent à leur tôui% parles efSuves; qu'ils dégagent , devenir un foyer d'infection pour ceux qui les approchent. Enfin , dans un grand nombre decas, la maladie psiratt n'être pointvde n^iture contagieuse.,. puisque.de tous ceux qui entourent les çholériqu^j, aucun n'en est attaqué.

.Enjterxniaant ce chapitre, il ne sera point

t(ati5 iotérèt^e dire un foot de la marche du choléra en Pologne. Ce fut par rwagie sud-^st de ce royaume que la maladie pénétra. Elle se dirigea au nord-ouest , ensuis Y&nt la ligne des communications et des mouvemens militaires dont le but était Var- MTie. EUe se manifesta d^abord dans la forteresse de Zamosc le 26 mars, et atteignit Xublin vers la fin du même moi^, aprèffatolr infecté une multitude de TÎllages, Le rap-* jJdrtdu commandaiit de Zamosc portait que la maladie était mortelle chez la plupart de:^ individus, et qu'elle n'épargnait ni ége, ttt sexe, ni condition. Il faut néanmortîS faire obserrerque la situation de celte forteresse est très-insalabre , et qu'il y -règne tOîBS l^f ans des épidémies de fièvres graves. Géfi^ renseignemens ne parvînrentque fort tara ^ d'ailleurs la malaclie avait été raëeonmie* Pres^ne à la même époque, elle exîstaîl à Brzescie , fort prouvé par les dépbsîtîons des officiers rûsseir prisonniers au palais île Bruhl , et par' celles des soldâté idéteans & Praga , qui tôuS ^lous attestèrent qu^il»

avaient reçu l'ordre de tourner cette tîBe y

tt de ne pas s'y arrêter , slfs étaient obligés; de la traverser. Le i*' avril , tx>ûs les bôpitaux de Sîedlce étaieût encombré» de soldats russes atta^qués da choléra- L^- lô là^ Inaladie fut reeomitte pour la première fois ^ dan^rbôpitalde Mténia, où fon a^ait transporté les individos qui en avaient été atteints après l'affaire du lo avril. Son existence fut également cons^tatée le 1 6 à Praga,. paro^r les quatre cents malades qui étaient déposés dai^s lelazaret. Lés relations obliges de ce faubourg avec la rive gauche de^ JaYistnle, et surtout l'immense population^ refoulée des campagnes vers la captCaler^.

* fuv tous les maux d'une ^^rre dévastatrice^ ^rent ti^averser le fleuve à la maladie^qui se m^nitesUi, du t^ au 2^ d'avril, dans les^ ]lôpitau1t^ et dans plusieurs quartiers de Yaraovie. itprès avoir infecté la capitale, le efaoléra ne tarda point à franchir ses limites; le s6 avril il était à Socbaczew et dans ^ plusieurs villes et villages- circonvoisîss ; le â mai il a^ait gagné Lowicz , où la mortalité fut acssez considérable. A Kolô, où il parut pour la première fois le 5 juin , il fit périr plus de deux cents personnes en moins-

( 148 ) de quln;l?e fours. Le 8 jaillet il atteignît Konin, et tes gazettes prussiennes nous an^ noneèrent son entrée le i6 à Posen. Cette propagation du choléra -morbus par les grandes routes est véritablement remarquable. Nous Tavons vu parcourir le chemin de Varsovie à Posen , et plus tard celui de Posen à Berlin; nous allons le voir descen-dre par la route de Craeovie , en Autrieh^f.. Le ^4 mai sa présence est reconnue à Ra^ dom , le 8 juin à Biala, et , te 5i mai , une lettre d'Opatow apprenait qu'il faisait d'affreux ravages dans cette ville ; Sandomirz^ Stolonica, etc., ne tardent point à en être infectées ^ et vers le milieu de juillet il availt atteint Craeovie. Le i6 mai là maladie ré^

gnait à Plock , et le 20 elle existait à Pul^

tusk, à Ostrolenka, à Lomza et àTycbcin>.

Elle avait envahi Âugustowo, sur la frontière de la Prusse orientale. Ainsi le choléra, qui paraît avoir été introduit en Pologne dan^ les premiers jours de mars , était déjà dis^ séminé vers le milieu de juillet, après quatre mois et demi révolus, dans toutes les partîeA de ce royaume. ( f^oir la carte. )

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