‹ Relation médicale de la commissíon envoyée à Paris par l'Intendance Sanitaire et par la Chambre de Commerce de Marseille pour observer le choléra-morbusChapitre 2 sur 7 · DEUXIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME OBSERVATION

Efcibiüc : premier îiegré ooee crampes oioleutes; gucrisou

en beur jours.

Davignes, âgée de 27 ans, d’une forte constitution, sortie de l’Hôtel-Dieu où elle avait été guérie d’une affection cholérique grave dans les derniers jours d’avril, tombe tout-à-coup en syncope et est transportée au meme hôpital le 3 mai, vers deux heures de relevée; elle avait alors des crampes si

violentes aux mollets qu’elle ne pouvait rester dans son lit. Ses douleurs deviennent si atroces, qu’oubliant tout ce qu’elle doit à la pudeur, elle se découvre, s’élance en' dehors du lit comme pour réclamer l’assistance des personnes qui l’environnent. Ses plaintes sont déchirantes. — Frictions sèches avec une serviette chaude y ensuite avec du laudanum liquide.

Bientôt après , diminution des contractures musculaires qui persistent dans les fléchisseurs des pieds. — Saignée dune livre. Cette évacuation fait relever le pouls déjà beaucoup ralenti. — Eau (I la glace pour boisson ; bain tiède et application de trente sangsues aux cuisses.

4 mai, la malade est assez bien pour se promener déjà dans la salle, et sort de l’Hotel-Dieu quelques jours après.

= Au début, cette maladie a été si violente qu’il était à craindre qu’elle ne fût suivie des symptômes qui annoncent une mort prochaine, et pourtant son issue a été aussi prompte que favorable. On ne manquera pas sans doute d’attribuer ce résultat à l’emploi bien ordonné des moyens ( les saignées générales et locales ) reconnus, dans les derniers temps de l’épidémie, les plus efficaces pour combattre la première période du choléra.

TROXSîèiaE OBSERVATION.

€l)oléra au premier îïcgrc : t)omt09emens, selles sanguinolentes, crampes, éruption partieuliére, î»élire; guérison.

Dautarcl (Louise), âgée de 11 ans, infirmière de la salle Sainte-Martine de l’Hotel-Dieu , tombe malade, après avoir montré beaucoup de zele dans les soins qu’elle donnait aux cholériques; le 3 mai, elle se plaint de douleurs de tete, d une faiblesse dans tous les membres, elle vomit.

Placée au n° 73 le 4 ? à huit heures du matin , elle offre les symptômes suivans : vomissemens d’un liquide grisâtre; coliques violentes; diarrhée copieuse, mêlée de matières glaireuses et sanguinolentes ; face rouge; peau chaude; pouls plein, fQrt. — Saignée de trois palettes; eau de Seltz pour

boisson; hweniens amjlacés.

Le 5 , délire ; point de vomissement , mais ténesme ; suppression d’urine; bas -ventre dur; muscles abdominaux contractés, se raidissant davantage â mesure qu’on exerce une pression sur l’abdomen. — • Vingt sangsues a F anus; limonade froide.

Le 6, il y a encore du délire; pouls fort; sueurs abondantes sur toute l’étendue de ia peau ; langue rouge sur les bords et sèche; soif extrême; crampes qui réveillent la malade et lui font porter îa

main sur les jambes , où plusieurs muscles sont contractes et saillans. — Saignée du bras; le soir, application de sangsues à la région mastoïdienne gauche; boissons émollientes.

Le 7, outre ces symptômes, il se manifeste à la partie antérieure du tronc une éruption de taches très rouges, larges, par plaques superficielles séparées par des intervalles plus ou moins grands, ce qui donne à cet exanthème un aspect pemphigoïde ; mais il n y a pas d’élévation au dessus du niveau de la peau; la rougeur de ces taches disparaît à la plus légère pression ; urines rares.

Le 8, le délire a cessé, la langue est humectée; une diarrhée blanchâtre et très fréquente survient; les urines sont rendues plusieurs fois; les vomissemens et les crampes des membres se sont renouvelés, ce qu’on a attribué aux boissons chaudes.

Bain chaud; limonade.^ elle est prise avec plaisir.

Le soir, anxiété; sentiment de constriction dans les attaches du diaphragme; la partie supérieure des faisceaux musculaires de l’abdomen est sans cesse dans un état de raideur comme tétanique; plus de crampes dans les membres. — Lacemens rnucilagineux et laudanisés ; embrocation huileuse camphrée sur b abdomen.

Le 9, l’éruption a disparu; pouls lent et moins fort ; langue humectée ; la malade est soulagée dans l’attitude assise; elle demande du bouillon,

qu’on lui refuse. — Eau d or ^e; fécule de pomme de terre.

Le lo , amélioration sensible et progressive. Dautard passe dans la salle des convalescentes, où elle ne tarde pas à se rétablir.

= Cette observation mérite de fixer l’attention des praticiens par la complication peu commune des symjDtômes angioténiques avec le choléra et qui expliquent ce signe, le délire, qu’on observe si rarement dans celui-ci. La pblegmasie de la peau, qui affectait une forme pempliigoïde, sert a rendre raison aussi du développement constant des forces circulatoires chez la malade, forces qui ont évidemment enrayé la marche du choléra et prévenu la période de concentration.

QUATRlÈmx: OBSERVATION.

(!ri)ol^rû au premier begré, anee neeèô intermittens et apmptômes I)p5térique0 préeébéa be probrômeô; guérieon eu eiuq jours.

Magdelaine Thobert , Alsacienne , âgée de dixneuf ans , d’un tempérament éminemment sanguin , servante de l’Hotel-Dieu , ressent depuis quelques jours du malaise , des coliques et la diarrhée. Malgré ses souffrances, elle continue de bien faire son service auprès des cholériques ,

dans la salle Sainte-Monique, confiée aux soins de M. Magendie.

Le 29 avril , une servante, son amie, déclare que depuis deux jours Magdelaine Thobert éprouve, à trois heures après midi, un frisson violent suivi de vomissemens et de douleurs très vives dans les mollets.

Le 3o, à la même heure, nouvel accès accompagné de symptômes hystériques; diarrhéé; vomissemens et crampes assez vives pour arracher des cris aigus à la malade. — Quarante sangsues aux cuisses ; potion de Rwière.

1 mai , retour de Faccès. — Quinze grains de sulfate de quinine en trois pilules ; tisane adoucissante.

2 mai, encore un accès, mais à dix heures du matin; frisson violent; vomissemens avec dou- . leurs très aiguës à l’épigastre; crampes à tous les muscles des membres ; pouls lent ; refroidissement des extrémités; couleur normale de la peau. — Vésicatoires aux cuisses ; frictions sèches sur le trajet des muscles contractés ; laidement avec demigros de sulfate de quinine et trente gouttes de laudanum liquide; décoction de tilleul pour boisson.

La nuit a été calme.

Le 3 , les accès et les crampes ont disparu ; encore des symptômes d’hystérie; convalescence.

= Cette observation où l’on voit l’hystérie, avec

le type intermittent qui Ta caractérisée, marcher ensemble avec le choléra et persister même après la guérison de celui-ci, est bien digne de remarque. Il est à considérer aussi que le sulfate de quinine, qui, administré en pilules, a rapproché les accès, n’a pas moins bien combattu la périodicité quand il a été donné en lavement.

=En citant des faits qui s’écartent par des phénomènes particuliers, nous n’avons pas prétendu passer sous silence, sinon tous, du moins quelquesuns de ceux capables de nous fixer sur le premier degré du choléra simple, ou dégagé de tout épiphénomène; quelques observations prises au hasard suffiront pour remplir cette vue.

GlNQUXtniB OBSEBVATXON.

Qll)olcro ou premier begré : oomi06emeu0, biorrijée, frümpe0, rétention b’urine , etc.; guérioon en cinq jouro.

Biberon (Louise), servante à l’Hôtel-Dieu, âgée de trente-cinq ans, d’une forte constitution, se plaint, le 28 avril au matin, de vertiges, d’éblouissemens, d’un sentiment d’oppression et de gêne à la région épigastrique; elle vomit bientôt après, a des tranchées et la diarrhée, son pouls est petit et peu fréquent. — Lavemens laudanîsés ; vomitif

ai^ec quelques grains et ipécacuanha ; le soir, eau de Seltz à la glace pour boisson.

Le 29, dans la nuit, crampes et raideur extrême des tendons extenseurs des orteils et des fléchisseurs des doigts. — Frictions avec t huile de téréhenthine et t essence de menthe sur les membres contractés; vingt sangsues appliquées à la vulve; bain tiède pendant demi-heure, répété trois fois dans la journée.

Le 3o, amélioration; plus de crampes, mais Yomissemens et diarrhée séreuse; bas -ventre tendu sans être douloureux; rétention d’urine; le pouls a perdu de sa lenteur, est plus fort que pendant les deux jours précédons. — Saignée du bras ; bain; vésicatoire à la partie interne des cuisses.

mai, cessation des vomissemens et de la diarrhée; crampes légères et rares; les gros orteils restent contractés dans le sens de l’extension. — Frictions avec un Uniment volatd; diète; eau de Seltz pour boisson; lavement mucilagineux avec addition de vingt-quatre gouttes de laudanum de Rousseau.

2 mai, la malade a bien dormi pendant la nuit; elle n’éprouve qu’un peu de faiblesse, se lève, passe dans une autre salle et demande des alimens, qu’on lui refuse. Deux bouillons.

Le 3, convalescence. — Soupe de semoule.

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