TROISIÈME OBSERVATION
(Cl)oléra ou pifinter ïicgré : oomboemena , aellco souijuinoleutfs, crampes, éruption particulière, îiélire; guérison.
Dautard (Louise), âgée de 21 ans, infirmière de la salle Sainte-Martine de l’Hôtel-Dieu , tombe malade, après avoir montré beaucoup de zèle dans les soins qu’elle donnait aux cholériques; le 3 mai, elle se plaint de douleurs de tète, d’une faiblesse dans tous les membres, elle vomit.
Placée au n° 78 le 4 ? à huit heures du matin, elle offre les symptômes suivans : vomissemens d’un liquide grisâtre; coliques violentes; diarrhée copieuse, mêlée de matières glaireuses et sanguinolentes ; face rouge; peau chaude; pouls plein, fort- — Saignée de trois palettes; eau de Seltz pour boisson; lavemens amylacés.
Le 5, délire; point de vomissement, mais ténesme ; suppression d’urine; bas -ventre dur; muscles abdominaux contractés, se raidissant davantage à mesure qu’on exerce une pression sur 1 abdomen. — Vingt sangsues à F anus; limonade froide.
Le 6, il y a encore du délire; pouls fort; sueurs abondantes sur toute l’étendue de la peau ; langue rouge sur les bords et sèche; soif extrême; crampes qui reveillent la malade et lui font porter la
main sur les jambes , où plusieurs muscles sont contractés et saillans. — Saignée du bras; le soir, application de sangsues à la région mastoïdienne gauche; boissons émollientes .
Le 7, outre ces symptômes, il se manifeste à la partie antérieure du tronc une éruption de taches très rouges, larges, par plaques superficielles séparées par des intervalles plus ou moins grands, ce qui donne à cet exanthème un aspect pemphigoïde ; mais il n’y a pas d’élévation au dessus du niveau de la peau; la rougeur de ces taches disparaît à la plus légère pression ; urines rares.
Le 8, le délire a cessé, la langue est humectée; une diarrhée blanchâtre et très fréquente survient; les urines sont rendues plusieurs fois; les vomissemens et les crampes des membres se sont renouvelés, ce qu’on a attribué aux boissons chaudes.' — Bain chaud; limonade^ elle est prise avec plaisir.
Le soir, anxiété; sentiment de constriction dans les attaches du diaphragme; la partie supérieure des faisceaux musculaires de l’abdomen est sans cesse dans un état de raideur comme tétanique; plus de crampes dans les membres. — Lavemens mucilagineux et laiidanisés ; embrocation huileuse camphrée sur V abdomen.
Le 9, l’éruption a disparu; pouls lent et moins fort ; langue humectée ; la malade est soulagée dans l’attitude assise; elle demande du bouillon ^
qu’on lui refuse. — Eau d! orge ; fécule de pomme de terre.
Le lo, amélioration sensible et progressive. Daulard passe clans la salle des convalescentes , où elle ne tarde pas à se rétablir.
= Cette observation mérite de fixer l’attention des praticiens par la complication peu commune des symptômes angioténiques avec le’ choléra et c|ui explicjuent ce signe, le délire, qu’on observe si rarement dans celui-ci. La phlegmasie de la peau, qui affectait une forme pempliigoïde, sert à rendre raison aussi du développement constant des forces circulatoires chez la malade , forces qui ont évidemment enrayé la marche du choléra et prévenu la période de concentration.
QVATaiÈniE OBSERVATION.
€l)olcra ou premier ïiegrc, ooee oerb intermittens et ôpmptômea Ijpstcriqueg préeéîirg î)e proùrômeg; guérigon en cinq jourg.
Magdelaine Thobert, Alsacienne, âgée de dixneuf ans , d’un tempérament éminemment sanguin , servante de l’Hôtel-Dieu , ressent depuis quelcpies jours du malaise , des colicjues et la diarrhée. Malgré ses souffrances, elle continue de bien faire son service auprès des cliolériques ,
dans la salle Sainle-Monique, confiée aux soins de
M. Magendie.
Le 29 avril , une servanle, son amie, déclare que depuis deux jours Magdelaine Thobert éprouve, à trois heures après midi, un frisson violent suivi de vomissemens et de douleurs très vives dans les mollets.
Le 3o, à la même heure, nouvel accès accompagné de symptômes hystériques; diarrhée; vomissemens et crampes assez vives pour arracher des cris aigus à la malade. — Quarante sangsues aux cuisses ; potion de Ricière.
mai, retour de l’accès. — Quinze grains de sulfate de quinine en trois pilules; tisane adoucissante.
2 mai, encore un accès, mais à dix heures du matin; frisson violent; vomissemens avec douleurs très aiguës à l’épigastre; crampes à tous les muscles des membres; pouls lent; refroidissement des extrémités; couleur normale de la peau. — • Vésicatoires aux cuisses ; frictions sèches sur le trajet des muscles contractés ; lacement avec demigros de sulfate de quinine et trente gouttes de laudanum liquide; décoction de tilleul pour boisson.
La nuit a été calme.
Le 3 , les accès et les crampes ont disparu ; encore des symptômes d’hystérie; convalescence.
= Celte ohservatioiVoù l’on voit l’hystérie, avec
le type intermittent qui l’a caractérisée, marcher ensemble avec le choléra et persister même après la guérison de celui-ci, est bien digne de remarque. Il est à considérer aussi que le sulfate de quinine, qui, administré en pilules, a rapproché les accès, n’a pas moins bien combattu la périodicité quand il a été donné en lavement,
=En citant des faits qui s’écartent par des phénomènes particuliers , nous n’avons pas prétendu passer sous silence, sinon tous, du moins quelquesuns de ceux capables de nous fixer sur le premier degré du choléra simple, ou dégagé de tout épiphénomène; quelques observations prises au hasard suffiront pour remplir cette vue.
CINQUIÊMB OBSERVATION.
Cl)olfro lUi premier îiegrc : oomiaeemens, biorrijee, erampes, rétention b’iirinc, ete.; guérison en einq jours.
Biberon (Louise), servante à l’Hôtel-Dieu, âgée de trente-cinq ans, d’une forte constitution, se plaint, le 28 avril au matin , de vertiges, d’éblouissemens, d un sentiment d’oppression et de gêne à la région épigastrique; elle vomit bientôt après, a des tranchées et la diarrhée, son pouls est petit et peu frequent. — Lavemens Inudanisés ; vomitif
a^ec quelques grains (Tipécacuanha; le soir, eau lie Seltz à la glace pour boisson.
Le 29, dans la nuit, crampes et raideur exlreme des tendons extenseurs des orteils et des fléchisseurs des doigts. — Frictions avec l huile de térébenthine et l’essence de menthe sur les membres contractés; vingt sangsues appliquées à la vulve; bain tiède pendant demi-heure, répété trois fois dans la journée.
Le 3o, amélioration; plus de crampes, mais vomissemens et diarrhée sereuse ; bas -ventre tendu sans être douloureux; rétention d urine; le pouls a perdu de sa lenteur, est plus fort que pendant les deux jours précédons. — Saignee du bras ; bain ; vésicatoire a la partie interne des cuisses.
mai, cessation des vomissemens et de la diarrhée; crampes legeres et rares; les gios orteils restent contractes dans le sens de 1 extension. — Frictions avec un Uniment volatil; diète; eau de Seltz pour boisson; lavement mucilagineux avec addition de vingt-quatre gouttes de laudanum de Rousseau.
2 mai, la malade a bien dormi pendant la nuit ; elle n’éprouve qu’un peu de faiblesse, se leve, passe dans une autre salle et demande des alimens, qu’on lui refuse. — Deux bouillons.
Le 3, convalescence. — Soupe de semoule.